Le Cœur Immaculé de Marie
par Mgr Lefebvre
Ce sermon, prononcé pour la fête du Cœur Immaculé de Marie à Écône, le 22 août 1976, a été publié inititalement par le journal Convictions [1], janvier-mars 2007, p. 8-11. Mgr Lefebvre souligne combien Notre-Dame, si aimante pour son divin Fils, désire plus que quiconque le règne de Notre-Seigneur. Il rappelle ensuite les grands thèmes de l’œuvre de défense et de restauration qu’il a entreprise.
Le Sel de la terre.
Mes bien chers frères,
La fête du Cœur Immaculé de Marie que l’Église solennise aujourd’hui, est une fête relativement récente, qui est une preuve de ce que l’Église peut faire et a fait dans les temps qui nous sont proches, pour adapter l’esprit de l’Église et les richesses de l’Église à notre temps. S’il est une fête, en effet, qui nous rappelle des vérités dont nous avons besoin, des vérités dont la méditation fait naître en nous le désir de les appliquer à nos âmes, c’est bien cette fête du Cœur Immaculé de Marie. Cette fête sans doute a un lien particulier avec les apparitions de Notre-Dame de Fatima, et c’est le pape Pie XII qui a voulu que l’octave de l’Assomption fête désormais le Cœur Immaculé de Marie. Oh ! bien sûr, déjà auparavant, depuis le 17e siècle surtout, l’on avait la dévotion aux Cœurs de Jésus et de Marie, et nous venons de fêter cette semaine saint Jean Eudes qui a fondé précisément ses congrégations sous le vocable des saints cœurs de Jésus et de Marie. Mais, si notre Saint-Père le pape Pie XII a voulu honorer d’une manière particulière le Cœur Immaculé de Marie, c’est que notre temps en avait bien besoin. Et, de fait, nous en avons besoin dans ces temps qui sont durs, dans ces temps où nous n’avons plus comme les chrétiens d’autrefois la manifestation évidente de la charité de Notre-Seigneur qui existait durant les siècles de chrétienté, durant lesquels on trouvait partout des maisons religieuses, des monastères, des couvents, des Hôtels-Dieu, et que sais-je encore, qui peuplaient nos villages, nos campagnes, nos villes, de telle sorte qu’il nous semble que les personnes qui ont vécu ces temps avaient l’impression de baigner en quelque sorte dans l’amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ, parce que son amour se manifestait – si je puis dire – à tous les coins de leurs rues par les calvaires, les images de la Vierge, les maisons de charité pour recevoir les pauvres, les pèlerins, ceux qui souffraient. Mais en notre temps, en notre siècle qui est devenu dur, nous ne trouvons plus cette charité de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans nos cités et dans nos campagnes. Oh ! certes, il y a encore des âmes qui se dévouent à Notre-Seigneur, mais combien par rapport à la population ? Et quel effort n’y aurait-il pas à faire dans tous ces pays qui ne connaissent pas encore la charité de Notre-Seigneur, ces pays immenses comme la Chine, comme l’Afrique qui sont encore éloignés de cette charité de Notre-Seigneur. C’est pourquoi nous avons besoin de la très sainte Vierge Marie en notre temps. Nous avons besoin du Cœur de la très sainte Vierge Marie pour nous aider à nous maintenir dans notre foi, pour sentir cette chaleur – si je puis dire – de l’amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour nous. Ne le voyant plus sous nos yeux, ou du moins le voyant de moins en moins, nous avons besoin de sentir que la Vierge Marie est auprès de nous. Et je pense que c’est pour cela que la Vierge Marie à Fatima a demandé que l’on prie son Cœur Immaculé. Nous avons besoin de cette affection divine qui est répandue dans le Cœur de la Vierge Marie.
Le Cœur Immaculé de Marie, modèle de charité pour Dieu et le prochain
Et nous avons besoin aussi de son Cœur Immaculé. Immaculé, c’est-à-dire sans tache, sans péché. Or Dieu sait si précisément nous n’avons plus autour de nous l’exemple de ces vies tout entières données à Notre-Seigneur Jésus-Christ, de ces vies qui réalisent la loi de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sa loi d’amour – car enfin la loi de Dieu se résume dans l’amour de Dieu et du prochain. Vous en êtes les témoins aujourd’hui, dans nos sociétés où l’on assassine les enfants et où les gens se suicident. Savez-vous qu’ici, en Suisse, il y a plus de suicides que de morts par accidents de voitures ? Un journal le rapportait il y a peu de temps : il y a eu 1 800 suicides au cours de l’année dernière alors qu’il n’y a eu que 1 600 morts par accidents de voitures. 1 800 suicides, et en général des jeunes ! Qu’est-ce que cela signifie ? Sinon que ces pauvres âmes ne sentaient plus la charité de Notre-Seigneur autour d’elles, étaient dégoûtées de cette vie qui les entourait. Et si l’on publiait ce qui se passe dans bien d’autres pays nous serions épouvantés. Que l’on songe seulement aux divorces, à tous ces enfants abandonnés qui ne savent plus à qui aller, de leur mère ou de leur père. Nous sommes dans une société dure, pénible, qui ne pratique plus la charité. C’est d’ailleurs ce que personnellement j’avais surtout éprouvé lorsque je me trouvais au milieu de ces nations africaines vers lesquelles j’ai été envoyé pendant trente ans. Ce qui me frappait le plus c’était les sentiments de haine. Ces gens nourrissaient souvent de la haine d’un village à l’autre, d’une famille à l’autre. Et cette haine produisait des empoisonnements, des homicides. L’amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ ne régnait pas. Nous ne savons pas quel bonheur nous avons d’avoir Notre-Seigneur Jésus-Christ pour Père, et la très sainte Vierge Marie pour Mère. C’est là qu’il nous faut puiser vraiment notre amour pour le Bon Dieu, et en eux prendre nos modèles. Car enfin si la très sainte Vierge Marie avait un cœur aimant, elle ne l’avait que pour aimer Notre-Seigneur Jésus-Christ et ceux qui lui étaient attachés, pour conduire toutes les âmes à son Fils Jésus. Elle vivait de cet amour. Et parce qu’elle a aimé Notre-Seigneur, elle n’a jamais pu l’offenser, elle ne le pouvait pas. Elle est née immaculée dans sa conception, immaculée dès sa naissance, et elle est demeurée immaculée toute sa vie. Elle est donc pour nous un modèle, un modèle de pureté du cœur, modèle de cette obéissance à la loi de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Et parce qu’elle a aimé Notre-Seigneur, elle a voulu souffrir avec lui, partager ses souffrances. C’est là, en effet, le signe de l’amour que de partager les souffrances. Elle a vu son Fils Jésus souffrir, elle a voulu souffrir avec lui. Quand le cœur de Jésus a été transpercé, son cœur l’a été aussi. Ces deux cœurs transpercés n’ont vécu qu’à l’unisson, pour la gloire de Dieu, pour le règne de Dieu, pour le règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ils n’ont battu que pour cela. Et c’est pourquoi nous aussi nous devons être prêts à souffrir pour le règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Les assauts contre le règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ
Notre-Seigneur Jésus-Christ ne règne plus dans nos sociétés, ne règne plus dans nos familles, ne règne plus en nous-mêmes. Nous avons besoin de ce règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ. C’est la seule raison d’existence de nos âmes, de nos corps, de l’humanité, de cette terre et de toute la création de Dieu : que Jésus-Christ règne, qu’il apporte aux âmes sa vie, son salut, sa charité, sa gloire. Et précisément nous avons conscience que depuis quinze ans dans la sainte Église, une véritable révolution s’est opérée qui s’attaque à la royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui veut détruire le règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Cela est clair, cela est net, il suffit d’ouvrir les yeux pour le constater. On n’obéit plus à la loi de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et malheureusement ceux qui devraient nous apprendre à obéir à cette loi, nous encouragent au contraire à y désobéir. Quand on veut, en effet, la laïcité des États, on détruit le règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Lorsqu’on met en doute la réalité de la sainteté du mariage et les lois du mariage, on détruit l’amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans les foyers. Lorsqu’on ne dit rien, lorsqu’on ne parle pas fortement, ouvertement contre l’avortement, on ne fait pas régner Notre-Seigneur Jésus-Christ. Lorsqu’on détruit le culte de la royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, on détruit aussi le règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans les âmes.
La sainte messe, étendard de la royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ
Or, le saint sacrifice de la messe n’est pas autre chose, mes bien chers frères, que la proclamation du règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ. « Regnavit a ligno Deus » : il a régné par le bois de la croix. Il a vaincu le démon, il a vaincu le péché par le bois de la croix. Ainsi en renouvelant le saint sacrifice de Notre-Seigneur et son calvaire sur l’autel, nous affirmons la royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous affirmons sa divinité. Et en détruisant, en quelque sorte, notre saint sacrifice de la messe, on a détruit l’affirmation de la royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de sa divinité. Et c’est pourquoi l’adoration de la sainte eucharistie a tant diminué de nos temps, disons plutôt que les sacrilèges se sont multipliés à l’infini. Depuis le Concile, il faut le dire, cela est clair, cela est net, on a relégué Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la sainte eucharistie hors de nos autels, on ne l’adore plus, on ne veut plus faire la génuflexion devant la sainte eucharistie. Et pourtant, c’est cela le règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ : reconnaître qu’il est Dieu, qu’il est notre roi, et par conséquent manifester cet amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ, l’existence de sa divinité. Je ne veux pour preuve de ce refus du règne de Notre-Seigneur que ce fait public qui vient de se passer. Aux États-Unis, au Congrès Eucharistique de Philadelphie, y a-t-il eu une procession du saint sacrement ? Non, il n’y en a pas eu, pas plus qu’il y a quatre ans au Congrès Eucharistique de Melbourne auquel j’assistais. Pourquoi cela ? Parce qu’on a voulu faire du Congrès Eucharistique un congrès œcuménique. Congrès œcuménique c’est-à-dire avec des protestants, avec des juifs, avec des gens qui ne croient pas à la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui ne veulent pas honorer Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui ne veulent pas de son règne. Mais comment peut-on prier avec des gens qui sont contre notre foi, qui n’admettent pas notre foi ? Ils ont posé comme condition qu’il n’y ait pas de procession du saint sacrement, c’est-à-dire pas d’honneur rendu à celui qui est notre roi, notre père, notre Créateur, notre rédempteur. Celui qui a versé tout son sang pour nous ; et l’on a accepté, pour que les protestants et les juifs puissent participer au congrès, de ne pas faire de procession du saint sacrement. Bien plus, on a fait une espèce de concélébration avec des pasteurs protestants, et c’était un pasteur protestant qui présidait la concélébration. Tout cela crie vengeance.
Notre-Seigneur n’est plus honoré, Notre-Seigneur n’est plus notre roi, nous l’insultons en faisant des choses comme celles-là. Et si un jour les armées communistes déferlent sur nos pays, eh bien ! nous l’aurons mérité, par les sacrilèges que nous aurons admis, que nous aurons laissé faire, par le manque d’honneur que nous aurons donné à Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nous ne voulons plus de Notre-Seigneur Jésus-Christ comme roi, nous aurons le démon comme roi. Il viendra, et alors ils pourront parler de liberté ceux qui auront voulu cette liberté qui entend tout simplement libérer ces commandements de Dieu et de l’Église. On a voulu se libérer de Notre-Seigneur, on aura un autre prince qui viendra nous apprendre la liberté ! C’est pourquoi, nous qui avons le bonheur de comprendre ces choses, nous qui avons le bonheur de croire encore à la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, en sa royauté, nous devons le manifester, le clamer dans nos familles, partout où nous sommes, nous réunir partout où il y a des groupes de chrétiens qui croient encore en la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, en sa royauté, et qui ont dans leur cœur cet amour que la très sainte Vierge avait pour son Fils Jésus. Que ceux qui ont cet amour-là se réunissent et qu’ils tiennent fermement, sans hésiter ; ce sont eux qui sont l’Église, et non ceux qui détruisent le règne de Notre-Seigneur. Car il faut le dire ouvertement, comme l’a dit d’ailleurs le cardinal Suenens – vous voyez que ce n’est pas moi qui ai inventé ce terme-là – le « Concile a été 1789 dans l’Église ».
La révolution dans l’Église
Oui, je le crois en effet, le Concile a été 1789 dans l’Église. Lui s’en réjouissait ; nous, nous le déplorons, car 1789 dans l’Église, cela veut dire le règne de la déesse Raison adorée par nos ancêtres de 1789 qui ont emmené à l’échafaud tous les religieux et les religieuses, qui ont détruit nos cathédrales, qui ont violé tous nos temples. Eh bien ! cette révolution à laquelle nous assistons n’est-elle pas pire que celle de 1789 ?
Si nous faisons le bilan de ce qui s’est passé depuis le Concile, dans nos églises, nos foyers, nos écoles, nos universités, nos séminaires, nos Congrégations religieuses, le résultat est pire que celui de 1789. Car en 1789 au moins les religieux et les religieuses montaient à l’échafaud, donnaient leur sang pour Notre-Seigneur Jésus-Christ et je pense que vous êtes prêts à le donner, votre sang, pour Notre-Seigneur Jésus-Christ. Mais aujourd’hui quelle honte de voir ces prêtres abandonner leur sacerdoce. Tous les mois encore, combien de prêtres vont porter à Rome leur demande d’abandonner le serment qu’ils ont fait de servir Notre-Seigneur Jésus-Christ pour se marier. Et au bout de trois semaines, ils ont la permission de se marier. Est-ce que cela n’est pas pire ? Est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux qu’ils montent à l’échafaud, ces prêtres, pour affirmer leur foi en Notre-Seigneur Jésus-Christ au lieu de l’abandonner ? Ce qui s’est passé depuis le Concile est pire que ce qui s’est passé à la Révolution. Il vaut mieux avoir comme alors des ennemis déclarés, qui font la guerre à l’Église, qui font la guerre à Notre-Seigneur. Mais que ceux qui devraient honorer Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui devraient l’adorer, qui devraient manifester leur foi envers lui, que ceux-là nous apprennent à faire des sacrilèges, à abandonner Notre-Seigneur, à la vilipender en quelque sorte, cela nous ne pouvons pas l’accepter. Et c’est nous qui sommes de l’Église catholique. Ce n’est pas nous qui faisons schisme. Nous, nous voulons le règne de Notre-Seigneur. Que nos pasteurs proclament partout : « Nous ne voulons qu’un Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous n’avons qu’un roi, Notre-Seigneur Jésus-Christ », et alors nous les suivrons. Mais qu’on ne fasse pas disparaître, par exemple, les croix de nos autels, qu’on ne fasse pas disparaître les croix de nos temples. C’est cela que nous devons maintenir. Nous devons être fermes sur ces points.
Vraie et fausse obéissance
Et c’est pourquoi on me dit désobéissant, on me dit bientôt schismatique. Mais pas du tout. Je ne suis ni désobéissant, ni schismatique, j’obéis à l’Église, à Notre-Seigneur Jésus-Christ. « Vous désobéissez au pape », me dit-on. Oui, je désobéis au pape dans la mesure où le pape s’identifierait avec la révolution qui s’est faite au cours du Concile et après le Concile. Car cette révolution est la Révolution de 1789, et moi je ne veux pas obéir à la Révolution de 1789 à l’intérieur de l’Église, je ne veux pas obéir à la déesse Raison, je ne veux pas m’incliner devant la déesse Raison. Et c’est ce qu’on voudrait que nous supprimions ce séminaire pour que nous allions adorer la déesse Raison et à travers elle l’homme.
Eh bien ! non, cela jamais ! Nous n’accepterons pas cela. Nous voulons être obéissants à Dieu, soumis à Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nous serons soumis à nos pasteurs dans la mesure où ceux qui doivent nous donner notre foi seront soumis à la foi. Ils n’ont pas le droit de brader la foi. La foi ne leur appartient pas, la foi n’appartient pas au pape, elle appartient à l’Église, elle appartient à Dieu, elle appartient à Notre-Seigneur Jésus-Christ et le pape et les évêques sont là pour nous transmettre la foi. Dans la mesure où ils la transmettent, nous nous mettons à genoux, nous obéissons et nous sommes prêts à obéir immédiatement. Dans la mesure où ils détruisent notre foi, nous n’obéissons plus. Nous ne pouvons pas nous permettre de détruire notre foi. Nous avons la foi accrochée au cœur jusqu’à notre mort. Voilà ce que nous devons dire et ce que nous devons proclamer. Alors, nous ne sommes pas des désobéissants, nous sommes des gens qui obéissent à Notre-Seigneur Jésus-Christ. C’est ce que l’Église a toujours demandé à ses fidèles.
Et quand on nous dit : « Vous jugez. Vous jugez le pape, vous jugez les évêques. » Je réponds : « Ce n’est pas nous qui jugeons les évêques, c’est notre foi, c’est la Tradition. C’est notre petit catéchisme de toujours. » Un enfant de cinq ans peut en remontrer à son évêque. Si un évêque vient dire à un enfant : « Quand on vous dit qu’il y a trois Personnes dans la Sainte Trinité, ce n’est pas vrai. » L’enfant prend son catéchisme et dit : « Mon catéchisme m’enseigne qu’il y a trois Personnes dans la Sainte Trinité. C’est vous qui avez tort, c’est moi qui ai raison. » Il a raison, cet enfant. Il a raison, parce qu’il a toute la Tradition avec lui, parce qu’il a toute la foi avec lui. C’est cela que nous faisons, nous ne faisons pas autre chose. Nous disons : « La Tradition vous condamne, la Tradition condamne ce que vous faites actuellement. » Alors nous nous sommes avec deux mille ans d’Église et non avec douze ans d’une nouvelle Église, d’une Église conciliaire comme nous l’a dit Mgr Benelli en nous demandant de nous soumettre à l’« Église conciliaire ». Je ne connais pas cette église conciliaire, je ne connais que l’Église catholique. Alors nous devons nous maintenir fermes sur nos positions. Pour notre foi nous devons tout accepter, toutes les avanies : que l’on nous méprise, que l’on nous excommunie, que l’on nous frappe, que l’on nous persécute. Peut-être demain les pouvoirs civils nous persécuteront-ils. Ce n’est pas exclu. Pourquoi ? Parce que ceux qui détruisent l’Église maintenant font l’œuvre de la franc-maçonnerie. Et c’est la franc-maçonnerie qui commande partout. Alors si elle se rend compte que nous sommes une force qui risque de mettre en péril ses projets, à ce moment-là les gouvernements nous persécuteront. Alors nous irons dans les catacombes, nous irons n’importe où , mais nous continuerons à croire. Nous n’abandonnerons pas notre foi. On nous persécutera. Beaucoup d’autres ont été persécutés avant nous pour leur foi. Nous ne serons pas les premiers. Mais nous saurons au moins rendre à Notre-Seigneur l’honneur, l’honneur d’être ses fidèles, de ne pas l’abandonner, de ne pas le trahir.
Voilà ce que nous devons faire. Nous ne demandons qu’à être fermes. Et demandons à la très sainte Vierge en ce jour de n‘avoir comme elle qu’un amour dans notre cœur : Notre-Seigneur Jésus-Christ, qu’un nom inscrit dans notre cœur : Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il est Dieu. Il est le Sauveur. Il est le Prêtre éternel. Il est le Roi de tous et il l’est dans le Ciel. Il n’y a d’autre roi que Notre-Seigneur Jésus-Christ dans le Ciel. C’est lui qui fait le bonheur de tous les élus, de tous les anges, de sa sainte Mère, de saint Joseph. Eh bien ! nous, nous voulons participer aussi à cet honneur, à cette gloire, à cet amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nous ne connaissons que lui, et nous ne voulons connaître que lui.
[1] — Convictions, publication officielle de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X au Canada : 480 McKenzie Street, Winnipeg, Manitoba, R2W 5B9 Canada.

