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Mode et modestie

Puisque l’été ramène la chaleur et… les tenues légères, nous publions ces quelques documents sur la modestie chrétienne. Rappelons-nous aussi que l’indécence dans les vêtements est voulue par la Révolution pour détruire le christianisme, comme il ressort des instructions de la Haute-Vente découvertes et publiées par Crétineau-Joly sur ordre de Pie IX :

« Popularisons le vice dans les multitudes. Qu’elles le respirent par les cinq sens, qu’elles s’en saturent. […] Faites des cœurs vicieux, et vous n’aurez plus de catholiques. […] C’est la corruption en grand que nous avons entreprise, la corruption du peuple par le clergé et du clergé par nous, la corruption qui doit nous conduire à mettre un jour l’Église au tombeau. […] Le meilleur poignard pour frapper l’Église au cœur c’est la corruption. A l’œuvre donc jusqu’à la fin [1] ! »

Le Sel de la terre.


Rappel de quelques règles de modestie chrétienne

par Mgr Bernard Fellay, Supérieur Général de la Fraternité Saint-Pie X

 

Comme nous constatons aujourd’hui chez beaucoup une tendance indiscrète à l’allégement de l’habillement, il n’est peut-être pas inutile de rappeler quelques principes d’éthique à ce sujet :

– L’indécence est un péché, péché de scandale et cause de péché pour le prochain, dont une bonne part de la responsabilité et de la peine est à attribuer à celui qui en est la cause.

– Il n’est en aucun cas permis de porter un vêtement indécent. Ne peut certainement pas être appelée décente une robe qui ne couvre pas les genoux quand la personne est assise, ou qui laisse apparaître, soit par des fentes, soit par transparence, ce que la pudeur ne permet pas de montrer, c’est-à-dire, les jambes au-dessus des genoux. La même chose doit être dite des vêtements – tant masculins que féminins – qui épousent la forme du corps.

– Quant au décolleté et aux épaules découvertes, voici ce qu’en disait le cardinal vicaire du pape Pie XI : « Une robe dont le décolleté descend de plus de deux doigts au-dessous du cou et qui ne couvre pas les bras au moins jusqu’au coude, ne peut-être dite décente. »

– En plus de ces règles générales, la visite d’une église requiert un habillement correspondant à la sainteté des lieux.

 *

 

Une croisade pour la puret 

par l’abbé Philippe François, FSSPX

Notre-Dame disait à la petite Jacinthe à Fatima : « Il viendra des modes qui offenseront beaucoup mon divin Fils. » Les modes actuelles nous montrent combien sa prophétie se réalise, car elles poussent aux péchés, et aux péchés graves, hélas, déjà par les pensées, les mauvais désirs qu’elles provoquent.

Contre ces désirs, le Christ avertit solennellement dans l’Évangile : « Et moi je vous dis que quiconque regarde une femme avec convoitise a déjà l’adultère dans son cœur » (Mt 5, 28).

Nous lisons dans la vie de sainte Françoise Romaine une vision qu’elle eut de l’enfer en l’année 1414 et qui dura quatre heures : Dieu voulut lui montrer certaines dames qu’elle avait connues dans la société romaine. Pour quelles fautes étaient-elles damnées ?

– Pour des désirs coupables, quoique non suivis d’effet ;

– Pour des tenues indécentes, qui suivaient la mode de ce temps, cause de séduction et de péché ;

– Pour des danses que le monde déclare inoffensives.

Cette vision de l’enfer marqua tellement sainte Françoise qu’elle la fit peindre sur les murailles de sa chapelle comme un perpétuel souvenir des justices du Seigneur. Et ensuite, Dieu lui donna pour mission de retirer de leur luxe et de leur vanité les dames romaines.

 

Le christianisme renouvelle l’homme à l’image de Jésus-Christ

Notre société est bien pire que celle de Rome à la Renaissance. Que faire pour ne pas céder à la corruption ambiante, et en particulier pour l’habillement ? Rappelons ici quelques principes catholiques qui guidèrent notamment le père Emmanuel, au Mesnil-Saint-Loup, pour restaurer la société chrétienne dans sa paroisse qu’il plaça sous la protection de Notre-Dame de la Sainte-Espérance.

Le christianisme n’est stable et solide qu’autant qu’il pénètre l’intégrité de la personne baptisée. Ainsi le christianisme doit pénétrer tout d’abord l’intérieur de l’homme. En le renouvelant à l’image de Jésus-Christ, il en arrive à régler l’extérieur lui-même : actes, paroles, attitude, d’après cette même image.

Il ne suffit pas, nous dit saint Paul, de « croire de cœur » ; si l’on veut être sauvé, il faut aussi « confesser de bouche », et cette confession extérieure de la foi doit s’étendre à tous les gestes, à toutes les démarches, à toutes les habitudes et relations du chrétien. On comprend par là l’importance de la pratique de la modestie chrétienne chez les femmes. Une femme vaniteuse ment aux engagements de son baptême ; une femme qui cherche à attirer sur elle les regards des hommes montre par là même qu’elle n’a aucun souci de plaire à Jésus-Christ.

 

La modestie d’une femme, indice de l’habitation de Jésus-Christ dans son cœur

Par la sainte communion, Notre-Seigneur s’empare de notre être tout entier, de sorte que l’âme lui demeure soumise par l’humilité et que le corps lui-même soit assujetti par la retenue et la modestie. D’où il suit qu’une personne qui va à la communion doit trancher, même du dehors, sur une personne qui ne communie pas.

En un mot, la modestie pour une femme est l’indice de l’habitation de Jésus-Christ dans son cœur ; elle est le parfum d’édification qu’elle est appelée à répandre.

La modestie dans la tenue est donc un moyen indispensable de rendre les âmes plus attentives aux obligations contractées lors du baptême. Elle est une conséquence de ce dogme de notre foi : l’âme du baptisé est habitée par la Sainte Trinité, son corps est le temple du Saint-Esprit. Saint Paul, inspiré infailliblement, nous l’enseigne :

Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-même ? […] Glorifiez donc Dieu dans votre corps (1 Co 6, 19-20).

La mode actuelle, au contraire, déshonore, corrompt la femme chrétienne. Elle est faite pour séduire, pour exciter la concupiscence, au détriment de la beauté spirituelle qui est la vraie fin de notre vie. C’est une entreprise maçonnique. La destruction de la société chrétienne, à laquelle travaillent les loges depuis plus de deux siècles, passe par la ruine de la modestie chez les baptisés. Cette corruption voulue, programmée, est réalisée méthodiquement.

 

Principes de la modestie chrétienne

En règle générale, le vêtement doit dissimuler les formes du corps au lieu de chercher à le mettre en valeur. Alors seulement il peut être appelé « décent ». Est donc exclu pour la femme le port du pantalon qui est un vêtement masculin. Le vêtement féminin au contraire est une jupe ou une robe qui doit couvrir les genoux lorsque la femme est assise.

La décence du vêtement n’est pas à respecter seulement le dimanche à l’heure de la messe ; elle est indispensable pour tous les jours de la semaine. Le principe d’action n’est pas ici de se dire que le pantalon, la jupe-culotte, etc. sont plus confortables, mais bien de faire la volonté de Dieu en « l’aimant en toutes choses et par dessus toutes choses » (oraison du 5e dimanche après la Pentecôte).

En particulier pour l’assistance à la messe, on doit encore veiller davantage à la décence des vêtements. La femme doit avoir la tête couverte lorsqu’elle prie. « Toute femme qui prie […] la tête non voilée déshonore sa tête » (1 Co 11, 5). Ainsi l’ont toujours enseigné les papes. Saint Pie X a fait mettre cette règle dans le Droit Canon (can. 1262). C’est un signe de soumission, d’humilité qui attire les bénédictions de Dieu.

Ce n’est pas quelque chose d’indifférent ; comme ce signe émane de la personne elle-même, il dit aussi qui est cette personne.

La femme comme l’homme doivent avoir les bras couverts à l’église au moins jusqu’au coude, même s’il fait chaud. Voilà une mortification que nous pouvons offrir à Notre-Seigneur, qui a souffert dans son corps pour nous racheter. Sachons aussi faire pénitence pour l’imiter.

 

Soyez fils de Dieu tout d’une pièce

Il faut tenir à ces règles, dont nous rappelons seulement l’essentiel, sans respect humain et particulièrement maintenant.

Car [comme le disait Dom Bernard Maréchaux], le mal du jour est celui-ci : la ligne de démarcation tend de plus en plus à s’effacer entre chrétiens et hérétiques et même idolâtres. Le cancer du libéralisme s’attaque à tous et il risque toujours de nous atteindre. Ceux qui se disent encore catholiques vivent trop souvent comme ceux qui ont renoncé à ce titre. Les femmes soi-disant pratiquantes portent les mêmes vêtements que les non pratiquantes, elles ont les mêmes lectures, les mêmes revues, fréquentent les mêmes spectacles, souvent immoraux. Elles ne prient plus et ne font plus pénitence. C’est la confusion dans la mondanité et la licence. Par suite de ces mœurs, l’Église tend à se dissoudre dans le monde, la chrétienté dans l’humanité déchue. On ne trouve que trop rarement des catholiques auxquels on puisse appliquer les paroles de saint Paul : « Soyez fils de Dieu, tout d’une pièce, sans reproche au milieu d’une nation dépravée et perverse, parmi laquelle vous luisez comme des flambeaux en ce monde » (Ph 2, 15). Les premiers chrétiens, par leur conduite, tranchaient sur les païens comme des flambeaux sur un fond obscur, et le spectacle de leur courage et de leur vertu attirait puissamment les idolâtres à la foi. C’est ce qui ne se voit pas aujourd’hui, sauf des exceptions trop rares. Tout est confondu dans le même laisser-aller.

 

L’appel de Pie XII pour une croisade de la pureté

Pie XII ne disait pas autre chose en s’adressant à des jeunes filles catholiques pour combattre le même libéralisme déjà pendant la guerre (Allocution du 22 mai 1941 aux jeunes filles de l’Action Catholique de Rome, membres de la Croisade de la Pureté) :

Nombre de femmes croyantes et mêmes pieuses, en acceptant de suivre telle ou telle mode audacieuse, font tomber par leur exemple les dernières hésitations qui retiennent une foule de leurs sœurs loin de cette mode, qui pourra devenir pour elles une cause de ruine spirituelle. Tant que certaines toilettes provocantes demeurent le triste privilège de femmes de réputation douteuse et comme le signe qui les fait reconnaître, on n’osera pas les adopter pour soi. Mais le jour où ces toilettes apparaissent portées par des personnes au-dessus de tout soupçon, on n’hésitera plus à suivre le courant, un courant qui entraînera peut-être aux pires chutes.

C’est bien à une croisade de la pureté que Pie XII appelait les catholiques. Ce bon exemple est un grand acte de charité. Quel apostolat visiblement béni de Dieu ! Rappelons à ce propos le rôle si important des mères chrétiennes dans l’éducation des enfants, de leurs filles en particulier, pour leur inculquer, toutes petites, le sens et l’amour de la modestie chrétienne.

 

Ève séductrice ou Marie Médiatrice

« Si l’homme est tombé par une femme, il n’est relevé maintenant que par une femme », dit saint Bernard (2e Homélie sur l’Évangile de l’Annonciation). Celle-ci perd l’homme par l’étalage de sa vanité, elle le sauvera par la vertu de sa modestie : le monde moral oscille entre Ève et Marie. Ève, séductrice, détourne l’homme de Dieu ; Marie, médiatrice, le fait revenir à Dieu. Tant que la modestie chrétienne ne sera pas pratiquée, la société ne se relèvera pas.

Que la dévotion à la Sainte Famille nous arme de courage pour cette croisade de la pureté !

Notre-Dame de la Sainte-Espérance, convertissez-nous !



Lettre pastorale sur la modestie dans l’habillement

par Mgr Antonio de Castro-Mayer

 

Mgr Antonio de Castro-Mayer († 1991), évêque de Campos au Brésil, fut, dès le début de la crise conciliaire, un gardien vigilant et un pasteur exemplaire pour son troupeau : il défendit la foi catholique mais aussi la morale liée nécessairement au dogme enseigné par l’Église. Son combat pour la modestie chrétienne, écho de la croisade de la pureté à laquelle le pape Pie XII avait appelé les catholiques, lui fit écrire des textes magnifiques dont nous devons faire notre profit aujourd’hui plus que jamais.

On notera, vers la fin du texte, les consignes très claires et courageuses données pour les cérémonies de mariage.

Que le compagnon de lutte de Mgr Lefebvre intercède pour nous afin qu’il en soit ainsi chez les traditionalistes !

 *

Nous sommes nés avec une nature blessée et nous avons besoin de couvrir notre corps pour éviter les écarts de la concupiscence.

Ce besoin, qui découle du dogme du péché originel est ignoré toutes les fois que le naturalisme cherche à s’infiltrer dans nos coutumes chrétiennes. Alors les habits perdent leur finalité et au lieu d’être des invitations à la vertu, ils deviennent des provocations au péché. L’Église, mère vigilante qui prend soin amoureusement de la sainteté et du salut éternel de ses enfants, s’est vue fréquemment obligée d’avertir les fidèles, afin qu’ils évitent les écarts de la mode, et de prendre des mesures dans ce sens, pour que l’immodestie des vêtements ne vienne pas profaner les lieux et les choses sacrés.

Malheureusement nous sommes à une époque où on a perdu la notion du péché et, en conséquence, nous assistons à une irruption de manières de s’habiller en tout contraires à la modestie chrétienne. Il est nécessaire que le peuple chrétien ne se laisse pas emporter par l’esprit du monde et s’oppose avec fermeté à semblable profanation […]. Jacinta Marto, l’une des voyantes de la Cova da Iria à Fatima, bien qu’elle n’eût que onze ans à l’époque, avait une sagesse inspirée par la Mère de Dieu. Elle mérite donc que nous l’écoutions. Voici ce qu’elle disait sur les modes : « Il viendra des modes qui offenseront beaucoup Notre-Seigneur. » Quand nous considérons les vêtements d’aujourd’hui, nous sommes amenés à penser que les temps annoncés par la voyante de Fatima sont arrivés. En effet, les vêtements utilisés aujourd’hui par des dames et des jeunes filles – vêtements normalement réservés aux hommes ou très serrés, jupes bien au-dessus des genoux – ne s’accordent absolument pas avec les normes de la modestie chrétienne.

C’est pourquoi, afin de nous conformer aux recommandations du Saint-Siège, en particulier aux instructions de la Sacrée Congrégation du Concile, nous exhortons nos fidèles à s’abstenir de suivre une telle manière de se vêtir.

« Les personnes qui suivent la loi de Dieu – disait Jacinta – ne doivent pas suivre la mode ». Nos prêtres doivent chercher à appliquer les instructions de la Sacrée Congrégation du Concile avec fermeté, bien que sans violence ni grossièreté : qu’ils ne permettent pas l’accès aux sacrements aux personnes qui se présenteront de la manière décrite plus haut et dans la mesure du possible qu’ils cherchent à leur interdire l’entrée dans le temple de Dieu.

Pour cela qu’ils ne manquent pas d’avertir fréquemment les fidèles au sujet de ces prescriptions. Lorsque des personnes voudront se préparer au mariage, que les prêtres avertissent les fiancés qu’ils doivent prévenir leurs invités au sujet de nos recommandations. Que des personnes ainsi vêtues ne soient pas admises comme témoins de mariage et, après quelques avis, qu’elles ne soient pas non plus admises à la sainte communion.

Il convient tout à fait d’afficher ces recommandations à l’entrée de l’église en caractères bien lisibles.

† Mgr Antonio de Castro-Mayer

Évêque de Campos, 15 août 1967

 



[1]  — Lettre de Vindice, écrite de Castellamare, à Nubius, le 9 août 1838. Cité dans Jacques Crétineau-Joly, L’Église romaine en face de la Révolution, t. 2, Paris, Cercle de la Renaissance, 1976, p. 147-149.

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L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 81

p. 196-202

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