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La violence barbaresque

à propos de deux livres récents

 par le général Jean Quélennec

À une époque où surgit une nouvelle poussée de l’islam après son  relatif assoupissement du 19e siècle, on ne peut cacher les  constantes constitutives de sa nature : sa fondation sur le Coran et, consécutivement, sa violence. De nombreux ouvrages ont tenté, depuis quelques années, de réveiller les consciences endormies des chrétiens, anesthésiées par de naïfs islamophiles à la recherche d’un mythique dialogue, tous deux relayés par de puissants moyens de communication au service d’intérêts principalement marchands. Mais la réalité finit par fissurer la chape de plomb de l’islamiquement correct et, que ce soit dans les banlieues françaises, au Moyen et Proche-Orient ou ailleurs dans le monde, la vérité se fait jour.

Cette vérité plonge ses racines dans l’histoire.

C’est ce qu’après d’autres, nous montrent Laurent Lagartempe dans son Histoire des Barbaresques et l’anglais Giles Milton dans son récit Captifs en Barbarie [1].

Les deux livres se complètent.

Tandis que Lagartempe fait en quelque sorte une théorie de la violence musulmane, de ses origines à nos jours, à partir d’une grande fresque historique des civilisations méditerranéennes et du Moyen-Orient, Giles Milton nous emmène sur les bateaux-pirates barbaresques écumant les mers aux 17e et 18e siècles, à la recherche de butin matériel et humain jusqu’aux côtes de Cornouailles britannique et même à Terre-Neuve, nous faisant revivre la condition effrayante des esclaves chrétiens au Maroc.

 

Histoire des Barbaresques

L’Histoire des Barbaresques de Laurent Lagartempe est une thèse, celle de l’affrontement depuis des millénaires, – depuis le paléolithique –, entre les peuples « prédateurs » et les peuples « producteurs ». L’islam est venu ajouter au penchant naturel des prédateurs, la force religieuse du Coran qui fait de la violence, de la guerre sainte – djihad –, un précepte absolu et universel. La démonstration tient en quatre points résumés ci-après.

 

La grande progression méditerranéenne

Né en Mésopotamie et en Égypte, le mode de vie néolithique, qui substitue la culture et l’élevage à la cueillette et à la chasse, a gagné le pourtour méditerranéen à partir du 8e siècle avant Jésus-Christ. Les marchands phéniciens ont été en grande partie les colporteurs de ce nouveau mode de vie. Dans une vision anthropologique de l’histoire, Lagartempe écrit : « Du point de vue catégorie humaine, il y a identité entre grain, agriculteur, producteur et néolithique, et de même identité entre gland, prédateur et paléolithique. »

Cependant, paléolithique et néolithique ne sont pas successifs mais imbriqués : le producteur attire le prédateur.

Utique, colonie grecque de l’actuelle Tunisie, est fondée au 8e siècle. Au 6e siècle, l’Afrique du nord et l’Andalousie sont colonisées par les Carthaginois. Du 5e siècle avant Jésus-Christ au 5e siècle après Jésus-Christ, le pourtour de la Méditerranée connaît la prospérité avant l’arrivée des prédateurs, Vandales, Visigoths et Sarrazins.

L’apogée de cette longue période de progrès et de prospérité a été la conjonction de la pax romana avec la conversion des peuples à la religion catholique. Au concile de Carthage en 220, il y avait déjà soixante et onze évêques. Deux siècles plus tard, « la Tunisie d’Augustin était véritablement catholique, et même catholique romaine au sens de ce que sera l’Occident pendant plus d’un millénaire ». Lagartempe ajoute : « On distingue classiquement douze Pères de langue grecque et six Pères de langue latine, dont quatre étaient Tunisiens. »

Cependant il ne faut pas oublier que si la pax romana a protégé l’Afrique du nord de l’ennemi extérieur jusqu’à Constantin, les persécutions ne l’ont pas épargnée et, là comme ailleurs, le sang des martyrs a été semence de chrétiens.

 

La grande affliction méditerranéenne

Cette paix et cette prospérité ont été bouleversées à partir du 5e siècle par les invasions germaines et sarrasines. D’emblée, Lagartempe distingue les premières des secondes par leur mode d’action et leur durée. Tandis que les invasions germaines n’ont duré qu’un siècle et que les envahisseurs ont fini par se conformer aux coutumes des peuples nord-africains et ibériques, les invasions sarrasines ont affligé ces contrées pendant plus d’un millénaire et ont soumis à l’islam les peuples conquis. De 622 à 711, il leur fallut moins d’un siècle pour asservir le Maghreb, avant de s’emparer de l’Espagne et, de là, pousser des rezzous [2] jusqu’en Gaule.

Pour caractériser cette formidable poussée, Lagartempe lui donne le nom de cyclone islamique ravageant tout sur son passage, et ne laissant le choix aux peuples conquis qu’entre la conversion à l’islam et le statut de citoyens de seconde zone, c’est-à-dire la dhimmitude.

Ce furent cinq siècles de ravages en Gaule, cinq siècles de ravages en Méditerranée – avec même, en 846, le siège de Rome mettant dans l’obligation le pape Serge II, réduit au rang de dhimmi, de payer l’impôt aux musulmans jusqu’à la réaction de Léon IV –, tandis que Byzance protégeait la Méditerranée orientale.

La réaction chrétienne fut en effet byzantine d’un côté et franque de l’autre.

De 1061 à 1091, les Francs-Normands chassèrent les musulmans de Sicile. Puis ce furent les Croisades. « L’âme de l’anticyclone franc-catholique fut un ardent complexe de vitalité germanique et de générosité évangélique » dit Lagartempe et il souligne le rôle central de la papauté dans cette lutte de la chrétienté contre l’islam. Il consacre de longues pages à la Reconquista espagnole qui, se terminant en 1492, dura près de huit siècles.

Mais l’appropriation du khalifat par les Turcs, qui fit d’eux, après les Arabes, les champions de l’islam, relança l’expansion de celui-ci et le mit à deux doigts de s’emparer de Vienne en 1683.

Il fallut attendre le pourrissement intérieur de l’empire turc au 19e siècle pour que les chrétiens des Balkans recouvrent leur liberté.

 

La grande régression méditerranéenne

« Le retour à l’archaïsme culturel ne peut qu’engendrer le sous-développement économique. » C’est par ces mots que l’auteur ouvre son chapitre sur le déclin de la prospérité économique des pays soumis à l’islam dont il démonte les mécanismes.

Les trésors d’or raflés lors des razzias déséquilibrent les échanges monétaires.

L’impôt, principe de la dhimmitude, dissuade les assujettis de travailler.

L’esclavage de masse, « principe fondamental de la théologie islamique » anéantit les forces productrices.

En fait, les maîtres scient bêtement la branche sur laquelle ils sont assis.

L’esclavagisme a provoqué une véritable saignée de l’Occident chrétien ; un autre ouvrage en estime à un million d’individus les victimes [3]. Il a été aussi terrible pour les Noirs d’Afrique, les Européens n’ayant eu ni l’exclusivité ni l’initiative de ces pratiques.

Au total, l’arabo-islamisme a été un « flambeur » d’économies et de civilisations, de Samarcande à Tanger, en passant par Damas, Jérusalem, Alexandrie et Carthage.

 

Prédateurs, producteurs, empire

Sous ce titre, l’auteur s’élève au niveau de la philosophie de l’histoire. Observant les différents empires de l’Antiquité, il ramène leurs vicissitudes au compte producteurs-prédateurs, risquant par là de donner une vue un peu « réductionniste » de l’histoire. Il crédite les empires d’avoir été des facteurs de progrès : « Les empires s’inscrivent dans le gradient de progrès global dans leur organisation, leur efficacité et le développement de leurs activités économiques et techniques génératrices de prospérité et de bien-être. » Puis, se tournant vers l’islam, il avance : « Or, il est manifeste que l’islam a mis fin aux deux empires perse et byzantin, en ne leur ayant substitué que des modèles économiquement et culturellement rétrogrades. »

Sans doute l’islam a-t-il contribué à la chute des empires perse et byzantin, mais ceux-ci ne manquèrent pas d’œuvrer eux-mêmes à leur perte, comme d’autres aujourd’hui, sous nos yeux, en France et en Europe.

Dans une cinquième partie, Laurent Lagartempe nous donne dix leçons géo-anthropologiques qui reflètent un peu le contenu des chapitres précédents.

La répétition, c’est un peu le reproche que l’on pourrait faire à l’auteur, qui enfonce inlassablement son clou pour être sûr d’être entendu, au risque de lasser.

Par ailleurs, des cartes, évitant de recourir à un atlas historique, auraient facilité la lecture de l’ouvrage.

Cela dit, le livre éclaire d’un jour nouveau la barbarie islamique, en rattachant son principe aux origines de l’histoire et en montrant sa fatalité inscrite dans les versets immuables d’un livre prétendant régir de façon totalitaire la vie individuelle et sociale de toute l’humanité jusqu’à la fin des siècles.

 

Captifs en Barbarie

Dans son histoire passionnante, Giles Milton illustre de manière vivante la thèse de Lagartempe, en racontant les méfaits des pirates barbaresques de Salé au Maroc – ville faisant face à Rabat –, aux 17e et 18e siècles et en décrivant la vie effroyable des captifs chrétiens à Meknès, dans la première moitié du 18e siècle, sous le sultan Moulay Ismaïl. Aujourd’hui, les guides marocains qui font visiter les ruines du palais du sanguinaire sultan, se gardent bien de dire à quel prix de sueur et de sang ont été élevés les imposants édifices qui furent un temps l’orgueil du Maroc.

Pour écrire son livre, Milton s’est essentiellement appuyé sur les mémoires d’un Cornouaillais britannique, Thomas Pellow, du petit port de Penryn en Cornouailles.

A peine âgé de dix ans, celui-ci, contre la volonté initiale de ses parents qui finirent par céder, s’embarqua en 1715 sur un petit navire désarmé commandé par son oncle, le capitaine John Pellow, qui faisait commerce avec l’Italie. Un traité de paix ayant été signé entre le sultan du Maroc et la reine d’Angleterre, John Pellow pensait n’avoir rien à craindre. De fait, le voyage aller se fit sans histoire, de même que le passage de Gibraltar au retour. Mais c’était sans compter sur la présence de pirates barbaresques de Salé sur les côtes de Cornouailles. Malgré le secours d’un navire anglais plus gros que celui de Pellow, les pirates réussirent à s’emparer des deux bateaux et à les remorquer jusqu’à Salé. Là, le franchissement de la barre fut impossible en raison du mauvais temps ; Anglais et pirates durent se jeter à la mer pour gagner la côte, leurs bateaux étant allés se fracasser sur les rochers.

De ce jour commença la captivité de Thomas Pellow.

Il décrit les horribles cachots de Salé puis la longue marche qui le conduisit avec ses camarades jusqu’à Meknès, capitale du Maroc, où régnait le terrible et fantasque sultan Moulay Ismaïl.

Celui-ci, pour construire son palais, qu’il voulait plus grand et plus beau que celui de Versailles, avait besoin de milliers d’esclaves et, malgré les traités parfois signés, se réjouissait des esclaves que lui apportaient les pirates de Salé.

Pellow raconte ses tourments et note la haine à caractère religieux des Marocains qui insultent et malmènent les pauvres esclaves chrétiens à leur passage, allant même « jusqu’à brûler des branches d’osier blanc […] en faisant de grands cris pour purifier la place » où ils sont passés.

Il fait un portrait du terrible Moulay Ismaïl, tyrannique, cruel et fantasque, régnant par la terreur à l’aide de sa garde noire, constituée d’esclaves ramenés tout jeunes d’Afrique noire.

La description qu’il fait du quartier des esclaves équivaut en horreur à celle des goulags communistes. La cruauté humaine s’y donnait libre cours, celle des gardes noirs en particulier, pour ce qui est de Meknès : faim, mauvais traitements, tortures, exécutions sommaires pour un oui ou pour un non.

Vers 1720, il y eut, selon les auteurs, de 5 000 à 25 000 esclaves aux ordres de Moulay Ismaïl à Meknès !

Le sort des concubines du sultan n’était guère plus enviable.

Tous les esclaves chrétiens étaient soumis à de cruelles contraintes pour abjurer leur foi. Thomas Pellow, tout jeune qu’il était, n’y échappa pas. Il finit par céder et devint, comme beaucoup, un renégat.

Si le sort des renégats était un peu amélioré par rapport à celui des esclaves demeurés chrétiens, non seulement, ils perdaient la sollicitude des États chrétiens dont ils dépendaient et qui n’avaient déjà pas assez de fonds pour racheter les fidèles, mais encore, ils étaient systématiquement employés dans l’armée, et, là, placés en première ligne.

Devenu renégat, Thomas Pellow fut remarqué pour son intelligence par le sultan qui lui donna, au début, des emplois de confiance et le maria quasiment de force. Puis, ayant perdu une partie de la confiance du tyran, il fut envoyé à l’armée où il participa aux rudes combats contre les rebelles du Haut-Atlas et d’ailleurs.

Bien qu’officiellement musulman, Thomas Pellow demeurait chrétien au fond de son cœur – il rappelle l’importance de la prière collective pour garder le moral – et enviait les catholiques qui, sous l’impulsion de religieux espagnols autorisés par le sultan, organisèrent un jour la Fête-Dieu.

Cependant, il n’avait qu’une idée en tête : s’évader.

Le récit de ses tentatives d’évasion sur plusieurs années est un véritable roman où on est souvent tenu en haleine. Sa femme et sa fille étant mortes de maladie, il ne pensait plus qu’à « l’évasion ou la mort ».

Sa dernière tentative en 1738, fut la bonne et, après vingt trois ans[4] de captivité, il put regagner Penryn où ses parents ne le reconnurent pas, ni lui les siens.

Ce véritable roman illustre bien les constantes de l’islam exposées par Lagartempe :

—    La haine du musulman pour l’infidèle,

—    le recours à la violence, voire à la cruauté ;

—    la volonté de convertir coûte que coûte ;

—    le mépris pour les contingences économiques : épuiser les esclaves, plutôt que d’en tirer intelligemment parti ;

—    épuiser les esclaves plutôt que d’en tirer intelligemment parti ;

—    le gouvernement par la terreur.

Combien de temps nos naïfs tenants du dialogue islamo-chrétien se laisseront-ils abuser par des gens qui ont dit et ne cessent de répéter que leur but est de conquérir à l’islam la terre entière, au besoin par la violence pour obéir aux préceptes de Mahomet inscrits dans le Coran ?



[1]  — Laurent Lagartempe, Histoire des Barbaresques, Versailles, éditions de Paris, 2005 ; Giles Milton, Captifs en Barbarie, Lausanne, Les Éditions Noir sur Blanc, 2006. — On pourra également consulter l’article de Marcel Chappe, « Esclaves de l’islam, Le père Le Vacher et les esclaves chrétiens à Tunis et Alger, au 17e siècle », paru dans Le Sel de la terre 56, printemps 2006, p. 84. (NDLR.)

[2]  — Rezzou : bande armée qui fait une razzia en Afrique du Nord et au Sahara, ou, par métonymie, synonyme de razzia. (NDLR.)

[3]  — Voir Robert C. Davis, Christian Slaves, Muslim Masters : White Slavery in the Mediterranean, The Barbary Coast and Italy, 1500-1800, New York, Palgrave Macmillan, 2004.

[4] — Vingt-trois ans. Ce fut le temps de captivité chez les Viets de mon camarade de promotion de Saint-Cyr, Huyn-Ba-Xuan. Il a raconté son histoire dans un livre : Ba Xuan Huynh Oublié 23 ans dans les goulags Viet-Minh, Paris, L'Harmattan, 2004.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 67

p. 149-154

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