Le pape loue un chef de file charismatique
par l’abbé Peter Scott
Ce texte a été publié dans Convictions (publication officielle de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X au Canada : 480 McKenzie Street, Winnipeg, Manitoba, R2W 5B9 Canada, convictions @shaw.ca) n°22, février 2010, p. 21-23.
Le Sel de la terre
Le cardinal Josef Cordes a été honoré, une semaine avant Noël, d’une lettre personnelle du pape Benoît XVI à l’occasion de son 75e anniversaire. Le but premier de cette lettre était de le remercier pour sa contribution « à la genèse et au développement des Journées Mondiales de la Jeunesse », pour son rôle au conseil pontifical « Cor Unum » qui le rend « responsable de l'activité caritative de l'Église dans le monde entier » et pour son « engagement envers les “mouvements“. » (Voir Zénith du 25 décembre 2009).
En fait, le pape fut très explicite quant à la nature charismatique et pentecôtiste des « mouvements » promus par le cardinal Cordes, non seulement en les encourageant clairement en tant que charismatiques, mais en allant jusqu’à dire que l’Église ne peut plus continuer d’exister sans eux :
Le Renouveau charismatique, Communion et Libération, le Chemin néocatéchuménal ont de nombreux motifs de te témoigner leur gratitude. Alors que les organisateurs et planificateurs de l'Église exprimaient au début de nombreuses réserves envers ces mouvements, tu as tout de suite flairé la vie qui jaillissait là, la force de l'Esprit Saint qui offre des voies nouvelles et, d'une manière imprévisible, garde l'Église éternellement jeune.
Tu as perçu le caractère pentecostal de ces mouvements et œuvré passionnément pour qu'ils soient accueillis par les pasteurs de l'Église. Il est vrai que, pour ce qui est de l'organisation et de la planification, il existait de bonnes raisons de se scandaliser du fait de l'irruption d'expériences nouvelles et imprévues qui ne se laissaient pas toujours facilement incorporer dans les formes d'organisation existantes.
Tu as vu que ce qui est organique est plus important que ce qui est organisé, tu as vu que des hommes avaient été ici touchés en profondeur par l'esprit de Dieu et qu'ainsi se développaient des formes nouvelles de vie chrétienne authentique et de nouvelles façons authentiques d'être l'Église. Certes, ces mouvements doivent être ordonnés et ramenés au sein de l'ensemble ; ils doivent apprendre à reconnaître leurs limites et à devenir partie de la réalité communautaire de l'Église dans sa constitution avec le pape et avec les évêques. Ils ont donc besoin d'être guidés, et même purifiés, pour atteindre leur forme de maturité véritable.
Ils n'en sont pas moins des dons qui méritent notre reconnaissance. Il n'est plus possible de penser à la vie de l'Église de notre temps sans réintégrer en elle ces dons de Dieu. (Ibid.)
Que personne n’affirme, dès lors, que le pape n’encourage pas le mouvement charismatique, ou qu’il croit à la doctrine traditionnelle selon laquelle c’est à travers la messe, les sacrements et nos prières, que le Saint-Esprit nous est communiqué. Il a manifestement embrassé la thèse charismatique selon laquelle, en cette période post-Vatican II, l’Esprit est donné à travers des organisations non structurées, non cléricales et humanistes, malgré le fait qu’elles méprisent la dévotion mariale et sacramentaire.

