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L’Étrange pontificat du pape François

 Étienne Muret

 

En un an de pontificat, le pape François a posé un grand nombre de gestes atypiques et dit beaucoup de choses insolites qui ont réjoui les médias et le « monde », mais qui ont troublé et même scandalisé le peuple catholique, du moins ce qu’il en reste après cinquante ans de nouveautés conciliaires. L’auteur a choisi cinq faits, les plus représentatifs du style étrange que le pape François a décidé de donner à l’exercice de sa charge apostolique, et il les analyse en détail.

Comme l’écrit le père Pierre-Marie O.P. dans la préface de l’opuscule :

Après le concile Vatican II, l’Église est entrée dans le domaine de l’étrange. Étrange fut le Concile, car il n’a pas voulu être comme les conciles précédents un concile dogmatique, mais un concile pastoral. Refusant de définir des dogmes, il n’a pas bénéficié de l’infaillibilité. Ses enseignements sont une suite de longs sermons étranges et ennuyeux. Il faut connaître l’histoire du Concile pour voir comment ce fut l’occasion pour une minorité soutenue par les papes conciliaires d’imposer à l’Église une « nouvelle théologie ». Le but étant d’adapter l’Église au monde moderne issu de la Révolution et inspiré par la franc-maçonnerie.  Les deux premiers papes postconciliaires (si l’on excepte l’éphé­mère pape Jean-Paul Ier) se sont occupés de propager cette doctrine conciliaire. Cela a donné l’étrange théologie de Jean-Paul II analysée par le professeur Johannes Dörmann, puis l’étrange théologie de Benoît XVI décrite par Mgr Tissier de Mallerais. Mais, comme les actions suivent les pensées, nous avons maintenant l’étrange pontificat du pape François. Le pape François est le premier pape qui n’a jamais célébré la messe traditionnelle, qui n’a pas connu, du moins comme prêtre, l’Église d’avant le Concile (il a été ordonné prêtre en décembre 1969). Il applique donc le Concile franchement, sans arrière-pensée, dans les faits. Il n’y a pas vraiment de hiatus entre le pape François Ier et ses prédécesseurs. Simplement il applique leur pensée.

Par les faits qu’il évoque, l’ouvrage montre que, loin de s’améliorer, la situation à Rome ne fait que s’aggraver.

Dès lors, comme l’écrivait Mgr Tissier de Mallerais en conclusion de son article « Y a-t-il une Église conciliaire ? » (Le Sel de la terre 85, p. 16),

… si nous sommes compliqués, nous regretterons d’être privés de la communion conciliaire ou de son apparence de communion ecclésiale et nous serons malheureux et inquiets, sans cesse en quête d’une solution. Si en revanche nous avons une foi et une simplicité d’enfant, nous chercherons simplement quel témoignage rendre à la foi catholique. Et nous trouverons : c’est d’abord le témoignage de notre existence, de notre permanence, de notre stabilité, avec celui de notre profession de foi catholique intégrale et de notre refus des erreurs et des réformes conciliaires. Un témoignage est absolu. Si je rends témoignage à la messe catholique, au Christ Roi, il faut que je m’abstienne des messes et des doctrines conciliaires. C’est comme le grain d’encens aux idoles : c’est un seul grain ou pas du tout. Donc c’est « pas du tout ».

L’ouvrage est suivi d’un article du père Emmanuel-Marie O.P. paru dans Le Sel de la terre 86 : « Les fausses lumières d’une foi dénaturée. Réflexions sur l’encyclique Lumen Fidei ».

 

Alexandre Marie, L’Étrange pontificat du pape François, Avrillé, éditions du Sel (à commander à : DPF VAD, BP 70001 – 86190 Chiré-en-Montreuil), 2014, 96 p., 13 €.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 89

p. 208-210

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