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Sanctifica eos in veritate

 

« Sanctifiez-les dans la vérité » : c’est la demande que Jésus fait à son Père dans sa prière sacerdotale, après la Cène (Jn 17, 17). Et il précise de quelle vérité il s’agit : « Votre parole est vérité. »

Notre-Seigneur est venu pour rendre témoignage à cette vérité : « Voici pourquoi je suis né, et pourquoi je suis venu dans le monde : pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. » (Jn 18, 37.)

Il a fondé son Église d’abord pour répandre cette vérité : « Allez, enseignez toutes les nations, celui qui croira et sera baptisé sera sauvé… » (Mc 16, 16).

L’Église catholique a toujours eu un zèle jaloux pour protéger la vérité qu’elle a reçue du Sauveur et qu’elle a la charge de transmettre. Donnons un aperçu de sa discipline avant les réformes conciliaires [1]. Même si ces règles ont été pour la plupart abrogées par l’Église conciliaire, un catholique digne de ce nom doit continuer à les pratiquer, car c’est l’esprit catholique qui les a dictées, et c’est pourquoi nous les énonçons au présent et non au passé.

Quiconque enseigne dans les chaires des séminaires ou des universités doit prononcer au début de chaque année scolaire un serment solennel relatif à la foi catholique – dit antimoderniste –, magnifique profession des vérités les plus substantielles de la foi catholique.

Les enfants catholiques ne peuvent fréquenter les écoles non catholiques, neutres ou de religion mixte [2], qu’en cas de nécessité ou pour des raisons très graves ; et, dans le cas où cette fréquentation est tolérée, les parents, ou ceux qui les remplacent ont le devoir rigoureux de veiller à ce que rien ne vienne porter atteinte à la foi de l’enfant.

L’Église interdit de rien publier qui touche à la foi sans s’être muni d’une permission d’imprimer délivrée par ses prélats d’après le rapport d’un censeur désigné pour cet examen. Elle signale avec notoriété, par la mise à l’Index, les écrits ou les écrivains qu’elle estime plus particulièrement dangereux pour la foi.

En ce qui concerne la participation aux rites non catholiques : un catholique ne doit absolument pas être parrain, tout au plus peut-il être témoin à un baptême non catholique ; il ne doit pas se marier devant un ministre non catholique : s’il le fait, il encourt une excommunication spécialement réservée au souverain pontife ; près de malades non catholiques, les catholiques ne doivent pas prendre l’initiative ni faire des avances pour que soient accomplis les rites non catholiques : ils ne peuvent s’y prêter que comme intermédiaires et tout matériellement, si le malade l’exige.

L’Église n’aime pas que les mariages soient mixtes, comme elle dit, c’est-à-dire contractés entre une partie catholique et une qui ne l’est pas. Elle estime que de tels mariages sont presque toujours un danger pour la foi de la partie fidèle et aussi pour celle des enfants. Elle peut accorder une dispense : elle ne le fait cependant qu’à la condition expresse que la partie catholique ait pleine liberté de pratiquer sa religion et que les enfants soient tous élevés dans la foi catholique, et les deux parties doivent signer de leur propre main ces promesses avant toute concession de la dispense. Le mariage se fera naturellement devant le prêtre catholique ; et une excommunication spécialement réservée, nous l’avons déjà dit, frappe le catholique qui tenterait de contracter mariage devant le ministre d’un culte non catholique, que ce soit au temple, à la mosquée ou à la synagogue.

Avons-nous ce zèle pour la vérité catholique ? Pour encourager à l’obtenir, ce numéro du Sel de la terre propose à ses lecteurs les magnifiques exemples et enseignements de grands défenseurs de la vérité : Mgr Henri Delassus [3], Mgr de Proença-Sigaud, le père Garrigou-Lagrange, Émile Keller, Luce Quenette. La vérité catholique rayonne dans la liturgie (comme le montre dom Guillou) et dans l’art (voir l’article commentant la descente de croix de Rogier Van der Weyden) ; elle se défend parfois par les armes, comme le firent les zouaves pontificaux ; elle se défie d’accords qui pourraient l’amoindrir, elle entraîne des conséquences jusque dans la tenue, comme on le voit dans la rubrique « documents ».

La première charité étant la charité de la vérité, nous encourageons nos lecteurs à nous aider à la communiquer en faisant connaître la revue. N’hésitez pas à prendre des abonnements d’essai pour vos amis ou à leur prêter un numéro, et surtout n’oubliez pas de prier pour la revue et ses collaborateurs, afin qu’ils demeurent fidèles au combat pour la vérité.




[1]  — Nous nous inspirons des « Notes doctrinales thomistes » ajoutées par le P. Bernard au fascicule sur La foi de la Somme théologique de saint Thomas (dans l’édition de la Revue des Jeunes) t. 2, [II-II, q. 8 à 16], Desclée, 1942.

[2]  — Par école de religion mixte, on entend une école qui accueillerait par exemple des catholiques et des protestants. Aujourd’hui, on peut en faire l’application à une école qui accueille de vrais catholiques et des conciliaires ou des ralliés.

[3]  — « Je voudrais exprimer dans la Vérité Française, l’admiration que j’éprouve pour le livre du vénéré Mgr Delassus : Le Problème de l’heure présente. Le sous-titre : Antagonisme de deux civilisations rappelle le chef-d’œuvre de saint Augustin. Et en effet le livre de Mgr Delassus est la Cité de Dieu de notre époque. C’est aussi une sorte de Somme contre les Gentils. Tout y est, l’histoire contemporaine traitée de main de maître, les conditions de vie d’une société chrétienne clairement exposées, et surtout la synthèse, la position nette de la question, du problème. Il faudrait que tout catholique, tout prêtre en particulier, il faudrait que tout homme de bonne foi lût ces deux volumes. » Extrait d’une lettre du 16 septembre 1904 de Mgr Kernaeret, Professeur à l’Université Catholique d’Angers, à M. Auguste Roussel, rédacteur en chef de la Vérité Française.

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L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 81

p. 1-2

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