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Le génocide de la Vendée (1793-1794)

par Michel Defaye

 

Deux siècles nous séparent des Guerres de Vendée et la vérité commence à se faire jour, dans le monde universitaire et enseignant, sur le génocide perpétré pendant cette guerre civile. En effet, depuis trois décennies, plusieurs historiens [1], non dépourvus de courage, ont dénoncé la politique exterminatrice de la Convention (1792-1795) sur les populations de cette région appelée Vendée militaire qui comprenait une partie des anciennes provinces de la Bretagne (du sud), du Poitou et de l’Anjou. Ce territoire recouvrant près de 800 villages se souleva en mars 1793 lorsque la Convention, après avoir décapité le roi Louis XVI, décida la levée en masse de 300 000 hommes. Cette conscription devait permettre la défense des frontières attaquées par les puissances voisines coalisées par le pape Pie VI. Dans un premier temps (mars-décembre 1793) le soulèvement vendéen fut sauvagement réprimé par la Convention. Dans un second temps (janvier-avril 1794), les Colonnes infernales, par une politique de terre brûlée, anéantirent villages et populations. Dans l’un comme dans l’autre temps, les révolutionnaires conçurent et planifièrent l’extermination de la population habitant la Vendée Militaire.

Historique du génocide

Aux États Généraux de juin 1789, la bourgeoisie libérale, lors d’un véritable coup d’État, confisqua le pouvoir législatif au roi Louis XVI. Ces députés, pour la plupart juristes et imbus de l’esprit des Lumières, s’attaquèrent à tout l’édifice social puis à celui de l’Église en votant la Constitution civile du clergé, en supprimant les vœux religieux et en persécutant l’Église.

Se considérant à juste titre, prisonnier de cette assemblée révolutionnaire, Louis XVI quitta la capitale, mais, après sa fuite avortée, il fut emprisonné à la tour du Temple (août 1792) et la République fut bientôt proclamée. On songea alors à se débarrasser du roi. « Louis doit mourir parce qu’il faut que la patrie vive. » (Robespierre, le 3 décembre 1792.) Le procès débuta le 13 novembre 1792 et se prolongea jusqu’au 15 janvier 1793. Alors que la Gironde (révolutionnaires, modérés sur les moyens à mettre en œuvre) penchait pour la clémence (exil ou emprisonnement), les Montagnards (des extrémistes sans foi ni loi) demandèrent la mort « au nom de Brutus ». Celle-ci fut votée à une courte majorité. Louis XVI demanda à ce que le jugement soit porté devant les Français. Robespierre refusa. En faisant guillotiner Louis XVI le 21 janvier 1793, place de la Révolution (aujourd’hui place de la Concorde !), les conventionnels défiaient l’Europe. Le pape Pie VI coalisa l’Angleterre, l’Espagne, les princes allemands et italiens qui rejoignirent la Prusse et l’Autriche, déjà en guerre, pour sauver la France d’un pouvoir tyrannique et sanguinaire, décidé à « régénérer » l’espèce humaine !

 

L’élément déclencheur

La Convention, sûre d’elle-même, déclara la guerre à la coalition le 1er février 1793 et décida la levée en masse de 300 000 hommes dans toute la France. L’Assemblée conventionnelle, malgré le fort clivage entre Girondins et Montagnards, eut le temps d’instituer un gouvernement d’exception (appelé révolutionnaire) pour mettre en place une politique de terreur. A cette fin, elle créa un Tribunal révolutionnaire à Paris jugeant sans appel « les entreprises contre-révolutionnaires » ; elle mit sur pied, le 6 avril 1793, un comité de Salut public destiné à se substituer aux ministres pour l’exercice du pouvoir exécutif ; elle institua un comité de Sûreté générale chargé de diriger la police et la « justice » révolutionnaires. Enfin, elle forma dans chaque commune un comité de Surveillance chargé de contrôler les étrangers et les suspects jugés contre-révolutionnaires.


La conscription de mars 1793 fut l’élément déclencheur du soulèvement vendéen. Spontané et populaire, ce soulèvement fut mené par un colporteur, père de famille, Jacques Cathelineau, qui devint bientôt le premier généralissime de l’Armée catholique et royale. Les paysans allèrent chercher les nobles (Charette, Bonchamps, La Rochejaquelein, etc.) pour les mettre à leur tête. Une armée improvisée était née.

Dans les premiers mois, les Vendéens allèrent de victoire en victoire, chassant les troupes républicaines du pays des Mauges et des alentours. Ces paysans en sabots connaissaient bien ce bocage aux chemins creux, bordés de genêts en fleurs. Fourches à la main et Sacré-Cœur sur la poitrine, ils firent bénir leurs armes et prirent bientôt les villes de Cholet (14 mars), Chalonnes (22 mars), Pornic (27 mars), Argenton-Château (1er mai), Bressuire (2 mai), Thouars (5 mai), Parthenay (13 mai), Fontenay-le-Comte (24 mai), Saumur (9 juin). Le 18 juin, les Vendéens, s’emparaient d’Angers. Le premier sérieux échec eut lieu à Nantes, le 29 juin 1793 et Jacques Cathelineau, le Saint de l’Anjou, y fut mortellement blessé.


Jusqu’en juin, la Convention avait plutôt réagi mollement, faute de moyens et de coordination. Mais, après la victoire des Républicains à Nantes, la guerre évolua différemment. Les forces en présence furent rééquilibrées et les victoires dans les deux camps succédèrent aux défaites. Malgré les oppositions fédéralistes dans le Midi, celles des chouans en Bretagne et des populations contre-révolutionnaires un peu partout en France (Franche-Comté, Berry, Normandie, Mayenne, etc.), c’est la Vendée militaire qui inquiéta le plus sérieusement la Convention. C’est elle qui fut l’objet des discussions animées de l’Assemblée : comment arrêter ce soulèvement de paysans qui viennent à vous le chapelet et le scapulaire à la main ?

La rhétorique génocidaire

Pour briser ce soulèvement, les conventionnels Mazarde et Garnier proposèrent, dès le 12 juin 1793, de brûler les moulins, de déporter la population et de repeupler cette région de « bons citoyens ». Le 26 juillet, le comité de Salut public décréta contre la Vendée une levée en masse de tous les adultes mâles des contrées voisines, l’incendie des bois et des genêts, la destruction des « repaires des rebelles », la saisie de leurs récoltes et enfin la déportation des vieillards, des femmes et des enfants. « Ce qui revient à dire, souligne Alain Gérard, que tous les hommes en âge de combattre devront être liquidés [2]. » Bertrand Barère de Vieuzac, membre du comité de Salut public, fit, ce même jour, un rapport sur les événements vendéens. Il acheva son discours ainsi :

La guerre de la Vendée s’est composée jusqu’ici de petits succès et de grands revers. C’est le royalisme qui, dans Paris, a fait lever ces héros de cinq cents livres, qui font la honte de l’armée. Parmi les mesures prises et à prendre, il en est de très fortes, qui resteront secrètes et que la Convention devine sans peine ; je vais lui soumettre les autres [3].

En effet, le 1er août 1793, Barère se chargea, au nom du comité, de présenter à la Convention un décret pour en finir avec « l’exécrable guerre de Vendée ». Son discours propose, ni plus ni moins, un plan de destruction totale de la Vendée :

Ici, le comité, d’après votre autorisation, a préparé des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle, à faire disparaître leurs repaires, à incendier leurs forêts, à couper leurs récoltes et à les combattre autant par des ouvriers et des pionniers que par des soldats. C’est dans les plaies gangréneuses que la médecine porte le fer et le feu, c’est à Mortagne, à Cholet, à Chemillé que la médecine politique doit employer les mêmes moyens et les mêmes remèdes. L’humanité ne se plaindra pas : les vieillards, les femmes et les enfants seront traités avec les égards exigés par la nature. L’humanité ne se plaindra pas : c’est faire son bien que d’extirper le mal ; c’est être bienfaisant pour la patrie que de punir les rebelles. Qui pourrait demander grâce pour des parricides ? […] Nous vous proposons de décréter les mesures que le comité a prises contre les rebelles de la Vendée ; et c’est ainsi que l’autorité nationale, sanctionnant de violentes mesures militaires, portera l’effroi dans les repaires de brigands et dans les demeures des royalistes [4].

Alain Gérard commente ainsi ce discours :

L’incendie de la Vendée prend une valeur tout à la fois expiatoire et rédemptrice. « L’humanité, assure l’orateur, ne se plaindra pas : c’est faire son bien que d’extirper le mal. » Ainsi, dans « ces malheureux départements dont la gangrène politique menace de dévorer et d’anéantir la liberté », la « médecine politique », affirme-t-il, est-elle habilitée à porter « le fer et le feu ». De la sorte, on tuera moins des hommes particuliers que des symboles, et ce faisant, on se protège à l’avance contre d’éventuels remords. Du reste, « exterminer cette race rebelle » constitue seulement le prix à payer pour créer l’homme nouveau [5].

Le projet de décret fut bientôt adopté par la Convention. L’article premier stipulait : « Le ministre de la Guerre donnera sur le champ les ordres nécessaires pour que la garnison de Mayence soit transportée en poste dans la Vendée […] ». Quelques autres articles méritent d’être reproduits :

Art. VI : il sera envoyé par le ministre de la Guerre des matières combustibles de toute espèce pour incendier les bois, les taillis et les genêts. ART. VII : les forêts seront abattues ; les repaires des rebelles seront détruits ; les récoltes seront coupées par les compagnies d’ouvriers, pour être portées sur les derrières de l’armée et les bestiaux seront saisis. Art. VIII : les femmes, les enfants et les vieillards seront conduits dans l’intérieur. Il sera pourvu à leur subsistance et à leur sûreté, avec tous les égards dus à l’humanité. Article XIV : les biens des rebelles de la Vendée sont déclarés appartenir à la République ; il en sera distrait une portion pour indemniser les citoyens qui seront demeurés fidèles à leur patrie, des pertes qu’ils auraient souffertes [6].

Au club des Jacobins, Legendre, ancien boucher, approuva l’idée d’anéantir les Vendéens dans leur ensemble : « Ce n’est plus aujourd’hui qu’il faut se parer d’une vaine pitié, ce n’est plus le temps de faire grâce : il faut que nous périssions ou que nous exterminions nos ennemis [7]. » A l’assemblée conventionnelle, le message fut entendu. Billaud-Varenne pensa que les difficultés avec la Vendée étaient une occasion rêvée pour sévir et pour se débarrasser des ennemis intérieurs de la République : « Nous devons nous applaudir puisque les malheurs mêmes du peuple exaltent son énergie, et nous mettent en mesure d’exterminer nos ennemis [8]. » A Paris, fin août 1793, un certain Gaston encouragea à la besogne : « Il faut du sang pour consolider la Révolution. Si nous ne versons pas celui des contre-révolutionnaires, ils verseront un jour le nôtre [9]. » Le sang, en effet, allait couler, en abondance, pour une semence de chrétiens.

 

Les débuts du génocide

En Vendée militaire, les représentants en mission veillèrent à l’application du décret du 1er août. L’un d’entre eux (Fayau) écrivit au comité de Salut public que toutes les mesures avaient été prises pour « purger le sol de la liberté de cette race de brigands ». Le 16 août, le représentant Momoro prêta serment :

Nous exécuterons les décrets de la Vendée, nous brûlerons tous les repaires des brigands, nous ferons passer les femmes, les enfants et les vieillards sur les derrières de l’armée et nous tirerons tout le reste. On n’en viendra jamais à bout autrement, tous ces gueux sont fanatisés. Le ministre de la Guerre nous envoie force matières combustibles [10]. L’ardeur de nos troupes est toujours la même ; partout les brigands sont repoussés ; ils ne peuvent résister à l’impétuosité républicaine de nos soldats qui franchissent les haies, les fossés et les poursuivent la baïonnette dans les reins […] La marche de nos troupes n’est pas aussi rapide que la nécessité d’exterminer les brigands le demanderait […]  Nous exécuterons à la lettre votre décret. Ce grand acte de sévérité nationale jette dans l’âme des rebelles une salutaire terreur ; des monceaux de cendres, la famine, la mort s’offrent de tous côtés à leurs regards [11]

A Saumur, cinq jours plus tard, Bourbotte annonça « la prochaine extermination des hordes qui ravagent les départements de l’Ouest ». Le 16 septembre, Turreau et Cavaignac, assez fiers de leurs exploits, signalent qu’ils ont fait incendier tous « les ci-devant châteaux, tous les repaires de brigands [12] ». Concrètement, les troupes sur place (l’armée des côtes de La Rochelle, l’armée de Mayence – 16 000 hommes – et une partie de l’armée des côtes de Brest) incendiaient tout sur leur passage : maisons, champs, métairies, châteaux. Les populations fuyaient ou étaient massacrées. Parmi de multiples témoignages que l’on pourrait citer, celui d’un agent du ministre de l’Intérieur, Pierre Petiot : « Les soldats d’un bataillon de Paris sont allés piller les paisibles métairies et tuer les paysans dans leur aire et dans leurs champs. »

Pour rendre la situation encore plus tragique, la Convention vota le 17 septembre la fameuse loi des suspects, « véritable mode d’emploi du terrorisme d’État » (Alain Gérard). La loi permettait la délation pour écraser toutes actions jugées contre-révolutionnaires. Et les droits de l’homme ne s’appliquent pas aux contre-révolutionnaires, tonna Collot d’Herbois.

Les Vendéens trouvèrent la force d’écraser l’avant-garde de l’armée de Mayence, « une armée de faïence » comme le disaient bien imprudemment nos héros catholiques. Le mois de septembre vit encore quelques belles victoires de l’armée de paysans. Le comité de Salut public, craignant de compromettre sa responsabilité par l’annonce de ces défaites, arrêta un ensemble de mesures qu’il soumit à la ratification de la Convention. Barère de Vieuzac, son organe officiel, parut une nouvelle fois à la tribune le 1er octobre. Son discours, tout aussi enflammé que celui du 1er août, se voulait vengeur. Malgré les mesures exceptionnelles prises par la Convention le 1er août, la Vendée existait encore :

L’inexplicable Vendée existe encore… Ce creuset où s’épure la population nationale devrait être anéanti depuis longtemps ; il menace de devenir un volcan dangereux. Vingt fois depuis l’existence de cette rébellion, les représentants, les généraux, le comité lui-même, vous ont annoncé la destruction prochaine des rebelles. De petits succès étaient suivis de grandes défaites. On croyait pouvoir les détruire

Après avoir longuement expliqué les raisons des défaites successives et des piètres victoires obtenues, Barère lança ce mot d’ordre, imprécateur :

Détruisez la Vendée ; Valenciennes et Condé ne seront plus au pouvoir de l’Autrichien. Détruisez la Vendée ; l’Anglais ne s’occupera plus de Dunkerque. Détruisez la Vendée ; le Rhin sera délivré des Prussiens. Détruisez la Vendée, et l’Espagne se verra harcelée, conquise par les méridionaux, joints aux soldats victorieux de Mortagne et de Cholet […].  Enfin, chaque coup que vous porterez à la Vendée retentira dans les villes rebelles, dans les départements fédéralistes, dans les frontières envahies. La Vendée, et encore la Vendée ! Voilà le chancre politique qui dévore le cœur de la République française ; c’est là qu’il faut frapper d’ici au 20 octobre, avant l’hiver, avant l’impraticabilité des routes, avant que les brigands trouvent l’impunité dans le climat et dans la saison [13] 

Barère fit approuver la réunion des deux armées en une seule, sous le nom d’armée de l’Ouest, et la nomination du général Lechelle au commandement en chef. Par décret, la Convention assigna un terme à cette guerre et adopta la proclamation suivante, adressée à l’armée :

La Convention nationale, après avoir entendu le rapport du comité de Salut public, décrète : Art. I. Le département de la Loire-Inférieure demeure distrait de l’armée des côtes de Brest et réuni à celle des côtes de La Rochelle, laquelle portera désormais le nom d’armée de l’Ouest. Art. II. La Convention nationale approuve la nomination du citoyen Léchelle, général en chef, nommé par le conseil exécutif pour commander cette armée. Art. III. La Convention nationale compte sur le courage de l’armée de l’Ouest et des généraux qui la commandent, pour terminer, d’ici au 20 octobre, l’exécrable guerre de la Vendée. La reconnaissance nationale attend l’époque du 1er novembre prochain pour décerner des honneurs et des récompenses aux armées et aux généraux qui, dans cette campagne, auront exterminé les brigands de l’intérieur, et chassé sans retour les hordes étrangères des tyrans de l’Europe [14].

Puis, la Convention nationale envoya une Proclamation à l’armée révolutionnaire de l’Ouest qui encourageait à la besogne :

Soldats de la liberté, il faut que les brigands de la Vendée soient exterminés avant la fin du mois d’octobre ; le salut de la patrie l’exige, l’impatience du peuple français le commande, son courage doit l’accomplir. La reconnaissance nationale attend à cette époque tous ceux dont la valeur et le patriotisme auront affermi sans retour la liberté et la République [15].

A la Convention, les révolutionnaires discutaient depuis la fin du mois d’août sur les moyens à mettre en œuvre pour liquider efficacement cette population de « brigands ». De nombreux individus plus ou moins savants se succédèrent a la tribune. Reynald Secher écrit :

Pour ce faire, on sollicite les services d’un des plus grands chimistes de l’époque : Antoine Fourcroy qui ne trouvera pas la solution. Un pharmacien d’Angers, physicien de son état et alchimiste, nommé Proust, avance l’arme chimique. Elle consiste en « un levain propre à rendre mortel l’air de toute une contrée ». Proust invente aussi « une boule de cuir remplie d’une composition dont la vapeur dégagée par le feu devait asphyxier tout être vivant fort loin à la ronde ». L’essai sur des moutons aux Ponts-de-Cé, en présence de députés, est sans résultat « et personne n’en fut incommodé ». D’autres, comme le général Santerre, proposent le recours aux mines : « Des mines, des mines à force ! … des fumées soporifiques ! Et puis tomber dessus… [16]. »

Jean-Baptiste Carrier, quant à lui, soumit à l’Assemblée l’utilisation du poison :

Que font au peuple vos victoires qui ne terminent rien ? Il faut employer les moyens extrêmes. Vous avez délivré le pays d’un chancre qui le dévore. Le poison est plus sûr que toute votre artillerie. Ne craignez donc pas de le mettre en jeu. Faites empoisonner les sources d’eau. Empoisonnez du pain, que vous abandonnerez à la voracité de cette misérable armée de brigands, et laissez faire l’effet. Vous avez des espions parmi ces soldats du pape qu’un enfant conduit. Lâchez-les avec ce cadeau et la patrie est sauvée. Vous tuez les soldats de La Rochejaquelein à coups de baïonnettes, tuez-les à coup d’arsenic, cela est moins dispendieux et plus commode [17].

Pendant que les républicains remettaient de l’ordre et de l’unité dans leurs troupes et envisageaient les moyens d’anéantir la Vendée militaire, les chefs Vendéens se divisaient. Les généraux, en désaccord sur les objectifs à atteindre, décidèrent de se battre séparément. Dès lors, une succession d’erreurs stratégiques condamna inexorablement l’Armée catholique et royale d’autant qu’après la défaite de Cholet (17 octobre 1793), elle perdit trois de ses principaux chefs : Bonchamps, Lescure et d’Elbée.


Malgré les avis de Charette et de Stofflet, le conseil de Châtillon – présidé par le marquis de Donnissan, le beau-père de Louis de Lescure – céda aux Vendéens ? Inquiets d’une menace d’en­cerclement de leur territoire, ils souhaitèrent traverser la Loire. Le prince de Talmont les appuya. Il leur fit espérer l’aide des Anglais et celle des émigrés. Ceux-ci devaient débarquer à Granville et, selon les plans, se joindre à la Grande Armée pour soulever tout le grand Ouest. 90 000 vendéens, dont 50 000 non-combattants, franchirent la Loire le 18 octobre, à Saint-Florent-le-Vieil. Ce fut la malheureuse Virée de Galerne, où les Blancs se couvrirent de victoires, à Entrammes, Laval, Dol et Antrain, mais qui se termina par la défaite du Mans (12 décembre 1793). A compter du 21 décembre, les Bleus massacrèrent le reste de cette pauvre armée dans les marais de Savenay comme s’en vanta le général Westermann dans son rapport, rédigé à chaud (23 décembre) :

Il n’y a plus de Vendée, citoyens républicains, elle est morte sous notre sabre libre avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et les bois de Savenay. Suivant les ordres que vous m’avez donnés, j’ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré des femmes qui au moins pour celles-là n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher, j’ai tout exterminé… Mes hussards ont tous à la queue de leurs chevaux des lambeaux d’étendards brigands. Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant que, sur plusieurs endroits, ils font pyramide. On fusille sans cesse à Savenay car à chaque instant il arrive des brigands qui prétendent se rendre prisonniers. Kléber et Marceau ne sont pas là. Nous ne faisons pas de prisonniers, il faudrait leur donner le pain de la liberté et la pitié n’est pas révolutionnaire [18].

A la lecture de ce bulletin, la Convention décréta des « actions de grâces » pour les armées qui venaient d’écraser la Vendée. Marceau et Kléber, avec les représentants Prieur et Turreau, se rendirent à Nantes pour assister à la fête civique préparée en l’honneur de cette journée mémorable. La Convention avait déjà nommé (le 8 novembre) la Vendée, le département Vengé. La mission était accomplie. Barère de Vieuzac pouvait être satisfait : la Vendée Militaire n’existait plus, ou si peu.


Le génocide confirmé : les Colonnes infernales

Après les batailles du Mans [19] et de Savenay, l’Armée catholique et royale était anéantie. Il restait quelques pelotons désœuvrés que Charette, Stofflet et La Rochejaquelein s’efforcèrent de grossir. La région appelée Vendée militaire était ravagée et en partie incendiée. Femmes, enfants, vieillards qui s’étaient cachés ou qui avaient erré revinrent dans les villages détruits. Ils aspiraient tous à la paix. Tout pouvait renaître, dans les larmes et dans la douleur.


Mais la Convention en décida autrement. Hentz et Francastel, commissaires de la République à Angers, expliquèrent dans un rapport de trente- huit pages que « la pensée d’une amnistie était odieuse et la dignité nationale la repoussait […] même si la guerre de Vendée était politiquement finie ». Le général Turreau, nommé récemment commandant en chef de l’armée de l’Ouest, proposa un plan d’amnistie auquel le comité de Salut public ne répondit pas. Il adressa un second plan au comité, daté du 15 janvier 1794 :

Mon intention est bien de tout incendier, de ne réserver que les points nécessaires à établir les cantonnements propres à l’anéantissement des rebelles ; mais cette grande mesure doit être prescrite par vous. Je ne suis que l’agent passif des volontés du Corps législatif que vous devez représenter dans cette partie. Vous devez également vous prononcer d’avance sur le sort des femmes et des enfants que je rencontrerai dans ce pays révolté. S’il faut les passer tous au fil de l’épée, je ne puis exécuter une pareille mesure sans un arrêté qui mette à couvert ma responsabilité […]. En huit jours, la Vendée doit être battue, tous les rebelles pressés entre moi, Haxo et Dutry […] [20].

Sans attendre de réponse, il envoya des instructions à ses généraux le 19 janvier 1794 dont le texte est intitulé : « Instruction relative à l’exécution des ordres donnés par le général en chef de l’armée de l’Ouest, contre les brigands de la Vendée, (30 nivôse an II) [21].

Tous les brigands qui seront trouvés les armes à la main, ou convaincus de les avoir prises pour se révolter contre leur patrie, seront passés au fil de la baïonnette. On en agira de même avec les filles, femmes et enfants qui seront dans ce cas. Les personnes seulement suspectes ne seront pas plus épargnées, mais aucune exécution ne pourra se faire sans que le général l’ait préalablement ordonnée. Tous les villages, métairies, bois, genêts et généralement tout ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes, après cependant que l’on aura distrait des lieux qui en seront susceptibles, toutes les denrées qui y existeront ; mais, on le répète, ces exécutions ne pourront avoir leur effet que quand le général l’aura ordonné […].

Le plan de Turreau entra en vigueur le 21 janvier. Il eut à sa disposition six divisions à l’est de la Vendée, chacune étant divisée en deux colonnes, ce qui portait le nombre à douze. Le 8 février, Turreau reçut de Lazare Carnot – membre du comité de Salut public, délégué aux Armées, créateur des quatorze armées révolutionnaires – l’approbation de son plan d’extermination :

Tu te plains de n’avoir pas reçu du comité l’approbation formelle de tes mesures. Elles lui paraissent bonnes et tes intentions pures, mais, éloigné du théâtre de tes opérations, il attend les grands résultats pour se prononcer dans une matière sur laquelle on l’a déjà trompé tant de fois, aussi bien que la Convention nationale. […] Extermine les brigands jusqu’au dernier, voilà ton devoir ; nous te prescrivons surtout ne pas laisser une seule arme à feu dans les départements qui ont participé à la révolte et qui pourraient s’en servir encore. Armes-en les soldats de la Liberté. Nous regarderons comme traîtres tous les généraux, tous les individus qui songeraient au repos, avant que la destruction des révoltés soit entièrement consommée [22].

Jusqu’au 17 mai 1794, les colonnes infernales massacrèrent et pillèrent le pays tout entier. On connaît le parcours de chacune des colonnes. Le massacre des Lucs-sur-Boulogne est le plus « célèbre » d’entre eux. Ce jour-là, 28 février 1794, la colonne des généraux Cordellier et Crouzat fit 564 victimes, dont 110 enfants de moins de sept ans. De nombreux autres massacres eurent lieu et les horreurs sont innombrables. Reynald Secher en cite quelques-unes :

Des femmes enceintes étaient étendues et écrasées sous des pressoirs. Une pauvre femme, qui se trouvait dans ce cas, fut ouverte vivante au Bois-Chapelet, près le Maillon. Le nommé Jean Lainé, de La Croix-de-Beauchêne, fut brûlé vif dans son lit où il avait été retenu pour cause de maladie […]. Des membres sanglants et des enfants à la mamelle étaient portés en triomphe au bout des baïonnettes. […] Les registres clandestins, comme ceux du recteur Pierre-Marie Robin, curé de La Chapelle-Basse-Mer [23], dans leurs froides descriptions, se font l’écho de « cette boucherie », expression employée par Napoléon parlant de la Vendée. Les pires atrocités, rapportées par les révolutionnaires eux-mêmes, sont commises : aux Ponts-de-Cé [24], ils tannent la peau des Vendéens afin d’en faire des culottes de cheval destinées aux officiers supérieurs ; à Angers, ils coupent les têtes pour les disséquer ; aux Herbiers [25], ils jettent les femmes et les enfants, Blancs comme Bleus, dans des fours ; à Clisson, ils font fondre des corps pour en récupérer de la graisse pour les hôpitaux et les charrettes, etc [26].

Mais ajoute notre auteur :

Tout sentiment magnanime est interdit comme le proclame Carrier : « Qu’on ne vienne pas parler d’humanité envers ces féroces Vendéens ; ils seront tous exterminés ; les mesures adoptées nous assurent un prompt retour à la tranquillité dans ce pays ; mais il ne faut pas laisser un seul rebelle car leur repentir ne sera jamais sincère » [27].

Les populations qui ont fui sont soit tuées, soit emprisonnées dans les villes des alentours. Rapidement, devant l’afflux des prisonniers qui encombrent les prisons, la décision est prise de les exécuter. Neuf fusillades se déroulèrent à Avrillé, aux Champs des Martyrs, entre le 12 janvier et le         16 avril 1794 (1 994 hommes, femmes et enfants sont exécutés) [28]. Une douzaine de fusillades se déroulèrent également aux Ponts-de-Cé (au sud d’Angers) où 1 500 à 1 600 prisonniers sont passés par les armes. A Saumur, 950 Vendéens sont exécutés par fusillades ou par guillotine (500 à 600 vont périr en prison) ; 600 à 700 autres, capturés lors de la Virée de Galerne, iront à Bourges, où seulement une centaine survivront [29].

On pourrait citer des dizaines d’exemples. Dans sa très longue étude intitulée Essai sur la Terreur en Anjou [30], l’historien Camille Bourcier explique comment il est arrivé à dénombrer près de 10 880 victimes vendéennes ou angevines fusillées ou guillotinées, en Anjou :

Nous l’avons déjà dit : « Francastel ne voulait pas qu’on gardât par écrit ce qui avait rapport aux brigands. Tous ceux qui furent arrêtés et conduits dans le temple de la Raison, et dans la ci-devant église des Petits-Pères, furent également fusillés sans être portés sur le registre révolutionnaire » (Blordier-Langlois, I, p. 427). Plusieurs auteurs se sont occupés néanmoins de fixer des chiffres. M. Godard-Faultrier, entre autres, dans son Champ des Martyrs d’Avrillé. Il évalue à 2 100 environ le nombre des individus fusillés en cet endroit ; aux Ponts-de-Cé 1 500, à Angers et ses environs 3 600. Ce qui ferait un chiffre de quatre à six mille personnes. Mais M. Godard-Faultrier dit qu’il ne compte pas les individus fusillés au port de l’Ancre, à Érigné, à la pointe de l’île des Ponts-de-Cé, les exécutions sur l’échafaud, les noyades de la Baumette, de Montjean, et les fusillades répétées sur tous les autres points de l’Anjou. M. Godard n’a pas l’air de trouver exagéré le chiffre total de 10 000 ; c’est qu’en effet il ne l’est pas. J’admets, comme lui, son premier nombre. Avrillé : 2 100 ; Les Ponts-de-Cé : 1 500, j’irais à 1 900 ; pour Angers et ses environs : 1 500 ; pour Saumur, Bournan, etc, : 600 ; pour Doué-La-Fontaine : 550 ; pour Sablé, Chemillé : 180 ; pour Tours, Laval, Le Mans, Alençon (je ne parle que des Angevins ou Vendéens) 1 500 ; Assassinés : 50 ; Paysans, femmes, etc : 2 500. Total : 10 880. En adoptant le chiffre de dix mille, je crois rester en deçà de la vérité. Je n’y fais entrer, est-il besoin de le dire, aucun de ceux qui ont péri les armes à la main [31].

Après la défaite des Vendéens à Savenay, des milliers d’entre eux furent envoyés dans les prisons de Nantes. De la mi-décembre 1793 à la fin février 1794, une commission improvisée fit exécuter 3 200 à 3 800 personnes par la guillotine ou par les fusillades. Comme ces moyens de tuerie prenaient trop de temps – les morts devaient être enterrés – Carrier ordonna des noyades dans la Loire, mais à grande échelle. Selon Jacques Hussenet, 1 800 à 4 800 personnes ont été noyées sur ordre de Carrier et près de 2 000 autres sur ordre d’autres révolutionnaires [32].

 

Le macabre bilan d’un génocide occulté

Combien de victimes ? Combien de martyrs dans cette Vendée Militaire suppliciée ? On ne connaîtra jamais le nombre exact des victimes de la violence révolutionnaire. Dieu seul connaît et a déjà récompensé par la vision béatifique ces humbles paysans d’une contrée laborieuse, morts en haine de la foi.

Le bilan humain de ce génocide a longtemps fait l’objet d’estimations plus ou moins fantaisistes. La méticuleuse enquête démographique de Jacques Hussenet permet de mesurer l’ampleur du désastre. La Vendée militaire, suivant les chiffres les plus sérieux, a perdu 140 000 à 190 000 hommes, femmes et enfants entre 1793 et 1796, soit entre le cinquième et le quart de sa population, localement plus du tiers, parfois même la moitié, comme dans les districts de Cholet, de Vihiers et de Mauléon.

Jacques Hussenet souligne que la population du département de la Meuse a subi des pertes identiques lors de la Première Guerre mondiale mais il précise aussi que les moyens de destruction mis en œuvre entre 1914 et 1918 étaient beaucoup plus puissants que ceux dont disposaient les hommes de 1793. C’est dire la violence des combats et la sauvagerie de la répression. Cette répression ne fut que l’application d’un plan d’extermination longuement discuté au comité de Salut public et à la Convention et savamment mis en place du mois d’août 1793 au mois de mai 1794, l’extermination étant celle de la Vendée militaire sans exception à partir de janvier 1794.

Malgré la demande de reconnaissance du génocide de la Vendée par neuf députés en 2007 [33], la tragédie vendéenne risque fort d’être victime, pour longtemps, de la grande amnésie collective qui frappe notre société décadente. C’est  pourquoi les catholiques ont un devoir de mémoire et de reconnaissance. Professeurs et parents doivent mieux connaître et transmettre cette page si héroïquement chrétienne et française. Pour cela, il suffit d’aller visiter les hauts lieux de la Vendée militaire, de lire et d’étudier les bons livres sur le sujet, et de soutenir tous ceux qui se dévouent à la cause, en particulier le Souvenir vendéen.

Saints martyrs de la Vendée militaire, qui nous avez montré l’exemple de la fidélité, gardez nous la foi catholique pour aller jouir, avec vous, de la vision de Dieu.

*

Annexe 1 : Décret et proclamation de l’Assemblée nationale du 1er octobre 1793

(copie conservée dans une mairie de Loire Atlantique)

 

 

 



Annexe 2 : Proposition de loi

relative à la reconnaissance du génocide vendéen de 1793-1794, enregistrée à l’Assemblée nationale le 21 février 2007








[1]  —  Reynald Secher, La Vendée-Vengé : le génocide franco-français, PUF, 1986, réédition chez Perrin, 2006 ; Gracchus Babeuf – la guerre de Vendée & le système de dépopulation (en collaboration avec J.-J. Brégeon et S. Courtois), Cerf, 2009. — Alain Gérard, Par principe d’humanité : la Terreur et la Vendée, Paris, Fayard, 1999. — Sous la direction de Jacques Hussenet (co-écrit avec sept historiens) : Détruisez la Vendée ! Regards croisés sur les victimes et destructions de la guerre de Vendée, Éditions CVRH, 2007.

[2]  —  Alain Gérard, « Par principe d’humanité… », p. 151.

[3]  —  Cité dans Guerre des vendéens et des chouans contre la République française, par un officier supérieur des armées de la République (Jean Julien Michel Savary), Paris, Baudouin Frères, 1824, t. 1, p. 431.

[4]  —  Gazette Nationale ou le Moniteur universel du vendredi 9 août 1793.

[5]  —  Alain Gérard, « Par principe d’humanité… », p. 155.

[6]  —  Réimpression de l’ancien Moniteur, seule histoire authentique et inaltérée de la Révolution française, Paris, Plon Frères, 1847, t. 17. p. 288.

[7]  — Journal des Jacobins, 2 août 1793. Cité dans François-Alphonse Aulard, La Société des Jacobins, t. 5, Paris, 1895, p. 325.

[8]  — Réimpression de l’ancien Moniteur, t. 17, p. 581.

[9]  — Cité dans Bernard Lerat, Le terrorisme révolutionnaire : 1789-1799, Paris, France-Empire, 1989.

[10] — Cité dans Raoul Mercier, Le monde médical dans la guerre de Vendée, Tours, Arroult, 1939, p. 335.

[11] — Extrait de la Lettre des représentants du peuple près l’armée de Brest, datée du 2 septembre 1793, dans Réimpression de l’ancien Moniteur, t. 17, p. 595.

[12] — Voir Alain Gérard, « Par principe d’humanité… », p. 182-183.

[13] —  Extraits du discours de Barère, cité dans Réimpression de l’ancien Moniteur, t. 18. p. 50-54. Voir aussi Histoire parlementaire de la Révolution française ou Journal des Assemblées nationales depuis 1789 jusqu’à 1815 par Buchez et Roux, Paris, Paulin, 1836, t. 39, p. 208-212. Ces extraits du discours de Barrère sont souvent datés du 1er août. C’est évidemment une erreur.

[14] —  Gazette Nationale ou le Moniteur universel, n° 275, 2 octobre 1793, vol. 24, p. 16. (Voir document original en annexe 1).

[15] —  Gazette Nationale ou le Moniteur universel, ibid. p.16. (Voir document en annexe 1)

[16] —  Reynald Secher, La guerre de Vendée : guerre civile, génocide, mémoricide, dans l’ouvrage collectif « Le Livre noir de la Révolution française », Paris, Cerf, 2008, p. 235. Les mêmes exemples dans Jacques Crétineau-Joly, Histoire de la Vendée militaire, Paris, Plon, 1865, t. 1, p. 229.

[17] — Extrait du discours de Carrier cité par Jacques Crétineau-Joly, Histoire de la Vendée militaire, t. 1, p. 367-368.

[18] —  Extrait du rapport de Westermann, cité dans Jacques Crétineau-Joly, Histoire de la Vendée militaire, Paris, Plon, 1865, t. 2, p. 4.

[19] — Depuis un an, des archéologues de l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives) ont exhumé les victimes vendéennes des massacres des 12 et 13 décembre 1793. Ils ont retrouvé neuf charniers : « De nombreux corps portaient les stigmates osseux de combats violents à l’arme blanche : fractures, incisions nettes, mandibule tranchée, maxillaire coupé, omoplate percée… » (Extrait du communiqué de presse du 23 juin 2010. Voir www.inrap.fr.)

[20] — Cité par M. de Barante, Histoire de la Convention nationale, t. V, Paris, 1853, p. 463.

[21] —  Guerre des vendéens et des chouans contre la République française, par un officier supérieur des armées de la République (Jean Julien Michel Savary), Paris, Baudouin Frères, 1825, t. 3, p. 56 et 57. 

[22] —  Guerre des vendéens et des chouans contre la République française, par un officier, ibid, t. 3, p. 151. 

[23] —  Registre paroissial, Archives municipales de La Chapelle-Basse-Mer. Voir aussi, R. Secher, La Chapelle-Basse-Mer, Paris, Perrin, 1986.

[24] —  Archives départementales du Maine et Loire, IL, 1127/3.

[25] —  Archives historiques de l’armée, B58.

[26] —  Reynald Secher, La guerre de Vendée : guerre civile, génocide, mémoricide, dans l’ouvrage collectif Le Livre noir de la Révolution française, Paris, Cerf, 2008, p. 239.

[27] —  Gazette nationale, t. 19, 23 février 1794, p. 537. Voir aussi : Charles Louis Chassin, La Vendée patriote, 1793-1800, Paris, 1895, t. 7, p. 235.

[28] —  Jacques Hussenet (dir.), « Détruisez la Vendée ! », p. 454.

[29] —  Jacques Hussenet (dir.), « Détruisez la Vendée ! », p. 465.

[30] —  Revue de l’Anjou, t. 6, Angers, 1870, p. 68-71. 

[31] — Revue de l’Anjou, t. 6, 1870, p. 68-71. L’article fut publié en tiré-à-part chez Barassé à Angers, 1870, 292 p.

[32] — Jacques Hussenet (dir.), « Détruisez la Vendée ! », p.458.

[33] — Voir en annexe 2 la reproduction de la proposition de loi n° 3754 (21 février 2007).

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 74

p. 160-186

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