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Courrier des lecteurs

 

Le numéro 88 de la revue (printemps 2014) nous a valu un abondant courrier. Nous en extrayons deux lettres critiques (qui furent rares) et deux lettres d’encouragement (qui furent nombreuses) :

– D’un prêtre allemand :

Monsieur l’Éditeur, J’ai bien reçu le n° 88 du Sel de la Terre. Je vous le renvoie, vu l’article injurieux aux pages 138-141. Je vous serais obligé de supprimer mon nom dans votre liste de distribution jusqu’au jour où votre communauté retourne dans la famille des communautés amies de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. […]

Cet article n’a rien d’injurieux ; il exprime simplement un désaccord sur la nouvelle politique instaurée en 2012 par le supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X « dans la perspective désirée d’une pleine réconciliation » (communiqué du Vatican après la rencontre entre Mgr Fellay et le cardinal Müller le 23 septembre 2014). Notre communauté n’a pas changé : elle reste « amie » de l’œuvre de Mgr Lefebvre et attachée au combat de la foi auquel il a dédié sa Fraternité.

– D’un lecteur belge à l’imagination fertile et ingénieuse :

Dès que j’ai eu connaissance de l’« Adresse aux fidèles » datée du 7 janvier 2014 et dont il a été donné lecture à votre chapelle le 19 du même mois, j’avais décidé de ne pas renouveler mon abonnement, mais j’attendais la lecture du document officiel portant votre nom, accompagné peut-être d’un commentaire, et surtout je tenais à « bénéficier » de mon abonnement jusqu’à son terme pour en faire bon usage et ne pas vous faire faire d’économies mal employées. Votre Lettre n° 69 de mars-avril, reçue le 2 avril, n’était claire à cet égard que pour ceux de vos lecteurs qui avaient le texte de « l’adresse » ; les autres pouvaient éventuellement encore croire à votre perfide affirmation qu’il ne s’agissait pas d’une « déclaration de rupture ». Les troisième et quatrième alinéas ne laissent cependant aucun doute à cet égard, mais, dans le n° 88 (reçu avant-hier), vous avez eu l’habileté de ne pas mettre ce texte en éditorial, mais seulement en « documents » (p. 138-141), de sorte que certains abonnés de bonne foi, nullement agitateurs, auront sans doute renouvelé cet abonnement avant de tomber sur cette bombe : comme quoi « les enfants des ténèbres... » et « il n’y a pas de petit profit ». En survolant l’ensemble de cette revue, j’y ai vu aussi des « piques » du même genre en p. 136 et 176, et ce ne sont sans doute pas les seules. Heureusement, certains des prêtres signataires de la Fraternité Saint-Pie X s’étaient rétractés, au moins de facto, entre-temps et d’autres avaient en réalité déjà rompu ou été expulsés précédemment pour des problèmes non doctrinaux, mais votre agitation a porté et continue de porter des fruits empoisonnés. Ne modifieriez-vous pas le nom de votre revue en Le zèle amer ? J’espère que vous aurez pas mal de désabonnements et si vous disparaissez, ce sera certes regrettable à certains égards (comme cela a été pour Itinéraires après juin 1988, car, de part et d’autre, il y avait de très bons articles), mais mérité. Veuillez croire, mon Père, que mon dégoût pour votre malhonnêteté intellectuelle invétérée est encore dépassé par le profond respect que je conserve pour votre caractère sacerdotal indélébile et votre saint habit.

« Perfide affirmation », « habileté », « enfants des ténèbres », « zèle amer », « malhonnêteté intellectuelle »…, notre lecteur belge avait de bonnes raisons de se désabonner. Nos lecteurs jugeront.

– D’un prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X :

Constatant l’acharnement dont vous êtes victimes ces derniers temps je tenais à vous assurer de mon (petit) soutien. […] Que le Bon Dieu nous garde unis, forts, clairvoyants et aimants de la vérité comme nous l’a si magnifiquement transmis Mgr Lefebvre. In caritate etc

– D’un lecteur du Québec :

Je suis en train de lire le n° 88. L’article du père Bruno sur le Barroux est particulièrement éclairant. Je vous félicite pour de opposer à un accord purement pratique avec la Rome conciliaire. La Fraternité peut-être un jour vous en remerciera, si elle ne tombe pas comme est tombé le Barroux.

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Voici maintenant deux lettres concernant notre ami et regretté collaborateur, Philippe Girard :

Une amie, abonnée au Sel de la terre, m’a passé le dernier numéro de votre revue le n° 88. J’ai été très touchée par l’article que vous avez publié concernant les exécutions du 8 septembre 1944 à Grenoble (jour de la Nativité de Notre Dame). En effet je suis la nièce d’un de ces jeunes hommes, G. A., qui était le frère de maman et que nous prions tous les jours. Pour vous remercier je m’abonne à votre revue et j’aimerais que l’abonnement commence à ce numéro 88 pour que je puisse le garder en souvenir. Je vous remercie encore. En union de prières.

Lettre adressée à Monsieur Philippe Girard :

Avec le plus grand intérêt que je porte à tout ce qui est écrit puis imprimé dans Le Sel de la terre, j’ai bien évidemment lu avec beaucoup de plaisir et d’attention votre chronique « Civilisation chrétienne » relative à l’épuration de 1944 (n° 88). S’agissant des chiffres de morts mentionnés dans cette chronique qui vient en complément de la non moins intéressante parue dans le n° 84, et qui pèsent à jamais sur les consciences de ces Cassin, Teitgen et consorts, il ne faut pas non plus oublier que De Gaulle, déserteur au sens du droit pénal militaire, et collaborateur (au sens ironique) des David-Weil et des Rothschild et consort, avec l’appui du parti communiste, avait accepté sans état d’âme d’expédier vers l’U.R.S.S., donc vers la mort, tous les russes détenus en France, consentants ou non. Le général Dragoun et des officiers du N.K.V.D. ont débarqué à Paris (juste après un accord séparé de celui de Yalta, et signé avec Staline le 29 juin 1945) : ce seront plus de 100 000 internés au camp de Beauregard à la Celle-Saint-Cloud qui se trouvent sous le contrôle du NKVD, puis transportés vers Odessa via Marseille : ceux qui se révoltent seront abattus sur place (à Marseille) (Cf. Les victimes de Yalta par Nikolaï Tolstoy éd. France Empire), le tout avec la malveillante complicité de Ramadier. Vos chroniques ont aussi confirmé des propos que j’avais entendus, pendant l’enfance dans le cercle familial, selon lesquels Leclerc, alors capitaine (de Hautecloque : ça fait plus chic !) s’était lui-même « fait » colonel avant de devenir général puis maréchal de France avec le soutien de son « complice » De Gaulle (les mystifications et les mensonges sont nombreux dans cette famille, aussi…). Il est bon de savoir qu’il y a encore des gens comme vous qui font partager, à des ignorants comme moi, le fruit de leurs travaux s’agissant des vérités de ce bas-monde.

 *

Notre ami Philippe Girard nous avait donné copie d’une pétition signée par le Maréchal Pétain en novembre 1938, qui montre qu’il n’était ni raciste ni antisémite. Le Maréchal, soucieux d’exactitude, a corrigé certaines expressions de sa main. Nous la reproduisons ci-après. En voici le texte :

Les persécutions religieuses ou racistes d’Allemagne soulèvent dans le monde civilisé une émotion croissante. Le pape, qui est assurément, en dehors même de l’Église catholique, l’interprète le plus éminent de la conscience universelle, a fait entendre sa protestation. La proscription globale d’une religion ou d’un peuple ne peut se comprendre, encore moins se justifier, à une époque où la liberté de conscience et l’égalité devant la loi sont des principes proclamés dans tous les pays. Même quand ils ne sont pas tout à fait respectés, on s’en réclame, et on ne s’en écarte pas cyniquement. C’est pourquoi l’attitude d’un grand État, qui se flatte d’être un modèle d’ordre et de discipline, est un sujet de profonde tristesse et de réprobation. Allons-nous retourner aux heures les plus sombres de la barbarie ? Allons-nous revoir des troupeaux errants de sans-patrie, dépouillés de leurs ressources, chassés de leurs foyers séculaires et arrêtés à toutes les frontières ? Une protestation morale contre de telles pratiques, qui ne sont qu’un aboutissement après une longue préméditation, n’est pas un remède, mais elle peut être la préface d’une action générale pour en conjurer ou en atténuer les effets.

 

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 90

p. 211-214

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