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Catéchisme anticommuniste 

 

par Mgr Geraldo de Proença-Sigaud (1909-1999)
archevêque de Diamantina (Brésil)

 

 

 

Le communisme est la plus monstrueuse erreur produite par les hommes à l’époque contemporaine. Il convient de ne pas l’oublier. Le concile Vatican II restera éternellement flétri pour ne pas avoir condamné le communisme, alors qu’il se prétendait un concile pastoral réuni pour traiter des questions actuelles. Ce catéchisme, réalisé par un des principaux membres du Cœtus internationalis Patrum, le groupement de Pères conciliaires réunis sous la présidence de Mgr Lefebvre, fait comprendre la gravité de ce mal et la honte d’avoir refusé de le condamner [1].

Le communisme, de nos jours, est moins visible mais tout aussi présent. Ne serait-ce que par ses avatars : la révolution culturelle prônée par Antonio Gramsci ou l’École de Francfort [2] qui entraîne l’effondrement des mœurs, ou le socialisme d’État qui gagne chaque année du terrain et nous fait perdre nos vraies libertés.

Geraldo de Proença-Sigaud, né à Belo Horizonte le 26 septembre 1909, entré à 17 ans dans la Société du Verbe Divin, a fait ses études à Rome à la Grégorienne, où il fut ordonné prêtre en 1932. Il enseigna la théologie fondamentale et dogmatique au Grand Séminaire de São Paolo – où Mgr Antonio de Castro Mayer était également professeur. Il fut sanctionné – comme Mgr de Castro Mayer – pour avoir donné son appui à un ouvrage de Plinio Corrêa de Oliveira dénonçant les infiltrations progressistes dans l’Action catholique brésilienne, et envoyé en Espagne. Peu après, il fut nommé par Pie XII évêque de Jacarèzinho, au Brésil (1946). En 1960, il fut transféré à l’archevêché de Diamantina. Il fut le secrétaire du Coetus Internationalis Patrum pendant le concile Vatican II. Malheureusement, après le concile, Mgr Sigaud adopta la nouvelle messe et ne soutint pas Mgr Lefebvre dans le combat pour la survie de la Tradition. Mgr Sigaud démissionna de son archevêché en 1980 et mourut le 5 septembre 1999.

Ce catéchisme a été publié aux Éditions Saint-Michel (Saint-Cénéré, 1968, traduit de l’italien par l’abbé Charlot, avec une préface de Mgr Lefebvre). Nous donnons ici une traduction légèrement glosée faite en 1977, avec la préface de Mgr Lefebvre de l’édition de 1968.

Le Sel de la terre.

  

Préface de Mgr Marcel Lefebvre

Vous me demandez ma pensée sur l’opportunité de la diffusion du Catéchisme anticommuniste de Mgr de Proença-Sigaud. Pour vous répondre, il me suffira d’ouvrir les livres saints et de vous redire les paroles courageuses que saint Paul adressait à Timothée (II, 4, 2) : Insta opportune, importune ; argue, obsecra, increpa in omni patientia et doctrina. Erit enim tempus, cum sanam doctrinam non substinebunt.

Le communisme demeure l’erreur la plus totale, la plus complète parce que non seulement elle élimine la foi, mais elle ruine les fondements de la philosophie ou de la sagesse naturelle inscrite dans le cœur humain. Elle fait table rase de ce qu’il y a de plus intime dans la nature humaine : Dieu, la famille, la vie sociale.

Au service de la diffusion et de la mise en pratique des conséquences de cette erreur, militent des pouvoirs politiques considérables, avec une persévérance irréductible. Les persécutions toutes récentes en Russie, en Pologne, en Hongrie, sans parler de la Chine, doivent nous enlever toute illusion sur un changement de la doctrine communiste. A-t-on oublié le soulèvement de la population ouvrière hongroise et la sauvage répression qui s’ensuivit ? Qu’on interroge tous ceux qui se sont enfuis, au péril de leur vie, de l’enfer communiste !

C’est pourquoi vous faites une œuvre éminemment salutaire en diffusant la lumière de la vérité à l’encontre de la plus monstrueuse erreur de l’histoire. Si tous ceux qui ont la grâce de n’être pas encore sous le joug inhumain du communisme y étaient fermement opposés, ce serait la plus grande victoire remportée et peut-être bientôt la ruine de cette idéologie diabolique, et les guerres sanglantes seraient évitées.

Vous faites donc une œuvre de paix et de charité. Que votre édition connaisse la plus grande diffusion. Daigne le Seigneur, par l’intercession de Marie, mère de l’Église, vous bénir et bénir tous ceux qui liront ces pages de vérité.

Rome, le 28 mai 1967. 

+ Marcel Lefebvre

Archevêque tit. de Synnada en Phrygie

Supérieur Général des Pères du Saint-Esprit


 

I – Ce qu’est le communisme et ce qu’il enseigne

1°) Qu’est-ce que le communisme ?

Le communisme est une secte internationale qui suit la doctrine de Karl Marx et qui travaille à détruire la société humaine basée sur la loi de Dieu et sur l’Évangile et aussi à instaurer le règne de Satan en ce monde, en implantant un État impie et révolutionnaire et en organisant la vie des hommes de manière à leur faire oublier Dieu et l’éternité.

2°) Quelle est la doctrine qu’enseigne la secte communiste ?

La secte communiste enseigne la doctrine du plus complet matérialisme.

3°) Qu’enseigne le matérialisme communiste à l’égard de Dieu ?

Le matérialisme communiste enseigne que Dieu n’existe pas, mais qu’existe uniquement la matière.

4°) Est-ce que la secte communiste se contente d’enseigner que Dieu n’existe pas, mais que seule la matière existe ?

Non, la secte communiste donne une grande importance à un matérialisme pratique, tel que l’homme ne se pose pas même la question si Dieu existe ou non, mais procède, pense et agit sans s’incommoder de Dieu, ni se le rappeler. Ainsi, petit à petit, on en vient au matérialisme théorique. Le vrai communiste est matérialiste théorique et pratique, afin de pouvoir conduire ses prosélytes par le même chemin.

5°) Que pense la secte communiste au sujet de l’âme ?

Pour la secte communiste, l’homme est uniquement matière, l’âme n’existe pas.

6°) Que pense la secte communiste au sujet de l’éternité ?

Pour la secte communiste, l’homme disparaît complètement après la mort. Il n’y a ni ciel, ni enfer, ni félicité, ni châtiment après cette vie.

7°) Que pense la secte communiste au sujet de la nature humaine ?

Pour la secte communiste, l’homme est un pur animal ; quoique plus évolué que le bœuf ou le singe, mais en fin de compte, il n’est qu’un animal.

8°) Quelle est la première conséquence pratique de cette doctrine ?

La première conséquence pratique de ce matérialisme, c’est que l’homme doit chercher sa félicité uniquement sur cette terre dans la jouissance des plaisirs que la vie terrestre peut lui offrir.

9°) Est-ce que l’homme, d’après le communisme, dépend de Dieu et de sa loi ?

Non. Du moment que l’homme n’est que matière, il ne peut dépendre d’un Dieu qui n’existe pas. Il est seigneur suprême de lui-même.

 

II – Attitudes du communisme devant la religion

10°) Est-ce que la secte communiste donne de l’importance à la religion ?

Quoique le communisme nie l’existence de Dieu et affirme que la religion est une pure chimère, il donne une grande importance à ce fait qu’il existe des religions dans le monde, parce qu’il voit en elles leur plus grand ennemi. Lénine l’appelle l’opium du peuple.

11°) Pourquoi la religion est-elle ennemie du communisme ?

La véritable religion, qui est la religion catholique, est l’ennemie mortelle du communisme, parce qu’elle enseigne exactement le contraire de ce qu’il enseigne et inspire aux fidèles de préférer la mort à l’acceptation des doctrines et du régime communistes.

12°) Comment le communisme traite-t-il la religion ?

Avec la religion catholique, la lutte est la lutte à mort : cette lutte ne pourrait s’arrêter que s’il réussissait à détruire la véritable Église dans le monde entier (ce qui est impossible). Quant aux autres religions, la secte use de deux tactiques. S’il sent que l’une d’elles est un obstacle à son triomphe, il l’attaque ; mais s’il perçoit qu’il peut utiliser l’une d’elles pour se propager lui-même ou bien pour l’anéantir plus facilement, alors il simule la tolérance ou fait semblant de la favoriser pour arriver à la détruire d’une manière plus radicale. Finalement, il n’en admet aucune et tend à les détruire toutes.

13°) Pour conquérir le pouvoir, que fait le communisme avec l’Église catholique ?

Pour conquérir le pouvoir, le communisme agit avec l’Église catholique de la manière suivante :

a) Il cherche à persuader les catholiques qu’il n’y a pas d’opposition entre les objectifs de la secte et la doctrine de l’Église catholique, que l’on peut être en même temps communiste et catholique ; il donne des exemples : tels et tels affiliés vont à la messe librement ; il montre les églises de Moscou pleines de fidèles, etc. Il prouve que les idéaux communistes ne sont que la réalisation de l’Évangile, que le Christ est le premier des grands révolutionnaires, etc.

b) Il tâche de fonder un mouvement de catholiques dits progressistes, de catholiques socialistes ou même de catholiques communistes, et cela pour désorienter et désunir les catholiques.

c) Il tâche ensuite de lancer ces organisations catholiques contre les adversaires naturels du communisme comme sont les propriétaires, les industriels, les militaires, les autorités constituées, et cela pour diviser et détruire tous ceux qui s’opposent à la conquête du pouvoir par les communistes. En pays de mission, il ameutera les fidèles contre prêtres, évêques, religieuses étrangères, tous considérés comme espions du Vatican ou des puissances étrangères.

d) Tout en proclamant qu’en pays communiste, la pureté de vie est merveilleuse, il favorise et propage au maximum tout ce qui est immoral : presse, radio, cinéma, télévision, modes indécentes, drogue, et tout cela pour miner la famille et par suite la civilisation chrétienne dont la famille est le plus ferme appui.

e) Il maintient dans les nations chrétiennes des troubles continuels : grèves, revendications, crimes, boycottage, hausse de prix, le tout attribué au gouvernement ; il fomente des mouvements régionalistes pour affaiblir le pays, se présentant toujours comme l’unique sauveur pouvant dominer tous ces désordres et ainsi, se faisant désirer, prépare le peuple à son acceptation. Quand il juge que son heure a enfin sonné, il déclenche soudainement le grand coup et le voilà au pouvoir.

f) La chose la plus effrayante, la plus dangereuse qu’il a réussi à faire, est de s’introduire dans l’Église catholique, dans les séminaires et universités d’abord puis dans le clergé et la hiérarchie. Ces prêtres et évêques félons, après avoir livré au communisme plusieurs pays d’Amérique latine, se préparent à en finir avec la chrétienté d’Occident.

14°) Après avoir conquis le pouvoir, que fait la secte communiste avec l’Église ?

Sa tactique varie suivant les circonstances :

1 - Au début, afin d’éviter toute résistance, rassurer les catholiques en leur disant que le communisme laisse la liberté de religion.

2 - Enrôler les catholiques dans des mouvements prétendus nationalistes, patriotiques, promus par le Parti. Qui refuse d’y entrer est considéré comme réactionnaire. Il faut se cabrer dès le début, se rappelant que l’encyclique Divini Redemptoris de Pie XI interdit toute coopération avec les communistes. Qui met le doigt dans l’engrenage y passera tout entier.

3 - Éloigner les évêques, prêtres, religieux qui résistent s’ils sont étrangers au pays ; s’ils sont autochtones, c’est l’emprisonnement ou la mort.

4 - Liquider les leaders catholiques.

5 - Détacher l’Église du pays de l’obéissance à Rome, pour fonder une église schismatique nationale totalement soumise au Parti.

15°) Qu’advient-il du catholique qui accepte de collaborer aux mouvements communistes ?

Malheur à lui, car de concession en concession, il deviendra nécessairement communiste et apostasiera. Croyant sauver sa vie, il perdra tout et son âme et son corps, car ces gens-là entre eux se haïssent et finalement s’entretuent. Que n’a-t-on pas vu en Russie et partout dans les purges successives.

16°) Si les communistes enseignaient que Dieu existe, ou toléraient la religion, les catholiques pourraient-ils être communistes ?

Le jour où ils admettraient que Dieu existe, et qu’il est Notre-Seigneur, ils ne seraient plus communistes.

 

III – Points essentiels de la différence entre le communisme et le catholicisme

17°) C’est donc uniquement sur le terrain religieux que se vérifie la différence ou opposition entre le communisme et le catholicisme ?

Non, en plus du terrain religieux, il existe beaucoup d’autres points de divergence irréductibles entre communisme et catholicisme.

18°) Quels sont ces autres points fondamentaux de divergence radicale ?

La divergence, ou mieux l’opposition, existe sur tous les points, mais elle est plus fondamentale en ce qui concerne : la vérité, la morale, la propriété, la famille et l’inégalité sociale.

(Afin de conserver la numérotation de l’original, cette question et sa réponse, contraction de deux paragraphes du texte de Mgr de P.S., se voient attribuer deux numéros) :

19°/20°) Qu’enseigne le communisme par rapport à la vérité ?

L’Église enseigne que Dieu a créé l’âme humaine à son image, intelligente, capable de connaître la vérité, la réalité des choses ; par le principe d’identité, nous affirmons qu’une chose est identique à elle-même. Ce qui est, est ; ce qui n’est pas, n’est pas.

Pour le communiste, qu’une chose corresponde à la vérité, cela ne l’intéresse pas. Pour lui, la vérité est ce qui aide la révolution. La même chose peut être aujourd’hui vraie et demain fausse, selon que le décide le Parti. Le communiste est un automate, il n’a pas de personnalité, le Parti lui impose tout tyranniquement, son mode de penser, d’agir. Malheur à lui s’il ne dit pas amen à tout ce que décide le Parti. Est-ce que Staline du jour où il est mort n’a pas perdu son auréole, pour devenir le plus vil des bandits, le plus ignoble des traîtres ? Un mot de Khrouchtchev a suffit pour cela.

21°) Quelle est la divergence au point de vue moral ?

L’Église enseigne que Dieu est infiniment saint ; donc, les actions conformes à sa volonté sont bonnes ; sont mauvaises, au contraire, celles qui vont contre ses commandements. Pour le communisme la morale n’existe pas plus que Dieu ; une action est bonne ou mauvaise selon qu’elle aide ou contrarie le Parti.

22°) Donnez-moi un exemple.

Pour un catholique, honorer père et mère est très bien. Pour le communiste, cela dépend. Si les parents s’opposent à la révolution, le fils doit les haïr, les dénoncer, les torturer, les tuer même, si le Parti le commande. Si les parents aident la révolution, il devra leur manifester de l’amour et les favoriser.

23°) Donnez-moi un autre exemple ?

En cas de guerre, il trahira son propre pays pour aider la Russie. Il doit donc être prêt, par amour pour le Parti, à renoncer à tout, même à sa vie.

Par exemple, si la France entrait en guerre contre la Russie, les Français devraient trahir leur patrie, faire en sorte que ses armées soient vaincues et que la France tombe sous la coupe des Russes.

Mais si par malheur la France était alliée de la Russie, les Français devraient changer d’attitude et se battre pour la victoire de la France. En somme, n’est bon, juste et moral que ce qui profite à la révolution communiste, et mauvais, injuste, immoral, ce qui la combat ou lui nuit.

24°) Le communisme enseigne-t-il à respecter les familles ?

Eh non ! L’homme n’étant qu’un animal, la famille vaut exactement ce que vaut un couple d’animaux. Par suite, le communisme enseigne à dissoudre les familles, à violer les femmes des peuples qui ne sont pas communistes, et à respecter les familles de ceux qui le sont.

25°) Qu’arrivera-t-il à nos familles catholiques, si les communistes dominaient le pays ?

Les parents qui résisteraient à la profanation de leur foyer pourraient être massacrés ; femme et jeunes filles seraient exposées à être violées ; les familles perdraient leurs propriétés et seraient ruinées et détruites.

26°) Pour le communisme existe-t-il un droit sacré ?

Évidemment que non. Du moment qu’il nie l’existence de Dieu et de l’âme humaine, comment reconnaîtrait-il la dignité de l’homme ? Pour lui, le droit n’existe pas. Il ne reconnaît que la force.

27°) Pouvez-vous donner un exemple ?

Parfaitement ; si je donne un os à un chien, il n’acquiert pas un droit à cet os ; je puis donc le lui retirer sans blesser aucun droit, et cela parce que n’ayant pas d’âme, le chien n’est pas une personne et ne jouit d’aucun droit. En régime communiste, c’est exactement la même chose. L’homme n’ayant pas d’âme n’est pas une personne ; il n’a pas de droit. L’État lui donne ce qu’il veut et le lui retire quand il veut. Malheur à qui se plaint ; ou on le tue ou on l’envoie en camp de concentration. L’homme, pour eux, est moins qu’un esclave. C’est une bête.

28°) Quelle est la définition de l’homme ?

Pour la religion catholique, l’homme est un animal raisonnable, doté de personnalité et ayant des droits. Pour le communiste, c’est un animal fait pour travailler.

 

IV – L’essence de l’homme c’est d’être un instrument de travail

29°) Quel est le rôle du travail dans la vie ?

Pour le chrétien, le travail est le moyen d’acquérir les ressources nécessaires pour pouvoir jouir des biens que Dieu a créés pour lui. Le travail existe non pas en soi, mais pour l’homme.

Selon la doctrine communiste, l’homme a été créé pour le travail. Le travail est la fin de l’homme, la fin de la vie.

30°) Mais si l’homme est un animal travailleur, il doit donc travailler toujours ?

Selon la secte communiste, celui qui ne travaille pas n’est pas un homme. Plus il travaille, plus il est homme. Il peut ainsi changer sa propre nature, en vivant uniquement pour le travail.

31°) Mais alors l’homme n’a pas une nature stable que Dieu a créée ?

Selon la doctrine catholique, Dieu a doté l’homme d’une nature stable immuable. Pour le communisme, la loi universelle de l’évolution a insensiblement conduit la matière inerte à la forme humaine. Cette forme est en évolution, et c’est l’homme qui par son travail se donne lui-même sa propre nature. Il est donc créateur de lui-même.

32°) Mais alors qui doit être adoré ?

Pour le catholique, c’est évidemment Dieu, créateur du ciel et de la terre. Le communiste, lui, adore l’État communiste et totalitaire, refusant l’adoration à un Dieu dont il nie l’existence.

 

V – Révolution et chrétienté

33°) Quel est pour le communiste le critère suprême de la vérité, de la morale et du droit ?

Pour le communiste, c’est uniquement l’action révolutionnaire.

Ainsi, alors que pour le catholique, la fin suprême est Dieu et la vie éternelle, pour le communiste, la fin suprême de la vie est la révolution.

34°) Qu’est la Révolution avec majuscule ?

C’est le rejet de Dieu, du Christ, de l’Église, de tout ce qui provient d’eux, et l’organisation de la vie humaine en conformité avec la loi communiste et les passions de ses chefs… Son idéal est de créer la Cité sans Dieu, diamétralement opposée à la chrétienté qui est la Cité de Dieu.

35°) Qu’est-ce que la Chrétienté ?

C’est la Cité temporelle, mais organisée selon Dieu, c’est-à-dire conformément à la loi naturelle et à la parole de Dieu révélée par Jésus-Christ, transmise, interprétée et appliquée par l’Église catholique.

36°) Quels sont les fondements de la Chrétienté ?

Les fondements de la chrétienté sont doubles : le droit naturel et la Révélation que Jésus-Christ nous a apportée et que l’Église nous a transmise..

 

VI – Vertus qui font le fondement de la chrétienté et passions qui conduisent à la Révolution

37°) Sur quelles vertus se base la chrétienté ?

Elle se base surtout sur la foi, la chasteté et l’humilité.

38°) Quelles sont les passions désordonnées qui sont comme le ressort de la Révolution ?

L’orgueil qui rejette la foi, la sensualité qui rejette la chasteté, et la superbe qui rejette l’humilité.

39°) Quelles sont les conséquences de ces passions ?

De l’orgueil qui rejette la foi, vient la négation de la vie éternelle comme fin de l’existence terrestre, tout comme la négation de Dieu et du Christ comme Seigneur des hommes.

De la sensualité qui rejette la chasteté, découle un désir effréné de jouir de la vie, ce qui conduit au mépris de la famille et à sa dissolution.

Enfin, de la superbe qui rejette l’humilité, naît la révolte contre toute autorité divine et humaine et contre toutes les limitations normalement imposées à l’homme. Cela conduit logiquement à l’égalitarisme, idéal communiste de la société sans classes.

40°) Qu’entendez-vous ici par classe sociale ?

Classe sociale est l’ensemble des personnes et de leurs familles dont les fonctions, tout en étant diverses, sont égales en dignité. Ainsi : avocats, médecins, ingénieurs, officiers des forces armées, propriétaires terriens, malgré la diversité de leurs fonctions, constituent avec leurs familles une même classe sociale. Toutes les classes sociales sont dignes mais pas égales en dignité. Un exemple : le travail manuel est digne, puisqu’il a été exercé même par le Fils de Dieu. Toutefois, le travail intellectuel est considéré comme supérieur en dignité, l’esprit étant supérieur à la matière.

41°) A quel titre la famille fait-elle partie de la même classe sociale que son chef ?

Selon la loi naturelle et la doctrine de l’Église, la famille participe d’une certaine manière, non seulement au patrimoine, mais aussi à la dignité, à l’honneur et à la considération de son chef, avec lequel elle forme une seule unité morale. C’est pourquoi la famille appartient à la même classe sociale que son chef. En fait, la transmission aux enfants, non seulement du patrimoine des parents, mais aussi, d’une certaine manière, de l’honneur et de la considération qui sont liés au nom paternel est le propre de l’institution familiale. L’intégration de la famille dans la classe sociale lui donne un certain caractère de continuité héréditaire et de stabilité nécessaire à son continuel perfectionnement.

42°) Une personne peut-elle passer dans une classe à laquelle sa famille n’appartient pas ?

Chez les païens où sévit le régime des castes, elle ne le peut pas ; dans la religion chrétienne, un individu peut par ses mérites ou démérites personnels, soit s’élever au-dessus, soit décliner de sa classe. Ainsi le principe de l’hérédité s’harmonise avec celui de la justice.

Le communisme, lui, niant hérédité et justice, veut imposer une société sans classe.

 

VII – Le prolétaire, homme idéal d’après le communisme

43°) Si l’homme n’a pas de droits, comment la société peut-elle exister d’après les communistes ?

La société existera sans le droit, son existence est assurée par la force.

44°) Quelles sont les mains qui détiennent la force dans la société ?

A ceux qui représentent le type humain le plus parfait incombera la détention de la force dans la société.

45°) Selon le communisme, quel est le type humain le plus parfait ?

D’après les communistes, ce sont les prolétaires, attendu qu’il n’y a rien qui les rattache ni au passé, ni à la société présente. N’étant retenus par rien, une fois unis, ce sont eux qui constituent la plus grande force révolutionnaire. Le prolétaire, en effet, étant par définition un homme déraciné, exploité et malheureux, est délié des autres classes et de l’ordre social régnant. C’est donc lui, l’instrument idéal de la Révolution. 

46°) D’après le communisme, que doivent faire les prolétaires ?

Ils doivent faire la guerre aux autres classes afin d’implanter la dictature du prolétariat. Il faudra donc exterminer l’Église, le clergé, les nobles, les riches, les propriétaires, les intellectuels, tout ce qui est indépendant et croyant, bref détruire tout ce qui s’oppose à la Révolution.

 

VIII – La lutte des classes

47°) Comment s’appelle cette opposition, entre les prolétaires et les autres citoyens ?

Cette opposition à mort s’appelle la lutte des classes.

48°) Cette lutte durera-t-elle longtemps ?

Cette lutte ne se terminera que lorsque dans le monde entier, n’existera plus que la classe des prolétaires, c’est-à-dire des travailleurs qui ne possèdent rien en propre.

 

IX – La propriété, la vie humaine et l’esclavage de l’ouvrier

49°) L’individu en régime communiste, ne peut rien posséder ?

En régime communiste, l’individu ne peut posséder rien. Tout appartient à l’État.

50°) Le communisme n’admet-il pas parfois le droit de propriété ?

Quand il a conquis le pouvoir, le communisme concède parfois l’usage de quelque immeuble à l’un ou l’autre travailleur. Mais il ne reconnaît pas le droit de propriété, attendu qu’il peut, quand il le veut, reprendre tout à tous. En régime communiste, l’homme n’a pas même droit au fruit de son travail.

51°) Mais alors, en régime communiste, personne n’est maître de rien ?

En régime communiste, personne n’est propriétaire de rien : ni d’argent, ni d’une usine, ni d’un champ, ni d’une maison, ni d’une profession, ni de soi-même. Tout appartient à l’État. Tout dépend de lui.

52°) Mais alors, c’est un régime d’esclavage ?

Exactement, ce régime inaugure le plus complet esclavage, puisqu’il ne reconnaît à l’homme aucun droit.

53°) Mais au moins respecte-t-il la vie humaine ?

Mais non, du moment que l’homme n’est pas plus qu’un animal, le communisme n’a pas plus d’égard pour la vie humaine que nous n’en avons pour celle des animaux. S’il le juge nécessaire, il tue. Ainsi, pour soumettre la Russie à son joug, il n’a pas hésité à sacrifier au moins 20 millions de Russes, et en Chine 40 millions de Chinois, torturés, fusillés, enterrés vivants, morts de faim ou par suite des travaux dans les camps de concentration. En Chine, pour se débarrasser de plusieurs millions de lépreux, ils n’ont pas hésité à les fusiller ou à les brûler vifs. En Espagne, en 1936-37, les milices bolchevistes ont tué 11 évêques et 16 852 prêtres et religieux sans compter des milliers et des milliers d’honnêtes civils.

C’est partout la même chose : tant qu’ils ne sont pas au pouvoir, ils se présentent comme libérateurs et redresseurs de torts, ils sourient et tendent la main, pratiquent même la religion, si c’est utile pour tromper l’opinion ; mais, une fois maîtres absolus de la situation, commence l’application intégrale du régime avec toute sa sauvagerie, et cela dans tous les pays qu’ils dominent.

54°) En régime communiste, l’ouvrier peut-il se plaindre, faire grève, demander un changement d’emploi ?

Nullement, le Parti marque à chacun ce qu’il doit faire et exige qu’il produise au maximum. S’il a le malheur de se plaindre ou d’esquisser une tentative de grève, c’est immédiatement, sinon l’exécution capitale, au moins le camp de concentration. Sous ce régime, appelé pompeusement dictature du prolétariat, l’ouvrier n’a absolument aucun droit.

55°) Les communistes maintiennent-ils toujours les ouvriers dans la misère ?

Après 60 ans de domination dans tous les pays communistes, la situation des ouvriers est misérable. On leur promet qu’en Russie, ce n’est qu’en l’an 2000 que les ouvriers atteindront le même standard de vie que leurs collègues occidentaux. Le communisme ne s’intéresse au bien-être des ouvriers que dans la mesure nécessaire pour le rendement. On n’hésitera pas à se débarrasser d’un ouvrier malade, vieux, accidenté ; ne pouvant plus travailler, il n’a guère plus de valeur qu’un animal boiteux ou difforme. Bouche devenue inutile, on s’en débarrasse. Bref, la vie humaine ne compte pas.

56°) Dans les pays non communistes, est-ce que les communistes veulent vraiment améliorer la situation des ouvriers ?

Non, bien au contraire les syndicats communistes multiplient les grèves sans motif pour, en appauvrissant les ouvriers, provoquer les désordres, si possible des grèves générales qui paralysent le pays et, à la faveur du désordre, s’emparer du pouvoir, en se présentant comme les sauveurs. A ce moment, le peuple, longuement travaillé par une propagande mensongère qui a fait croire qu’ils étaient les seuls à pouvoir remettre de l’ordre, les accepte presque sans résistance comme des libérateurs. S’il se manifeste une résistance sérieuse, ils n’hésitent pas à faire appel à l’armée russe, comme on l’a vu en Hongrie et en Tchécoslovaquie.

57°) En pays communiste, y a-t-il une différence de richesse et de classe sociale ?

Le communisme, en promettant d’abolir les classes sociales, ment effrontément. La richesse, au lieu d’être divisée inégalement entre les mains de tous comme en pays capitaliste, ce qui permet quand même de vivre dans une certaine indépendance, est concentrée toute entière entre les mains du Parti, c’est-à-dire de ses dirigeants, proportionnellement au rang qu’ils occupent. Ce sont quelques milliers d’individus qui, s’étant par le mensonge, la force, la terreur, l’assassinat, appropriés toutes les ressources des particuliers, vivent dans le luxe et les plaisirs. Les ouvriers, eux, vivent dans la misère, n’ayant souvent par famille qu’un misérable réduit, où ils vivent entassés, partageant avec d’autres le même fourneau et les mêmes w.c. ; la différence entre patrons et ouvriers (disons mieux, esclaves) est incomparablement plus grande qu’en régime capitaliste.

 

X – Rôle de Satan

58°) Qui a inventé ce régime ?

C’est Satan lui-même qui sait que le meilleur moyen de conduire les âmes à leur damnation éternelle est de les faire se révolter contre l’ordre institué par Dieu.

59°) Comment Satan recrute-t-il ses adeptes ?

En promettant aux hommes le paradis sur terre, s’ils renoncent à Dieu et au ciel. Il réussit à les tromper comme il le fit pour nos premiers parents, et le résultat, c’est l’enfer sur terre et dans l’éternité. Quel triomphe pour lui…

 

XI – La violence et la liberté

60°) Comment s’implante le régime communiste ?

En général, il s’implante par la violence. Les communistes tâchent d’arriver au pouvoir de quelque manière : par les élections, la pression des troupes étrangères, des guérillas, des coups armés… Une fois au pouvoir, ils confisquent les armes, rendant impossible toute résistance, et au nom du prolétariat implantent la dictature.

61°) Mais alors, ce sont les ouvriers qui commandent ?

Pas du tout ; n’oubliez pas que le communisme est menteur par essence ; quand il parle de liberté, il s’agit d’esclavage, quand il dit dictature du prolétariat, gouvernement du peuple, cela veut dire dictature des chefs sur le peuple réduit en esclavage. Payé ou non, l’ouvrier doit travailler sous peine d’être emprisonné ou même fusillé.

62°) Le communisme admet-t-il le droit de grève ?

Dans les pays qu’ils veulent dominer, remarquez que c’est la C.G.T. et autres partis communistes qui réclament et usent le plus de la grève, hypocritement, comme moyen de revendication, réellement pour ruiner le pays et les ouvriers eux-mêmes et, par la misère qu’engendre la grève, les conduire à la révolte, et finalement à la révolution rêvée. Mais, une fois maîtres du pays, ils interdisent la grève sous peine de mort.

63°) C’est uniquement grâce à la violence que le communisme arrive à dominer ?

Oui, c’est à peu près la règle générale ; mais il faut avouer que beaucoup d’attitudes des chrétiens le facilitent considérablement.

 

XII – Le matérialisme de l’Occident ouvre la voie au communisme

64°) Quelle est l’attitude des chrétiens qui prépare la victoire du communisme ?

Comme le communisme naît du matérialisme, de la sensualité et de l’orgueil, le matérialisme pratique des chrétiens qui vivent comme si l’éternité n’existait pas, crée le bouillon de culture où prolifère le bacille communiste.

65°) Donnez quelques exemples de ce matérialisme pratique.Voici quelques exemples : ne songer qu’à gagner de l’argent et jouir des plaisirs de la vie, même licites, n’avoir aucun intérêt pour la prière et la pénitence, s’adonner aux jeux avec passion et fréquenter les maisons suspectes ; s’habiller d’une manière indécente, fréquenter les plages et les danses modernes ; lire les revues obscènes ; fréquenter le cinéma et la télévision immorale, et en conséquence de tout cela, méprisant la grâce sanctifiante, boire l’iniquité comme de l’eau.

Cette vie de péché, en bestialisant l’homme, ôte toute fibre morale, toute force de résistance et prédispose au communisme. Dans tous les pays où la secte communiste est reconnue officiellement comme parti politique, il introduit et développe au maximum tous ces désordres sous prétexte de favoriser la liberté. Il multiplie dans la presse et la télévision les campagnes de diffamation contre les gouvernements qui tâchent de se défendre contre ces désordres, les qualifiant de fascistes et tyranniques, afin de provoquer des sanctions de la part de l’O.N.U. et des grandes nations et ainsi entraîner leur chute. Exemple : le Chili, le Portugal, l’Espagne, etc.

 

XIII – Réfutons une calomnie

66°) Les communistes accusent l’Église de n’avoir rien fait en faveur des ouvriers ; qu’en est-il en réalité ?

C’est une pure calomnie. L’histoire prouve que, du temps des Romains, c’est l’Église qui a aboli l’esclavage, et défendu les faibles contre les puissants. C’est elle qui a ennobli la femme qui, chez les païens, était traitée comme une bête de somme ; elle qui a enseigné aux riches à secourir les pauvres ; elle qui a multiplié les œuvres d’assistance, crèches, dispensaires, hôpitaux ; elle qui enseignait l’enfance et la jeunesse jusqu’à la Révolution française de 1789 ; toutes les œuvres d’assistance, tous les collèges, écoles primaires étaient entre ses mains. Elle qui avait organisé les ouvriers en corporations, chaque métier ayant la sienne. Ces grandes sociétés, où patrons et ouvriers vivaient fraternellement unis, s’occupaient non seulement de la formation technique, mais de la prospérité matérielle et du bien spirituel de l’ouvrier et de sa famille, donnant assistance en cas de maladie, les accompagnant jusqu’au tombeau. En France, la Révolution spolia tous les biens ecclésiastiques, supprima toutes les corporations. De ces suppressions ni l’Église, ni le peuple, ni les ouvriers ne se sont jamais relevés.

Toutefois, en Allemagne, ces corporations continuèrent plus ou moins à fonctionner jusqu’à la Révolution de 1848.

67°) Après 1848, l’Église n’a plus rien fait en faveur des ouvriers ?

L’individualisme introduit par la Révolution française a détruit les corporations catholiques laissant les ouvriers abandonnés à eux-mêmes. C’est alors que l’Église commença une grande bataille en leur faveur, simultanément sur trois points.

68°) Quel fut le premier point que l’Église attaqua ?

La première chose fut de diminuer la misère des individus : pour cela, elle multiplia les hôpitaux, orphelinats, asiles pour vieillards, écoles, crèches et autres œuvres d’assistance sociale. Dans divers pays, spécialement d’Amérique latine, ces œuvres subsistent encore très nombreuses.

En France, jusqu’au début de ce siècle, l’Église maintenait encore beaucoup d’œuvres d’éducation et d’assistance. Mais à deux reprises, des lois persécutrices ayant expulsé les religieux et s’étant emparé des biens ecclésiastiques, la plupart de ses œuvres sont tombées au pouvoir de l’État laïc, ce qui a provoqué leur décadence, alors qu’entre les mains des religieux et des sœurs elles fonctionnaient admirablement.

69°) Quel fut le second point que l’Église attaqua ?

Tout en travaillant à secourir la misère, l’Église s’attaquait aux causes qui engendrent cette misère. A partir du pontificat de Pie IX et encore davantage sous celui de Léon XIII, elle insistait dans ses encycliques, tant auprès des riches et des patrons qu’auprès de l’État et des ouvriers pour que, se rappelant l’ordre social tel que Notre-Seigneur l’a fondé, ils s’appliquent tous dans un accord mutuel à améliorer les conditions de vie des ouvriers. Les papes enseignaient que le travail n’est pas une marchandise, et que l’homme qui travaille a droit à un salaire qui réponde aux conditions suivantes : salaire suffisant pour lui permettre une vie décente ; suffisant pour lui permettre d’éduquer et de nourrir ses enfants ; suffisant enfin pour permettre au travailleur actif et intelligent de se constituer un pécule qui lui garantisse ses vieux jours.

70°) Les enseignements des papes ont-ils eu un résultat ?

Oui, ces enseignements ont modifié complètement, en bien des pays, la mentalité des patrons et des ouvriers et amélioré fort heureusement leurs conditions de vie. Et elle continue de le faire : c’est ainsi que le pape Jean XXIII a publié l’encyclique Mater et Magistra, insistant encore sur la nécessité pour les patrons de traiter leurs ouvriers avec plus de justice et de charité.

71°) Quel est le troisième point que l’Église attaqua ?

Tandis que l’Église s’attaquait aux misères les plus criantes et immédiates et enseignait aux patrons et aux ouvriers à modifier leurs relations pour les rendre conformes à la justice et à la charité, elle promouvait la fondation d’associations et de cercles ouvriers ; ainsi, pour ne rappeler que les plus connus, le comte de Montalembert, Albert de Mun, l’abbé Lamy, etc. ont travaillé en faveur des ouvriers. Diverses confédérations de Travailleurs Chrétiens furent fondées en France, Italie, Allemagne, etc.

72°) Les papes ont-ils insisté sur d’autres points ?

Les papes ont toujours recommandé aux ouvriers de s’unir dans la défense de leurs droits, mais sans offenser ceux de leurs patrons. Les papes ont ensuite conseillé et invité les patrons à améliorer continuellement, dans la mesure des possibilités de leur industrie, le salaire et les conditions de vie des travailleurs, sans se limiter à ne leur donner que ce qui est strictement juste, mais même plus.

73°) Nommez quelques papes qui se sont distingués, qui ont travaillé en faveur des ouvriers par leurs encycliques ?

Le plus fameux est Léon XIII par l’encyclique Rerum novarum, puis vient saint Pie X, grand ami des ouvriers, le pape Pie XI par l’encyclique Quadragesimo anno, et Jean XXIII par Mater et Magistra.

74°) Nommez les papes qui ont excellé par leur lutte contre le communisme ?

Tous, de Pie IX jusqu’à Jean XXIII. Rappelons surtout Pie XI, condamnant solennellement le communisme par l’encyclique Divini Redemptoris, et Pie XII, fulminant l’excommunication contre tous les inscrits dans cette secte et ceux qui coopéraient avec eux.

75°) Quelles sont les conséquences pratiques de cette excommunication ?

Les membres du Parti communiste et ceux qui collaborent avec eux ne peuvent recevoir les sacrements, être parrains de baptême, de confirmation ou témoins de mariage, sont privés de sépulture ecclésiastique et des suffrages officiels de l’Église après leur mort.

76°) Les communistes ont-ils le droit de propager leur doctrine par discours imprimés, radio, télévision, etc. ?

Non, d’après la doctrine catholique, l’erreur n’a pas droit à la divulgation. C’est aux pouvoirs publics à s’opposer à cette propagande, tout comme c’est au gouvernement qu’il revient d’interdire la vente de drogues ou de poisons.

 

XIV – Le socialisme

77°) Existe-t-il d’autres moyens de préparer les hommes au communisme ?

Mais oui ! C’est le socialisme.

78°) Qu’est-ce donc que la socialisme ?

C’est un système qui enseigne que tous les moyens de production et d’éducation doivent être nationalisés par l’État, c’est-à-dire que l’État en soit le propriétaire, et que par conséquent, les individus doivent tout recevoir de l’État.

79°) Aux yeux des socialistes, quel est le rôle de l’individu ?

L’individu est moyen et non fin de la société. L’État doit donc s’occuper de tout, distribuer tout : éducation, ressources, ne laissant à l’individu que ce que l’État ne peut vraiment faire.

80°) Sur ce point, le socialisme est identique au communisme ?

Non, pas tout à fait. Si la fin de l’un et de l’autre est la même, à savoir l’établissement d’une société sans classes, les moyens sont différents. Le socialisme tâche d’obtenir ce résultat en douceur, en utilisant la propagande doctrinaire, les élections, alors que le communisme, plus pressé, préfère recourir à la violence. Fins identiques, mais moyens différents. Le socialisme est comme une rampe sur laquelle le monde glisse tout doucement de l’ordre naturel et divin, vers l’effroyable tyrannie soviétique.

81°) Existe-t-il des formes modérées de socialisme ?

Dès que l’État exagère sa mainmise au détriment de l’initiative particulière ou de la propriété privée, c’est un début de socialisme.

82°) Le catholique peut-il être socialiste ?

Non, attendu que le socialisme contredit la doctrine de l’Église qui proclame le principe suivant : l’État existe afin de pourvoir aux nécessités du bien commun que ni les individus, ni les familles, ni les sociétés intermédiaires ne sont capables de promouvoir. Ce principe, défendu par l’Église et spécialement par Jean XXIII dans Mater et Magistra, s’appelle « principe de subsidiarité ».

83°) Que disent les papes du socialisme modéré ?

Ce socialisme, disent-ils, bien que modéré, consistant dans une ingérence exagérée de l’État, est condamnable, parce que incompatible avec la justice et l’ordre naturel établi par Dieu. Dans l’encyclique Quadragesimo anno le pape Pie XI démontre qu’il est inconciliable avec la doctrine catholique.

84°) Que devons-nous dire de ce qu’on appelle « socialisme chrétien » ou « catholique » ?

Ce qu’on appelle « socialisme chrétien » ou « socialisme catholique » est une aberration aussi monstrueuse que pourrait l’être un « protestantisme catholique » ou un « cercle carré ».

 

XV – La conquête du peuple – Les élites et la masse

85°) De quelle tactique se sert le communisme pour conquérir les élites ?

Elle consiste à promouvoir la convivialité et la collaboration avec des noyaux de la secte. On les habitue ainsi à agir comme matérialistes, et ainsi, petit à petit, ils en viennent à penser comme ils agissent, c’est-à-dire en matérialistes athées.

86°) De quels moyens se sert-il pour conquérir les masses ?

Ses deux principaux moyens sont la révolte et les promesses. Par le moyen de la révolte, il soulève les pauvres contre les riches. Au moyen des promesses, il fait naître dans les cœurs la jalousie, l’envie et l’ambition. Pour conquérir les intelligences, il utilise une propagande mensongère et haineuse, moins faite pour convaincre que pour saturer les cerveaux d’idées conformes à la doctrine du Parti et démolir les autres idées. Ils répètent les mêmes slogans, vrais ou faux, peu importe, jusqu’à en saturer les cerveaux.

 

XVI – Les points les plus visés : la réforme agraire

87°) Quels sont les points les plus visés par la secte communiste, dans sa campagne pour s’emparer du pays ?

Les points les plus visés par la secte communiste dans la première période de sa conquête, qui a pour but la destruction de la société catholique, sont les suivants : elle attaque le droit de propriété, l’armée, la patrie, la famille, et surtout la religion. Pour briser toute résistance, elle s’efforce de provoquer une violente haine du peuple contre tout ceci.

88°) Quelles sont les réformes qu’elle fait pour dominer le pays ?

Elle prêche la nécessité de quatre réformes : agraire, urbaine, industrielle et commerciale, ayant toutes un caractère franchement spoliateur et socialiste.

89°) En quoi consiste la réforme agraire promue par les communistes ?

Prenant pour prétexte la situation souvent misérable du travailleur rural, ils poussent à la confiscation de propriétés grandes et moyennes en vue de les diviser, disent-ils, entre les travailleurs. Seulement voilà, toutes les propriétés, étant réduites au minimum, sont grevées de tels impôts que très rapidement elles sont confisquées par l’État qui ainsi devient l’unique propriétaire, propriétaire tout-puissant avec lequel on ne discute pas, sous peine de prison ou de mort.

90°) Comment la réforme agraire prépare-t-elle la Révolution ?

1 - Elle détruit les élites rurales, colonne indispensable de l’ordre social.

2 - Par la résistance qu’elle rencontre elle provoque dans les villages luttes, violences, homicides et suicides.

3 - De là naissent pénurie et famine à la campagne et en ville.

4 - Le peuple n’ayant plus de quoi vivre est acculé au désespoir, n’ayant aucun moyen de résistance (les communistes ayant déjà depuis longtemps confisqué toutes les armes) c’est alors que les communistes frappent leur dernier coup en installant définitivement la Révolution.

91°) Est-ce que l’Église approuve une réforme agraire qui viole le droit de propriété ?

Évidemment que non, elle considère comme sacré le droit de propriété, qu’il s’agisse de la grande ou de la petite propriété acquise légitimement.

92°) A quelles conditions l’Église préconise-t-elle la réforme agraire ?

1 - Que soit respecté le droit de propriété.

2 - Que le gouvernement fournisse au travailleur rural assistance technique, sociale et financière.

3 - Que soient, en premier lieu, ouverts à l’agriculture les domaines de l’État.

4 - Que soit accordé un crédit aux grands propriétaires terriens qui veulent bien coloniser leurs terres.

5 - Que soit accordée une assistance religieuse et éducative.

6 - Que soit favorisée la fondation de coopératives agricoles libres par l’initiative particulière et que soient facilités le transport et la conservation des céréales.

93°) L’Église condamne-t-elle l’expropriation de la terre pour un but social ?

Dans la ligne de ses principe, l’Église admet l’expropriation des terres dans un but social, mais seulement dans des conditions déterminées ; il faut que :

a) – L’utilité commune à atteindre, ou le dommage commun à éviter, ait de telles proportions qu’elle justifie le sacrifice imposé au propriétaire.

b) – Cette utilité ne peut être atteinte, ni ce dommage évité, si ce n’est par l’expropriation, dans la mesure où tout autre solution raisonnable se révèle impossible.

c) – Que se soit révélée vaine toute tentative de cession amicale des terres de la part du propriétaire.

d) – Que celui-ci soit immédiatement indemnisé pour la perte subie.

94°) Existe-t-il d’autres cas particuliers de juste expropriation ?

Oui. Par exemple, alors que l’État réalise de grands travaux dans une région, il peut, au préalable, acquérir les terres dont il devient bénéficiaire, dans le but de faire jouir le maximum de personnes des avantages de l’œuvre exécutée avec l’argent de tous (par exemple toutes les grandes œuvres d’amélioration, la construction de routes, de canaux, d’aqueducs, etc.).

 

XVII – L’idéal du communisme : la société sans classes – L’égalitarisme

95°) Quel est l’idéal lointain que poursuit le communisme ?

La société communiste, l’idéale d’après les promesses de la secte, se réalisera quand, après les horreurs de la dictature du prolétariat, aura été engendrée une société sans classes et sans propriétaires, où tous seront égaux et tous travailleront, chacun selon ses forces et où chacun recevra de l’État tout ce dont il a besoin. Ce sera là le paradis terrestre promis par la secte, et qui n’aura jamais de réalisation.

96°) Est-ce que cet idéal correspond à la volonté de Dieu ?

Évidemment que non ; il y est au contraire opposé en des points essentiels que voici :

1 - Dieu ne veut pas que nous trouvions le paradis sur terre, mais bien que, parmi des joies très pures, nous rencontrions aussi de grandes souffrances, et qu’ainsi par la croix bien acceptée, nous nous sanctifiions.

2 - Dans les desseins de Dieu, c’est à chacun à chercher son bonheur, aidé en cela par l’État, mais non substitué par lui.

3 - Dieu veut enfin qu’il existe entre hommes et femmes une certaine inégalité, tempérée d’ailleurs par la charité et la justice de manière à éviter de trop grands écarts de conditions.

97°) Alors Dieu voudrait qu’il y ait des pauvres et des riches, des nobles et des plébéiens ?

Parfaitement, pourvu que ces différences de conditions soient basées sur la charité et la justice ; ainsi sont-elles acceptables sans provoquer jalousie et révolte, ce qui n’arrive pas, en régime communiste où l’inégalité est le résultat de la tyrannie et de la haine.

98°) Quelle est l’ultime raison de l’inégalité entre les hommes ?

Mais c’est la liberté et l’usage différents que font les hommes de talents, de vertus et de ressources naturellement inégaux ; selon qu’ils savent et veulent s’en servir pour le bien ou le mal, les résultats d’un chacun sont très différents, donc très inégaux.

Cette tendance qui porte les hommes à haïr toute différence sociale est le résultat de l’orgueil, de l’envie, de l’avarice, et s’appelle égalitarisme. Elle est artificiellement cultivée et exploitée par les communistes au profit de la lutte des classes.

99°) Comment s’appelle la tendance à haïr toutes les différences sociales et à désirer l’avènement d’une société sans classes ?

La tendance qui porte les hommes à vouloir que tous soient égaux, et par conséquent à haïr les différences de classes, s’appelle l’égalitarisme.

100°) Quels sont les vices qui entretiennent l’égalitarisme ?

Les vices qui entretiennent l’égalitarisme sont :

a) – l’envie, qui fait que l’on n’admet pas que notre prochain soit meilleur, plus savant ou plus riche que nous.

b) – l’orgueil, qui ne tolère personne au-dessus de soi.

c) – la superbe, qui est contraire à tous les desseins divins.

101°) Que demande la justice sociale ?

La justice sociale demande que l’État tende (par ses lois, etc.) à ce que chaque famille ait, grâce à son travail, le nécessaire pour subsister honnêtement, éduquer ses enfants, réduisant au minimum le nombre des nécessiteux, et que les riches ne soient pas trop riches.

Elle impose principalement que la société et l’État veillent à ce que chaque famille puisse obtenir par son travail ce qui est nécessaire à sa subsistance, à l’éducation de ses enfants et ait la possibilité d’épargner, de manière à réduire au minimum le nombre des miséreux, à faire en sorte que les riches ne le soient pas trop et que la classe moyenne devienne la plus nombreuse.

102°) La justice sociale demande-t-elle que tous soient égaux en fortune et en position sociale ?

Non. Si tous étaient égaux, ce serait une injustice sociale, parce cela conduirait à détruire la liberté, l’initiative privée et le droit des enfants à hériter de leurs parents.

La bonne société catholique et humaine n’est pas égalitaire, elle est hiérarchique.

[Nota. Les quatre questions suivantes ne se trouvent pas dans l’édition portugaise que nous avons consultée.]

103°) Quel est le chemin de la progression sociale ?

Les chemins de la progression sociale sont multiples :

a) – la vertu morale ;

b) – l’engagement maximum dans le travail qui nous fait produire plus que ce dont nous avons besoin ;

c) – l’économie qui nous fait dépenser moins que ce que nous gagnons ;

De ces deux nobles vertus – le travail qui en est le père et l’économie la mère – naît un noble et légitime fils qui s’appelle le capital ;

d) – la capacité, la compétence et la persévérance.

104°) Quels devoirs ont les riches envers les pauvres ?

Les riches ont envers les pauvres un double devoir moral :

a) – dans les cas de misère extrême mais momentanée, il faut les secourir par des largesses immédiates et adéquates pour surmonter la crise présente ;

b) – dans les cas de misère chronique, aider les familles nécessiteuses à trouver un travail pour tous les membres actifs de celles-ci et qui leur donne un gain suffisant et stable ;

c) – destiner le surplus de leurs ressources, tout en gardant les dépenses nécessaires au maintien de leur condition sociale, aux pauvres, au bien commun et aux œuvres de l’Église.

105°) Les riches ont-ils le devoir de se dépouiller de leurs richesses ?

Non. Les riches n’ont pas l’obligation de se faire pauvres. Mais ils ont l’obligation d’aider fraternellement les pauvres. La façon la plus intelligente de fournir cette aide est de faire circuler leurs richesses. De cela naît l’augmentation de la production et la multiplication des postes de travail, de telle façon que même les plus pauvres puissent facilement trouver une occupation et un gain. De cette manière, l’économie nationale est favorisée, et tous peuvent vivre des fruits copieux de la collaboration harmonieuse entre travail et capital.

106°) Quel est le fondement de la solution chrétienne du problème social ?

a) – Le fondement premier est la justice.

b) – Le second est l’amour fraternel des riches envers les pauvres et des pauvres envers les riches.

c) – Le troisième est le travail qui, uni à l’économie, donne naissance au capital.

d) – Le quatrième est la compétence.

e) – Le cinquième est la persévérance.

Sans ces fondements tout effort pour rendre meilleure la condition d’un peuple n’est qu’une construction sur le sable. Et par dessus tout, il faut que nous ayons la bénédiction de Dieu.



[1]  — C’est Mgr Achille Glorieux, secrétaire de la commission mixte pour le schéma XIII, qui a « malencontreu­sement » égaré la pétition demandant la condamnation du communisme signée par 332 Pères conciliaires. Voir Ralph M. Wiltgen s.v.d., Le Rhin se jette dans le Tibre, Le concile inconnu, Paris, Éd. du Cèdre, 1973, p. 269-274, et Mgr Bernard Tissier de Mallerais, Marcel Lefebvre, Étampes, Clovis, 2002, p. 320-322.

[2]  — Voir la plaquette d’Arnaud de Lassus, Genèse de la révolution culturelle – l’École de Francfort, AFS, 2000.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 81

p. 50-73

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