Quelques nouvelles de Rome
L’œcuménisme et le dialogue interreligieux engagés par le concile Vatican II n’ont pas ralenti, comme le montre l’activité de ces derniers mois. Nous signalons ici simplement deux faits : la visite du pape à la grande synagogue de Rome (le 17 janvier 2010) et la visite au Temple luthérien de Rome (14 mars 2010).
Certains de nos lecteurs penseront peut-être que ce n’est pas le moment de critiquer le pape, au moment où une campagne médiatique haineuse s’acharne contre lui.
Nous répondrons brièvement :
la vérité est la vérité, et il importe de la connaître. Or, cet aspect de la personnalité du Saint-Père, à savoir son engagement pour l’œcuménisme et le dialogue interreligieux (spécialement avec la religion juive talmudique) est peu connu des catholiques dits traditionalistes.
Depuis le Concile, et encore maintenant, le seul « péché » poursuivi à outrance est le péché de « traditionalisme ». Parce qu’ils étaient traditionalistes, Mgr Lefebvre, Mgr de Castro Mayer et les prêtres qui partageaient leurs idées ont été excommuniés, jetés à la rue, injuriés de mille manières, et cela par ceux qui, dans l’Église, auraient dû les féliciter et les encourager. Dans le même temps, les évêques et prêtres aux idées hérétiques et aux mœurs louches n’ont subi aucune peine sérieuse. On a laissé lâchement les catholiques s’engouffrer dans l’hédonisme le plus éhonté. On recueille maintenant les fruits de ce qu’on a semé. On ne se moque pas de Dieu.
De plus, loin de reconnaître que cet œcuménisme et ce dialogue interreligieux ne mènent qu’à la ruine et à l’apostasie, la hiérarchie conciliaire ne manque pas une occasion de répéter que c’est un « chemin irrévocable ». Chaque fois, elle fait de nouvelles concessions, de nouvelles demandes de pardon. Plus elle fait preuve de faiblesse, et plus les ennemis de l’Église sont encouragés à réclamer davantage. Le seul moyen de leur tenir tête est celui que Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même a recommandé, par son exemple et son enseignement : témoigner de la vérité, s’il le faut jusqu’à donner sa vie. C’est le salut de ceux qui témoignent, et c’est souvent le salut de ceux qui écoutent.
Ce n’est donc pas par un zèle amer, ou par un plaisir malsain de faire connaître les défaillances des autorités ecclésiastiques, que nous exposons ces faits. Mais c’est par souci de la vérité, et pour faire comprendre quelles sont les vraies causes des malheurs actuels de l’Église.
Le Sel de la terre
Benoît XVI à la synagogue de Rome
Le pape s’est rendu à la synagogue de Rome, le dimanche 17 janvier [1]. Au cours de l’Angélus de ce même jour, le pape avait expliqué le sens de cette visite :
Cet après-midi, presque 24 ans après la visite historique du vénérable Jean-Paul II [le premier pape à se rendre dans une synagogue], je me rendrai à la grande synagogue de Rome, appelée Grand Temple, pour rencontrer la communauté juive de la ville et franchir une nouvelle étape sur le chemin de concorde et d’amitié entre catholiques et juifs. En effet, malgré les problèmes et les difficultés, on respire, entre croyants des deux religions, un climat de grand respect et de dialogue, ce qui témoigne du fait que les rapports ont mûri et de l’engagement commun de mettre en valeur ce qui nous unit : la foi dans le Dieu unique, avant tout, mais aussi la protection de la vie et de la famille, l’aspiration à la justice sociale et à la paix.
Comment le pape peut-il dire qu’il est uni aux juifs par la foi dans le Dieu unique ? Ignore-t-il que les juifs ne croient pas dans la Sainte Trinité ? Les chrétiens croient dans le Dieu un et trine, les juifs croient dans un « Dieu » unique et non-trine. Nous ne sommes pas unis par la foi dans le même Dieu unique.
Dans son discours dans la synagogue, Benoît XVI a rappelé la visite faite par son prédécesseur en ce lieu, le 13 avril 1986, en affirmant : « Ma visite s’inscrit dans le chemin tracé, pour le confirmer et le renforcer. »
Il s’est ensuite référé au concile Vatican II :
La doctrine du concile Vatican II a représenté pour les catholiques un point de référence vers lequel se tourner [sic] constamment dans l’attitude et dans les rapports avec le peuple juif, marquant une étape nouvelle et décisive. L’événement conciliaire a donné un élan décisif à l’engagement de parcourir un chemin irrévocable de dialogue, de fraternité et d’amitié.
Ainsi le pape nous avertit que ce chemin est « irrévocable ».
Il a appelé (comme le faisait Jean-Paul II) le peuple juif « le peuple de l’Alliance » :
Moi aussi, pendant ces années de pontificat, j’ai voulu montrer ma proximité et mon affection envers le peuple de l’Alliance.
Cette appellation est fausse. Le peuple juif a été, avant l’incarnation du Fils de Dieu, le peuple de l’ancienne Alliance. Maintenant, nous sommes, depuis plus de 2000 ans, dans l’ère de la nouvelle Alliance. L’ancienne Alliance est remplacée par la nouvelle, et les juifs (actuels) qui refusent d’entrer dans l’Église n’ont aucune alliance avec Dieu.
Ensuite, le pape a fait son « tua culpa » pour les prétendues fautes de ses prédécesseurs :
En outre, l’Église n’a pas manqué de déplorer les fautes de ses fils et de ses filles, en demandant pardon pour tout ce qui a pu favoriser d’une manière ou d’une autre les plaies de l’antisémitisme et de l’antijudaïsme (voir Commission pour les rapports religieux avec le judaïsme, « Nous nous souvenons : une réflexion sur la Shoah », 16 mars 1998). Puissent ces plaies être guéries pour toujours ! Il me revient à l’esprit la prière pleine de tristesse au Mur du Temple, à Jérusalem, du Pape Jean-Paul II, le 26 mars 2000, qui résonne avec vérité et sincérité au plus profond de notre cœur : « Dieu de nos pères, tu as choisi Abraham et sa descendance pour que ton Nom soit apporté aux peuples : nous sommes profondément attristés par le comportement de ceux qui, au cours de l’histoire, les ont fait souffrir, eux qui sont tes fils, et, en te demandant pardon, nous voulons nous engager à vivre une fraternité authentique avec le peuple de l’Alliance ».
Il a ensuite parlé de la Shoah :
Le drame singulier et bouleversant de la Shoah représente en quelque sorte le sommet d’un chemin de haine qui naît lorsque l’homme oublie son Créateur et se met lui-même au centre de l’univers. Comme je l’ai dit lors de ma visite du 28 mai 2006 au camp de concentration d’Auschwitz, encore profondément inscrite dans ma mémoire, « les potentats du Troisième Reich voulaient écraser le peuple juif tout entier » et, au fond, « au moyen de l’anéantissement de ce peuple, entendaient tuer ce Dieu qui appela Abraham, et qui, parlant sur le Sinaï, établit les critères d’orientation de l’humanité, qui demeurent éternellement valables [2] ». Comment ne pas rappeler en ce lieu les juifs romains qui furent arrachés de ces maisons, devant ces murs, et, dans un horrible massacre, furent tués à Auschwitz ? Comment est-il possible d’oublier leurs visages, leurs noms, les larmes, le désespoir des hommes, des femmes et des enfants ? L’extermination du peuple de l’Alliance de Moïse, d’abord annoncée puis systématiquement programmée et mise en œuvre en Europe sous la domination nazie, atteint également Rome en ce jour tragique.
Face à la grossière attaque de Riccardo Pacifici, président de la communauté juive de Rome, qui avait stigmatisé le « silence de Pie XII », le pape s’est contenté de répondre : « Le Siège apostolique également mena une action de secours, souvent cachée et discrète. »
Il a affirmé ensuite qu’au peuple juif « appartiennent l’adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses ». Cette dernière phrase est une citation de saint Paul (Rm 11, 29). Elle s’applique aux juifs de l’ancien Testament, et non pas aux juifs actuels auxquels s’adressaient le pape.
Puis il a développé « les implications qui dérivent de l’héritage commun » :
Tout d’abord, la solidarité qui lie l’Église et le peuple juif « au niveau même de leur identité » spirituelle et qui offre aux chrétiens l’opportunité de promouvoir « un respect renouvelé pour l’interprétation juive de l’Ancien Testament [3] », […] l’engagement pour préparer ou réaliser le Royaume du Très-Haut dans le « soin de la création » confiée par Dieu à l’homme pour la cultiver et la protéger de manière responsable (voir Gn 2, 15).
Est-ce que vraiment le pape pense que le « Royaume du Très-Haut », dont nous demandons la venue dans le Pater, consiste dans « le soin de la création confiée par Dieu à l’homme pour la cultiver et la protéger de manière responsable » ? S’il ne le pense pas, pourquoi se croit-il obligé de le dire, et donc de le laisser croire à ses interlocuteurs ?
Le pape a insisté ensuite sur le décalogue, valable pour tous les hommes [4]. C’est vrai, mais la finale sonne mal :
Tous les commandements se résument dans l’amour de Dieu et dans la miséricorde envers le prochain. Cette règle engage les juifs et les chrétiens à faire preuve, à notre époque, d’une générosité particulière envers les pauvres, les femmes, les enfants, les étrangers, les malades, les faibles, les personnes dans le besoin. Il existe dans la tradition juive un admirable dicton des Pères d’Israël : « Simon le Juste avait l’habitude de dire : le monde se fonde sur trois choses : la Torah, le culte et les actes de miséricorde » (Aboth 1, 2). A travers l’exercice de la justice et de la miséricorde, les juifs et les chrétiens sont appelés à annoncer et à témoigner du Royaume du Très-Haut qui vient et pour lequel nous prions et nous œuvrons chaque jour dans l’espérance.
Notons que le pape omet de dire que la « générosité envers les pauvres », si elle n’est pas charité, c’est-à-dire si elle n’est accompagnée de la vraie foi en Dieu, est sans fruit pour la vie éternelle : « Quand je distribuerais tous mes biens pour nourrir les pauvres, et quand je livrerais mon corps pour être brûlé, si je n’ai pas la charité, cela ne me sert de rien » (1 Co 13, 3).
Remarquons également que le pape cite le Talmud en bonne part. Il est, à notre connaissance, le premier pape à agir ainsi [5].
Mais surtout, relisons la dernière phrase : elle est typique de la langue de bois de l’œcuménisme conciliaire. « Les juifs et les chrétiens sont appelés à annoncer et à témoigner du Royaume du Très-Haut qui vient. » On ne peut être plus équivoque, car ce n’est pas le même royaume qu’attendent les juifs et les chrétiens. Nous attendons le retour du vrai Messie, Jésus-Christ, eux attendent la venue d’un autre « Messie ». Le « Messie » qu’ils attendent n’est pas le même que le nôtre, et donc nous n’attendons pas le même Royaume.
Le pape a encore affirmé que « les chrétiens et les juifs […] prient le même Seigneur ». Pourtant il répète souvent en disant le Gloria à la messe : « Tu solus Dominus, tu solus Altissimus, Jesu Christe (vous êtes le seul Seigneur, le seul Très-Haut, Jésus-Christ. » Comment peut-il dire ensuite qu’il prie le même Seigneur que les juifs ? Prient-ils le Seigneur Jésus ?
C’est la troisième visite de Benoît XVI dans une synagogue, après Cologne en août 2005 (visite imprévue, que le pape a ajouté de lui-même au programme) et New-York en avril 2008. En mai 2009, lors de son voyage en Terre sainte, le pape avait visité, à Jérusalem, le Yad Vashem (le mémorial de la Shoah), le Mur des Lamentations et le Grand Rabbinat de Jérusalem.
Pour comprendre cette attitude du pape actuel vis-à-vis de la religion juive, il faut se rappeler ce qu’il a lui-même expliqué dans son autobiographie :
J’en suis venu à penser que le judaïsme (qui ne commence, stricto sensu, qu’à la fin de la constitution d’un canon des Écritures, soit au 1er siècle après Jésus-Christ) et la foi chrétienne exposée dans le nouveau Testament sont deux modes différents d’appropriation des textes sacrés d’Israël, tous deux ultimement déterminés par la façon d’appréhender le personnage de Jésus de Nazareth. L’Écriture que nous nommons aujourd’hui ancien Testament est en soi ouverte sur ces deux voies. Et nous n’avons en réalité commencé à comprendre qu’après la Seconde Guerre mondiale que l’interprétation juive « après Jésus‑Christ » possède elle aussi son propre message théologique [6].
Le judaïsme talmudique (« qui ne commence, stricto sensu, qu’[…] au 1er siècle après Jésus‑Christ ») et la religion chrétienne ne sont (pour le cardinal Ratzinger) que « deux modes différents d’appropriation des textes sacrés », apparemment aussi légitimes l’un que l’autre. Dès lors, pourquoi ne pas chercher à s’enrichir mutuellement en échangeant les résultats de sa propre lecture ?
On comprend que le pape ait invité un rabbin à parler au synode des évêques pour expliquer la bonne manière de lire les saintes Écritures [7], qu’il ait demandé qu’on ne prononce plus le nom de Yahweh dans la lecture de la Bible [8], qu’il ait été le premier pape à citer en bonne part le Talmud, qu’il éprouve autant d’engouement pour visiter les synagogues et les autres monuments juifs, etc.
Vraiment, comme le disait Mgr Lefebvre après la première visite d’un pape à une synagogue : « Haec est hora vestra et potestas tenebrarum (c’est ici votre heure et la puissance des ténèbres) » (Lc 22, 52-53) [9].
Visite du pape au temple luthérien de Rome
Le pape Benoît XVI s’est rendu au temple luthérien de Rome le dimanche 14 mars 2010 [10]. Jean-Paul II était venu au même endroit le 11 décembre 1983 (à l’occasion du 500e anniversaire de la naissance de Luther) et il avait été le premier pape à se rendre à un temple protestant. Cette fois-ci, Benoît XVI entendait commémorer le 10e anniversaire de la Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification [11] signée par les représentants de l’Église catholique et ceux de la Fédération luthérienne mondiale, le 31 octobre 1999, à Augsbourg.
Le pape a participé activement à la célébration luthérienne de la parole : il était revêtu d’un surplis blanc, d’une mozette rouge et d’une étole pastorale. Il a prié et chanté avec les membres de la communauté, récité avec eux le Credo de Nicée-Constantinople et le Notre Père. Puis il a succédé au pasteur Kruse dans la chaire du temple où il a commenté un passage de l’Évangile selon saint Jean (12, 20-26, « Si le grain ne meurt »). Au cours de cette homélie, il a abordé « la question de l’œcuménisme », qu’il expose ainsi :
La tristesse d’avoir brisé ce « nous », d’avoir subdivisé l’unique chemin en tant de voies, et ainsi s’en trouve voilé le témoignage que nous devrions rendre de cette manière, et l’amour ne peut pas trouver sa pleine expression. Que devrions-nous dire à cet égard ? Nous entendons aujourd’hui beaucoup de plaintes sur le fait que l’œcuménisme piétinerait, d’accusations réciproques; je pense toutefois que nous devrions rendre grâce pour la grande unité existante. Il est beau qu’aujourd’hui, dimanche Lætare, nous puissions prier ensemble, entonner les mêmes hymnes, écouter la même parole de Dieu, l’expliquer ensemble et essayer de la comprendre : que nous regardions vers l’unique Christ que nous voyons et auquel nous voulons appartenir et que, de cette manière, nous rendions déjà témoignage qu’il est l’Unique, celui qui nous a tous appelés et auquel, au plus profond, nous appartenons tous [12]. Je crois que nous devrions montrer au monde surtout cela : non pas des litiges et des conflits de toute sorte, mais la joie et la gratitude pour le fait que le Seigneur nous donne cela et qu’il existe une réelle unité, qui peut devenir toujours plus profonde, et qui doit devenir toujours plus un témoignage de la parole du Christ, du chemin du Christ dans ce monde. Naturellement, nous ne devons pas nous contenter de cela, même si nous devons être emplis de gratitude pour cette proximité. Toutefois, le fait que sur des choses essentielles, dans la célébration de l’eucharistie, nous ne puissions pas boire à la même coupe, nous ne puissions pas nous rassembler autour du même autel, doit nous remplir de tristesse parce que nous portons cette faute, parce que nous portons atteinte à ce témoignage. Cela doit nous motiver intérieurement, sur le chemin vers une plus grande unité, dans la conscience qu’au fond, seul le Seigneur peut nous la donner parce qu’une unité accomplie par nous serait une œuvre humaine et donc fragile, comme tout ce que les hommes réalisent. Nous nous donnons à lui, nous cherchons toujours davantage à le connaître et à l’aimer, à le voir, et nous le laissons nous conduire ainsi, véritablement, à l’unité pleine, pour laquelle nous le prions urgemment en ce moment.
Remarquons que le pape fait partager la responsabilité de la division aux catholiques comme aux luthériens, en déplorant « la tristesse d’avoir brisé ce “nous”, d’avoir subdivisé l’unique chemin en tant de voies ». Ceci est contraire à la vérité historique.
Par ailleurs, il omet de dire que « l’unité » qui existe actuellement entre catholiques et protestants est tout à fait secondaire et temporaire, puisqu’elle ne comprend pas l’unité de foi. Luther et les luthériens rejettent la plupart des dogmes catholiques : ils n’ont donc pas la vraie foi et ne peuvent être sauvés s’ils ne se convertissent pas avant leur mort : « Celui qui ne croira pas sera condamné » (Mc 16, 16) [13].
Mais surtout, notons que le pape a participé activement à un culte non catholique, revêtu d’un surplis blanc, d’une mozette rouge et d’une étole pastorale. Même si l’on doit penser que cette assistance était seulement matérielle (c’est-à-dire que le pape n’entendait pas partager la « foi » hérétique des luthériens), il n’en reste pas moins que cette participation, selon la morale catholique traditionnelle, est peccamineuse. Voici ce que dit le DTC :
La communication active matérielle et publique est, en soi, prohibée par la loi ecclésiastique et par la loi naturelle, sous peine de péché grave, et cela pour plusieurs motifs : péril de perversion dans la foi, scandale des fidèles, apparence d’approbation d’une religion fausse ou de négation de la vraie religion [14].
Le scandale est immense, au sens théologique du mot. Les fidèles, même les meilleurs, prennent l’habitude de ces cérémonies œcuméniques. Ils ne sont plus choqués [15]. Peu à peu, ils en viennent à penser qu’on peut plaire à Dieu en pratiquant d’autres religions comme le luthéranisme.
Le code de Droit canon (de 1917) dit, au Canon 1258, § 1 :
Il est absolument interdit aux fidèles d’assister ou de prendre part activement aux cultes des a-catholiques [c’est-à-dire des non-catholiques] de quelque manière que ce soit.
Et le chanoine Naz commente ainsi, dans son Dictionnaire de Droit canonique :
Une telle participation est interdite sous n’importe quelle forme, quovis modo, parce qu’elle implique profession d’une fausse religion, et par conséquent reniement de la foi catholique. Il n’est permis ni de prier, ni de chanter, ni de jouer de l’orgue dans un temple hérétique ou schismatique en s’associant aux fidèles qui y célèbrent leur culte, même si les termes du chant ou de la prière sont orthodoxes [16].
Nos lecteurs pourront relire les fortes paroles de Mgr Lefebvre que nous avons déjà eu l’occasion de citer concernant la doctrine de l’Église sur la « communicatio in sacris » (Le Sel de la terre 30, p. 190-191).
[1] — Pour plus de détails, voir DICI nº 208 du 23 janvier 2010 (DICI-presse, 33 rue Galande, 75005 Paris). — Le texte du discours du pape est pris sur le site internet du Vatican.
[2] — Discours au camp d’Auschwitz-Birkenau, ORLF n. 24 du 13 juin 2006.
[3] — Commission biblique pontificale, Le peuple juif et ses Saintes Ecritures dans la Bible chrétienne, 2001.
[4] — Il faut toutefois rappeler que le décalogue, dans la condition actuelle de l’humanité, ne peut être observé intégralement sans la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
[5] — Il l’a fait une première fois lors de sa rencontre avec les représentants de la communauté juive, à la nonciature de Paris, le 12 septembre 2008, où il a cité le Talmud Yoma, (85b).
[6] — Joseph, cardinal Ratzinger, Ma Vie – Souvenirs, Fayard, 1998, p. 63-64
[7] — Le lundi 6 octobre 2008, le rabbin Cohen, grand rabbin de Haïfa, a été invité à présenter devant le synode des évêques la place de la Bible dans le judaïsme. Il a profité de l’occasion pour rappeler au pape Benoît XVI et aux 253 pères synodaux, « la longue, dure et douloureuse histoire de la relation » entre l’Église et la Synagogue. « Nous ne pouvons pas oublier le fait douloureux que de nombreuses personnes, y compris de grands leaders religieux, ne se soient pas élevées pour sauver nos frères et qu’ils aient choisi de garder le silence », a-t-il déclaré. « Nous ne pouvons pas pardonner et oublier cela et j’espère que vous le comprenez. » (Source : La Croix). — On comprend dès lors que le synode ait pris comme résolution finale, entre autres : « accueillir la portée universelle du judaïsme ; éviter toute théologie de la substitution ; dans la lecture chrétienne de l’ancien Testament, laisser une place à la lecture juive ; partager avec les juifs l’attente eschatologique. » (Cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec (rapporteur général), « La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église », Relatio post disceptationem, Cité du Vatican, 2008, § 37.) — Cette idée que les chrétiens et les juifs doivent préparer ensemble le monde à la venue du Messie n’est pas nouvelle. On la trouve explicitement mentionnée dès 1985 dans les Notes sur la manière correcte de présenter les juifs et le judaïsme de la commission vaticane pour les Relations religieuses avec le judaïsme (voir Le Sel de la terre 55, p. 101).
[8] — « Le synode des évêques sur la Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église a mis en pratique cette nouvelle disposition de la Congrégation romaine pour le culte divin qui demande – « par directive du Saint-Père » – qu’on n’emploie plus la transcription des quatre consonnes hébraïques – « le Tétragramme sacré » – vocalisées en « Yavhé » ou « Yahweh », dans les traductions, « les célébrations liturgiques, dans les chants, et dans les prières » de l’Eglise catholique. » (Zenit.org, 24 octobre 2008.)
[9] — Lettre de Mgr Lefebvre à plusieurs cardinaux, datée d’Écône le 27 août 1986. Voir Fideliter 54, nov.-déc. 1986, p. 3, et Le Sel de la terre 30, p. 194.
[10] — Pour plus de détails, voir DICI n°212 du 20 mars 2010 (DICI-presse, 33 rue Galande, 75005 Paris).
[11] — Sur cette Déclaration, voir l’article de Mgr Fellay paru dans Le Sel de la terre nº 38 et 39 et disponible en tiré à part à nos bureaux, sous le titre : L’Hérésie justifiée (6 € + 2,4 € de port). Un texte est aussi disponible sur le site de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, intitulé : « Le scandale de la Déclaration commune sur la justification (31 octobre 1999) ». Voici la conclusion de cette dernière étude : « Cette Déclaration commune sur la justification “sent l’hérésie – sapit haeresim”. Elle est un scandale, et pour les catholiques qui y perdent leur amour de la vraie doctrine, et pour les luthériens qui sont endormis dans leurs erreurs. Elle va mener à une pratique commune, augmenter les “intercommunions” sacrilèges. Elle va faire perdre la foi à beaucoup. »
[12] — Que signifie cette phrase ? Au sens obvie, elle signifie que nous sommes tous en état de grâce, protestants et catholiques. Est-ce que, avec des restrictions mentales, elle signifie autre chose pour le pape ? Même en le supposant, ce n’est pas un service à rendre aux protestants de leur laisser croire « qu’au plus profond, ils appartiennent au Seigneur », alors qu’ils sont séparés de lui, comme des sarments séparés du cep par leur péché d’hérésie.
[13] — Sur l’hérésie protestante, outre les textes cités à la note 3 de la page 198, nous recommandons la lecture des ouvrages suivants : Conférence entre Luther et le diable (éditions du Sel, publié aussi dans Le Sel de la terre 4 et 5) ; Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d’aujourd’hui (réédition : éditions Saint-Rémi) ; Père Marie-Antoine O.F.M. cap., Le Protestantisme confondu par le seul argument d’autorité (disponible sur internet ).
[14] — DTC, « hérésie », col. 2231-2233, article de A. Michel. Voir aussi le schéma préparé pour le concile Vatican II par la commission théologique, publié dans Le Sel de la terre 40, p. 71-87. Malgré quelques déficiences que nous avons notées dans ce schéma, le cardinal Ottaviani avait bien rappelé qu’est « toujours illicite une participation par laquelle un culte faux et illégitime est reconnu comme vrai et légitime » et que « la communio in sacris ne peut être prise comme un moyen pour la réunion des chrétiens ».
[15] — Il faut bien distinguer le fait d’être choqué et celui d’être scandalisé. Le scandale signifie quelque chose qui pousse au péché. Les fidèles catholiques ne sont plus choqués par les activités œcuméniques du pape (hélas !), mais ils sont scandalisés car ils sont incités au péché d’indifférentisme.
[16] — Naz R., Dictionnaire de Droit canonique, t. 3, Paris, Letouzey et Ané, 1942, col. 1091.









