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Le mois du saint rosaire Onze rosaires médités 

par le père Emmanuel de Mesnil-Saint-Loup

 

Nous reproduisons ici cet opuscule du père Emmanuel selon la réimpression faite à Troyes en 1904. Il pourra servir à bien méditer le rosaire pendant le mois d’octobre.

Le Sel de la terre.

 

Introduction [1]

Le mois du saint Rosaire, de par l’initiative du souverain pontife Léon XIII, est devenu une institution publique dans l’Église ; et il se célèbre partout avec un caractéristique empressement des pasteurs et des fidèles. Il répond à un besoin de prière, qui, dans les temps troublés où nous sommes, nous porte à réclamer le secours de Marie, de celle que la sainte liturgie nous représente terrible comme une armée rangée en bataille ; l’arme victorieuse qu’elle tient en ses mains virginales dans l’apparition de Lourdes, et qu’elle remet aux mains de ses enfants, c’est le chapelet. Le père Emmanuel sentait vivement ce besoin, et il appréciait la puissance de cette arme, lui qui, il y a plus de cinquante ans, faisait tenir ostensiblement un chapelet aux hommes et jeunes gens de sa paroisse, et tuait ainsi le respect humain à Mesnil-Saint-Loup. Il s’empressa donc d’instituer dans son église le mois du saint rosaire. Mais, outre les considérations générales que nous venons d’exposer, il y voyait une préparation à la fête de Notre-Dame de la Sainte Espérance qui se solennise sur la fin d’octobre, et comme un cadre au milieu duquel, harmonieusement, elle vient se placer.

Dans la pensée d’aider ses fidèles à dire intelligemment et pieusement leur chapelet, il composa le mois du saint rosaire que nous offrons aux âmes pieuses. Nous nous reprocherions de le laisser inédit. Il a puissamment édifié pendant bien des années la paroisse du Mesnil : pourquoi ne servirait-il pas à l’édification d’autres paroisses, ou bien, en particulier, de nombreux fidèles ?

On sait que notre Saint-Père le pape Léon XIII, en instituant officiellement le mois du saint rosaire, par l’adjonction du jour de la Toussaint et du lendemain, s’est proposé qu’on put y faire entrer onze rosaires entiers, ou trente-trois chapelets : trente-trois, n’est-ce pas le nombre bénit des années de la vie terrestre de Notre-Seigneur ! Quelle offrande plus agréable que trente-trois couronnes d’Ave au cœur de Marie, sa virginale Mère !

Le Père Emmanuel a pris ces onze rosaires, et à chacun d’eux il a attaché une série de petites méditations, dont la variété jointe à une piété forte et tendre fait le charme.

Il ne s’est pas astreint à une arche méthodique, comme l’a fait le Père Monsabré dans ses beaux opuscules sur le rosaire. Il y est allé plus librement, et comme au gré de l’inspiration, sans plan préconçu ; il écrivait chaque jour le chapelet du soir ; et, tout en le récitant, les pensées lui venaient pour le chapelet du lendemain. Le Père Emmanuel, par tempérament, était plutôt primesautier que didactique. Lisez d’ailleurs les répons des offices les plus antiques ; sans s’écarter du sujet de la fête, ils sont loin de suivre un ordre rigoureux, ils gardent une grande liberté d’allure, et parfois ils n’en sont que plus impressionnants ; rien ne grave mieux une idée que lorsqu’elle revient d’une manière imprévue, alors qu’elle semblait s’être effacée.

Néanmoins, dans la succession de ces rosaires tous imprégnés d’onction, on peut démêler une suite ; et chacun a son caractère. Il est sensible que les grandes vues d’ensemble se déroulent dans les premiers rosaires, et que les derniers sont plus particularisés, d’une manière d’ailleurs fort originale.

A plusieurs, le Père Emmanuel a assigné un titre. Nous avons cru devoir mettre des titres partout, pour l’uniformité. Nous indiquerons ceux qui sont de la main du Père Emmanuel. – Voici tous ces titres ; ils font venir l’eau à la bouche, si l’on nous permet cette locution vulgaire, mais expressive.

Premier rosaire : Jésus dans les mystères.

Deuxième rosaire : Marie dans les mystères.

Troisième rosaire : Les enseignements des mystères.

Quatrième rosaire : La foi nourrie par les mystères.

Cinquième rosaire : Le fruit pratique des mystères.

Sixième rosaire : L’amour de Dieu pour nous (P. Emmanuel).

Septième rosaire : La Sainte Espérance (P. Emmanuel).

Huitième rosaire : Pour les âmes du Purgatoire (P. Emmanuel).

Neuvième rosaire : Le Saint-Sacrement (P. Emmanuel).

Dixième rosaire : L’action de grâces.

Onzième rosaire : La prière pour tous.

 

En quelques rares endroits, dans les septième, huitième et dixième rosaires, à côté du texte qui a été écrit pour la seule paroisse du Mesnil, nous proposerons de notre main un texte légèrement différent qui pourra servir pour toutes les paroisses. On comprendra, aux passages visés, que cela soit nécessaire, pour que ce mois du saint rosaire puisse être adopté, ce qui est notre vœu le plus vif, en beaucoup de paroisses. Ce qui est relatif au Mesnil sera mis entre guillemets.

Daigne la très sainte Vierge, Notre-Dame de la Sainte Espérance, reine du saint rosaire, bénir le travail de son pieux serviteur, et lui faire porter dans les âmes les fruits les plus abondants !

Jésus Maria.

 

Premier rosaire : Jésus dans les mystères

Premier chapelet : Mystères joyeux

1. Une bonne nouvelle est chose agréable à tous ; la plus heureuse de toutes les nouvelles fut la mission de l’ange à la sainte Vierge ; car alors le Fils de Dieu s’est fait homme pour le salut de tous. Réjouissons-nous d’avoir un Sauveur, une Vierge Mère du Sauveur, et disons-lui avec l’ange : Je vous salue, Marie. – 1er mystère : l’Annonciation de la sainte Vierge.

2. Une heureuse visite, une visite qui apporte la grâce, le salut, la vie éternelle, quel bonheur n’est-ce pas ? Dieu veut que ce bonheur soit le nôtre. Supplions donc Marie de nous visiter, de nous apporter Jésus. – 2e mystère : la Visitation de la sainte Vierge.

3. Un Sauveur nous est né ! Ainsi disaient les anges en la nuit de Noël. Le Sauveur est né pour nous. Adorons le petit enfant ; demandons-lui des grâces, comme celles qu’il fit aux pasteurs et aux mages. – 3e mystère : la naissance de Notre-Seigneur.

4. La très sainte Vierge porta l’Enfant Jésus au temple, le donna à Dieu son Père en offrande pour notre salut, le donna à saint Siméon qui en fut merveilleusement réjoui. Prions Marie de nous donner Jésus, de nous le faire connaître, de nous le faire aimer. – 4e mystère : la Purification de la sainte Vierge.

5. Marie avait perdu Jésus ; ou mieux, elle avait perdu la présence sensible de Jésus. Elle le chercha et le retrouva. Ne l’aurions-nous pas perdu, nous aussi ? Cherchons-le donc, et que Marie nous enseigne à le retrouver. – 5e mystère : le recouvrement de l’Enfant Jésus.

 

Deuxième chapelet : Mystères douloureux

1. Le Fils de Dieu, venant en ce monde, y trouve le péché : lui, la sainteté-même. Il voulut souffrir et mourir pour les pécheurs ; il prit sur lui les péchés de tous, et il en conçut cette douleur divine qu’on appelle son agonie. – 1er mystère : l’Agonie de Notre-Seigneur.

2. L’agonie avait été un mystère de douleur intérieure et secrète ; il fallait à Jésus une douleur qui montrât mieux qu’il était victime pour les pécheurs. Alors des hommes armés de fouets vinrent le battre en notre nom et lui faire sentir le poids de nos péchés. – 2e mystère : la Flagellation de Notre-Seigneur.

3. Jésus avait déjà porté bien de la douleur, mais il y manquait quelque chose. Il lui fallait subir encore la moquerie, mais une moquerie accompagnée de cruauté sanglante. Il fut couronné d’épines, et les hommes lui apprirent ce que lui valait son titre de roi. – 3e mystère : le Couronnement d’épines.

4. Jésus, après tant de souffrances, fut condamné à mort, et il dut porter l’instrument de son supplice, la croix. Cette croix était de bois, et ce bois était d’autant plus lourd qu’il était pour ainsi dire fait de nos péchés. Et Jésus le porta parce qu’il nous aima. – 4e mystère : le Portement de croix.

5. Le péché nous avait mérité la mort, et la mort éternelle. Victime pour nous, Jésus mourut pour nous, et par sa mort nous rendit la vie. Adorons-le cloué à la croix : ses clous de fer sont l’œuvre et l’image de nos péchés. – 5e mystère : le Crucifiement de Notre-Seigneur.

 

Troisième chapelet : Mystères glorieux

1. Dieu étant Dieu, le péché ne peut avoir le dernier mot. Aussi Notre-Seigneur ne voulut-il mourir pour expier le péché, que parce qu’il pouvait vaincre la mort. Il la vainquit, et, au grand jour de Pâques, il sortit vivant du tombeau, vivant pour ne plus mourir, vivant pour nous donner la vie éternelle. – 1er mystère : la Résurrection de Notre-Seigneur.

2. Vainqueur de la mort, Jésus ne pouvait demeurer longtemps en cette terre des mourants. Le ciel lui était dû, son Père l’appelait à sa droite. Il y est monté, et il y demeure, vivant à jamais, dit saint Paul, afin d’intercéder pour nous. – 2e mystère : l’Ascension de Notre-Seigneur.

3. Notre-Seigneur avait laissé sur la terre son Église, ses chers fidèles, et il leur avait promis de ne pas les laisser orphelins. Il leur envoya le Saint-Esprit ; alors ils furent consolés, éclairés, embrasés de charité. Dieu nous fasse une pareille grâce ! – 3e mystère : la Descente du Saint-Esprit.

4. La très sainte Vierge, qui avait reçu le Saint-Esprit avec l’Église au jour de la Pentecôte, demeura vingt ans encore auprès des premiers fidèles comme une mère aimante auprès d’un berceau aimé. Mais elle soupirait vers Jésus, et Jésus soupirait vers sa Mère. Il l’appela donc à lui dans sa triomphante assomption. – 4e mystère : l’Assomption de la sainte Vierge.

5. La Vierge du ciel ! Quelle grande merveille ! Les anges et les saints en furent dans l’admiration, et cette admiration dure encore et durera l’éternité. Dieu la couronna d’une gloire unique et incomparable, d’une couronne qui la fait reine des anges et des hommes. – 5e mystère : le Couronnement de la sainte Vierge.

 

Deuxième rosaire : Marie dans les mystères

Quatrième chapelet : Mystères joyeux

1. Considérons la très sainte Vierge, cette belle créature de Dieu si pure et si sainte que sa pureté efface la pureté des anges. Dieu la destine à être la Mère du Sauveur : Dieu le sait, la Vierge ne le sait pas, et pour le lui apprendre il lui envoie son ange. – 1er mystère : l’Annonciation de la sainte Vierge.

2. Jésus présent en Marie commence l’œuvre du salut des hommes : il veut sanctifier Jean-Baptiste, réjouir sainte Élisabeth et saint Zacharie. Que le bon Dieu est bon, et qu’il le montre bien, venant en nous si souvent et avec un si grand amour ! – 2e mystère : la Visitation de la sainte Vierge.

3. Jésus étant né à Bethléem eut pour première adoratrice la sainte Vierge : considérons cette incomparable mère adorant cet incomparable Fils. Qu’elle est grande et qu’elle est belle, Marie adorant Jésus ! – 3e mystère : la Naissance de Notre-Seigneur.

4. A son quarantième jour, Jésus fut porté au temple, et porté par les bras de Marie. Quel trésor dans les bras de Marie ! Comme elle se sentait riche et heureuse en portant Jésus ! La sainte communion ne nous donne-t-elle pas tout ce que portait Marie ? Sommes-nous Marie pour porter Jésus ? – 4e mystère : la Purification de la sainte Vierge.

5. Jésus s’était donné à Marie, puis, à un certain moment, il se cache. Elle ne le voit plus, elle ne l’a plus : pourtant il n’est pas perdu. Quand on le cherche, on le trouve ; et, quand même il se cacherait, on le retrouve. Admirons la joie de Marie en revoyant Jésus. – 5e mystère : le Recouvrement de l’Enfant Jésus.



Cinquième chapelet : Mystères douloureux

1. Adam, dans le jardin du paradis terrestre, avait goûté le fruit défendu : le plaisir fut sa perdition et la nôtre. Voici Jésus, au Jardin des Oliviers : prosterné le front contre terre, il répare la chute d’Adam, et nous sauve par la douleur. – 1er mystère : l’Agonie de Notre-Seigneur.

2. Dans sa flagellation Jésus continue la grande expiation. Tout, dans les hommes, corps et âme, sens et esprit, tout avait cherché le plaisir. Et voici que la douleur vient saisir Jésus sous toutes les formes, s’adressant à son cœur, à son âme, à tous ses sens. – 2e mystère : la Flagellation de Notre-Seigneur.

3. Où était la très sainte Vierge, pendant l’agonie, pendant la flagellation ? Savait-elle ce qui se passait ? Si elle le savait, quelle douleur ! Et si elle ne le savait pas, quelle douleur encore ! Toutefois, elle sut que Jésus fut couronné d’épines ; elle le vit, quand Pilate le montra au peuple en disant : voici votre roi ! Compatissons à Jésus et à Marie. – 3e mystère : le Couronnement d’épines.

4. Jésus faisant le premier chemin de croix, Marie le suivait. Adam avait suivi Ève allant à l’arbre défendu. Ici, c’est Jésus qui porte l’arbre du salut, et Marie vient après lui : obéissante et aimante, elle nous apprend à obéir et à aimer. – 4e mystère : le Portement de croix.

5. Ève avait montré à Adam l’arbre et le fruit défendus : Marie, au pied de la croix, nous montre l’arbre qui donne la vie ; et Jésus y est cloué, souffrant et mourant pour nous donner la vie éternelle. C’est ainsi que tout est heureusement réparé. – 5e mystère : le Crucifiement de Notre-Seigneur.

 

Sixième chapelet : Mystères glorieux

1. La veille de sa passion et de sa mort, Notre-Seigneur avait dit : ayez confiance, j’ai vaincu le monde. La bataille n’était pas encore engagée, et la victoire était gagnée. Une pareille assurance est une assurance toute divine : Notre-Seigneur l’a pleinement justifiée par sa résurrection. Adorons-le, victorieux du monde et de l’enfer, de la mort et du péché. – 1er mystère : la Résurrection de Notre-Seigneur.

2. Après la victoire, un vainqueur est couronné, il reçoit l’honneur du triomphe : Jésus vainqueur triompha dans son ascension. Adorons-le à la droite de son Père, régnant à jamais dans les cieux, régnant à jamais sur nos cœurs. – 2e mystère : l’Ascension de Notre-Seigneur.

3. Un roi vainqueur distribue des faveurs à son peuple, surtout à ses soldats : Jésus, régnant dans les cieux, donne à son Église et ne cesse de lui donner le Saint-Esprit. Don royal et divin de Jésus qui est Dieu et roi – 3e mystère : la Descente du Saint-Esprit.

4. Là où le roi est glorifié, la reine est glorifiée avec lui. C’est pourquoi un des fruits de l’ascension de Jésus, ce fut l’assomption de Marie. Vive le roi Jésus et la reine Marie ! – 4e mystère : l’Assomption de la sainte Vierge.

5. Le roi est couronné, la reine est couronnée. La gloire du Fils rejaillit sur la Mère. Oh ! qu’elle est grande et qu’elle est belle, couronnée dans les cieux de la main de Dieu ! – 5e mystère : le Couronnement de la sainte Vierge.

 

 

Troisième rosaire : Les grands enseignements des mystères

Septième chapelet : Mystères joyeux

1. L’ange dit à Marie : je vous salue, ô pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. L’ange parle à Marie avec un profond respect, Marie reçoit la parole de Dieu avec un respect plus profond encore, mais qui pourra dire avec quel respect divin le Fils de Dieu fait homme adora son Père ? Demandons à Dieu la grâce du respect de Dieu. – 1er mystère : l’Annonciation de la sainte Vierge.

2. Le mystère de l’incarnation de Notre-Seigneur devait être pour nous et pour tous une source inépuisable de grâces et de bénédictions célestes. La sainte Vierge, en portant Jésus dans la maison de Zacharie, y porta la grâce la plus abondante pour saint Jean qui fut sanctifié dans le sein de sa mère, pour sainte Élisabeth et saint Zacharie qui parlèrent comme des prophètes et devinrent des saints. Ô très sainte Mère de Dieu, daignez aussi nous visiter ! – 2e mystère : la Visitation de la sainte Vierge.

3. La vie de Notre-Seigneur en l’étable de Bethléem est un mystère d’anéantissement divin, de pauvreté sublime, d’incomparable humilité. Si les chrétiens regardaient cela, comme ils aimeraient les pauvres, les humbles, les enfants ; comme les familles deviendraient meilleures ; que tous ces biens sont souhaitables ! – 3e mystère : la Naissance de Notre-Seigneur.

4. La sainte Vierge offre Jésus au temple ; elle rend à Dieu ce que Dieu lui a donné, c’est justice. Quel modèle pour les pères et mères, qui tous seraient plus heureux s’ils avaient le soin qu’ils doivent avoir de conduire à Dieu les enfants qu’ils ont reçus de Dieu ! – 4e mystère : la Purification de la sainte Vierge.

5. L’Enfant Jésus quitte sa sainte Mère pour être tout entier à son Père. Ceci est une grande leçon pour la vocation des enfants ; les enfants sont à Dieu plus qu’à leurs parents ; et les parents qui donnent à Dieu leurs enfants sont loin de les perdre, Dieu les leur garde. – 5e mystère : le Recouvrement de l’Enfant Jésus.

 

Huitième chapelet : Mystères douloureux

1. Dans son agonie, Notre-Seigneur prit sur lui les péchés de tous les hommes ; il en porta la honte et la douleur ; il devint par là le pénitent universel, et nous mérita à tous les grâces de la pénitence, de la contrition et de la réconciliation avec Dieu. Heureux ceux qui profiteront d’un pareil trésor ! – 1er mystère : l’Agonie de Notre-Seigneur.

2. Notre-Seigneur ne s’est pas contenté de porter la douleur intérieure de nos péchés, il en fit une satisfaction extérieure, sensible et cruelle dans sa flagellation. Qui de nous pourrait dire qu’il n’a pas frappé cette innocente victime ? Seigneur Jésus, en retour des coups dont nous vous avons frappé, accordez-nous le pardon. – 2e mystère : la Flagellation de Notre-Seigneur.

3. L’orgueil est le premier des péchés, le vice capital parmi les péchés capitaux. C’est lui qui a blessé Notre-Seigneur à la tête. La couronne d’épines est l’œuvre de notre orgueil. Adorons Jésus, victime pour notre orgueil. – 3e mystère : le Couronnement d’épines.

4. Jésus fut condamné à mort, condamné à mourir par le supplice de la croix : c’était le plus infâme et en même temps le plus cruel des supplices. On le choisit pour Jésus, parce qu’on ne connaissait rien de plus cruel. Nous l’avions bien mérité, Seigneur ; et c’est vous qui le subissez. – 4e mystère : le Portement de croix.

5. Nos pieds, nos mains sont les principaux instruments du péché. C’est pour cela que Jésus étant notre victime à tous, ses pieds et ses mains ont été cloués à la croix. Qu’avons-nous fait des pieds et des mains que Dieu nous a donnés ? – 5e mystère : le Crucifiement de Notre-Seigneur.

 

Neuvième chapelet : Mystères glorieux

1. La résurrection des morts est un des points fondamentaux de la foi chrétienne. Il y a des hommes qui ont peine à croire à la résurrection. Pour nous faciliter la foi en cette grande vérité, Notre-Seigneur nous en a montré le commencement en sa personne. La résurrection est ainsi commencée ; elle se continuera. – 1er mystère : la Résurrection de Notre-Seigneur.

2. Qui s’abaisse sera élevé, dit Notre-Seigneur : et, comme il avait été abaissé au point d’être appelé par Isaïe le dernier des hommes, et par David un ver de terre et non un homme, pour prix de ces abaissements, il est exalté à la droite du Père, au plus haut des cieux. – 2e mystère : l’Ascension de Notre-Seigneur.

3. Ces grands mystères d’humiliation, de résurrection et de glorification devant se continuer en nous à la ressemblance de Notre-Seigneur, comment entrerons-nous en ces divines ressemblances ? Par la grâce et par le Saint-Esprit. Désirons donc la grâce et demandons-la au Saint-Esprit.– 3e mystère : la Descente du Saint-Esprit.

4. Commencés en Notre-Seigneur, les grands mystères se sont accomplis en la sainte Vierge ; elle est morte, elle est ressuscitée, elle est montée au ciel. Tout cela est une confirmation puissante de notre foi en la résurrection. – 4e mystère : l’Assomption de la sainte Vierge.

5. Que les promesses de Dieu sont magnifiques ! Dieu nous promet la résurrection bienheureuse, et la vie éternelle, et une couronne de gloire et d’immortalité dans les cieux. Qu’il fait bon espérer en Dieu ! – 5e mystère : le Couronnement de la sainte Vierge.

 

 

Quatrième rosaire : La foi nourrie par les mystères

Dixième chapelet : Mystères joyeux

1. Dans le mystère de l’annonciation, l’ange parle du Seigneur qui est avec Marie, du Fils du Très-Haut dont elle sera la mère, et du Saint-Esprit qui opérera ce grand mystère. N’est-ce point là toute une révélation de la sainte Trinité ? Prions Dieu de nous affermir en la foi en la sainte Trinité. – 1er mystère : l’Annonciation de la sainte Vierge.

2. Dans la Visitation, nous voyons qu’à la voix de la sainte Vierge, Jean-Baptiste est rempli du Saint-Esprit, sanctifié au sein de sa mère et purifié du péché originel. Il y a un péché originel, ne l’oublions pas. Demandons à Dieu qu’il nous donne de croire à l’existence du péché originel. – 2mystère : la Visitation de la sainte Vierge.

3. La naissance de Notre-Seigneur est la manifestation du mystère de la divine incarnation. C’est alors que l’on peut dire : le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. Prions Dieu de nous affermir en la foi de l’incarnation de Notre-Seigneur. – 3e mystère : la Naissance de Notre-Seigneur.

4. Jésus, présenté au temple par la sainte Vierge, venait pour ainsi dire annoncer que les sacrifices d’animaux allaient cesser bientôt, qu’une victime nouvelle toute sainte et toute pure allait les remplacer. Prions Dieu de nous affermir en la foi au mystère de la rédemption contenu dans le saint sacrifice de la messe. – 4e mystère : la Purification de la sainte Vierge.

5. Jésus, au milieu des docteurs, les écoute, les interroge, répond à leurs questions et les étonne par sa doctrine et sa sagesse. Cela nous apprend à écouter, à goûter la parole de Dieu. Prions Dieu de nous faire aimer sa sainte parole. – 5e mystère : le Recouvrement de l’Enfant Jésus.

 

Onzième chapelet : Mystères douloureux

1. L’agonie de Notre-Seigneur est la source des grâces du sacrement de pénitence. Par ses douleurs, il nous a mérité le pardon, il a créé les grâces de la contrition, il nous a réconciliés avec Dieu. Prions Dieu de nous affermir en la foi au sacrement de pénitence. – 1er mystère : l’Agonie de Notre-Seigneur.

2. Dans sa flagellation, Notre-Seigneur a réparé tous les plaisirs criminels, toutes les vaines satisfactions de la chair, et nous a enseigné à satisfaire à Dieu par les œuvres de pénitence. Avons-nous réparé nos fautes, satisfait à Dieu pour nos péchés ? Prions Dieu qu’il nous fasse la grâce de lui satisfaire ici-bas, et de ne pas remettre nos satisfactions au purgatoire. – 2e mystère : la Flagellation de Notre-Seigneur.

3. Notre-Seigneur a été couronné d’épines. Il a été couronné parce qu’il est roi, et couronné d’épines parce que nous sommes pécheurs. Il faut croire à nos péchés, ce qui n’est pas si commun, et croire à sa royauté, ce qui est très salutaire. Prions Dieu de faire régner Jésus dans nos âmes et sur toutes les âmes. – 3e mystère : le Couronnement d’épines.

4. Jésus porta sa croix, et après cela la croix le porta. Nul ne peut être disciple de Notre-Seigneur s’il ne porte sa croix ; c’est lui qui l’a dit : le croyons-nous ? Alors, où est notre croix et comment la portons-nous ? Sommes-nous doux et humbles, silencieux et patients comme Jésus ? Prions Dieu qu’il nous apprenne à porter la croix. – 4e mystère : le Portement de croix.

5. Notre-Seigneur fut cloué à la croix, et saint Paul nous dit que ceux qui sont à Jésus-Christ ont, de même que lui, crucifié leur chair avec ses convoitises. Sommes-nous des hommes mortifiés ? Sommes-nous des hommes crucifiés ? Sans cela, nous dit saint Paul, nous ne serons pas à Notre-Seigneur. Prions Dieu de nous faire connaître, aimer et imiter Jésus crucifié. – 5e mystère : le Crucifiement de Notre-Seigneur.

 

Douzième chapelet : Mystères glorieux

1. La résurrection de Notre-Seigneur est la preuve la plus puissante de la divinité de la religion. Longtemps à l’avance, il avait donné aux juifs l’assurance de sa résurrection, afin de leur prouver la vérité de sa prédication. Il est mort, il est ressuscité. Ceux qui l’ont vu mort l’ont vu ressuscité : comment ne pas croire à leur témoignage ? Prions Dieu de nous affermir en la foi à la résurrection. – 1er mystère : la Résurrection de Notre-Seigneur.

2. Notre-Seigneur, avant de monter au ciel, dit à ses apôtres : je vais vous préparer une place ; cette parole était dite pour eux et pour nous. Nous avons donc une place à nous, réservée dans le ciel. Croyons-y, ayons confiance en Jésus qui nous l’a préparée, prions-le de nous y conduire. – 2e mystère : l’Ascension de Notre-Seigneur.

3. Est-ce que jamais, de nous-mêmes, nous pourrions nous élever jusqu’au ciel ? Jamais homme n’a pu s’élever plus haut que sa tête. Pour aller jusqu’au ciel, il nous faut lumière et force. C’est le Saint-Esprit qui donne aux âmes la lumière et la force. Prions-le de nous faire cette grâce. –3e mystère : la Descente du Saint-Esprit.

4. La très sainte Vierge n’a pu s’élever jusqu’au ciel que par la grâce de Dieu, la lumière et la force du Saint-Esprit : prions-le de nous tendre la main, et de nous aider à parvenir là où elle est arrivée. – 4e mystère : l’Assomption de la sainte Vierge.

5. Dieu qui a couronné dans les cieux et son divin Fils Notre-Seigneur et la sainte Vierge, et ses anges et ses saints, Dieu nous promet à nous aussi une couronne dans l’éternité. Travaillons à la mériter et prions Dieu de nous la donner. – 5e mystère : le Couronnement de la sainte Vierge.

 

Cinquième rosaire : Le fruit pratique des mystères

Treizième chapelet : Mystères joyeux

1. Dans le mystère de l’annonciation, nous voyons, ou plutôt nous entendons, la conversation de l’ange et de la sainte Vierge. On y parle de Dieu et de sa volonté, de Notre-Seigneur et de son incarnation, du Saint-Esprit et de ses opérations. Que tout cela est beau, et aussi quel modèle de conversation ! Prions Dieu de sanctifier nos conversations. – 1er mystère : l’Annonciation de la sainte Vierge.

2. La sainte Vierge visite sainte Élisabeth. Elle porte Notre-Seigneur dans la maison de sa cousine ; elle y porte la grâce, la paix, la joie ; elle y porte le Magnificat et y fait chanter le Benedictus. Quel beau modèle pour les visites. Prions Dieu de sanctifier nos visites. – 2e mystère : la Visitation de la sainte Vierge.

3. A Noël, apparaît l’Enfant Jésus. Près de son berceau veille une mère qui est la sainte Vierge, et un saint Joseph qui est appelé père. Quelle famille admirable ! C’est la plus belle, la plus grande, la plus sainte des familles. Tout y est aimant, parce que tout y est pur. Prions pour les familles. – 3e mystère : la Naissance de Notre-Seigneur.

4. La très sainte Vierge, obéissante à la loi, porte Jésus au temple, et ne le quitte que pour le donner à saint Joseph et à saint Siméon. La raison, c’est que Jésus était aimé, aimé d’elle, aimé de l’un et de l’autre. Demandons à Dieu que les parents sachent aimer leurs enfants, car alors infailliblement ils sauront les garder, et ne les confieront qu’à des mains sûres. – 4e mystère : la Purification de la sainte Vierge.

5. L’Enfant Jésus, à l’âge de douze ans, se sépare pour un temps de sa sainte mère, et demeure au temple au milieu des docteurs. Il semblait, lui, le maître en toutes choses, il semblait être à l’école. Prions Dieu pour les enfants qui vont aux écoles, afin qu’ils y trouvent ce que réclame leur âme baptisée. – 5e mystère : le Recouvrement de l’Enfant Jésus.

 

Quatorzième chapelet : Mystères douloureux

1. L’agonie de Notre-Seigneur est le mystère de ses souffrances les plus intérieures. Il porte dans son âme une douleur profonde, sublime, une douleur qui à elle seule suffisait pour le faire mourir, s’il n’avait voulu vivre pour souffrir davantage. Il y a des âmes qui portent aussi des douleurs intérieures, bien inconnues, que rien ne console et que nul ne soulage [2]. Prions pour les âmes qui portent ces douleurs intérieures. – 1er mystère : l’Agonie de Notre-Seigneur.

2. La flagellation de Notre-Seigneur s’adressait plus à son corps qu’à son âme ; c’est le commencement de ses douleurs extérieures. Hélas ! Notre pauvre humanité est bien flagellée par les maladies : prions Dieu pour les malades : que la maladie leur profite ! – 2e mystère : la Flagellation de Notre-Seigneur.

3. Jésus fut couronné d’épines, et cela parce qu’il était roi. Si nous priions pour les rois ! Saint Paul enseigne que c’est un devoir pour les chrétiens. Demandons à Dieu qu’ils n’usent de leur pouvoir que pour le bien des peuples, et selon sa volonté. – 3e mystère : le Couronnement d’épines.

4. Jésus portant sa croix nous enseigne à porter notre croix. Chacun a la sienne, plus ou moins grande, plus ou moins lourde. Il n’est personne de nous qui n’ait à souffrir de quelque chose. Demandons à Dieu qu’il nous apprenne à souffrir : c’est une science si nécessaire ! – 4e mystère : le Portement de croix.

5. Le crucifiement de Notre-Seigneur nous apprend à préparer l’heure de notre mort. Il faut y travailler, afin que nous mourions cloués à la croix de Jésus, remettant notre âme entre les mains de Dieu. Prions donc pour demander à Dieu de sanctifier le moment de notre mort. – 5e mystère : le Crucifiement de Notre-Seigneur.

 

Quinzième chapelet : Mystères glorieux

1. La résurrection de Notre-Seigneur est un mystère de séparation : séparation d’avec la mort, d’avec le tombeau, d’avec les hommes mortels et mourants. Notre-Seigneur est ressuscité pour ne plus mourir. Demandons à Dieu de nous séparer du péché, et de nous en séparer de manière à ce que nous ne tombions jamais plus dans un seul péché mortel. – 1er mystère : la Résurrection de Notre-Seigneur.

2. L’ascension continue le mystère de la résurrection, et la séparation est plus prononcée : Notre-Seigneur s’en va, et s’en va à son Père. Prions Dieu de nous séparer à tout jamais de la compagnie des malheureux damnés. Prenez-nous avec vous Seigneur, et gardez-nous pour l’éternité. – 2e mystère : l’Ascension de Notre-Seigneur.

3. Qui opérera en nous ces grands mystères de séparation ? Séparation d’avec les péchés, séparation d’avec les damnés. Ce sera l’ouvrage du Saint-Esprit. Supplions-le de renouveler en nous les grâces du baptême et de la confirmation. – 3e mystère : la Descente du Saint-Esprit.

4. Que ces grands mystères de séparation sont admirables en la sainte Vierge ! Elle a été séparée des autres hommes dès son immaculée conception ; elle en a été séparée dans sa triomphante assomption. Tendez-nous la main, Vierge sainte et immaculée, aidez-nous à nous séparer du mal. – 4e mystère : l’Assomption de la sainte Vierge.

5. Qu’elle est heureuse et qu’elle est belle, Marie couronnée dans les cieux ! Elle nous aime : Dieu le lui commande. L’aimons-nous ? Dieu nous le commande. Voulons-nous aller la voir au ciel ? Prions Dieu de mettre en notre âme un grand désir de la voir. – 5e mystère : le Couronnement de la sainte Vierge.

 

Sixième Rosaire : L’amour de Dieu pour nous

Seizième chapelet : Mystères joyeux

1. Amour aimant [3].

1. Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique. Nous allons consacrer ce sixième rosaire à reconnaître, à adorer et à remercier Dieu de ce grand amour dont il nous a aimés. Le plus grand acte d’amour qu’il ait fait pour nous a été de nous donner le Sauveur. La bonne nouvelle en fut apportée à la très sainte Vierge par l’ange qui lui dit : Ave Maria. – 1er mystère : l’Annonciation de la sainte Vierge.

2. L’amour de Dieu pour nous est un amour prévenant. Il vient au-devant de nous, il fait le premier pas. Nous en avons la preuve dans la Visitation de la sainte Vierge. Saint Jean ne pouvait aller à Notre-Seigneur : c’est Notre-Seigneur qui vient à lui, mais par Marie. – 2e mystère : la Visitation de la sainte Vierge.

3. L’amour de Dieu pour nous est un amour infiniment doux. Le voilà qui se révèle sous les traits de l’Enfant Jésus, de l’Enfant Jésus couché dans la crèche. Oh ! Combien est grande envers nous la douceur de Dieu ! – 3e mystère : la Naissance de Notre-Seigneur.

4. L’amour de Dieu pour nous est un amour plein d’une familiarité incompréhensible. Dieu traite avec nous comme l’ami le plus tendre : il ne se contente pas de se faire petit enfant, il se donne à nous pour que nous le portions. Voyez saint Siméon, voyez le chrétien revenant de la communion. – 4e mystère : la Purification de la sainte Vierge.

5. L’amour de Dieu pour nous est un amour qui a ses mystères. A certains moments, il semble se cacher ; il sait pourquoi, nous ne le savons pas toujours. Mais alors même qu’il se cache, il ne se retire pas, parce qu’il ne cesse pas d’aimer. – 5e mystère : le Recouvrement de l’Enfant Jésus.

 

Dix-septième chapelet : Mystères douloureux

2. Amour souffrant

1. L’amour éternel qui est Dieu s’est fait homme afin de se faire victime pour les hommes. La victime a connu la douleur, et par ses douleurs a opéré notre salut. Qui n’adorerait, qui n’aimerait l’amour victime, victime pour nous ? Adorons-le et aimons-le dans le 1er mystère : l’Agonie de Notre-Seigneur.

2. La victime avait été frappée à l’intérieur, il lui fallait souffrir aussi même des coups sensibles ; sans cela, elle n’eût pas été victime achevée, complète ; la flagellation est donc venue compléter l’œuvre de l’agonie. Adorons l’amour-Dieu victime pour nous dans le 2e mystère : la Flagellation de Notre-Seigneur

3. La victime n’était pas au bout de ses peines. Il était possible de réunir en un même supplice la cruauté et la moquerie, la brutalité et la dérision. C’est là ce que nos péchés ont trouvé moyen de faire endurer à l’amour victime, dans le 3e mystère : le Couronnement d’épines.

4. La victime vivait encore : il avait été dit qu’elle mourrait, mais de la mort la plus cruelle et la plus honteuse. L’amour victime ne refusa point de mourir, ne refusa point même de porter l’instrument de son supplice, ou mieux, l’autel de son sacrifice. – 4e mystère : le Portement de croix.

5. Enfin la victime était arrivée au terme de son sacrifice : élevée entre le ciel et la terre, frappée en même temps de la main de Dieu et de la main des hommes, elle se consuma d’amour sur la croix du Calvaire, et, en mourant, nous redonna la vie.– 5e mystère : le Crucifiement de Notre-Seigneur.

 

Dix-huitième chapelet : Mystères glorieux

3. Amour triomphant

1. L’homme sera-t-il jamais plus fort que Dieu ? Le mal sera-t-il plus puissant que le bien ? Le péché sera-t-il vainqueur de Jésus ? Non, jamais, Dieu ne peut se renoncer lui-même. Dieu sera le plus fort, le mal aura le dessous, le péché sera vaincu, et l’amour victime triomphera dans la résurrection, vivant pour ne plus mourir, heureux pour ne plus souffrir. – 1er mystère : la Résurrection de Notre-Seigneur.

2. L’amour victime avait été humilié jusqu’à la croix, jusqu’au tombeau, jusqu’aux enfers. Il vaincra l’enfer, il sortira du tombeau, et, remontant au ciel, il ira jusqu’à la droite du Père, toujours vivant afin d’interpeller pour nous, afin de nous aimer toujours. – 2e mystère : l’Ascension de Notre-Seigneur.

3. L’amour triomphant ne se contentera pas du bonheur de son humanité, il voudra et il opérera le bonheur de la nôtre. Il enverra son Esprit tout-puissant qui convertira les cœurs, enseignera aux âmes la science d’aimer et les conduira au bonheur éternel. – 3e mystère : la Descente du Saint-Esprit.

4. L’amour aimant avait été porté dans les bras de Marie, sa mère ; l’amour souffrant avait été cloué à la croix, et était mort sous les yeux de cette même mère tout endolorie ; l’amour triomphant veut avoir avec lui sa sainte mère dans les joies du triomphe, et Marie s’envole vers le ciel. – 4e mystère : l’Assomption de la sainte Vierge.

5. L’amour aimant avait reçu de Marie une couronne, en recevant notre nature ; l’amour souffrant avait sous les yeux de Marie, porté la couronne d’épines : l’amour triomphant voulut couronner Marie de la couronne de gloire. Oh ! gloire à l’amour triomphant, et gloire à Marie couronnée dans les cieux ! – 5e mystère : le Couronnement de la sainte Vierge.

 

Septième rosaire : Le rosaire de la Sainte Espérance

Dix-neuvième chapelet : Mystères joyeux

1. Dieu envoya son ange à la très sainte Vierge, il lui donna Notre-Seigneur ; et la Vierge, devenue mère de Dieu, devint du même coup mère de la divine grâce, et mère de la Sainte Espérance. Saluons-la, comme Notre-Dame de la Sainte Espérance, et avec elle espérons. – 1er mystère : l’Annonciation de la sainte Vierge.

2. Notre-Dame de la Sainte Espérance veut notre salut. Jadis elle porta Jésus à saint Jean, et par le fait lui apporta le salut. Oh ! Prions-la de nous apporter Jésus, et par lui le salut de nos âmes. – 2e mystère : la Visitation de la sainte Vierge.

3. Quand Notre-Dame mit au monde Notre-Seigneur, elle vit venir autour de lui les anges du ciel et les pasteurs et les rois : prions-la de nous attirer nous-mêmes à Jésus, de nous faire connaître et goûter le mystère de la divine incarnation. – 3e mystère : la Naissance de Notre-Seigneur.

4. La très sainte Vierge porta Jésus au Temple, et le donna à saint Siméon : si vous voulez, ô Notre-Dame, nous le donner aussi, et vous le voulez, nous le garderons bien, nous l’aimerons bien, et vous vous en réjouirez avec nous. – 4e mystère : la Purification de la sainte Vierge.

5. Sans perdre Jésus, la sainte Vierge avait perdu la présence de Jésus. Combien souvent nous avons perdu la présence de Jésus, et sa sainte grâce, et Jésus lui-même, pauvres pécheurs que nous sommes ! Ô Notre-Dame de la Sainte Espérance, faites-le-nous retrouver, ce qui veut dire, convertissez-nous. - 5e mystère : le Recouvrement de l’Enfant Jésus.

 

Vingtième chapelet : Mystères douloureux

1. Il est dit dans l’office de Notre-Dame de la Sainte Espérance qu’elle a en ses mains les trésors des miséricordes du Seigneur. Ces miséricordes sont bien celles du Seigneur ; elles nous ont été méritées par les souffrances de sa passion. Adorons premièrement Notre-Seigneur priant dans son agonie, et amassant les miséricordes qu’il a remises entre les mains de sa mère. – 1er mystère : l’Agonie de Notre-Seigneur.

2. Pécheurs que nous sommes, nous n’aurions pu attendre que les coups de la justice de Dieu, si Notre-Seigneur n’avait dans sa flagellation porté les coups de la malice des hommes. Mais Jésus a souffert pour nous, et, par là même, il nous a assuré la Sainte Espérance. – 2e mystère : la Flagellation de Notre-Seigneur.

3. Notre-Seigneur a été couronné d’épines : quand il allait monter, non sur son trône, mais sur sa croix, il était couronné d’épines. La sainte Vierge, Notre-Dame, le suivait en priant et en pleurant ; c’est pour cela qu’elle veut détourner les âmes des superbes vanités du monde [et qu’elle a fait naître ici la Société de Jésus couronné d’épines [4]]. – 3e mystère : le Couronnement d’épines.

4. La croix de Notre-Seigneur continue et consomme le mystère de ses souffrances : la sainte victime porte nos péchés, pour nous en obtenir le pardon. Adorons Jésus portant sa croix, suivons-le, comme Notre-Dame le suivait. – 4e mystère : le Portement de croix.

5. La mort de Notre-Seigneur a été la mort du vieil Adam, la mort de nos péchés, la fin du mal. Or, le mal ayant pris fin, l’espérance renaît, et nous prenons le chemin de la vie éternelle. Notre-Dame de la Sainte Espérance, conduisez-nous-y. – 5e mystère : le Crucifiement de Notre-Seigneur.

 

Vingt-et-unième chapelet : Mystères glorieux

1. Notre-Seigneur est ressuscité ; sa résurrection est la cause, le modèle, le commencement de la nôtre. Appuyées sur une telle base, nos espérances sont magnifiques. Oh ! Notre-Dame de la Sainte Espérance, donnez-nous qu’elles se réalisent par notre entière conversion. [Comme vous vous êtes réjouie à la fête de Pâques, réjouissez toutes les âmes en votre fête qui approche [5]]. - 1er mystère : la Résurrection de Notre-Seigneur.

2. L’ascension de Notre-Seigneur porta au ciel le Fils de Dieu, elle y porta aussi nos espérances. Pour nous, tout est au ciel, depuis que Jésus y est remonté : notre Dieu au ciel, notre Sauveur au ciel, Notre-Dame au ciel, nos saints au ciel : nous aussi soyons du ciel. – 2e mystère : l’Ascension de Notre-Seigneur.

3. Notre-Seigneur nous appelle au ciel, il nous y attire, il nous y mène : c’est pour cela qu’il nous a donné le Saint-Esprit ! Notre-Dame, le jour de la Pentecôte, vous étiez avec les apôtres : soyez de même avec nous, et obtenez-nous les dons du Saint-Esprit ! – 3e mystère : la Descente du Saint-Esprit.

4. L’espérance chrétienne va droit au ciel, et Notre-Dame de la Sainte Espérance y alla tout droit après sa mort. Le chemin du ciel est facile, son entrée est ouverte à qui a aimé le bon Dieu. Aimons-le donc, et allons au ciel. – 4e mystère : l’Assomption de la sainte Vierge.

5. La Sainte Espérance ne trompe jamais ; elle va droit au ciel, droit à la couronne et la couronne lui est donnée toujours. La très sainte Vierge, Notre-Dame, a été couronnée dans les cieux, et Dieu prépare à ses fidèles la couronne qui ne se flétrit pas. Espérons donc, et elle nous sera donnée. – 5e mystère : le Couronnement de la sainte Vierge.

 

Huitième rosaire : Pour les âmes du purgatoire

Vingt-deuxième chapelet : Mystères joyeux

1. L’annonciation fut, pour la sainte Vierge et pour nous tous, la bonne nouvelle par excellence. Ô très sainte Vierge, par les joies de votre sainte maternité, nous vous en prions, envoyez un ange du ciel dire à nos chers défunts que nous sommes ici, priant pour eux, et secondez nos pauvres prières. – 1er mystère : l’Annonciation de la sainte Vierge.

2. La Visitation fut un mystère de joie et de sanctification pour la maison de Zacharie. Si vous vouliez, ô Notre-Dame, faire visite à nos chers défunts, leur porter comme à Jean-Baptiste la grâce qui purifie, ils chanteraient le Magnificat et le Benedictus. – 2e mystère : la Visitation de la sainte Vierge.

3. Jésus naissant à Bethléem voulut naître humble et pauvre et obéissant, obéissant à vous, ô Marie. Voyez dans le purgatoire de pauvres âmes qui n’ont point assez pratiqué et l’humilité et le détachement des biens de ce monde et l’obéissance. Obtenez-leur une bénédiction de l’Enfant Jésus qui les soulage et les délivre. – 3e mystère : la Naissance de Notre-Seigneur.

4. La très pure Vierge se soumit à la loi de la purification. Par votre pureté immaculée, ô Marie, par votre humilité incomparable, obtenez grâce pour les âmes du purgatoire qui n’ont point été assez pures, assez humbles, assez soumises à la loi de Dieu. – 4e mystère : la Purification de la sainte Vierge.

5. La très sainte Vierge fut pendant trois jours séparée extérieurement de Jésus, et enfin le retrouva dans le temple. Voyez, ô Marie, voyez dans le purgatoire les âmes de nos chers défunts qui sont extérieurement, elles aussi, séparées de Jésus depuis plus de trois jours, et faites qu’elles le retrouvent au temple du ciel, comme vous l’avez retrouvé au temple de Jérusalem. – 5e mystère : le Recouvrement de l’Enfant Jésus.

 

Vingt-troisième chapelet : Mystères douloureux

1. Jésus agonisant, Jésus prosterné à terre, Jésus suant le sang et arrosant de son sang notre pauvre terre : quel spectacle, quelle prière, quelle leçon pour nous ! Ô Marie, offrez à Jésus les douleurs de son agonie et de son sang précieux pour les âmes les plus délaissées du purgatoire. – 1er mystère : l’Agonie de Notre-Seigneur.

2. La flagellation de Notre-Seigneur est un grand mystère d’expiation. Ô Marie, offrez à Jésus les douleurs et les humiliations de sa flagellation pour les âmes du purgatoire qui sont là pour avoir traité trop délicatement leur corps. – 2e mystère : la Flagellation de Notre-Seigneur.

3. Jésus couronné d’épines ! Ce mystère nous dit de grandes choses. Ô Marie, priez pour toutes les âmes qui seraient en purgatoire pour quelque vanité dans leurs habits ; [priez, en particulier, pour les âmes qui ont fait partie de la Société de Jésus couronné d’épines [6], et que quelque faute non expiée retiendrait encore en ce lieu de souffrance]. – 3e mystère : le Couronnement d’épines.

4. Jésus portant sa croix a voulu être aidé par Simon le Cyrénéen. En cela, Jésus fit à Simon une grâce infiniment précieuse. Ô Marie, il y a dans le purgatoire des âmes qui, elles aussi, ont aidé Jésus à porter sa croix [7]. Nous les recommandons à la charité de votre bon cœur. Comme Simon aida Jésus à arriver au Calvaire, aidez-le à arriver au Ciel. – 4e mystère : le Portement de croix.

5. Il y a dans le purgatoire des âmes qui sont là peut-être par notre faute : nous ne leur avons pas fait tout ce que nous devions de bien, peut-être même leur avons-nous fait du mal. Quelle pensée amère ! Ô Marie, priez avec nous, et portez-leur le soulagement par les mérites de Jésus crucifié. – 5e mystère : le Crucifiement de Notre-Seigneur.

 

Vingt-quatrième chapelet : Mystères glorieux

1. La résurrection de Notre-Seigneur mit en fête les limbes et la terre et le ciel. Notre-Seigneur accorda certainement ce jour-là l’indulgence plénière à bien des âmes du purgatoire, peut-être à toutes. Demandons-lui d’accorder la même faveur à nos chers défunts. – 1er mystère : la Résurrection de Notre-Seigneur.

2. Toutes ces âmes que Jésus avait retirées des limbes et du purgatoire montèrent au ciel avec lui le jour de l’Ascension. Mon Dieu, jetez les yeux de votre miséricorde sur nos chers défunts, et faites monter au ciel ceux qui sont les plus près de sortir du purgatoire. - 2e mystère : l’Ascension de Notre-Seigneur.

3. Ô Saint-Esprit, vous que Jésus appelait le consolateur, daignez visiter les âmes du purgatoire, portez-leur la lumière, la paix, la consolation, conduisez-les au ciel. – 3e mystère : la Descente du Saint-Esprit.

4. L’assomption de Marie fut un doux voyage de sa sainte âme, d’abord, puis de son âme et de son corps vers le Ciel. Par les joies de cet heureux voyage, ô Marie, retirez du purgatoire toutes les âmes qui vous ont bien priée, [et, en particulier, celles qui vous ont bien invoquée, par la prière perpétuelle, sous le nom de Notre-Dame de la Sainte Espérance]. – 4e mystère : l’Assomption de la sainte Vierge.

5. Recommandons maintenant à la sainte Vierge les âmes du purgatoire qui l’ont le plus aimée, le mieux imitée, les âmes les plus chères à son cœur ; que, par les joies de son couronnement, elle les conduise à la couronne céleste. – 5e mystère : le Couronnement de la sainte Vierge.


Neuvième rosaire : Le Saint-Sacrement

Vingt-cinquième chapelet : Mystères joyeux

1. Dans le mystère de l’incarnation, Notre-Seigneur vint cacher sa divinité sous l’enveloppe de notre humanité, et la sainte Vierge était seule pour l’adorer dans ses abaissements ; au Saint-Sacrement, Notre-Seigneur cache et sa divinité et son humanité sous les espèces eucharistiques. Nous qui sommes tout près de lui en cet état, adorons-le présent au milieu de nous, et invitons la sainte Vierge à venir l’adorer avec nous. – 1er mystère : l’Annonciation de la sainte Vierge.

2. La sainte Vierge dans la Visitation demeure trois mois chez sa cousine sainte Élisabeth ; et tout ce temps fut un temps de bénédiction pour la maison de saint Zacharie. Voici Notre-Seigneur présent au Saint-Sacrement dans notre pays depuis bien des siècles ; rendons-lui grâces de tout le bien qu’il a fait à toutes les âmes durant tout ce temps. – 2e mystère : la Visitation de la sainte Vierge.

3. A Noël, Notre-Seigneur se rendit visiblement présent dans l’étable de Bethléem : ici nous avons un autre Bethléem, et Notre-Seigneur s’y rend présent à toutes les messes, où il semble prendre une nouvelle naissance. Rendons-lui grâces pour toutes les messes qui se disent, et, en particulier, pour celles qui se disent dans le pays où nous sommes. - 3e mystère : la Naissance de Notre-Seigneur.

4. A la Purification, voyez Jésus passant des bras de la sainte Vierge dans ceux de saint Joseph, de saint Siméon : c’est l’image de la communion où Notre-Seigneur se donne à tous avec un si grand amour. Rendons-lui grâces en ce moment de toutes nos communions depuis la première jusqu’à la dernière, celle d’aujourd’hui. - 4e mystère : la Purification de la sainte Vierge

5. Il y a des âmes qui ont communié, et qui n’ont pas gardé fidèlement Notre-Seigneur. Il y en a qui l’ont perdu et qui ne le cherchent plus ; il y en a peut-être qui l’ont perdu et qui le cherchent. Prions Jésus de se faire chercher par toutes et de rendre à toutes la joie de sa présence. – 5e mystère : le Recouvrement de l’Enfant Jésus.

 

Vingt-sixième chapelet : Mystères douloureux

1. Dans son agonie, Jésus priait et il était seul. Par trois fois, il vint auprès de ses apôtres, et, les trouvant endormis, il leur dit : Veillez et priez ! Quoi, vous n’avez pas pu veiller une heure avec moi ! Au Saint-Sacrement, Jésus ne dort pas, son cœur veille : il aime, il prie. Veillons-nous, aimons-nous, prions-nous avec lui ? Demandons-lui de nous unir à son amour et à sa prière. – 1er mystère : l’Agonie de Notre-Seigneur

2. La flagellation de Notre-Seigneur est un mystère qui, malheureusement, se continue. La fureur des démons anime les hommes contre Jésus ; et l’histoire nous apprend combien souvent ils ont foulé aux pieds, frappé de coups de couteau, jeté au feu, et de mille manières profané le Saint-Sacrement. Pleurons sur de telles profanations. – 2e mystère : la Flagellation de Notre-Seigneur.

3. Combien touchant est le spectacle des prêtres et des fidèles se pressant autour des autels pour le saint sacrifice et la sainte communion. C’est là une couronne de joie et d’allégresse pour Notre-Seigneur. Prions pour que, dans ces couronnes, il n’y ait jamais d’épines, jamais de sacrilèges. – 3e mystère : le Couronnement d’épines.

4. Jésus au Saint-Sacrement ne peut plus souffrir ; mais s’il pouvait souffrir, ne pourrions-nous pas penser qu’il continue son chemin de croix ? Tous nos péchés lui sont une croix bien lourde : pareil à l’agneau conduit à la boucherie, Jésus patiente, prie, aime et verse sur nous ses grâces. Rendons-nous à un amour si patient. – 4e mystère : le Portement de croix.

5. Le saint sacrifice de la messe est la continuation du sacrifice de la croix. Le corps et le sang de Jésus, consacrés à part sur l’autel, y sont comme séparés : le prêtre les élève en haut comme pour rappeler à tous Jésus cloué à la croix et élevé de terre. – 5e mystère : le Crucifiement de Notre-Seigneur.

 

Vingt-septième chapelet : Mystères glorieux

1. Au jour de la résurrection, Notre-Seigneur sortit de son tombeau, et vint se montrer vivant à ses chers apôtres. Son tombeau n’est-il pas le premier de ses tabernacles ? Comme il sortit du tombeau vivant et glorieux, il sort du tabernacle vivant et glorieux, et il vient à nous. Soyons pour lui un tabernacle où il demeure vivant, mais jamais un tombeau ; ne lui donnons pas la mort en nous par nos péchés. – 1er mystère : la Résurrection de Notre-Seigneur.

2. Notre-Seigneur ressuscité monta au ciel. Quand il vient à nous dans la communion, efforçons-nous d’être pour lui un ciel véritable où règne Dieu, où la sainte Vierge soit aimée, où Jésus soit adoré et de nous et de ses anges. – 2e mystère : l’Ascension de Notre-Seigneur.

3. Le Saint-Esprit vint en l’Annonciation pour opérer le mystère de l’incarnation ; il vient à la messe opérer le mystère de la consécration : qu’il vienne en nous pour préparer et sanctifier le mystère de la communion. – 3e mystère : la Descente du Saint-Esprit.

4. En son assomption glorieuse, la très sainte Vierge entra pour jamais dans le ciel. Quand Notre-Seigneur nous appelle à la communion, il opère en nous une véritable assomption, nous prenant avec lui dans le ciel de l’eucharistie. Montons-y avec empressement, et n’en descendons jamais. – 4e mystère : l’Assomption de la sainte Vierge

5. Le couronnement de Marie dans les cieux fut le comble de grâces de Dieu sur sa sainte Mère. La dernière communion que nous ferons sera le comble des bienfaits de l’eucharistie en nous. Prions Dieu pour la dernière de nos communions : qu’elle soit sainte, humble, aimante, et qu’elle nous donne la grâce de la persévérance finale. – 5e mystère : le Couronnement de la sainte Vierge.

 

Dixième rosaire : L’action de grâces

Vingt-huitième chapelet : Mystères joyeux

1. L’incarnation du Fils de Dieu a été pour nous le commencement de tous les biens : rendons grâces à Notre-Seigneur de ce grand et prodigieux mystère, et de tous les fruits qu’il a portés, qu’il porte et portera éternellement pour le salut des hommes. – 1er mystère : l’Annonciation de la sainte Vierge.

2. La Visitation est le commencement de la distribution des grâces de l’incarnation. Autant de grâces données à une âme, autant de visitations intérieures de Dieu à sa créature : rendons grâces à Notre-Seigneur de toutes les visites spirituelles qu’il a faites à nos âmes. – 2e mystère : la Visitation de la sainte Vierge.

3. Jésus est né à Bethléem. Il veut naître en nous, et y grandir et y demeurer, sans y jamais mourir. Ouvrons-lui nos cœurs, et supplions-le d’y naître, et d’y être vivant plus que nous-mêmes. – 3e mystère : la Naissance de Notre-Seigneur.

4. Jésus s’est offert pour nous au temple par les mains de la sainte Vierge ; il s’offre encore pour nous dans le ciel, pour notre salut à tous : c’est ainsi qu’il exerce continuellement son office de Sauveur ! Ah ! qu’il daigne nous sauver, en nous offrant avec lui-même à son Père céleste ! – 4e mystère : la Purification de la sainte Vierge.

5. Jésus demeure trois jours séparé de la sainte Vierge sa mère, après quoi elle le retrouve avec une grande joie dans le temple. Il est des temps où Notre-Seigneur semble nous ôter sa présence sensible, la puissance de sa grâce ; il faut alors adorer sa volonté et le rechercher humblement, car il ne veut pas se séparer de nous pour toujours. – 5e mystère : le Recouvrement de l’Enfant Jésus.

 

Vingt-neuvième chapelet : Mystères douloureux

1. Les mystères de la passion de Notre-Seigneur furent pour lui des mystères pleins de douleur ; et pour nous, ils sont pleins de douceur. La tristesse de Notre-Seigneur est la source de nos joies les plus pures et les plus profondes ; de cela rendons-lui grâces en l’adorant dans ce 1er mystère : l’Agonie de Notre-Seigneur.

2. Jésus est flagellé ; et pour les coups qu’il a reçus de nous, pauvres pécheurs, comme de ses bourreaux, il nous comble de ses bienfaits ; il rend le bien pour le mal, et ainsi il se venge en Dieu. – 2e mystère : la Flagellation de Notre-Seigneur.

3. Notre-Seigneur a été couronné d’épines ; et nous voyons au psaume 102 qu’il faut bénir Dieu qui nous couronne de miséricordes et de tendresses : c’est toujours la même vengeance de Dieu. – 3e mystère : le Couronnement d’épines.

4. Jésus a porté la croix ; et nous qui venons de communier, nous portons en nous Jésus qui a porté sa croix. Portons-le doucement, et ne soyons pas pour lui une nouvelle croix. – 4e mystère : le Portement de croix.

5. Jésus a été crucifié. Entrons dans le sentiment de ce grand évêque, saint Ignace d’Antioche, qui a écrit ces belles paroles : mon amour est crucifié ! On ne peut aimer Jésus sans aimer sa croix. – 5e mystère : le Crucifiement de Notre-Seigneur.

 

Trentième chapelet : Mystères glorieux [8]

1. Tous les dimanches, c’est la fête de la résurrection de Notre-Seigneur qui se continue ; et elle nous procure une résurrection spirituelle sans cesse renouvelée, en attendant le grand jour de la résurrection générale. [Pour nous, enfants de Notre-Dame de la sainte Espérance, dimanche dernier, quelle fête, quelle affluence de pieux fidèles, quelle résurrection spirituelle pour les âmes ! Remercions Dieu de tant de grâces]. – 1er mystère : la Résurrection de Notre-Seigneur

2. Jésus est monté au ciel, nos cœurs doivent être là avec lui. Pour nous chrétiens, c’est tous les jours l’Ascension, puisque la prière n’est autre chose que l’élévation de l’âme à Dieu. [Et pour nous en particulier, chrétiens de la sainte Espérance, quel sursum corda que la prière perpétuelle, que la fête de notre Mère !] – 2e mystère : l’Ascension de Notre-Seigneur.

3. C’est le Saint-Esprit qui groupe les âmes dans une même prière ; et cette union fait leur force, leur donne la confiance de tout obtenir. Ah ! qu’il ne cesse de nous unir ainsi, ce divin Esprit : demandons-le-lui en l’adorant comme l’auteur de tous les dons. [Voyez comment il a attiré les âmes à la fête de Notre-Dame de la sainte Espérance, comment il les a fait prier, aimer, changer : admirable effet de sa puissance sur les cœurs]. – 3e mystère : la Descente du Saint-Esprit.

4. L’assomption de la sainte Vierge, comme tous les mystères de notre sainte religion, n’est pas un mystère qui passe et dont il ne reste que le souvenir. Quand le Saint-Esprit fait connaître aux âmes la sainte Vierge, quand il leur fait voir sa grandeur et sa douceur, sa beauté et sa bonté, il l’élève dans les âmes, il lui fait là une nouvelle assomption. Que cette assomption se produise en nous tous ! – 4e mystère : l’Assomption de la sainte Vierge.

5. Après l’Assomption, le couronnement. Demandons à Dieu que la sainte Vierge soit reine dans les âmes de tous les chrétiens, [spécialement en tous ceux qui l’ont priée dimanche], qu’elle soit reine à tout jamais, et que tous, un jour réunis dans les cieux, nous lui fassions une couronne. – 5e mystère : le Couronnement de la sainte Vierge.

 

Onzième rosaire : La prière pour tous

Trente-et-unième chapelet : Mystères joyeux

1. Nous commençons le dernier des rosaires de ce beau mois. Offrons-le à Dieu selon toutes les intentions du Saint-Père. Prions donc pour le salut de toutes les âmes, l’exaltation de la sainte Église, la conversion de tous les pécheurs, des hérétiques, des juifs, des païens. Que Dieu nous donne à tous part à sa grâce, aux bienfaits de l’incarnation de Notre-Seigneur. – 1er mystère : l’Annonciation de la sainte Vierge

2. La sainte Vierge a souvent, dans ces derniers temps, visité la terre, à La Salette et à Lourdes par exemple : prions Dieu qu’il nous fasse recueillir le fruit de ces visites célestes – 2e mystère : la Visitation de la sainte Vierge.

3. Notre-Seigneur est né pour le salut de tous : or, il y a des hommes qui ne le connaissent pas, d’autres qui, l’ayant connu, font comme si jamais ils n’en avaient entendu parler. Prions pour que tous connaissent et aiment leur Sauveur. – 3e mystère : la Naissance de Notre-Seigneur.

4. En sa purification, la sainte Vierge, qui est vierge, se montre la plus humble des mères. Prions Dieu pour les mères. – 4e mystère : la Purification de la sainte Vierge.

5. L’Enfant Jésus se montre tout à son Père dans le temple de Jérusalem ; puis, rentré à Nazareth, il est tout à sa Mère et à saint Joseph. Prions Dieu pour les enfants, afin qu’ils soient tout à Dieu, et aussi tout à leurs parents selon la volonté de Dieu. – 5e mystère : le Recouvrement de l’Enfant Jésus.

 

Trente-deuxième chapelet : Mystères douloureux

1. L’agonie de Notre-Seigneur a sa continuation dans l’Église, comme tous les autres mystères de Jésus. L’Église souffre ici-bas, elle lutte contre le péché, elle sue le sang quand ses enfants sont martyrisés, elle a de terribles angoisses. Prions pour les souffrances de l’Église. – 1er mystère : l’Agonie de Notre-Seigneur.

2. La flagellation de Notre-Seigneur semble se continuer par les blasphèmes que des hommes méchants ne cessent de vomir contre Dieu et son Christ. Demandons pardon pour les blasphémateurs et prions pour eux. – 2e mystère : la Flagellation de Notre-Seigneur.

3. Jésus fut couronné d’épines : le plus grand des rois eut ainsi la plus pauvre et la plus lourde des couronnes. Adorons le chef sacré de Jésus, souhaitons-lui d’être exalté dans la gloire, comme le souhaitait prophétiquement David, et prions pour les malheureux pécheurs dont le sot orgueil, la vanité, percent d’épines le front de Jésus. – 3e mystère : le Couronnement d’épines.

4. Jésus portant sa croix est le chef de tous les chrétiens, qui doivent le suivre en portant leur croix. Demandons la grâce de la patience pour nous-mêmes, et pour tous ceux qui souffrent. – 4e mystère : le Portement de croix.

5. Jésus est mort sur la croix. Un jour prochain viendra où nous aurons tous disparu de ce monde. D’autres prieront dans notre église : nous, nous serons partis, et Dieu nous aura jugés. Adorons Jésus mourant sur la croix, et prions pour demander une sainte mort. – 5e mystère : le Crucifiement de Notre-Seigneur.

 

Trente-troisième chapelet : Mystères glorieux

1. Dieu nous appelle au ciel, à la vie éternelle, à la participation de son bonheur. La vie présente est un voyage, mais pour arriver là. Qui n’arriverait pas là n’aurait pas pris le bon chemin. Le bon chemin, c’est Notre-Seigneur. Adorons-le dans sa gloire, et aspirons à l’y rejoindre. – 1er mystère : la Résurrection de Notre-Seigneur.

2. Nous ne pouvons arriver au ciel que par une ascension. Le ciel est en haut, et nous sommes en bas. Donc, il faut monter : monter en croyant, monter en espérant, monter en aimant. La vie chrétienne est une ascension de tous les jours. Apprenons donc à monter, si nous voulons arriver au ciel. – 2e mystère : l’Ascension de Notre-Seigneur.

3. Le Saint-Esprit, dit saint Paul, vient en aide à notre faiblesse. Il descend vers nous, afin de nous faire monter vers Dieu. Soyons-lui fidèles et dociles et obéissants : il sera pour nous un guide infaillible. – 3e mystère : la Descente du Saint-Esprit.

4. La sainte Vierge a été pour nous un modèle achevé de cette vie d’ascension qui est nécessaire pour arriver au ciel. Toujours elle a monté, toujours elle a été fidèle. Prions-la de nous tendre la main, et de nous apprendre à monter tous les jours. – 4e mystère : l’Assomption de la sainte Vierge.

5. Enfin, nous touchons au terme de ce mois béni. Nous allons offrir à Marie la dernière couronne, le dernier Ave, le dernier cri de notre cœur. Qu’elle s’en souvienne, et maintenant et à l’heure de notre mort, et que de sa main maternelle, elle nous garde auprès de Dieu une couronne. – 5e mystère : le Couronnement de la sainte Vierge.




[1]  — Cette introduction n’est pas du père Emmanuel, mais de l’éditeur, vraisemblablement dom Maréchaux.

[2]  — En lisant ces paroles touchantes, on ne peut s’empêcher de penser que celui qui les a écrites était l’une de ces âmes.

[3]  — Indication de la main du P. Emmanuel.

[4]  — Ici nous avons ajouté un membre de phrase, et mis entre crochets ce qui se rapporte à Mesnil-Saint-Loup et peut être omis ailleurs.

[5]  — Ceci pour Mesnil-Saint-Loup. La fête de Notre-Dame de la Sainte Espérance y est célébrée, selon les années, du 22 au 28 octobre inclusivement. Et nous sommes au vingt-et-unième jour du mois du rosaire.

[6]  — La Société de Jésus couronné d’épines fut établie à Mesnil-Saint-Loup par le Père Emmanuel pour la conservation de la modestie parmi les femmes et les jeunes filles de la paroisse.

[7]  — Par exemple les hommes apostoliques, et en général tous ceux et toutes celles qui travaillent et souffrent en union avec Jésus-Christ.

[8]  — Ce chapelet, composé au surlendemain de la fête de Notre-Dame de la sainte Espérance ou quelques jours après, a dû être remanié pour pouvoir s’adapter à toutes les paroisses. Ce qui regarde le Mesnil est entre crochets.

Informations

L'auteur

Tout le numéro 44 du Sel de la terre est consacré au père Emmanuel André et aux multiples facettes de son activité à Mesnil-Saint-Loup.

Le numéro

Le Sel de la terre n° 78

p. 66-94

Les thèmes
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