Catéchisme anticommuniste
par Mgr Geraldo de Proença-Sigaud (1909-1999)
archevêque de Diamantina (Brésil)
Le communisme est la plus monstrueuse erreur produite par les hommes à l’époque contemporaine. Il convient de ne pas l’oublier. Le concile Vatican II restera éternellement flétri pour ne pas avoir condamné le communisme, alors qu’il se prétendait un concile pastoral réuni pour traiter des questions actuelles. Ce catéchisme, réalisé par un des principaux membres du Cœtus internationalis Patrum, le groupement de Pères conciliaires réunis sous la présidence de Mgr Lefebvre, fait comprendre la gravité de ce mal et la honte d’avoir refusé de le condamner [1].
Le communisme, de nos jours, est moins visible mais tout aussi présent. Ne serait-ce que par ses avatars : la révolution culturelle prônée par Antonio Gramsci ou l’École de Francfort [2] qui entraîne l’effondrement des mœurs, ou le socialisme d’État qui gagne chaque année du terrain et nous fait perdre nos vraies libertés.
Geraldo de Proença-Sigaud, né à Belo Horizonte le 26 septembre 1909, entré à 17 ans dans la Société du Verbe Divin, a fait ses études à Rome à la Grégorienne, où il fut ordonné prêtre en 1932. Il enseigna la théologie fondamentale et dogmatique au Grand Séminaire de São Paolo – où Mgr Antonio de Castro Mayer était également professeur. Il fut sanctionné – comme Mgr de Castro Mayer – pour avoir donné son appui à un ouvrage de Plinio Corrêa de Oliveira dénonçant les infiltrations progressistes dans l’Action catholique brésilienne, et envoyé en Espagne. Peu après, il fut nommé par Pie XII évêque de Jacarèzinho, au Brésil (1946). En 1960, il fut transféré à l’archevêché de Diamantina. Il fut le secrétaire du Coetus Internationalis Patrum pendant le concile Vatican II. Malheureusement, après le concile, Mgr Sigaud adopta la nouvelle messe et ne soutint pas Mgr Lefebvre dans le combat pour la survie de la Tradition. Mgr Sigaud démissionna de son archevêché en 1980 et mourut le 5 septembre 1999.
Ce catéchisme a été publié aux Éditions Saint-Michel (Saint-Cénéré, 1968, traduit de l’italien par l’abbé Charlot, avec une préface de Mgr Lefebvre). Nous donnons ici une traduction légèrement glosée faite en 1977, avec la préface de Mgr Lefebvre de l’édition de 1968.
Le Sel de la terre.
Préface de Mgr Marcel Lefebvre
Vous me demandez ma pensée sur l’opportunité de la diffusion du Catéchisme anticommuniste de Mgr de Proença-Sigaud. Pour vous répondre, il me suffira d’ouvrir les livres saints et de vous redire les paroles courageuses que saint Paul adressait à Timothée (II, 4, 2) : Insta opportune, importune ; argue, obsecra, increpa in omni patientia et doctrina. Erit enim tempus, cum sanam doctrinam non substinebunt.
Le communisme demeure l’erreur la plus totale, la plus complète parce que non seulement elle élimine la foi, mais elle ruine les fondements de la philosophie ou de la sagesse naturelle inscrite dans le cœur humain. Elle fait table rase de ce qu’il y a de plus intime dans la nature humaine : Dieu, la famille, la vie sociale.
Au service de la diffusion et de la mise en pratique des conséquences de cette erreur, militent des pouvoirs politiques considérables, avec une persévérance irréductible. Les persécutions toutes récentes en Russie, en Pologne, en Hongrie, sans parler de la Chine, doivent nous enlever toute illusion sur un changement de la doctrine communiste. A-t-on oublié le soulèvement de la population ouvrière hongroise et la sauvage répression qui s’ensuivit ? Qu’on interroge tous ceux qui se sont enfuis, au péril de leur vie, de l’enfer communiste !
C’est pourquoi vous faites une œuvre éminemment salutaire en diffusant la lumière de la vérité à l’encontre de la plus monstrueuse erreur de l’histoire. Si tous ceux qui ont la grâce de n ’être pas encore sous le joug inhumain du communisme y étaient fermement opposés, ce serait la plus grande victoire remportée et peut-être bientôt la ruine de cette idéologie diabolique, et les guerres sanglantes seraient évitées.
Vous faites donc une œuvre de paix et de charité. Que votre édition connaisse la plus grande diffusion. Daigne le Seigneur, par l’intercession de Marie, mère de l’Église, vous bénir et bénir tous ceux qui liront ces pages de vérité.
Rome, le 28 mai 1967.
+ Marcel Lefebvre
Archevêque tit. de Synnada en Phrygie
Supérieur Général des Pères du Saint-Esprit

