Désobéissance épiscopale persistante
Dans l’éditorial du Sel de la terre 61 (été 2007), nous faisions état d’une lettre du cardinal Francis Arinze (préfet de la congrégation du Culte divin) qui recommandait une meilleure « traduction » de l’expression « pro multis » dans les versions vernaculaires de la nouvelle messe.
Cette lettre, datée du 17 octobre 2006 et adressée à tous les présidents des conférences épiscopales, se terminait ainsi :
Les conférences épiscopales des pays où la formule « pour tous » ou son équivalent est à présent en usage sont priés d’entreprendre la catéchèse nécessaire auprès des fidèles sur ce sujet dans les prochains un ou deux ans pour les préparer à l’introduction d’une traduction précise en langue vernaculaire de la formule pro multis (c’est-à-dire « pour beaucoup », « per molti », etc.) dans la prochaine traduction du Missel romain que les évêques et le Saint-Siège approuveront pour leur pays.
La date butoir du 17 octobre 2008 est largement dépassée. Un site suisse (http ://www.estoc.ch) rend compte, semaine après semaine, du retard épiscopal [1]. Voici ce qu’on y lisait le 22 janvier 2011 :
Depuis près de quarante ans, le peuple de Dieu subit dans son culte les approximations tendancieuses du vernaculaire. Ainsi du « pro multis » que le rite romain a toujours utilisé à la consécration du vin et qui signifie « pour beaucoup, pour un grand nombre ».
Dans la nouvelle messe, le prêtre affirme que le sang du Sauveur fut versé « pour la multitude » ce qui permet de penser que le salut est assuré à tous et de tromper les fidèles en procédant à des funérailles où l’on canonise chacun... Or, le 17 octobre 2006, le cardinal Arinze, préfet de la congrégation pour le Culte divin, en fait le constat et s’adressant aux évêques leur ordonne, dans un délai d’un à deux ans, d’instruire les fidèles pour les préparer à une nouvelle traduction qui remplacerait « pour tous » et ses équivalents par « pour beaucoup ». L’ordre est clair. Le but restreint. Le bilan aisé. Ordre du 17 octobre 2006. Délai au 17 octobre 2008. Aujourd’hui (22 janvier 2011) rien ne s’est fait. Le retard s’élève à : 2 ans, 3 mois, 5 jours, soit 118 semaines.
[1] — Nous l’avons déjà signalé dans le Sel de la terre 73, p. 204.

