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La bataille de la Montagne Blanche

 

 Michel Defaye

Bataille de la montagne blanche ; gravure ; deux armée s'affrontent
La bataille de la montagne blanche

Affirmer que l’histoire des grands conflits est écrite par les vainqueurs est un truisme. Dans le cas de la bataille de la Montagne Blanche, pourtant, « c’est la vision des vaincus [protestants] qui a prévalu, celle des vainqueurs ayant complètement disparu », déplore Olivier Chaline.

Agrégé et professeur à Paris IV-Sorbonne, Olivier Chaline enseigne l’histoire moderne de la France et de la Bohême. Après avoir publié La Reconquête catholique de l’Europe centrale, 1550-1740, (Cerf, 1998), il s’est intéressé à la victoire remportée le 8 novembre 1620 par les armées catholiques sur les protestants. Ce combat, que l’histo­rio­graphie a retenu sous le nom de « Montagne Blanche », s’est déroulé, en réalité, sur une colline située à 8 Km à l'ouest de Prague. Il permit à l’Europe centrale (Bohême, Moravie, Silésie, Lusace) de rester catholique ; il favorisa l’essor des ordres religieux et de l'art baroque. Mais il est aujourd’hui oublié - son nom ne figure dans aucun manuel scolaire français récent - ou réinventé par les historiens, au point de n’offrir plus qu’une lointaine ressemblance avec la réalité. Puisant à diverses sources, manuscrites et imprimées, peu exploitées ou inédites (tchèque, romaine, française, allemande et autrichienne), Olivier Chaline a donc décidé de « rendre la Montagne Blanche au XVIIe siècle ». Grâce à son travail, le lecteur francophone peut enfin retrouver la véritable histoire, libérée du mythe, imposé au XIXe siècle, « d'une Bohême tchèque protestante battue par l'absolutisme germanisateur et catholique des Habsbourg » ; il peut aussi découvrir la figure du vénérable Dominique de Jésus-Marie, religieux carme à la fois mystique, prophète, et héros oublié de la « vic­toire miraculeuse » ; il peut enfin appréhender la façon dont fut réécrite cette bataille et comprendre les distorsions qu’ont fait subir les historiens protestants au récit de la Montagne Blanche.


 

Avant la bataille

 

Au début du XVIIe siècle, les rivalités entre catholiques et protestants s’amplifient dans l'Empire. En 1608, la rébellion luthérienne crée une formation militaire appelée l'Union Évangélique ; les catholiques y répondent l'année suivante en formant une Sainte-Ligue conduite par Maximilien de Bavière. La même année, l’empereur Rodolphe II concède pourtant aux protestants une Lettre de Majesté qui leur offre certains privilèges. Pendant une décennie, les opérations menées dans l'Empire ne sont qu'une « petite guerre » avec des armées aux effectifs réduits. Il faut attendre le 23 mai 1618 pour qu'une partie des nobles tchèques protestants effectuent au château royal, à Prague, un véritable coup d'état en défenestrant les représentants de l'Empereur - Slawata et Martinic - pour leur substituer un Directoire de trente-six membres. Immédiatement, les États de Bohême (la Moravie, la Bohême, la Silésie, les Lusaces) mettent le pays en état d'insurrection armée et chassent les jésuites. Ferdinand II de Habsbourg ne peut laisser Prague et les États de Bohême aux mains des insurgés, d'autant qu'en 1619, à la veille de son élection à l'Empire, il est déchu de sa dignité de roi de Bohême par les insurgés au profit de l'électeur Palatin, Frédéric V, chef calviniste de l'Union Évangélique.

Entré à Prague, Frédéric V publie aussitôt des articles sur l'organisation du culte calviniste dans les églises de la ville. Olivier Chaline en rapporte quelques-uns :

 

Toutes les images devaient en être ôtées. Les autels en pierre devaient y être démolis pour céder la place à des autels de bois recouverts de nappes blanches tombant jusqu'au sol. […] Les communiants n'auraient plus à s'agenouiller. Les signes de croix et de bénédiction étaient désormais proscrits et les prêtres ne devaient plus tourner le dos aux fidèles [p. 282].

Si les iconoclastes s'empressent de démolir, les hommes de guerre, eux, tergiversent. Le Palatin ne dispose que de troupes médiocres et n'est pas suivi par l'ensemble de ses coreligionnaires. De son côté, l’empereur Ferdinand II n’obtient que difficilement quelques milliers d'hommes [1].

De part et d'autre, les forces sont fragiles, les effectifs restreints, les chefs divisés, la soldatesque insoumise et les mercenaires sans foi ni loi. Dans un chapitre intitulé « L'impossible bataille », (p. 33-85), Olivier Chaline décrit les conditions effrayantes de ces soldats livrés au froid, au brouillard, à la boue, à la pluie, à la faim, aux maladies, à la mort :

 

A la fin de l'année 1618, l'armée des États cantonnée en Bohême du Sud fut sévèrement atteinte par le typhus, perdant, de décembre 1618 à février 1619, quelque 8 000 hommes, soit les deux tiers de ses effectifs [p. 59].

 

De la vie quotidienne en campagne des armées catholiques, Olivier Chaline retient l'office charitable d'une vingtaine de prêtres jésuites, capucins, carmes, qui suivent les troupes en leur offrant le secours des sacrements : ils confessent, baptisent, extrémisent…

Au début de l'année 1620, plusieurs milliers d'hommes viennent renforcer les premières compagnies dans chacun des camps. L'Empereur fait diriger ses troupes vers Prague qu’il veut reprendre aux hérétiques. Deux armées le servent : l'armée impériale – 12 000 hommes et 1400 chevaux – et l'armée de la Sainte-Ligue – 14 000 hommes – qui sont commandées respectivement par deux grands chefs militaires : Charles-Bona­ven­ture de Longueval (1571-1621), comte de Buquoy, né à Arras, au service des Habsbourg depuis l'âge de 14 ans, et Jean t’Serclaes, comte de Tilly (1559-1632) [2], ancien élève des jésuites, officier wallon, général des troupes dirigées par Maximilien de Bavière.

A l'automne 1620, les armées protestantes – près de 21 000 hommes – mal payées, mal commandées, prêtes à déserter, sont dirigées par les princes de Thurn et d'Anhalt. Grâce aux espions, ils savent que les catholiques sont proches de « la ville aux cent tours ». Au matin du 8 novembre 1620, et malgré les difficultés inhérentes au terrain, Anhalt fait positionner ses hommes, soutenus par une dizaine de canons, sur une forte colline à l'est de Prague. Attendant la dissipation du brouillard matinal, les protestants font canonner sur les pentes boueuses. Dans les rangs catholiques, Maximilien de Bavière, Buquoy et Tilly, au pied de la colline, savent la topographie défavorable et préfèrent attendre.

 

Vers midi, il fut tenu conseil de guerre, les avis furent très partagés : Maximilien était d'avis d'attaquer, Tilly aussi. Buquoy s'y opposait ; […] le conseil de guerre avait pris mauvaise tournure. De tels désaccords ne pouvaient que mener à une grave crise entre alliés, souligne Olivier Chaline [p. 134].



 

L'intervention du père Dominique de Jésus-Marie et la miraculeuse victoire

 

Soudain, l'intervention du car­me Dominique de Jésus-Marie [3] retourne la situation.


Vers midi, il fut tenu conseil de guerre, les avis furent partagés : Maximilien était d'avis d'attaquer, Tilly aussi. Buquoy s'y opposait ; [...] le conseil de guerre avaigt pris mauvaise tournure. De tels désaccords ne pouviaent que mener à une grave crise entre alliés, souligne Olivier Chaline [p. 134]. C'est moi qui entre dans ce conseil sans y être invité pour vous dire qu'il faut aller tout de suite à l'ennemi et avec toutes nos forces. Il faut faire confiance à Dieu, à la Vierge et à tous les saints dont nous fêtons aujourd'hui l'octave, eux qui prient pour nous comme toute l'Église triomphante. Nous aurons la victoire [p. 138],

prédit-il, faisant irruption en plein conseil.

Ce carme déchaux aragonais joua un rôle important dans la journée du 8 novembre. Après avoir prophétisé, à plusieurs reprises, la victoire des troupes catholiques, il fit irruption au conseil de guerre parmi des officiers divisés sur la conduite à tenir et fit prévaloir la décision de livrer bataille [p. 25],

précise Olivier Chaline, qui fait connaître ce personnage dans les chapitres intitulés : « Le Père Dominique fait livrer bataille » (p. 87-140) et « Le Père Dominique au conseil de guerre » (p. 217-270).

A l'appui de ses dires, le père Dominique de Jésus-Marie montre une peinture représentant la Nativité, peinture trouvée le 11 octobre dans le château de Strakonice – ville située au sud-ouest de Prague – dévasté par les huguenots iconoclastes. Sur la toile, les yeux de tous les personnages, à l'exception de ceux de l'Enfant-Jésus, ont été crevés (chapitre V, « L'image blessée » p. 271-317). Le carme veut en faire l'étendard des troupes catholiques qu’il réconforte de sa prédication depuis des semaines. La force de son verbe réussit à convaincre les chefs, en particulier Buquoy. Ce dernier fait demander à son confesseur, un jésuite irlandais, d'entonner le Salve Regina, que continuent les troupes ligueuses et impériales. Après avoir béni les soldats, le carme entend une immense clameur battre la colline : « Sancta Maria » clament des milliers de voix sur les pentes de la Montagne Blanche.


Toutes les énergies se rassemblèrent dans ce cri qui les stimula. […] Les cavaliers s'ébranlèrent. Des forêts de piques se mirent en marche et escaladèrent le versant [p. 140].

 

Olivier Chaline décrit avec force détails les mouvements des différentes compagnies. Le choc, d'une violence extrême, est analysé dans le chapitre III, « Le choc » (p. 141-213). A cheval, la croix à la main droite, la bride du cheval de l'autre, l'image de Strakonice sur le cœur, le père Dominique de Jésus-Marie encourage les troupes à l’heure du combat. Deux heures plus tard, les protestants, inférieurs en nombre mais fort bien placés, s'enfuient de toutes parts sur les versants de la colline. Deux heures de combat !


De nombreux témoins, comme ce caporal nommé Giorgo, diront


qu'au-dessus de l'armée catholique apparut une immense splendeur qui aveugla tant l'ennemi qu'il ne sut plus ce qu'il faisait, ni contre qui il combattait [p. 197].

Plus nombreux encore furent ceux qui témoigneront que les traits de lumière qui aveuglaient l'ennemi sortaient de l'image portée par le carme aragonais. Les chefs protestants – c'est le calviniste Henri de Staremberg qui le confia à son neveu – pensaient

 

que l'Empereur avait acheté très cher au pape un sorcier espagnol [dont] ils virent sortir de la poitrine, là où il portait ladite image, comme un globe de feu qui leur sembla ensorceler la vue [p. 199].

La victoire de la Montagne Blanche est d’abord un miracle par le triomphe de la Vierge Marie et de tous les saints, comme l'écrit le père Drexel [4] dans son journal :

 

Vraiment, en l'octave de la Toussaint, les saints du ciel se sont vengés de toute l'injure infligée par les calvinistes qui, à Prague, leur avaient coupé les mains, les lèvres, le nez et la tête [p. 316].

Beaucoup de soldats, qui avaient fui vers Prague, se noyèrent dans la Vltava. Frédéric V, qui festoyait au château pendant que ses hommes combattaient, eut juste le temps de se réfugier chez l'Électeur de Brandebourg. Par dérision, la postérité le surnomma le « roi d'un hiver », celui de l'année 1619-1620. Un bas-relief dans le chœur de la cathédrale saint Guy, de Prague, évoque cet épisode.

Olivier Chaline consacre un chapitre entier : « La bataille au filtre de la mémoire », à étudier les conséquences de la victoire pour les Bohêmes et pour l'Europe :

 

C'est le propre de la Montagne Blanche que d'avoir provoqué, plus encore que Lépante, une onde de choc qu'un siècle ne suffit pas à épuiser [p. 442].

Toutes les cours catholiques d’Europe exultèrent à l'annonce de la victoire, car celle-ci signifiait la reconquête des Bohêmes au catholicisme, le retour des jésuites, donc la création de collèges et d'universités, l'installation des autres ordres religieux, la floraison du baroque, enfin et surtout le salut des âmes… Ainsi, en quelques dizaines d'années, les Bohêmes devinrent parmi les terres les plus catholiques de la Chrétienté. La victoire de la Montagne Blanche, c’est aussi le vocable Sainte-Marie-de-la-Victoire donné à plusieurs églises en Europe : Santa-Maria-della-Vit­toria à Rome où furent conservés la vénérable image de la Nativité – jusqu'à l'incendie de 1833 qui la fit disparaître –, les armes et les trophées de la victoire, offerts en ex-voto, et les représentations picturales de la bataille ; à Prague, l'église Sainte-Marie-de-la-Victoire, plus célèbre pour la présence de la statuette miraculeuse de l'Enfant-Jésus de Prague, que pour le vaste tableau de la bataille présenté dans un des retables ; enfin le monastère Sainte-Marie-de-la-Victoire, sanctuaire baroque, autrefois lieu de pèlerinage, édifié au sommet de la Montagne Blanche et aujourd’hui, en partie abandonné.


Si l'onde de choc dura plus d'un siècle, elle s'estompa peu à peu au XVIIIe et laissa place à un nouveau récit des événements par plusieurs historiens protestants du XIXe siècle.

 


Le nouveau récit de la victoire de la Montagne Blanche et ses conséquences

 

1) L’action décisive du père Domi­nique de Jésus-Marie. Une grande vic­toire pour l'Autriche.

 

Le rôle fondamental du père Dominique de Jésus-Marie dans la victoire a été systématiquement minoré, nié ou fait passer pour légendaire par les historiens protestants allemands et tchèques. En effet, Olivier Chaline souligne le refus de prendre en compte le religieux carme dans l’historiographie prussienne bismarckienne ou tchèque nationaliste au XIXe siècle. Il donne comme exemple l’historien protestant Julien Krebs qui écrit en 1879 une histoire de la bataille, où

 

il n'est pas question du carme dans la narration de la bataille ; […] il s'agit d'une légende catholique. Il attribue l'épisode à la propagande carme [p. 237].

Pourquoi dénaturer le récit ?

 

Peu après la double victoire prussienne sur l'Autriche puis sur la France, en plein Kulturkampf contre la papauté, il ne peut être question d'admettre pareille éventualité, incompatible avec le sérieux de l'événement comme avec la rigueur historique [p. 238].

L'idéologie et l'hypercriticisme de l'école historique allemande au XIXe siècle ont ainsi fait disparaître une bonne partie de nos traditions chrétiennes. L'historiographie fran­çaise ne fait pas exception :

 

L’ombre de l’unification allemande recouvre aussi un autre travail fondateur, celui de l’historien français calviniste Ernest Denis, qui proposa une interprétation d’ensemble de l’histoire de la Bohême à l’époque moderne [p. 239],

une histoire à « saveur » protestante qui s'est largement imposée jusqu'à nous.

La Montagne Blanche n’aurait-elle été qu’une victoire mineure pour Ferdinand II comme le laisse entendre Krebs ? Olivier Chaline rectifie encore :

 

La perspective anticatholique qui était celle des historiens au lendemain de Sadowa et de Sedan conduisit Krebs à minorer l’importance de la victoire pour la monarchie autrichienne » [p. 238].

 2) « La révolte de 1618 ne fut pas une révolte nationale de la Bohême tchèque protestante battue par l'absolutisme germanisateur et catholique des Habs­bourg ».

 

Le nouveau récit de la bataille de la Montagne Blanche rédigé au XIXe siècle permet de faire croire, après la défenestration, à une armée tchèque compacte bien décidée à se débarrasser des Habsbourg oppresseurs. Olivier Chaline, qui a étudié en détail les composantes des armées des États protestants de Bohême arrive à d’autres conclusions :

 

Au total, les forces extérieures aux pays de la couronne de Bohême, constituaient sans doute les deux tiers de l'armée des États confédérés [p. 105].

Il écrit encore :

 

L'armée des Directeurs puis [celle] de Frédéric demeurèrent un agrégat inconstitué de forces rassemblées par des entrepreneurs de guerre concurrents et étrangers au pays [p. 105].

Il souligne enfin :

 

Il est significatif que l'accent constamment mis sur le facteur national ait souvent fait oublier qu'il y avait à la Montagne Blanche, avec les mercenaires allemands, sans doute plus de hongrois et d'autrichiens que de tchèques stricto sensu. […] La guerre contre les Habsbourg n'est pas l'affaire d'une bonne partie de la population bohême [p. 106].

Pour près des deux tiers des armées des États, l'encadrement et les troupes sont allemands, autrichiens, hollandais, tous luthériens, et hongrois : les Malcontents calvinistes. Le seul élément fédérateur est donc le protestantisme.

Et en face ? Avons-nous des troupes allemandes et autrichiennes bien décidées à « écraser » le pauvre petit territoire tchèque ? Olivier Chaline rétablit les faits :

 

Face à la Babel militaire bohême […] se dressait une société non moins cosmopolite et instable de gens de guerre, pour la plupart catholiques, venus depuis l'Irlande jusqu'à la Pologne, de Naples à la Flandre [p. 128].

En effet, dans les armées servant Ferdinand II, on trouve pêle-mêle wallons, rhénans, lorrains, silésiens, bohêmes, croates, napolitains, italiens, français, polonais, autrichiens, bavarois… La seule unité qui tienne est l’unité catholique, à l'exception d'un chef, Rudolph von Tiefenbach [5]. Les hommes de guerre se battent, alors, pour la religion, pour un prince ou – et c’est moins glorieux – pour de l’argent.

Les armées catholiques n’ont donc pas cherché à faire disparaître le territoire des Tchèques, mais à rétablir l’autorité légitime de l’Empereur et à sauvegarder, sur ces terres, la foi des fondateurs de la Bohême, saint Venceslas, sainte Ludmila, saint Procope, sainte Agnès…

 

3) « La Montagne Blanche ne pro­vo­qua ni la fin de l'État bohême, ni l'abais­sement des Diètes dans les pays de la Couronne ».

 

Après 1620, les ténèbres ne régnèrent, ni à Prague, ni dans les Bohêmes, comme on peut le lire un peu partout dans les guides touristiques ou dans les manuels universitaires. Il suffit de se promener dans les différents quartiers de la « Rome du Nord », les quartiers du Château, de Mala Strana, de la Vieille Ville, de la Ville Nouvelle, ou bien de visiter les villes de Bohême pour se rendre compte de l'éblouissante reconquête architecturale, intellectuelle, musicale et artistique de la Réforme catholique tridentine, soutenue par les Habsbourg.

 

Peut-on pousser l'esprit critique jusqu'à prétendre que la Montagne Blanche ne fut pas catastrophique pour la Bohême, tant elle semble une date terrible pour les protestants dans ce royaume ? [p. 238].

Olivier Chaline a bien du courage de l’écrire.

 

En résumé, voici un livre exceptionnel, écrit avec talent, par un historien de grande érudition. Osons quelques critiques malgré tout : Olivier Chaline a parfois tendance à se perdre dans une foule de détails. Mais peut-on lui adresser ce reproche, tant cette histoire nous est rendue vivante ? La mise en page du livre est beaucoup trop serrée, ce qui ne facilite ni la lecture, ni la maniabilité de l'ouvrage. Un plan de l’Europe centrale et des Bohêmes aurait été fort bien venu. En revanche, le lecteur appréciera les photographies des représentations de scène de bataille intercalées au milieu du livre. Enfin, notre sentiment est que ce livre aurait mérité un grand éditeur et une diffusion très large, surtout dans les milieux enseignants. Au lecteur d’y contribuer.

 

 

Olivier Chaline, La bataille de la Montagne Blanche, (8 novembre 1620), Un mystique chez les guerriers, Paris, Noesis, 2000, 622 p., 32 €.





[1] —  Ce fait prouve, s'il était besoin, que l'Empereur n'a jamais possédé au XVIIe siècle une force armée suffisamment sérieuse pour inquiéter le royaume de France.

[2] —  Voir : Samsoen de Gerard, Le comte de Tilly, Paris, François-Xavier de Guibert, 1993.

[3] —  Une biographie, en italien, lui a été récemment consacrée : S. Giordano, Domenico di Gesù Maria (1559-1630). Un carmelitano scalzo tra politica e riforma chiesa posttridentina, Rome, 1991.

[4] —  Le père Jérémie Drexel (1581-1638) naquit de parents luthériens. Adolescent, il embrassa la religion catholique et à dix-sept ans, il fut admis dans la Compagnie de Jésus. Prédicateur de la cour de Bavière en 1615, il publia une vingtaine d’ouvrages traduits dans la plupart des langues européennes.

[5]  —  Tiefenbach se convertit au catholicisme en 1623.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 65

p. 161-169

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