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Contes de René Bazin

Philippe GIRARD 

Les éditions Via Romana rééditent, et il faut les en remercier, 14 contes parus pour la première fois en 1897 sous le titre : Contes de bonne Perrette. Il s’agit d’un recueil de récits choisis par René Bazin, parmi ceux qui lui furent racontés dans son enfance, au long des veillées familiales. Ils illustrent la tradition orale, aujourd’hui disparue sous les assauts successifs de la radio et de la télévision, mais qui se pratiquait, il n’y a pas si longtemps de cela, dans d’innombrables familles françaises, surtout paysannes. Hélas, ces familles elles-mêmes ont disparu…

Ces récits ont en commun la précision du style et le pouvoir d’enchantement propres aux œuvres de René Bazin, si les réactions qu’ils éveillent chez le lecteur sont, quant à elles, diverses : l’amusement à la lecture de La Boîte aux lettres, récit dans lequel un curé de campagne rate une promotion parce qu’il a transformé sa boîte aux lettres en nid de mésange, avec interdiction de l’ouvrir tout le temps de la couvée ; la réflexion morale avec Le Moulin qui ne tourne plus, lorsqu’il lit comment un meunier qui dédaigne moudre le blé d’un malheureux qu’il méprise se trouve bien puni, ou encore lorsque Le quatrième Pauvre lui présente l’amour du prochain à travers la vertu d’hospitalité ; il retrouve la paix et la confiance en Dieu dans Les Chardonnerets de Galilée, où l’on voit les oiseaux donner des leçons aux hommes ; l’émotion le saisit à la lecture de La Réponse du vent, où une maman comprend l’erreur qu’elle commettait dans l’éducation de son fils, ou à celle de Le Retour, qui fait penser au fils prodigue de l’Évangile ; alors que l’art consommé de la dramaturgie de La Veuve du loup, histoire d’une vengeance méditée pendant quarante ans et qui, sur le point d’être exercée, est abandonnée comme par miracle, le laisse ému.

Un recueil dans la veine de Henri Pourrat, évoquant un monde révolu où le véritable sens de l’existence était perçu avec plus de justesse qu’aujourd’hui. Les rééditions de René Bazin se poursuivent et nul ne s’en plaindra [1].


René Bazin, Contes merveilleux, Versailles, Via Romana, 2008, 15 €.



[1]    — Voir Le Sel de la terre, n° 61, p. 181.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 67

p. 170-171

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