+ La psychologie Connaissance réelle de l’homme ?
Le sel de la terre nº 6 nous donnait à lire un article sur la philosophie chrétienne [1]. Le livre de monsieur Millet en est un exemple de qualité.
Chrétien, il l’est parce qu’il commence par dégager la psychologie des marécages où elle s’enlisait. Psychanalyse, phénoménologie, structuralisme et autres mythes sont présentés et efficacement critiqués.
Chrétien, ce livre l’est aussi parce que la raison humaine y retrouve sa démarche saine et réaliste. C’est une joie de voir l’auteur analyser les récentes découvertes des dresseurs de chimpanzés pour montrer la spiritualité de l’âme humaine, ou interroger les faits de notre vie quotidienne pour y découvrir la liberté.
Chrétien, ce livre l’est enfin, car l’auteur se garde bien d’enfermer l’esprit humain dans les seules forces de sa nature. Il n’hésite pas à interroger le Créateur lui-même pour recevoir de lui la connaissance réelle de l’homme. « On nous objectera peut-être que nous sommes ici dans le “climat de grâce”. Assurément : cependant, c’est là qu’est la réalité complète désormais, et la grâce ne vient pas détruire la nature, mais elle la restaure, elle la fortifie – pour qu’elle puisse être divinisée [2]. » Et l’ouvrage se termine par cette porte ouverte : « A plus forte raison est-il criminel, ou plus exactement diabolique, de vouloir rejeter, étouffer l’enseignement donné par Dieu lui-même pour nous éclairer complètement et nous conduire comme par la main à une autre vie : la sienne propre [3]. »
Un grand merci, donc, à monsieur Millet qui met ici sa longue pratique de l’enseignement et sa connaissance des hommes au service de la vérité. Par là il purifie la psychologie et la rend sympathique, il montre la fécondité et l’actualité de la philosophie thomiste et nous donne le goût du travail.
fr. J.D.
Louis Millet, La psychologie. Connaissance réelle de l’homme ?, F.-X. de Guibert, Paris, 1993, 14 x 21, 229 p., 120 F.
⚜️
[1] — Fr. Pierre-Marie O.P., « Raison et foi (III). La philosophie doit-elle être chrétienne ? », Le sel de la terre 6, p. 56.
[2] — P. 149.
[3] — P. 211.

