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Deux études sur la Contre-Église

La revue Sous la Bannière (novembre-décembre 2008, p. 22 à 26) a fait paraître un article de Félix Causas intitulé « Sur le Front de la Contre-Église » [1]. Nous reproduisons ici, avec l’autorisation de Sous la Bannière, des extraits de cet article où l’auteur analyse deux plaquettes parues aux Éditions du Sel.

Le Sel de la terre.


Les dangers de la gnose contemporaine 

Une brochure de Christian Lagrave, publiée en décembre 2007 dans la collection « Études » des Éditions du Sel [2] regroupe des articles parus dans la revue Le Sel de la Terre et s’intitule Les Dangers de la gnose contemporaine. […] Christian Lagrave observe à juste titre que certains auteurs actuels essayent de montrer que la gnose n’existerait plus aujourd’hui, ou du moins, à supposer que quelque chose correspondît à ce nom, cela ne saurait constituer une erreur dangereuse pour les catholiques !

Christian Lagrave montre, par les faits, l’existence et la nocivité de la gnose contemporaine. Il traite d’abord des origines et des thèmes de cette gnose avant d’en présenter ensuite les hommes et les œuvres. Ce travail s’inscrit dans la continuité des travaux fondamentaux réalisés par Jean Vaquié et surtout Étienne Couvert, hommes de haute probité intellectuelle vis-à-vis desquels l’ennemi ne s’est pas trompé. […]

Nous ne pouvons que saluer le petit ouvrage de Christian Lagrave qui met bien les points sur les « i » et les barres aux « t », face aux mensonges répandus à profusion […].

Christian Lagrave rappelle d’abord un certain nombre de données importantes quant aux sources de l’ésotéro-occultisme et des modes de transmission de l’erreur, car l’erreur n‘est pas quelque chose de désincarné ! Il y a des cerveaux pour concevoir l’erreur, il y a des agents de diffusion de l’erreur et il y a aussi des « codex » dans lesquels sont soigneusement consignées ces doctrines d’enfer qui ont été spécialement élaborées – rappelons-le sans cesse – pour la damnation du plus grand nombre, objectif prioritaire des démons et de leur chef !

Il est donc fondamental de savoir qui diffuse l’erreur, quels sont les réseaux de diffusion de l’erreur, quels sont les ouvrages qui contiennent l’erreur, non pas pour s’en repaître, ce qui constituerait un danger considérable de pollution, mais pour préserver ses semblables de la contamination, car les temps dans lesquels nous vivons sont très mauvais comme nous en a prévenus la très sainte Vierge à de nombreuses reprises et solennellement avertis à La Salette (1846) : « Les mauvais livres abonderont. » Ces mauvais livres édités à millions d’exemplaires, qui empoisonnent les consciences et qui contribuent à rendre l’atmosphère que nous respirons pestilentielle !

Christian Lagrave fait justement observer dans sa brochure que les librairies ésotériques se sont développées dans des proportions inouïes et que dans toutes les librairies on trouve des rayons consacrés à cette littérature venimeuse. Ce n‘est pas un hasard : pour reprendre les termes de sœur Lucie de Fatima, cela fait partie du « vent de désorientation diabolique » qui souffle sur le monde depuis plusieurs décennies et davantage en notre époque où le règne du démon va subir un échec retentissant. On comprend aisément, dans ces conditions, pourquoi la corruption atteint un tel degré, notamment la corruption des esprits qui ne savent plus distinguer où est le vrai et où est le faux. La pire des corruptions ; le pire des aveuglements ! Prions chaque jour que Dieu nous en préserve car il n’y a rien de plus abominable en ce bas monde !

Les livres d’ésotéro-occultisme peuvent être comparés à ces fleurs vénéneuses dont le poison se révèle d’une rare toxicité. Combien se sont laissés séduire par des ouvrages trouvés dans des bibliothèques familiales, d’où la nécessité de signaler la dangerosité de ces brûlots [3] par un symbole très précis dessiné ou collé sur la première page de garde du livre en question, par exemple une « tête de mort » comme sur les produits chimiques hautement toxiques ou mortels… Geste de charité [de la vérité] pour ceux qui ignorent que des dangers peuvent se cacher sous des dehors très attrayants…

Christian Lagrave montre bien, à la suite de Jean Vaquié et d’Étienne Couvert, qu’il n’y a pas d’ésotérisme dans le christianisme et dans l’Église, et que ce prétendu ésotérisme est une invention des gnostiques destinée à infuser chez les chrétiens non prévenus, et par ce biais, leurs doctrines abominables. Il n’y a rien de caché dans l’Église contrairement à la Contre-Église où tout est caché, tout est verrouillé par le Secret [4], tout est réservé à des « initiés », à des « purs », à des « parfaits ». Et ce sont des individus aussi peu recommandables qui osent critiquer l’Église, qui osent lui reprocher d’attenter à la liberté de conscience tandis qu’ils imposent des carcans épouvantables sur les consciences de leurs adeptes et leur perfusent continuellement des poisons de plus en plus nocifs, au fur et à mesure des initiations !…

Dans un deuxième point, Christian Lagrave présente un descriptif des hommes et des œuvres de la gnose contemporaine car l’erreur, ainsi que nous l’avons rappelé, ne se diffuse pas s’il n’y a pas des hommes obstinés et des « véhicules » pour la diffuser (réseaux, livres, revues, etc.).

L’auteur rappelle opportunément le danger de l’ésotérisme pseudo-chrétien charrié par le dangereux Paul Le Cour et son réseau « Atlantis » aujourd’hui encore très actif, et surtout le rôle puissamment délétère du prince de la gnose moderne, nous avons nommé l’éminentissime danger public René Guénon (1886-1951) si prisé dans les milieux de droite et extrême-droite, continuellement diffusé par les maisons d’édition liées à ces milieux. Nous en avons déjà parlé dans de précédents articles. Christian Lagrave, en bon anti-libéral, nomme la « postérité spirituelle » de René Guénon : les non-chrétiens, les pionniers du christianisme « ésotérique » qui infestent nos milieux, consacrant tout un chapitre à un sulfureux « abbé » : l’abbé Stéphane qui, « bien que religieux », a suscité une postérité non négligeable dont l’élément le plus connu est le Pr Borella, de Nancy. Nos lecteurs apprécieront le foisonnement de disciples énumérés par Christian Lagrave, jusqu’à l’actuelle jeune génération guénonienne. On imagine aisément l’admirable travail de sape opéré par cette « aimable » fourmilière. Christian Lagrave n’oublie pas de consacrer un chapitre au Guénon italien : « Julius Evola [5] » que nous avons assaisonné dans le passé et dont les disciples continuent avec empressement à accentuer le délabrement de l’Occident autrefois chrétien. Il suffit de regarder la place que les catalogues d’éditeurs « de droite » consacrent au serpent Évola pour être fixé sur l’infiltration des idées gnostiques dans nos milieux…

Trois gnostiques atypiques ne sont pas oubliés : Corbin, Abellio et Pauwels dont les œuvres ont été abondamment diffusées. Pauwels, auteur avec Jacques Bergier, du célèbre Matin des Magiciens qui donna le signal de la ruée des idées gnostiques à destination du grand public, au début des années 60, d’abord centrée sur la circonvenue des cadres puis du reste de la société lorsque les cadres furent « à point ». Tout ce travail de démolition fut opéré grâce à la revue et à l’encyclopédie Planète, non moins célèbre. Pauwels dirigea également une collection qui poursuivit l’œuvre entreprise, enfonça le clou et continua à dévoyer les élites puis des personnes cultivées, au préalable travaillées par les ouvrages précités : la collection Histoire des Personnages Mystérieux et des Sociétés Secrètes, à manipuler avec prudence, même si l’on y apprend beaucoup de choses, car bon nombre de ses rédacteurs, comme Pauwels, étaient affiliés aux loges ou très sympathisants…

Il s’agissait donc bien d’une offensive en règle pour faire sauter les dernières barrières, formater les mentalités, le tout bénéficiant du soutien des révolutions soigneusement pensées et développées auparavant : cinéma, rock’n’roll, hippies, beatniks, décolonisation, concile,… avec l’apothéose de Mai 1968 qui correspondit au classique dynamitage des westerns ou films de guerre. Les dernières résistances ayant été anéanties et la société modelée selon les désirs des maîtres du monde, l’ennemi pouvait infuser ses doctrines de mort dans tout le corps social. Nous devons reconnaître que l’opération fut conduite de main de maître et, conclusion logique, les digues furent emportées comme des fétus de paille.

Qui résiste, qui ose encore résister de nos jours à cette invasion tous azimuts ? Qui comprend encore ce qu’il lit ? Qui sait lire entre les lignes ? Qui sait reconnaître les écrits de l’ennemi ? Qui sait repérer les infiltrations de l’ennemi et le déversement de son immonde littérature dans notre société apostate, diffusion qu’on peut comparer à l’épandage de la citerne de purin sur le champ à cultiver ? Qui ?

Remercions Christian Lagrave d’avoir bien compris le danger, de bien connaître son sujet, de l’avoir bien étudié depuis des décennies et de bien mettre en garde ses lecteurs sur le danger que représente la lecture ou la fréquentation régulière d’ouvrages ésotéro-occultistes :

On ne s’improvise pas spécialiste en ces domaines ; cela nécessite de longues études menées avec beaucoup de prudence et un grand amour de la vérité. Il faut obligatoirement étudier et approfondir la vérité en même temps qu’on étudie l’erreur. D’autre part, il ne faut jamais essayer d’aborder l’ésotéro-occultisme en étudiant sa littérature, ni non plus les travaux d’allure historique ou théologique de ceux qui sont ses partisans avoués ou camouflés. Ce serait dangereux car les gnostiques sont des gens très habiles, spécialistes de la séduction intellectuelle et de l’infiltration dans les milieux catholiques, si bien qu’ils utilisent des sophismes, des raisonnements captieux, voire des mensonges, soigneusement étudiés pour égarer les esprits de ceux qui n’ont pas une formation suffisante pour les détecter. Face à la gnose, il n’y a pas de moyen terme : ou bien on s’en rend complice – et c’est bien le cas de tous les auteurs qui prétendent étudier la gnose sans la combattre – ou bien on la combat radicalement…

 

Excellente analyse ! Il n‘y a « ni bonne gnose ni mauvaise gnose ». Ce sophisme des gnostiques est à combattre avec l’énergie la plus farouche ! Il n’y a que la gnose du serpent infernal et c’est tout ! ! ! Jean Vaquié faisait observer dans ses Réflexions sur les Ennemis et la Manœuvre, au chapitre « La science du bien et du mal », que :

ceux qui ne cultivent que la science de l’Église deviennent des naïfs qui ignorent les chausse-trappes de l’adversaire. Ceux qui ne cultivent que la science de la Contre-Église se laissent souvent fasciner par la prodigieuse astuce des démons et finissent par se faire enrôler dans les rangs de la Contre-Église. En effet, l’étude des documents des sectes, qui nous fait connaître l’ennemi, est dangereuse ; il faut prendre garde à ne pas se complaire dans ces textes car ils contiennent des subtilités d’apparence logique (le démon est logicien) mais qui enténèbrent l’esprit et dévient la volonté. Il faut les compenser par la nourriture spirituelle et par les lumières que l’on trouve dans le patrimoine de la religion.

Christian Lagrave énumère les auteurs dangereux ou à manipuler avec la plus extrême prudence, dont la quasi totalité est affiliée aux loges. Il donne enfin les maîtres catholiques du combat contre l’ennemi, sur lesquels on ne peut en aucune façon faire l’impasse si l’on veut mener le « bon combat » – dont nous entretient saint Paul – contre les forces de Satan : l’Abbé Barruel, pionnier, un des premiers fondateurs de la science antimaçonnique [6] ; le RP Deschamps ; Mgr Delassus ; Dom Paul Benoît ; l’abbé Barbier ; Mgr Jouin ; Léon de Poncins [7] ; Pierre Virion [8] ; Jean Vaquié [9] ; Étienne Couvert [10] ; Jean-Claude Lozach’hmeur ; Arnaud de Lassus [11] ; Jacques Ploncard d’Assac [12] ; Epiphanius [13] ; Saint Irénée de Lyon, sans oublier l’Abbé Julio Meinvielle dont l’ouvrage De la Cabale au Progressisme restera une référence en ce domaine [14]. Cette liste est bien sûr non exhaustive. Nous avons cité d’autres auteurs essentiels dans nos articles de SLB

Christian Lagrave termine son travail en n’oubliant pas de préciser que le combat contre la gnose et la Contre-Église présente des dangers comme toutes les luttes. Tout le monde n’y est pas apte ; pourtant, l’Église ne doit jamais manquer de défenseurs contre les hérésies.

Dans le combat contre les infiltrations gnostiques, cette brochure s’avère particulièrement utile. On ne peut négliger des armes aussi bien ciselées lorsqu’elles sont disponibles. A nous d’en faire le meilleur usage possible [15].

 

René Guénon

Publié également dans la collection « Études » des Éditions du Sel, en février 2008, le petit ouvrage de 118 pages d’Antoine de Motreff, René Guénon jugé par la Tradition mérite de retenir toute notre attention. Il complète très utilement l’étude de Christian Lagrave sur les « dangers de la gnose contemporaine ». L’ouvrage, agrémenté d’un portrait du « prince de la gnose au 20e siècle », est d’ailleurs préfacé par Christian Lagrave.

On peut dire sans exagération, au risque de scandaliser les très actifs réseaux guénoniens, que René Guénon fut en son temps un des plus dangereux personnages que la Contre-révolution eût à affronter. Remarquable spécialiste de l’entrisme, A. de Motreff écrit justement que Guénon « se présente comme un porte-parole de la Tradition primordiale, non humaine, donnée à l’humanité à son origine. D’après ce suppôt de l’enfer, cette Tradition se serait conservée tout particulièrement en Inde ainsi que dans les organisations initiatiques traditionnelles ».

Ceci est la thèse de Guénon. Sa Tradition primordiale est celle de Caïn qui a parcouru tous les siècles et dont la Contre-Église est la dépositaire attitrée. Elle n’a strictement rien à voir avec la Tradition d’Abel, des Patriarches, des Prophètes, de Moïse et dont l’Église est la digne héritière. Notre-Seigneur Jésus-Christ et les apôtres nous l’ont enseignée. On la trouve chez les Pères de l’Église, dans la liturgie, dans la scolastique et dans les écrits de saint Thomas d’Aquin. La Tradition primordiale de René Guénon est à l’opposé de la Tradition à laquelle se réfère la sainte Église ! Qu’un personnage aussi sulfureux ait pu subjuguer des gens de droite et des catholiques attachés à la Tradition laisse rêveur.

Antoine de Motreff montre bien que l’influence spirituelle qui a agi sur René Guénon est bien d’origine préternaturelle diabolique et que, dès son plus jeune âge, Guénon éprouvait des sympathies pour… Lucifer [16] !

On se demande, à l’énoncé de telles informations, comment ce serpent a pu trouver des apologistes dans les milieux de droite ou attachés à la Tradition catholique ? N’est-il tombé que sur des hommes courts en théologie ? ! Les travaux de Jean Vaquié et d’Étienne Couvert sont arrivés à point nommé pour dévoiler les manœuvres en cours et arracher le masque de cet imposteur.

La métaphysique de René Guénon n’a rien à voir avec la métaphysique catholique. Les références orientales auraient dû ouvrir les yeux des plus aveugles. Quant à sa critique du monde moderne, qui en a illusionné plus d’un, A. de Motreff fait remarquer à juste titre que cette analyse du monde moderne par Guénon est mauvaise : si notre monde est en pleine dérive, la cause principale en est le rejet de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le rejet de la pierre angulaire dont les bâtisseurs ne veulent plus entendre parler, cette pierre sans laquelle aucun édifice ne peut durer. Autrement dit, la cause principale de la décadence occidentale est l’apostasie du monde moderne. Guénon préfère ignorer le « sans moi, vous ne pouvez rien faire » parce que René Guénon est avant tout un apostat. Élevé dès son plus jeune âge dans le catholicisme, il a préféré rejoindre cette création gnostique des judéo-nazaréens qui s’appelle l’Islam et notamment ce qu’il y a de pire : le soufisme ou ésotérisme musulman.

Que certains aient été ou soient encore séduits par le traditionalisme de Guénon montre bien qu’ils n’ont rien compris à ce personnage. Guénon fut, avant tout, du côté de la Contre-Église. Initié à la franc-maçonnerie (Grande Loge de France), il fut aussi sacré évêque gnostique, entre autres distinctions ennemies. Cela seul suffit ! Avec de telles affiliations, les vo­yants rouges auraient dû clignoter en permanence avec en prime une voix artificielle répétant sans arrêt : « Danger ! »…

Qui peut accepter de se mettre à l’école d’un franc-maçon de haut niveau, pétri de doctrines ésotériques, sinon des oiseaux fascinés par un reptile qui s’est bien gardé de les éclairer sur les points essentiels comme la personne de Notre-Seigneur Jésus-Christ, envers laquelle Guénon éprouvait l’indifférence la plus totale ! La deuxième personne de la très Sainte Trinité, le Verbe incarné n’intéressait pas du tout René Guénon ( ! ! ! ), ce qui suffit à classer le personnage ! Qui peut se permettre de mépriser souverainement le Dieu des chrétiens sinon un gnostique de la plus belle espèce, possédé au plus haut degré des enseignements que le prince de ce monde ne réserve qu’à ses élus ? ! On nous rétorquera que cette appréciation est outrancière puisque Guénon collabora à des revues centrées sur la dévotion au Sacré-Cœur. Cette collaboration, répondrons-nous, ne fut pas désintéressée et innocente. On peut s’interroger, à ce propos, sur le don de discernement du clergé qui mit un temps considérable à repérer un sous-marin qui navigua pendant de nombreuses années en eaux catholiques sans être inquiété le moins du monde !

Les articles de René Guénon dans les revues spécialisées dans la dévotion au Sacré-Cœur n’avaient rien à voir avec la sainte doctrine. Guénon s’est servi de ces tribunes pour tenter de faire passer sa gnose mortelle. On est stupéfait de prendre connaissance des articles qu’il réussit à faire publier au nez et à la barbe de nos chers ecclésiastiques !

De magistrales synthèses syncrétistes destinées à préparer l’intégration du catholicisme dans le « pandémonium » (c’est bien le cas de l’écrire !) de la super religion gnostique universelle de l’Antéchrist !

Nous devons reconnaître que Guénon était indubitablement un prince de l’entrisme et un maître dans la déviation ! Mais comme toujours, on peut tromper certains tout le temps mais on ne peut tromper tout le monde tout le temps. Guénon en fit l’amère expérience. Suspecté de plus en plus, puis repéré par les éminents spécialistes de l’équipe de la RISS réunie par Mgr Jouin, Guénon comprit que sa tactique était éventée et s’enfuit en Egypte, pays où il demeura jusqu’à sa mort en 1951.

Il laissa alors le soin d’accomplir son œuvre de mort par l’entrisme en milieu catholique à ses disciples restés en France. Sans cesse à l’écoute du « sage du Caire », ils appliquèrent remarquablement les consignes du maî­tre et réussirent à constituer un formidable réseau dont nous mesurons aujourd’hui l’ampleur. On peut dire sans l’ombre d’un doute que les dégâts sont à la hauteur de l’importance de ce réseau !

Un philo-guénonien contemporain – Jean-Luc Maxence – ose écrire, page 252 de son ouvrage René Guénon, le philosophe invisible [17] : « Qu’on le veuille ou non, il [R. Guénon] est un monument de notre patrimoine philosophique ( !) national. » On devrait plutôt écrire : « Un monument du patrimoine gnostique de la Contre-Église ! »

En reprenant les termes de la Sainte Écriture, on peut affirmer sans ambages que Guénon « vient de chez nous mais qu’il n’est plus des nôtres » !

Guénon est avant tout, répétons-le sur tous les tons, un apostat, un membre éminent de la Contre-Église, un prince de la gnose. C’est un Ennemi avec un grand « E », féru d’ésotérisme et bardé d’initiations, doté d’une puissance de tromper sans équivalent.

Tout catholique convaincu se doit de le fuir comme la peste car Guénon est bien le « grand pestiféré ». A ce propos, il est étonnant que Guénon soit né avant la venue de l’Antéchrist. On peut penser que, s’il avait vécu aux temps de l’Homme d’Iniquité, celui-ci en aurait fait son lieutenant ! Peut-être aurait-il même tenu le rôle du faux prophète de la Bête ? Certains souriront mais nous pesons nos mots !

Nos lecteurs auront compris que nous leur recommandons vivement la remarquable étude d’Antoine de Motreff sur René Guénon, étude qui permet de saisir pourquoi René Guénon est accrédité aujourd’hui plus que jamais dans certains milieux de la « Tradition catholique ».

 

 



 [1]  — Sous la Bannière, 18260 Villegenon.

[2]  — Couvent de la Haye-aux-Bonshommes, 49240 – Avrillé ; 8 €.

[3]  — Lorsqu’on en possède dans sa bibliothèque par nécessité (étude ; combat ; …). Mais le mieux est de les placer dans un « enfer » – on reconnaît là la sagesse de l’Église qui avait recommandé cette pratique et créé dans ce but les divers « index », depuis la Renaissance, dont le plus célèbre demeure sans conteste l’« Index Librorum Prohibitorum » – pour que ces  poisons imprimés ne nuisent pas aux personnes non prévenues. « L’Index » a été traduit en français il y a quelques années. Nous l’avions mentionné précédemment. Aujourd’hui, ce n’est pas d’un volume dont on aurait besoin mais d’une encyclopédie tant les « mauvais livres » se sont répandus par le vaste monde. Songeons seulement que Harry Potter et Da Vinci Code ont été diffusés par dizaines de millions d’exemplaires dans la plupart des langues qui comptent…

[4]  — Quoiqu’en disent les représentants de la Secte, toujours irrités lorsqu’on leur rappelle cet aspect de leur domination…

[5]  — Lire la plume à la main le petit ouvrage de Paolo Taufer : Les Jeunes et les ruines de Julius Evola, Éditions du Sel.

[6]  — Voir Sous la Bannière nº 123 : « Le complot mondial n’est pas un mythe ! »

[7]  — Voir Sous la Bannière nº 69-70-71 : « Un grand connaisseur de l’ennemi : Léon de Poncins ».

[8]  — Voir Sous la Bannière nº 44 : « L’œuvre de Pierre Virion ».

[9]  — Voir Sous la Bannière nº 45 : « In Memoriam Jean Vaquié ».

[10] — Voir Sous la Bannière nº 95-103-104-110-111-114, écrits pour défendre l’œuvre fondamentale d’É. Couvert odieusement vilipendé […].

[11] — Cité régulièrement dans Sous la Bannière pour ses travaux antimaçonniques et ses nouvelles parutions sur ces questions.

[12] — Voir Sous la Bannière nº 118 :« In Memoriam Jacques Ploncard d’Assac ».

[13] — Voir Sous la Bannière nº 83 : « Maçonnerie et Sectes Secrètes : le côté caché de l’Histoire ».

[14] — Voir Sous la Bannière nº 32 : « La gnose protéiforme ».

[15] — Juste un petit « reproche à Christian Lagrave : p. 59 il écrit : « Les livres de Pierre Virion sont un peu touffus mais très lucides » ! Nous aurions aimé une appréciation moins critique : ce serait très dommage que les lecteurs soient prévenus contre les œuvres de Pierre Virion qui mena un rude combat à la fin du concile Vatican II et au cours de la décennie 1960. L’investissement de l’Église ayant pris des proportions inquiétantes, Pierre Virion reprit le combat après avoir combattu sous l’Occupation (« Documents Maçonniques ») et avant la guerre dans le cadre de la RISS de Mgr Jouin dont il fut un collaborateur averti… Il en est de certains livres (et de certains auteurs) comme de l’eau : il faut s’y jeter pour bien se pénétrer de la pensée de leur auteur. Nous ne redirons jamais assez que les livres de combat de Pierre Virion sur la Contre-Église sont fondamentaux (voir les références citées plus haut de notre article consacré à Pierre Virion).

[16] — Voir les p. 76 et 77.

[17] — Presses de la Renaissance, 2001.

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L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 69

p. 207-215

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