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Catéchisme de la Somme théologique

par le fr. Thomas Pègues O.P.

NDLR : Depuis le numéro 6 du Sel de la terre, nous donnons le texte du livre paru en 1918 sous le titre de La Somme théologique de saint Thomas d’Aquin en forme de catéchisme pour tous les fidèles. Nous avons utilisé l’édition de Privat-Téqui de1929.

 

3. Opérations divines (suite)

 

 

– Dieu en lui-même s’occupe-t-il du monde ?

– Oui, Dieu en lui-même s’occupe du monde.

– De quel nom s’appelle le soin que Dieu a en lui-même du monde ?

– Le soin que Dieu a en lui-même du monde s’appelle la Providence (q. 22, a. 1).

– La Providence de Dieu s’étend-elle à toutes choses ?

– Oui, la Providence de Dieu s’étend à toutes choses; car il n’est rien, dans le monde, que Dieu n’ait prévu et préordonné de toute éternité (q. 22, a. 2).

– S’étend-elle aussi aux êtres inanimés ?

– Oui, elle s’étend aussi aux êtres inanimés, ces êtres eux-mêmes faisant partie de l’œuvre de Dieu (q. 22, a. 2, ad 5).

– S’étend-elle aux hommes dans leurs actes libres ?

– Oui, elle s’étend aux hommes dans leurs actes libres (q. 22, a. 2, ad 4).

– Qu’entendez-vous quand vous dites que la Providence de Dieu s’étend aux hommes dans leurs actes libres ?

– J’entends par là que tous les actes libres des hommes sont soumis à la disposition de la divine Providence, et que rien dans ces actes-là n’arrive que Dieu ne l’ordonne ou ne le permette, la liberté de l’homme n’impliquant aucunement son indépendance à l’endroit de Dieu (Ibid.).

 ⚜️

– La Providence de Dieu à l’endroit des justes a-t-elle un nom spécial ?

– Oui, on l’appelle la prédestination (q. 23, a. 1).

– Que comporte la prédestination à l’endroit des hommes qui en sont l’objet ?

– Elle comporte que ces hommes possèderont un jour dans le ciel le bonheur de la gloire (q. 23, a. 2).

– Comment appelle-t-on ceux qui ne doivent pas avoir ce bonheur ?

– On les appelle les réprouvés ou les non-élus (q. 23, a. 3).

– D’où vient que les prédestinés auront ce bonheur, tandis que les réprouvés ou les non-élus ne l’auront pas ?

– Cela vient de ce que les prédestinés ont été choisis par Dieu, ou aimés d’un amour de préférence, en vertu duquel Dieu disposera toutes choses dans leur vie de telle sorte qu’ils aboutiront finalement au bonheur du ciel (q. 23, a. 4).

– Et pourquoi les réprouvés ou les non-élus n’aboutiront-ils pas, finalement, au même bonheur ?

– Parce qu’ils n’auront pas été aimés du même amour que les prédestinés (q. 23, a. 3, ad 1).

– Mais n’est-ce pas là une injustice de la part de Dieu ?

– Non ; parce que Dieu ne doit à personne le bonheur du ciel, et que ceux qui l’auront ne l’auront que par grâce (q. 23, a. 3, ad 2).

– Ceux qui ne l’auront pas seront-ils punis de ne pas l’avoir ?

– Ils ne seront punis de ne pas l’avoir qu’en raison d’une faute qu’il y aura de leur part à ne pas l’avoir (q. 23, a. 3, ad 3).

– Comment peut-il y avoir faute de la part des hommes à ne pas avoir le bonheur du ciel ?

– Il peut y avoir faute de leur part en ce que Dieu aura offert ce bonheur à tous et que, l’homme étant libre, il aura pu ne pas répondre à l’offre que Dieu lui faisait, ou mépriser cette offre, en lui préférant autre chose (Ibid.).

– Ce mépris ou le choix d’une chose contraire est-il une injure faite à Dieu ?

– C’est une injure très grave faite à Dieu et qui mérite les plus grands châtiments, quand elle est le fait d’un péché personnel (Ibid.).

– Ceux qui répondent à l’offre de Dieu et qui arrivent au bonheur du ciel doivent-ils à Dieu lui‑même d’avoir ainsi répondu à son offre et mérité leur bonheur ?

– Oui, ils devront tout cela au choix de la prédestination divine (q. 23, a. 3, ad 2).

– Ce choix est-il fait de toute éternité en Dieu ?

– Ce choix est fait de toute éternité en Dieu (q. 23, a. 4).

– Que comporte ce choix à l’endroit de ceux qui en sont l’objet ?

– Il comporte que Dieu a fixé pour eux une place dans son ciel et que, par l’action de sa grâce, il les mettra en mesure de la posséder un jour (q. 23, a. 5-7).

– Que doivent faire les hommes à la pensée de ce choix éternel de la prédestination en Dieu ?

– Ils doivent, par un abandon complet à l’action de la grâce, se donner à eux-mêmes, autant qu’il est possible sur cette terre, la certitude qu’ils sont du nombre des prédestinés (q. 23, a. 8).

 ⚜️

– Dieu est-il tout-puissant ?

– Oui, Dieu est tout-puissant (q. 25, a. 1-6).

– Pourquoi dites-vous que Dieu est tout-puissant ?

– Parce que, Dieu étant l’Être même, tout ce qui ne répugne pas à être lui demeure soumis (q. 25, a. 3).

 ⚜️

– Dieu est-il heureux ?

– Oui, Dieu est le Bonheur même; car il jouit, en infini, du Bien infini, qui n’est autre que lui (q. 26, a. 1-4).

 

4. Personnes divines

 

– Qu’entendez-vous quand vous dites que Dieu est un Esprit en trois Personnes ?

– J’entends qu’ils sont trois à être chacun le même Esprit qui est Dieu, avec tous les attributs de la Divinité (q. 30, a. 2).

– Quels sont les noms de ces trois Personnes qui sont le même Dieu, avec tous les attributs de la Divinité ?

– On les appelle le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

– Qu’est-ce que le Père en Dieu ?

– C’est celui qui, sans avoir de principe, engendre le Fils et de qui procède le Saint-Esprit.

– Qu’est-ce que le Fils en Dieu ?

– Le Fils est celui qui est engendré par le Père et de qui, en même temps que du Père, procède le Saint-Esprit.

– Qu’est-ce que le Saint-Esprit en Dieu ?

– C’est celui qui procède du Père et du Fils.

– Ces trois Personnes en Dieu sont-elles distinctes de Dieu lui-même ?

– Ces trois Personnes en Dieu ne sont pas distinctes de Dieu lui-même.

 Sont-elles distinctes entre elles ?

– Elles sont distinctes entre elles.

– Qu’entendez-vous quand vous dites que les trois Personnes en Dieu sont distinctes entre elles ?

– J’entends que le Père n’est pas le Fils ni l’Esprit-Saint ; que le Fils n’est ni le Père ni l’Esprit-Saint ; que l’Esprit-Saint n’est ni le Père ni le Fils.

– Ces trois Personnes peuvent-elles être séparées les unes des autres ?

– Ces trois Personnes ne peuvent pas être séparées les unes des autres.

– Sont-elles ensemble de toute éternité ?

– Elles sont ensemble de toute éternité.

– Le Père, dans son rapport au Fils, a-t-il en lui tout ce que nous avons vu qui était en Dieu ?

– Oui, le Père, dans son rapport au Fils, a en lui tout ce que nous avons vu qui était en Dieu.

– Le Fils, dans son rapport au Père, a-t-il en lui tout ce que nous avons vu qui était en Dieu ?

– Oui, le Fils, dans son rapport au Père, a en lui tout ce que nous avons vu qui était en Dieu.

– Le Père et le Fils, dans leur rapport au Saint-Esprit, ont-ils en eux tout ce que nous avons vu qui était en Dieu ?

– Oui, le Père et le Fils, dans leur rapport au Saint-Esprit, ont en eux tout ce que nous avons vu qui était en Dieu.

– Le Saint-Esprit, dans son rapport au Père et au Fils, a-t-il en lui tout ce que nous avons vu qui était en Dieu ?

– Oui, le Saint-Esprit, dans son rapport au Père et au Fils, a en lui tout ce que nous avons vu qui était en Dieu.

– Sont-ce trois Dieux qui ont ainsi rapport entre eux de toute éternité en Dieu ?

– Non, ce ne sont pas trois Dieux, mais trois Personnes qui s’identifient chacune au même Dieu, et qui demeurent cependant pleinement distinctes entre elles.

– Ces trois Personnes en Dieu forment-elles entre elles une véritable société ?

– Oui, ces trois Personnes en Dieu forment entre elles une véritable société, qui est même la plus parfaite de toutes les sociétés (q. 31, a. 1, ad 1).

– Pourquoi dites-vous que la société des trois Personnes en Dieu est la plus parfaite des sociétés ?

– Parce qu’ils sont trois, dont chacun est le même infini en perfection, en durée, en science, en amour, en puissance, en bonheur, qui jouissent d’eux-mêmes, au sein de la divinité.

– Comment savons-nous qu’il y a ainsi trois Personnes en Dieu ?

– Nous savons qu’il y a ainsi trois Personnes en Dieu par la foi.

– La raison, sans la foi, pourrait-elle savoir qu’il y a trois Personnes en Dieu ?

– Non, la raison, sans la foi, ne pourrait pas savoir qu’il y a trois Personnes en Dieu (q. 32, a.  1).

– Et quand nous savons par la foi qu’il y a trois Personnes en Dieu, la raison peut-elle le comprendre ?

– Non, même quand nous savons par la foi qu’il y a trois Personnes en Dieu, la raison ne peut pas le comprendre (q. 32, a. 1, ad 2).

– Comment s’appellent ces vérités que nous connaissons par la foi sans que la raison puisse les comprendre ?

– On les appelle des mystères.

– L’existence des trois Personnes en Dieu est donc un mystère ?

– Oui, et c’est même le plus profond de tous les mystères.

– Comment s’appelle ce mystère des trois Personnes en Dieu ?

– Il s’appelle le mystère de la Sainte Trinité (q. 31, a. 1).

– Pourrons-nous connaître un jour en lui-même le mystère de la Sainte Trinité ?

– Oui, nous pourrons connaître un jour en lui-même le mystère de la Sainte Trinité, et cette connaissance fera notre bonheur éternel au ciel.

– Ne pouvons-nous pas, sur cette terre, entrevoir quelque chose des harmonies du mystère de la Sainte Trinité en considérant la nature des opérations qui sont le propre des esprits ?

– Oui, car ces opérations impliquent, dans le sujet qui agit, un double rapport de principe et de terme de l’opération, soit dans l’acte de penser, soit dans l’acte d’aimer ; d’où il résulte qu’en Dieu, selon que la foi nous l’enseigne, dans l’acte de penser, le Père a raison de principe qui dit, et le Verbe a raison de terme qui est dit ; et, dans l’acte d’aimer, le Père et le Fils ont raison de principe commun à l’endroit de l’Esprit-Saint qui a raison de terme.

– Qu’est-ce qui fonde en Dieu le mystère de la Sainte Trinité ?

– C’est l’infinie richesse ou la fécondité de sa nature qui fait qu’il y a place en elle pour de mystérieuses processions d’origine (q. 27, a. 1).

– Comment s’appellent ces processions d’origine en Dieu ?

– Elles s’appellent la génération et la procession (q. 27, a. 2-3).

– Que s’ensuit-il de cette génération et de cette procession en Dieu ?

– Il s’ensuit qu’entre chacun des deux termes de la génération et de la procession existent des relations réelles que ces divers termes constituent (q. 28, a. 1).

– Quelles sont ces relations en Dieu ?

– Ce sont, au nombre de quatre, la paternité et la filiation, la spiration active et la procession ou la spiration passive (q. 28, a. 4).

– Ces relations en Dieu sont-elles la même chose que les Personnes divines ?

– Oui, ces relations en Dieu sont la même chose que les Personnes divines (q. 40, a. 1).

– Pourquoi y a-t-il donc quatre relations et n’y a-t-il que trois Personnes en Dieu ?

– Parce que l’une des relations, la spiration active, ne s’opposant point, d’une opposition relative, à la paternité et à la filiation, mais au contraire, convenant à l’une et à l’autre, il s’ensuit que les deux mêmes Personnes qui sont constituées, l’une par la paternité, l’autre par la filiation, peuvent et doivent être le sujet de la spiration active qui, dès lors, ne constitue pas une personne, mais convient tout ensemble à la Personne du Père et à la Personne du Fils (q. 30, a. 2).

– Y a-t-il un certain ordre en Dieu entre les Personnes divines ?

– Il y a l’ordre d’origine, qui permet au Fils d’être envoyé par le Père ; et au Saint-Esprit d’être envoyé par le Père et par le Fils (q. 42-43).

– Quand les Personnes divines agissent d’une action autre que les actes notionnels, qui sont l’acte de dire ou d’engendrer et l’acte de spirer, agissent-elles d’une seule et même action commune à toutes trois ?

– Oui : et c’est ainsi que l’acte de penser et l’acte d’aimer conviennent à toutes les trois Personnes ; et, de même, toutes les actions qui aboutissent à quelque effet en dehors de Dieu (q. 39-41).

– N’y a-t-il pas cependant certains actes ou certains principes d’actions qu’on attribue plus spécialement à telle ou telle personne ?

– Oui ; et l’on fait ces sortes d’attributions en raison d’une certaine harmonie que ces actes ou ces principes d’actions présentent avec les caractères distinctifs de telle ou telle personne : c’est ainsi qu’on attribue, par mode d’appropriation, la puissance au Père, la sagesse au Fils, la bonté à l’Esprit-Saint, bien qu’elles conviennent également à tous trois (q. 39, a. 7-8 ; q. 45, a. 6).

– Lors donc que nous parlons de Dieu dans ses rapports avec le monde extérieur, s’agit-il toujours de Dieu dans l’unité de sa nature et dans la Trinité de ses Personnes ?

– Oui ; à la seule exception de ce qui a trait à la Personne du Verbe dans les mystères de son Incarnation (q. 45, a. 6).

 

5. Œuvre de création

 

– Qu’entendez-vous quand vous dites que Dieu est le créateur de toutes choses ?

– J’entends que toutes choses ont été faites par lui de rien (q. 44-45).

– Il n’y avait donc rien en dehors de Dieu, avant que Dieu eût fait toutes choses ?

– Non, il n’y avait rien en dehors de Dieu, avant que Dieu eût fait toutes choses, lui seul étant par lui-même, et tout le reste n’étant que par lui (q. 44, a. 1).

– Quand est-ce que Dieu a fait ainsi toutes choses de rien ?

– Dieu a fait ainsi toutes choses de rien quand il lui a plu (q. 44).

– Il aurait donc pu, s’il l’avait voulu, ne pas créer les choses qu’il a faites ?

– Oui, Dieu aurait pu, s’il l’avait voulu, ne pas créer les choses qu’il a faites.

– Et pourquoi Dieu a-t-il ainsi voulu créer à un moment donné les choses qu’il a faites ?

– Dieu a créé les choses qu’il a faites pour manifester sa gloire (q. 45, a. 4).

– Qu’entendez-vous quand vous dites que Dieu a créé les choses qu’il a faites pour manifester sa gloire ?

– J’entends qu’il a voulu montrer hors de lui sa bonté, en communiquant à d’autres quelque chose du bien infini qu’il est lui-même.

– Ce n’est donc pas par besoin ni pour acquérir quelque chose que Dieu a créé les choses qu’il a faites ?

– Non, c’est au contraire pour donner à d’autres quelque chose de ce qu’il a infiniment en lui-même, et par pure bonté, qu’il a créé les choses qu’il a faites (q. 44, a. 4, ad 1).

 

6. Le monde

 

– Comment s’appelle l’ensemble des choses créées par Dieu ?

– On l’appelle le monde ou l’univers (q. 47, a. 4).

– Le monde ou l’univers est donc l’œuvre même de Dieu ?

– Oui, le monde ou l’univers est l’œuvre même de Dieu (q. 47, a. 1-2-3).

– Que comprend le monde ou l’univers, œuvre de Dieu ?

– Le monde ou l’univers, œuvre de Dieu, comprend trois catégories d’êtres, qui sont : les purs esprits ; les corps ; et l’esprit uni à un corps.

⚜️

– C’est donc Dieu lui-même qui a créé les purs esprits, les corps et l’esprit uni à un corps ?

– Oui, c’est Dieu lui-même qui a créé les purs esprits, les corps et l’esprit uni à un corps.

– L’a-t-il fait lui-même, par lui-même, et tout seul ?

– Oui, Dieu a fait tout cela lui-même, par lui-même, et tout seul, lui seul étant à même de créer (q. 45, a. 5).

– Comment Dieu a-t-il fait par lui-même et tout seul le monde des esprits et des corps ?

– Il l’a fait par sa parole ou son verbe et avec son amour (q. 45, a. 6).

 

7. Les anges : leur nature

 

– Pourquoi Dieu a-t-il voulu qu’il y eût de purs esprits dans l’œuvre faite par lui ?

– Dieu a voulu qu’il y eût de purs esprits dans l’œuvre faite par lui parce qu’ils devaient être le couronnement de cette œuvre (q. 50, a. 1).

– Qu’entendez-vous quand vous dites que les purs esprits devaient être le couronnement de l’œuvre faite par Dieu ?

– J’entends qu’ils en sont la partie la plus haute, la plus parfaite et la plus belle (Ibid.).

– Pourriez-vous me dire quelle est la nature des purs esprits ?

– Oui, les purs esprits sont des natures ou des substances qui existent libres de tout corps et de toute matière (q. 50, a. 1-2).

⚜️

– Ces purs esprits sont-ils en très grand nombre ?

– Oui, ces purs esprits sont en très grand nombre (q. 50, a. 3).

– Leur nombre dépasse-t-il le nombre de toutes les autres natures créées ?

– Oui, leur nombre dépasse le nombre de toutes les autres natures créées (Ibid.).

– Pourquoi fallait-il qu’ils fussent si nombreux ?

– Parce qu’il convenait que ce qu’il y avait de plus beau l’emportât en grandeur sur tout le reste dans l’œuvre de Dieu (Ibid.).

⚜️

– De quel nom s’appellent ordinairement ces purs esprits ?

– On les appelle des anges.

– Pourquoi appelle-t-on les purs esprits du nom d’anges ?

– Parce qu’ils sont les messagers dont Dieu se sert pour administrer le reste de son œuvre.

– Est-ce que les anges peuvent prendre un corps comme nous ?

– Non, les anges ne peuvent point prendre un corps comme nous et, si quelquefois ils ont pu se montrer revêtus d’un corps, ils n’en avaient que l’apparence extérieure (q. 51, a. 1-2-3).

⚜️

– Les anges existent-ils quelque part ?

– Oui, les anges existent quelque part (q. 52, a. 1).

– Où est le lieu ordinaire des anges ?

– Le lieu ordinaire des anges est le ciel (q. 61, a. 4).

– Les anges peuvent-ils aller d’un lieu à un autre ?

– Oui, les anges peuvent aller d’un lieu à un autre (q. 53, a. 1).

– Est-ce qu’il leur faut du temps pour aller d’un lieu à un autre ?

– Les anges peuvent se porter d’un lieu à un autre, seraient-ils les plus opposés, quasi instantanément (q. 53, a. 2).

– Peuvent-ils aussi quitter lentement un lieu et se rendre lentement dans un autre selon qu’il leur plaît ?

– Oui, ils peuvent aussi quitter lentement un lieu et se rendre lentement dans un autre selon qu’il leur plaît, leur mouvement n’étant qu’une application successive de leur vertu ou de leur action à divers êtres ou aux diverses parties d’un même tout (q. 53, a. 3).

 

8. La vie intime des anges

 

– En quoi consiste la vie des anges selon leur nature de purs esprits ?

– La vie des anges, selon leur nature de purs esprits, consiste à connaître et à aimer.

– Quelle sorte de connaissance se trouve dans les anges ?

– Dans les anges se trouve la connaissance intellectuelle (q. 54).

– N’y a-t-il point dans les anges la connaissance sensible comme chez nous ?

– Non, il n’y a point dans les anges de connaissance sensible comme chez nous (q. 54, a. 5).

– Pourquoi n’y a-t-il pas dans les anges de connaissance sensible comme chez nous ?

– Parce que la connaissance sensible se fait par l’intermédiaire du corps et que les anges n’ont point de corps (Ibid.).

– La connaissance intellectuelle des anges est-elle plus parfaite que notre connaissance intellectuelle ?

– Oui, la connaissance intellectuelle des anges est plus parfaite que notre connaissance intellectuelle.

– Pourquoi dites-vous que la connaissance intellectuelle des anges est plus parfaite que notre connaissance intellectuelle ?

– Parce qu’ils n’ont pas, comme nous, à puiser leur connaissance dans le monde extérieur et qu’ils saisissent toute la vérité d’un seul regard de leur esprit sans avoir besoin comme nous de raisonnement (q. 55, a. 2 ; q. 58, a. 3-4).

– Les anges connaissent-ils toutes choses ?

– Non, les anges ne connaissent point toutes choses ; car ils ont une nature finie : et Dieu seul, parce qu’il est infini, connaît toutes choses (q. 53, a. 1-2-3).

– Connaissent-ils tout l’ensemble des créatures ?

– Oui, ils connaissent tout l’ensemble des créatures, leur nature de purs esprits demandant qu’il en soit ainsi (q. 55, a. 2).

– Les anges connaissent-ils tout ce qui se passe dans le monde extérieur ?

– Oui, les anges connaissent tout ce qui se passe dans le monde extérieur, les idées de leur esprit leur manifestant ces choses à mesure qu’elles se réalisent (Ibid.).

– Connaissent-ils les pensées des cœurs ?

– Non, les anges ne connaissent point les pensées des cœurs ; parce que ces pensées, étant libres, ne rentrent pas dans l’enchaînement nécessaire des événements extérieurs (q. 57, a. 4).

– Que faut-il pour que les anges connaissent les pensées des cœurs ?

– Il faut que Dieu les leur révèle, ou que le sujet lui-même les fasse connaître (Ibid.).

– Les anges connaissent-ils l’avenir ?

– Non, les anges ne connaissent point l’avenir, à moins que Dieu ne le leur révèle (q. 57, a. 3).

– Quelle sorte d’amour y a-t-il dans les anges selon leur nature ?

– Il y a dans les anges, selon leur nature, un amour parfait de Dieu, d’eux-mêmes et de toutes les créatures, à moins que le péché, dans l’ordre surnaturel, ne dénature ce qu’il y a de libre dans leur amour d’ordre naturel (q. 60).

 

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L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 7

104-112

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