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Informations et commentaires 

« Opération survie » : déjà 25 ans !

25e anniversaire des sacres

 

 

Les lignes qui suivent sont extraites du sermon que Mgr de Galarreta donna à Écône pour les 20 ans des sacres de 1988, en 2008.

En ce 25e anniversaire, il est bon de les relire. Elles gardent toute leur actualité.

Le Sel de la terre.

 

Par les sacres, Mgr Lefebvre a voulu sauvegarder le sacerdoce catholique

Vous voyez, mes bien chers frères, cette simple description du sacerdoce et de ses éléments essentiels met en évidence combien Mgr Lefebvre a été fidèle à nous transmettre le vrai sacerdoce catholique. Et cela met aussi en évidence la dérive à laquelle nous assistons de la part des autorités ecclésiastiques. Car il y a, chez elles, une radicale opposition par rapport à tout ce que je viens de dire. Et cela, nous le constatons même aujourd’hui. Prenez, par exemple, le voyage du Saint-Père aux États-Unis. Il est, pour ainsi dire, typique. C’est un enseignement toujours sous-jacent qui s’applique à des degrés différents, selon les personnes et selon les circonstances. Nous ne disons pas qu’il ne prêche que l’erreur, qu’il prêche toujours l’erreur. Nous ne disons pas cela. Mais si l’on dégage les principes sous-jacents, nous trouvons justement cet esprit naturaliste, humaniste, qui n’est pas à proprement parler surnaturel, mais plutôt humain. Une vision humaine, où l’homme est le centre un peu de tout. C’est une prédication qui favorise la liberté de conscience et la liberté religieuse. Or c’est justement là le contraire de la christianisation, qui consiste à tout ramener au Christ. Ici, tout est indépendant, l’homme est autonome, que ce soit dans sa conscience ou que ce soit dans sa vie sociale. Oui, ces autorités romaines font une œuvre de déchristianisation diamétralement opposée à ces règles de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Qu’elles le veuillent ou non. Pourquoi ? Parce qu’elles adhèrent à des principes libéraux modernistes que l’Église a dénoncés depuis deux siècles. Elles n’ont qu’à lire les encycliques des papes précédents.

En outre, on ne prêche plus la vérité. On est en quête de la vérité. Le principal moyen d’apostolat, c’est aujourd’hui le dialogue. Qu’est-ce que cela a à voir avec la vocation du prêtre qui doit prêcher, et prêcher la vérité ? Qui doit enseigner selon la Tradition ! Nous voyons ainsi comment ce qui est vraiment la chaire de vérité, de sagesse, devient, dans le meilleur des cas une chaire de confusion, et dans le pire des cas une chaire d’erreur. C’est terrible ! Et c’est à cela que nous assistons ! Le sacrifice de la messe est diminué, estompé, obscurci au point qu’il devient même un obstacle à la foi, à la grâce de Notre-Seigneur, et au véritable esprit catholique qui est fondé sur la croix, sur le sacrifice de la croix. C’est terrible ! L’Écriture dit, en parlant des enfants d’Héli : « Leurs péchés étaient très graves, car ils éloignaient les hommes du sacrifice » (I Rois 2, 17). Leurs péchés étaient graves, puisqu’ils ont été condamnés par Dieu. Et ils en sont morts.

En tout cas, cela montre l’importance et la nécessité des sacres, il y a vingt ans. Car si nous avons posé cet acte des sacres, c’est justement pour la survie du sacerdoce catholique. Donc aujourd’hui, nous revendiquons ces sacres. Nous revendiquons cet acte, non pas comme s’il était une sorte de rébellion contre l’autorité du pape. Nous ne revendiquons pas cet acte dans son apparente désobéissance, mais en revanche nous le revendiquons dans sa résistance réelle à la démolition du sacerdoce, dans la mesure où nous avons posé cet acte simplement afin de sauvegarder le sacerdoce catholique. Et qui dit sauvegarder le sacerdoce, dit sauvegarder la foi catholique et l’Église catholique. Voilà pourquoi nous revendiquons aussi la figure de S. Exc. Mgr Marcel Lefebvre. C’est dans ce contexte que sa figure émerge, avec la taille d’un géant. Car Monseigneur a été, ne l’oublions pas, le principal sauveur de la Tradition. Souvent l’on nous dit : « Vous êtes lefebvristes. » Et nous répondons toujours : « Nous ne sommes pas lefebvristes, nous sommes catholiques. » Mais je souligne quand même que nous sommes des disciples de Mgr Marcel Lefebvre, et nous en sommes très fiers.

Il ne faut pas entrer dans la logique, dans la sémantique des ennemis. Bien sûr, « lefebvristes » est méprisant. Cela veut dire que nous serions catholiques parce que lefebvristes. Eh bien non ! c’est parce que nous sommes catholiques, et que Mgr Marcel Lefebvre était catholique, que nous sommes des disciples de Monseigneur. A l’inverse, aujourd’hui, les gens croient parce qu’ils obéissent. Ils n’obéissent pas parce qu’ils croient. Pour eux, ce n’est pas d’abord la foi surnaturelle, c’est d’abord l’obéis­sance. Vous êtes catholiques si vous obéissez, et non pas si vous croyez. Or l’obéissance est une conséquence de la foi. Si donc nous avons adhéré à ce sauveur de la Tradition, c’est parce qu’il était vraiment catholique. Mais cela étant précisé, nous revendiquons sa figure. Nous sommes très heureux d’avoir partagé ce combat, nous serons très heureux encore de continuer ce combat, et de partager les souffrances, les peines, les adversités et même les condamnations dont il a souffert. Nous n’avons pas honte de l’Évangile de Notre Seigneur. Nous n’avons pas honte de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nous n’avons pas honte de la foi catholique de toujours. Nous n’avons pas honte de l’Église catholique de toujours. Par conséquent, nous ne rougissons pas de Mgr Marcel Lefebvre.

 

Nos rapports avec Rome doivent être envisagés à la lumière de la foi catholique

Cela m’amène à vous parler rapidement de la situation actuelle. Vous avez peut-être entendu dire, par ci, par là, que nous avions reçu un ultimatum de la part de Rome, de la part du cardinal Castrillón. Je pense que c’est trop dire, un « ultimatum ». C’est trop dire. Il y a évidemment une volonté de nous émouvoir, de nous effrayer en mettant la pression dans le sens d’un accord purement pratique qui a été toujours la proposition de Son Éminence. Évidemment vous connaissez déjà notre pensée. Cette voie est une voie morte ; pour nous, c’est la voie de la mort. Il n’est donc pas question de la suivre. Nous ne pouvons pas nous engager à trahir la confession publique de la foi. Il n’en est pas question. C’est impossible. Et nous ne pouvons pas, dans la mesure où nous voulons garder la Tradition et édifier ce bâtiment mystique qu’est l’Église, nous ne pouvons pas nous embaucher dans une entreprise de démolition. Vous réfléchirez sur tout ce que nous avons déjà dit. C’est impossible.

Bien sûr, notre réponse à Rome va dans le sens de ce que nous avons déjà demandé, et que nous demandons depuis longtemps, à savoir les étapes avec les préalables, qui aboutiraient, éventuellement, à une discussion, à une confrontation théologique – plus que théologique, une confrontation doctrinale, et plus que doctrinale, une confrontation avec les actes du magistère, et plus encore qu’avec les actes du magistère, avec la foi. C’est la seule voie que nous sommes prêts à accepter. C’est la seule voie que nous demandons. Évidemment, la réponse de la Fraternité va dans ce sens-là, et elle ira toujours dans ce sens-là.

Et maintenant que nous prépare l’avenir proche ? Je ne le sais pas. Je pense que le plus probablement tout cela aboutira à une pause, à une stagnation de nos contacts avec Rome.

Moins probablement, à une déclaration nouvelle contre nous. Et moins probablement encore, au retrait du décret d’excommunication, avant une discussion sur la foi catholique. Discussion, si l’on peut dire, comme je vous l’ai expliqué. Voilà. Je vous ai donné ces probabilités dans l’ordre décroissant, d’après moi, car c’est une conjecture simplement personnelle.


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L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 86

p. 196-198

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