L’unique Sauveur
Tout ce numéro du Sel de la terre tourne autour du mystère de notre salut. C’est en quelque sorte le fil d’Ariane qui en fait l’unité.
Il commence par la méditation du psaume 125, un des psaumes appelés « graduels », qui nous font monter, comme par degrés (graduellement), de cette vallée de larmes à la Jérusalem céleste. Ce psaume nous dit que nous serons consolés lorsque Notre-Seigneur Jésus-Christ nous ramènera de la captivité (du péché), « in convertendo Dominus captivitatem Sion, quand Yahwéh ramena les captifs de Sion ». C’est pourquoi nous demandons au Seigneur : « Converte, Domine, captivitatem nostram, Seigneur Jésus, ramenez-nous de la captivité ! »
Ces psaumes graduels sont traditionnellement employés dans le petit Office de la sainte Vierge [1]. En effet, l’ascension vers la Jérusalem céleste ne peut se faire sans sa compagnie : elle est la médiatrice de toutes les grâces de salut. C’est ce que nous explique Mgr de Castro Mayer dans sa magnifique Lettre pastorale sur la médiation universelle de la sainte Vierge. Ce texte nous donne une idée de ce qu’aurait dû être le document sur la sainte Vierge de Vatican II, si le clan progressiste n’avait pris la direction du Concile. En effet, lors de la consultation des évêques avant le Concile, leur premier souhait avait été la promulgation du dogme de la médiation universelle de la sainte Vierge.
Mais, hélas, par souci d’un faux œcuménisme, les schémas préparés par la curie romaine pour le Concile, et notamment celui sur la sainte Vierge Marie furent rejetés par les évêques « des bords du Rhin [2] ». A leur place, ils ont proposé des textes issus de la « nouvelle théologie ». L’un des experts de ces évêques s’appelait Joseph Ratzinger. Il faisait partie de cette nouvelle équipe et il avait, lui aussi, une nouvelle conception de la rédemption. Mgr Tissier de Mallerais se penche sur les textes de celui qui est devenu le pape Benoît XVI. Il nous montre comment le mystère de la rédemption a été revu pour être mis en accord avec la philosophie moderne. Mais à quel prix !
Revenons à la conception traditionnelle de notre salut. Méditons, avec le Cœur Immaculé de Marie, la nativité du Sauveur sur notre chapelet, grâce au père Thomas qui nous présente les harmonies de ce mystère.
Dom Maréchaux O.S.B. continue cette méditation en nous montrant ce que Jésus, notre Sauveur, a reçu de sa Mère, et, d’une manière plus générale, le rôle des mères des saints.
Toutefois, l’incarnation du Fils de Dieu n’a pas eu comme seul effet le salut de nos âmes. Il nous a apporté « par surcroît » la civilisation chrétienne. Hugues Bousquet nous montre un aspect de cette civilisation à travers les principes et l’organisation des métiers sous le règne de saint Louis. Par là même, il nous montre comment nous pourrions sauver notre économie, dans la crise qu’elle connaît : en la mortifiant, c’est-à-dire en lui imprimant la marque de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Cependant, l’ennemi de notre Sauveur est aussi l’ennemi de sa civilisation. Il a suscité guerres et persécutions pour détruire la chrétienté. Le général Quélennec nous retrace la terrible histoire de la violence barbaresque.
Les recensions nous donnent un autre aperçu du combat des deux Cités : ceux qui ont cherché à détruire l’œuvre de salut de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à travers la figure méconnue de Dona Gracia Nasi, ceux qui, au contraire, ont défendu cette œuvre, tel don Juan d’Autriche par l’épée, et René Bazin par la plume. Quant au livre sur les rapports entre De Gaulle et les communistes, sa recension nous permet d’apprécier le rôle joué par le général dans ce combat.
C’est toujours Notre-Seigneur Jésus-Christ, lui, la pierre de touche, qui permet d’évaluer le roman Ivanhoé de Sir Walter Scott ou l’œuvre du père Bernadot O.P. (dont nous avons cité un texte dans un récent éditorial).
Le mystère du salut est au centre de notre sainte religion. La fête de Noël nous l’a rappelé récemment : le Fils de Dieu s’est incarné « pour nous et pour notre salut, propter nos et propter nostram salutem ».
Jésus, dont le nom signifie Sauveur, est le seul qui peut nous apporter le salut éternel, c’est-à-dire nous arracher à la mort du péché et nous donner la vie de la grâce, commencement de la vie éternelle qui, après notre mort, se transformera dans la vision béatifique.
Que ce numéro du Sel de la terre aide les lecteurs à profiter de ce salut !
[1] — Dans le rite romain, seuls les 9 premiers psaumes sont utilisés. Mais dans le rite dominicain, on utilise les 15 psaumes graduels.
[2] — Voir Ralph Wiltgen, Le Rhin se jette dans Le Tibre. Le Concile inconnu, Paris, Cèdre, 1973.

