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Le portement de la croix 

Le quatrième mystère douloureux

  

par le frère Pierre-Marie O.P.

 

Nous continuons la publication des sermons sur les mystères du rosaire. Les mystères joyeux ont paru dans Le Sel de la terre 64 (printemps 2008 : l’annonciation), 65 (été 2008 : la visitation), 67 (hiver 2008-2009 : la nativité), 71 (hiver 2009-2010 : la présentation au Temple) et 73 (été 2010 : la perte et le recouvrement de Jésus au Temple). Puis nous avons publié les trois premiers mystères douloureux : l’agonie au Jardin des oliviers dans Le Sel de la terre 74, la flagellation dans le nº 75 et le couronnement d’épine dans le nº 76.

Le Sel de la terre.



Après la scène du couronnemnt d'épines, Pilate est dans un grand trouble. L’orage excité par les juifs à l’extérieur est une faible image de celui qui se déroule dans son âme. D’un côté, il est sensible à la bonne impression que lui fait Jésus et à l’avertis­sement de sa femme qui a frappé son imagination, mais de l’autre, il ressent la crainte de l’émeute et, plus encore, la crainte de César. Il voudrait éviter de poser un acte qu’il sent inique. Il voudrait… mais il n’a pas de volonté.

Il fait une dernière tentative en amenant Jésus à son tribunal :

– Voici votre Roi, dit-il aux juifs. – Tolle, tolle, crucifige eum ! (Enlève-le, enlève-le, crucifie-le !) – Crucifierais-je votre roi ? – Nous n’avons d’autre roi que César.

Cette fois-ci, il est définitivement vaincu par les vociférations des juifs et la crainte de César. Alors il se lave les mains ostensiblement : « Je suis innocent du sang de ce juste ». C’est inutile, Pilate : tu as beau te laver les mains, elles seront toujours tachées de ce sang. Tu étais le juge, tu devais rendre la justice.

On remet alors à Jésus ses vêtements pour l’emmener. Les Pères de l’Église ont remarqué que Jésus a subi les moqueries dans des vêtements étrangers, qui sont la figure de nos péchés, tandis qu’il est emmené pour être crucifié avec ses propres vêtements, qui figurent son Église qu’il emmène avec lui à l’immolation (saint Jérôme).

Nous allons tout simplement exposer le mystère avec ses trois scènes principales : d’abord Jésus porte sa croix seul, puis il est aidé par Simon de Cyrène, enfin il rencontre les filles de Jérusalem. Nous verrons se dégager au fur et à mesure le fruit du mystère : la patience à supporter nos croix.

 

Jésus porte sa croix seul

On charge Jésus de sa croix, taillée dans du bois de sapin. En réalité il s’agit du patibulum, la barre transversale. En effet la barre verticale, le stipes, restait sur le lieu du supplice. Le patibulum représentait déjà environ 50 kgs, ce qui est lourd pour un homme épuisé par les souffrances et une importante hémorragie.

Pensons à cette première rencontre de Jésus avec ce bois sacré auquel il pensait depuis le premier instant de sa conception.

Dès sa plus tendre enfance, Quand son cœur soupirait, C’était vers la présence De la croix qu’il aimait. Il l’a, dès sa jeunesse, Recherchée à grands pas, Il est mort de tendresse Et d’amour en ses bras. Je désire un baptême, S’écriait-il un jour : La chère croix que j’aime, L’objet de mon amour [1].

Sans doute, en la voyant pour la première fois, il vit tous les tourments qu’elle allait lui causer pendant ces trois longues heures d’agonie jusqu’à cette mort terrible par asphyxie. Mais son regard ne s’arrêta pas là. Il voyait la clarté qui allait entourer cette croix et la rendre adorable.

Sa croix est adorable, Sa Mère ne l’est pas, O grandeur ineffable Inconnue ici-bas !

En la voyant il pensa

– à l’arbre de la science du bien et du mal : cette croix nous apprendra quel est le vrai bien (l’amour de Dieu) et quel est le vrai mal (le péché).

– à l’arbre de vie qui devait empêcher Adam de connaître la mort ici bas : cette croix nous préservera de la mort du péché et nous donnera la vraie vie, la vie éternelle.

– à l’arche de Noé et à l’Arche d’alliance, toutes deux construites en bois. La croix est la nouvelle arche de Noé qui nous sauve du châtiment, la nouvelle Arche d’alliance, celle du Testament nouveau et éternel.

– au bucher d’Abraham où celui-ci devait immoler son fils unique et bien-aimé.

– à la verge de Moïse qui fit tant de miracles.

– au poteau sur lequel Moïse avait mis un serpent, symbole de nos péchés, et qui guérissait des blessures des serpents tous ceux qui le regardait avec foi.

Cette croix allait devenir l’autel très saint de son sacrifice, de l’holocauste parfait, de la seule messe sanglante. Notre-Seigneur pensa sans doute à ce psaume : Introïbo ad altare Dei, ad Deum qui laetificat juventutem meam.

Cette croix était encore son arme pour renverser Satan et ses anges, arme qu’il donnerait à ses amis :

Jésus-Christ a par elle Enchaîné les enfers, Terrassé le rebelle Et conquis l’univers ; Il la donne pour arme A ses bons serviteurs, Elle charme ou désarmeEt les mains et les cœurs.

Cette croix était encore son sceptre par lequel il gouverne les peuples et qu’il portait non pas dans sa main comme les autres rois, mais sur son épaule comme le prophète Isaïe l’avait prophétisé : « factus est principatus super humerum eius (il portera sur son épaule la marque de sa principauté) » (Is 9, 6).

– son trône pour régner – son tribunal pour juger – sa chaire pour enseigner – sa houlette pour paître les brebis

– son lit nuptial où il allait donner naissance à l’Église, sortie de son côté transpercé, comme Eve du côté d’Adam

– le candélabre où serait placée la lumière du monde

– son étendard pour guider les hommes dans la bataille

– le signe de contradiction, objet de haine pour les uns, provoquant l’amour chez les autres, signe auquel on reconnaît ses vrais amis et avec lequel Jésus reviendra dans la gloire juger les vivants et les morts :

La croix sur une nue, Pleine d’attraits brillants, Jugera par sa vue Les morts et les vivants. Elle criera vengeance Contre ses ennemis, La joie et l’indulgence A tous ses bons amis.

Notre-Seigneur voit dans cette croix toutes les croix humaines qui s’y ajoutent. Ne pouvant ni ne voulant les supprimer, il veut leur imprimer, par l’union avec celle-ci, la grâce et l’onction qui les adoucissent et les rendent fécondes.

On peut penser que Notre-Seigneur baisa cette croix avec le sentiment de saint André s’écriant en voyant sa croix : « O bonne croix, si longtemps désirée, si ardemment cherchée et trouvée à la fin pour combler mes vœux. » (Office de la fête de saint André.)

Notre-Seigneur place sa croix sur son épaule droite. Sur cette épaule, nous dit le docteur Barbet, on voit « une large zone d’excoriation de 10 x 9 cm qui se prolonge en avant et qui se superpose aux plaies de la flagellation ». Saint Bernard avait une dévotion spéciale à cette blessure de l’épaule de Notre-Seigneur.

Jésus descendit en direction du Tyropéon – lit d’un petit ruisseau à sec – puis remonta de l’autre côté jusqu’au mont Calvaire, en tout 1000 à 1200 pas. Un centurion à cheval ouvrait la marche, précédant un soldat portant le titulus indiquant la sentence de condamnation. Par ce chemin on sort de la ville. Notre-Seigneur avait annoncé trois jours plus tôt que le fils du propriétaire de la vigne serait tué hors de la vigne par les vignerons homicides. En effet il devait être une hostie nouvelle offerte pour le monde entier (saint Léon le Grand). Il lui fallait un nouvel autel et sortir de la ville de Jérusalem ville du Temple de l’ancienne Alliance conclue avec le seul peuple juif.

Ce chemin du Calvaire était vraisemblablement le même que celui suivi par Isaac portant le bois du sacrifice quelque 2000 ans plus tôt.

Notre-Seigneur portait sa croix avec peine. Certes il aurait pu la porter hautement en puisant des forces miraculeuses dans sa divinité, mais il voulut éprouver une grande faiblesse pour nous obtenir la force de porter nos croix, et pour nous aider à accepter nos faiblesses. « Nous n’avons pas un pontife incapable de compatir à nos faiblesses » nous dit saint Paul (He 4, 15).

Mais ce qui pesait surtout sur les épaules du Sauveur, c’était le poids de nos péchés dont il portait la peine. « Mes iniquités se sont multipliées plus que les cheveux de ma tête, et mon cœur a défailli [2] » dit le psaume. Notre-Seigneur sentit son cœur défaillir et il tomba.

L’Évangile ne nous parle pas de ces chutes, mais la Tradition en a gardé le souvenir de trois. Par là il veut expier nos chutes et nos rechutes ; les péchés commis contre les trois Personnes divines (faiblesse contre le Père, ignorance coupable contre le Fils, malice contre le Saint-Esprit) ; guérir nos trois concupiscences.

Notre-Seigneur portant la croix sur l’épaule droite, est tombé dans ses chutes d’abord sur le genoux droit, lequel – continue le docteur Barbet – est « plus contus avec de nombreuses excoriations à bords déchiquetés, et deux plaies arrondies de 2 cm de diamètre ».

Après s’être blessé le genou droit dans ses chutes, Notre-Seigneur, vraisemblablement attaché et ne pouvant se retenir avec les mains, est tombé de tout son long. On voit sur le linceul que son nez est brisé. On a relevé sur le nez, comme sur les genoux et sous les pieds de la poussière d’aragonite, poussière que l’on trouve à Jérusalem construite avec de la pierre de travertin.

Enfin la poutre de la croix vint tomber sur la partie gauche du dos de Notre-Seigneur, en dessous de l’omoplate : sur l’épaule gauche, en dessous de l’omoplate, nous dit encore le docteur Barbet, on voit une zone d’écorchure.

 

La rencontre avec Simon de Cyrène

Dans cette voie douloureuse, l’Évangile rapporte deux rencontres. La première est la rencontre avec Simon de Cyrène qui revenait des champs. Les soldats le contraignirent à porter la croix derrière Jésus pour ne pas laisser la victime succomber avant d’arriver au calvaire.

La croix était dégoûtante de sang, de boue et de saleté. Le rôle imposé à Simon était plutôt déshonorant. Sans doute au début ne vit-il pas l’honneur caché derrière ce semblant de honte, et la grâce que Dieu lui faisait.

Mais on peut induire de la bonté de Dieu et de la vertu de la croix que, peu à peu, la paix vint inonder son âme, la lumière éclairer son esprit, une onction pénétrer son cœur, un respect l’inonder tout entier. Il sentait qu’il faisait une chose sainte. Ses péchés lui revenaient et il en éprouvait de l’horreur, tout en sentant une grande confiance et attirance vers Dieu.

Peu à peu la terre s’évanouissait, il en oubliait presque la croix qui pesait sur ses épaules, il ne voyait plus que Jésus qui marchait devant lui.

Tout le reste de sa vie, il dut vivre de ce souvenir. Il est hors de doute qu’il est mort chrétien [3].

Simon fut le premier qui eut à porter la croix derrière Jésus et, à ce titre, il est un type, un modèle. Réfléchissons quelques instants à ce mystère de la croix qui traverse notre vie.

De même que la croix de Jésus vint d’une forêt, ainsi la croix dans notre vie a une origine naturelle. Bien sûr dans le plan originel de Dieu, l’homme devait éviter, par un privilège surnaturel, la souffrance et la mort. Si Adam n’avait pas péché, nous n’aurions pas connu la croix.

Mais c’était un privilège gratuit de l’état de justice originelle. Et le baptême, tout en effaçant le péché originel, ne nous rend pas ce privilège. On peut même dire, d’une certaine manière, que le baptême, en nous conformant à Jésus-Christ, loin d’éloigner les croix de notre vie, fait que nous en avons plus à porter. « Tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ, doivent souffriront persécution » (2 Tm 3, 12).

Ce que nous enseigne particulièrement ce mystère, c’est que la croix est un moyen, le grand moyen, que Dieu a inventé pour nous faire ressembler à Jésus. Dans les deuxième et troisième mystères douloureux, la souffrance nous est apparue comme un moyen d’expier nos péchés. Péchés commis par notre sensualité, ou péchés commis par l’esprit. Mais ici la croix apparaît plutôt comme riche d’une grâce qui élève notre esprit et lui donne la vertu (comme le dit la préface du carême).

Quand la croix traverse notre vie, instinctivement nous cherchons à l’éviter. Mais ce n’est pas toujours possible, car souvent Dieu nous l’impose, comme à Simon, par bonté, pour qu’elle soit source de grâce, ou par justice, pour réparer nos fautes.

Comme pour Simon, il y a toujours une grâce qui accompagne l’épreuve et qui est plus grande qu’elle. Elle éclaire la croix, elle en montre l’origine et la valeur. Elle donne la force pour la prendre et la porter. Elle nous fait surtout voir dans la croix une partie des accablements de Jésus, un allègement qui lui est procuré, allègement voulu par Dieu même s’il n’est pas expressément demandé par lui (ce n’est pas Jésus qui a demandé à Simon de l’aider).

Notre-Seigneur a vu en Simon tous ceux qui l’aideraient à porter sa croix et il s’en est senti soulagé. Notre croix n’est pas seulement une peine, c’est un service rendu à Jésus au plus fort de sa détresse, service dont il a voulu avoir besoin, que son amour attend, que son humilité reçoit, que sa gratitude récompense au centuple en nous faisant ressembler à lui, comme il le fit pour Simon qui devint chrétien.

Demandons donc par ce mystère de savoir recevoir les croix et les porter et ainsi ressembler à Jésus « en achevant dans notre chair ce qui manque aux souffrances du Christ pour son corps qui est l’Église » (Col 1, 24).

 

La rencontre avec les filles de Jérusalem

La seconde rencontre de Jésus dans la voie douloureuse que mentionne l’Évangile, est celle des filles de Jérusalem. Elles étaient vraisemblablement groupées autour de Marie. Elles puisaient dans leur amour le secret de leur courage.

Jésus en fut consolé, car il voyait en elles les nombreuses vierges, veuves, saintes femmes qui viendraient plus tard à sa suite.

Elles ont dû s’arranger pour se trouver à plusieurs reprises sur le parcours. La Tradition a retenu trois rencontres :

La première est celle avec Marie, si navrée et si calme, si ressemblante à Jésus. Jésus est tombé dans sa première chute. Marie s’approche, se met à genoux devant lui, leurs regards se croisent, sans un mot. La pointe du glaive commence à pénétrer le Cœur Immaculé. Chacune des peines de Jésus trouve sa compassion correspondante dans le cœur de sa mère.

Quand on pense à la ferveur des saints devant l’hostie immolée à l’autel, on a une faible idée de la communion spirituelle de ces deux âmes en ce moment. Dans cette union, elles ne font plus qu’une victime.

En échange de cette compassion, Notre-Seigneur donne à sa mère la grâce de tenir debout au pied de la croix.

Il ne faudrait pas voir dans cette communion entre Jésus et Marie sur le chemin de la croix qu’une communion dans la souffrance. Marie admirait l’âme de Jésus, et Jésus celle de Marie, tous deux communiaient aussi au sommet de leurs âmes dans la joie de la rédemption en train de s’opérer.

Après la sainte Vierge, Notre-Seigneur rencontre Véronique pour laquelle il fait un miracle pour consoler sa mère et l’Église naissante. Le voile de Véronique est encore conservé à Saint-Pierre de Rome.

Puis c’est la rencontre avec les filles de Jérusalem dont nous parle l’Évangile.

Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous et sur vos fils. Car voici venir des jours où l’on dira : Bienheureuses les stériles et les entrailles qui n’ont pas enfanté, et les mamelles qui n’ont pas allaité. Alors ils commenceront de dire aux montagnes : « Tombez sur nous, et aux collines : Dérobez-nous. » Car si l’on traite ainsi le bois vert, qu’en sera-t-il du bois sec ?

Jusqu’ici Jésus s’est tu. Maintenant il parle et tous se taisent. Il s’arrête et tous s’arrêtent. Il redevient Maître et Docteur.

Il ne se plaint pas, il s’oublie même complètement, il ne veut pas qu’on s’occupe de lui.

Notre-Seigneur a accepté la compassion de sa mère et celle de Véronique. Mais ici il doit sentir quelque chose de trop humain. « Il n’accepte pas qu’on se lamente sur lui, dit saint Léon : car le deuil ne convient pas à un triomphe, ni les lamentations dans une victoire [4]. » Notre-Seigneur semble vaincu, mais en réalité il triomphe. Cela, la sainte Vierge l’a bien vu, mais les filles de Jérusalem qui n’ont pas la même foi ne le voient pas.

Ceux qu’il faut plaindre c’est le peuple auquel elles appartiennent ; à cause de son crime, à cause de la malédiction prononcée par eux-mêmes contre eux-mêmes, il sera rudement châtié. Et tout cela ne sera que le prélude des tribulations des derniers temps et de la condamnation au feu éternel.

La forme de la grâce faite à ces femmes est austère, mais par là Jésus affermit leur foi, élève leurs sentiments à un niveau surnaturel, et les rend plus fortes.

*

Que le Cœur Immaculé de Marie nous fasse voir avec Jésus dans la croix l’instrument de notre salut.

Qu’il nous fasse voir avec Simon la grâce qui est cachée dans cette croix, grâce qui nous rend ressemblants à Jésus en nous faisant entrer dans le grand mystère de la rédemption.

Que le Cœur Immaculé de Marie nous fasse comprendre avec les filles de Jérusalem que la vraie souffrance, le vrai mal, ce n’est pas la souffrance physique ou même morale qui est passagère, mais c’est le péché qui est la vraie cause de cette souffrance, et la peine éternelle qui est la conséquence ultime de ce péché.



[1]  — Cantique de saint Louis-Marie Grignion de Montfort : « La croix est un mystère », de même pour les strophes suivantes.

[2]  — Multiplicatae sunt super capillos capitis mei, et cor meum dereliquit me. Ps 39, 14.

[3]  — L’Évangile nomme deux de ses fils, Alexandre (type des Grecs) et Rufus (type des Romains) ; saint Paul nomme Rufus (Rm 16, 3).

[4]  — Voici le langage que lui prête saint Léon : « Ne pleurez point sur celui qui meurt pour la rédemption du monde et que vous verrez un jour juger tous les hommes dans la majesté du Père […] »

Informations

L'auteur

Religieux dominicain du couvent de la Haye-aux-Bonshommes (Avrillé).

Le numéro

Le Sel de la terre n° 77

p. 118-125

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