Petit catéchisme du Syllabus
par Mgr Jean-Joseph Gaume *
Hæc est via, ambulate in ea, et non declinetis neque ad dexteram, neque ad sinistram. Voici la voie, suivez-la, et ne vous en écartez ni à droite ni à gauche. (Isaïe 30, 21).
Avant-propos
Le 20 avril 1875, le souverain pontife, répondant aux pèlerins de Montpellier, leur disait : « Ce n’est pas assez de professer le respect pour le Saint-Siège, il est nécessaire de pratiquer l’obéissance au Syllabus et à l’infaillibilité. »
La soumission au Syllabus est donc un devoir de conscience pour tous les chrétiens, sans exception. Tous, par conséquent, doivent connaître le Syllabus, et le connaître si bien qu’il soit pour chacun, prêtre ou simple fidèle, habitants des villes ou habitants de la campagne, un oracle invariable et un guide toujours présent.
Ainsi l’exige non seulement l’obéissance à l’Église, mais encore la nécessité d’éviter les pièges tendus sous nos pas, c’est-à-dire : les erreurs qui circulent autour de nous, nombreuses comme les atomes de l’air, et non moins contraires aux intérêts temporels des peuples, que funestes au salut des âmes.
Cependant, il faut le dire : de tous les documents providentiels, récemment émanés du Saint-Siège apostolique, aucun peut-être n’est moins connu et plus mal compris que le Syllabus. Beaucoup en savent à peine le nom. Objet d’indifférence pour un grand nombre d’autres, il n’a pas mérité de leur part un quart d’heure d’étude sérieuse. Comment compter ceux qui, trompés par les mauvais journaux, le traitent d’acte malheureux et intempestif ; ou même le présentent comme un brandon de discorde et une menace à la société.
Rectifier ces fausses idées, et, une fois de plus, montrer la haute sagesse du Saint-Père qui, malgré ses épreuves, veille avec une sollicitude continuelle au bonheur de tous : tel est le but de cet opuscule, destiné à porter la lumière, surtout dans les classes populaires.
Déjà, pour se conformer à la volonté de l’immortel pontife, un Catéchisme de l’infaillibilité, approuvé par le Saint-Siège, a été publié à Paris : nous désirons faire la même chose sur le Syllabus. De cette manière, chaque enfant de l’Église, quelle que soit sa condition, aura un double flambeau pour diriger sa marche et distinguer sûrement le chemin de la vérité, parmi les sentiers de l’erreur si nombreux aujourd’hui.
Le Syllabus
Q. — Qu’est-ce que le Syllabus ?
R. — Le Syllabus est un recueil des principales erreurs, répandues aujourd’hui dans le monde, et déjà condamnées par l’Église.
Q. — Le Syllabus était-il nécessaire ?
R. — Demander si le Syllabus était nécessaire, c’est demander si un guide fidèle est nécessaire au voyageur, obligé de traverser pendant la nuit une forêt inconnue et semée de précipices.
Q. — Quels sont ces précipices ?
R. — Ces précipices sont les erreurs de tout genre dont le monde actuel est rempli et qui constituent un danger continuel, non seulement pour la foi du chrétien, mais encore pour la conservation de la société.
Q. — Que fait le Syllabus ?
R. — Afin que chacun puisse facilement connaître ces différentes erreurs et les éviter, le Syllabus les réunit en quelques pages, et donne une nouvelle force aux condamnations précédentes.
Q. — Comment devons-nous considérer le Syllabus ?
R. — Nous devons considérer le Syllabus :
1. comme une preuve de la sollicitude avec laquelle le souverain pontife veille sur le monde ;
2. comme la boussole du chrétien et la charte des nations ;
par conséquent, comme un grand bienfait, puisqu’en nous traçant le chemin qu’il faut suivre, il nous empêche de nous égarer et de nous perdre.
L’obéissance au Syllabus
Q. — Comment devons-nous obéir au Syllabus ?
R. — Nous devons obéir au Syllabus, comme nous devons obéir aux enseignements du souverain pontife et de l’Église.
Q. — Quelle doit être cette obéissance ?
R. — Cette obéissance doit être une obéissance d’esprit, de cœur et de conduite.
Q. — En quoi consiste l’obéissance d’esprit ?
R. — L’obéissance d’esprit consiste à croire fermement, et sans raisonner, tout ce qu’enseigne le Syllabus, et à condamner sans réserve tout ce qu’il condamne, et dans le sens où il le condamne.
Q. — En quoi consiste l’obéissance de cœur ?
R. — L’obéissance de cœur consiste à embrasser avec reconnaissance toutes les doctrines du Syllabus.
Q. — Pourquoi cela ?
R. — Parce que le Syllabus nous met en possession de la vérité, qui est le plus grand des biens, et nous préserve de l’erreur, qui est le plus grand des maux.
Q. — En quoi consiste l’obéissance de conduite ?
R. — L’obéissance de conduite consiste à conformer, en particulier et en public, nos paroles et nos actions aux enseignements du Syllabus.
Nécessité de l’obéissance au Syllabus
Q. — La triple obéissance dont nous venons de parler, est-elle nécessaire ?
R. — La triple obéissance dont nous venons de parler, est absolument nécessaire, autrement une soumission purement extérieure serait une coupable hypocrisie.
Q. — Que faut-il penser de ceux qui, connaissant le Syllabus, n’y obéissent pas ?
R. — II faut penser de ceux qui, connaissant le Syllabus, n’y obéissent pas, qu’ils se perdent en perdant les autres.
Q. — Que faut-il penser de ceux qui, par ignorance, n’obéissent pas au Syllabus ?
R. — Il faut penser de ceux qui, par ignorance, n’obéissent pas au Syllabus, qu’ils s’exposent à commettre des péchés plus ou moins graves, en tombant dans des erreurs plus ou moins volontaires.
Q. — Que suit-il de là ?
R. — Il suit de là que tous doivent connaître le Syllabus, parce que tous sont également intéressés à connaître la vérité et à être préservés de l’erreur.
Q. — A qui cette connaissance est-elle particulièrement nécessaire ?
R. — Cette connaissance est particulièrement nécessaire à ceux qui sont chargés d’instruire et de gouverner les autres.
Q. — Quel est le but de ce catéchisme ?
R. — Le but de ce catéchisme est de faire pénétrer dans toutes les classes de la société, la connaissance du Syllabus et des obligations qu’il impose.
I. – Le panthéisme, le naturalisme, le rationalisme absolu
Q. — Que contient le Syllabus ?
R. — Le Syllabus contient quatre-vingts propositions, qui peuvent se rattacher à dix chefs différents, suivant la nature des erreurs condamnées.
Q. — Quelles sont les premières erreurs condamnées par le Syllabus ?
R. — Les premières erreurs condamnées par le Syllabus, sont : le panthéisme, le naturalisme, le rationalisme absolu.
Q. — Qu’est-ce que le panthéisme ?
R. — Le panthéisme est une erreur qui consiste à dire que tout est Dieu : l’homme et le monde, l’esprit et la matière.
Q. — Qu’est-ce que le naturalisme ?
R. — Le naturalisme est une erreur qui nie la nécessité de la Révélation, soutient que l’homme peut, par les seules lumières de sa raison, parvenir à la connaissance de toutes les vérités et par les seules forces de sa nature pratiquer toutes les vertus nécessaires au salut.
Q. — Qu’est-ce que le rationalisme absolu ?
R. — Le rationalisme absolu est le système erroné de ceux qui prétendent que la raison de l’homme est indépendante de toute autorité dogmatique, qu’elle est elle-même sa lumière, son guide.
Panthéisme, naturalisme, rationalisme absolu (suite)
Q. — Comment ces trois erreurs sont-elles exposées et condamnées par le Syllabus ?
R. — Ces trois erreurs sont exposées et condamnées par le Syllabus, dans les propositions suivantes :
1. Il n’existe aucun être divin suprême, plein de sagesse et de providence, distinct de cet univers des choses ; et Dieu est la même chose que la nature des choses, assujetti par conséquent aux changements ; et en réalité Dieu devient dans l’homme et dans le monde, et toutes les choses sont Dieu et de la substance même de Dieu ; et Dieu est avec le monde une seule et même chose, comme le sont, dès lors, l’esprit et la matière, la nécessité et la liberté, le vrai et le faux, le bien et le mal, le juste et l’injuste. 2. Il faut nier toute action de Dieu en l’homme et dans le monde. 3. La raison humaine, sans avoir aucun compte à tenir de Dieu, est l’unique arbitre du vrai et du faux, du bien et du mal ; elle est à elle-même sa loi, et elle suffit par ses forces naturelles pour procurer le bien à l’homme et aux peuples. 4. Toutes les vérités de la religion dérivent de la force native de la raison humaine ; c’est pourquoi la raison est la norme souveraine par laquelle l’homme peut et doit acquérir la connaissance des vérités de n’importe quelle espèce [voir DS 2775-2786 [1]]. 5. La Révélation divine est imparfaite, et pour cette raison sujette à un progrès continu et indéfini qui correspond au développement de la raison humaine [DS 2775-2786]. 6. La foi en Christ est en contradiction avec la raison ; et la Révélation divine non seulement ne sert de rien, mais nuit même à la perfection de l’homme. [DS 2775-2786]. 7. Les prophéties et les miracles exposés et racontés dans les Écritures saintes sont des fables des prêtres, et les mystères de la foi chrétienne sont le fruit d’inventions philosophiques ; et dans les livres des deux Testaments sont contenues des inventions mythiques ; et Jésus Christ lui-même est une fiction mystique [DS 2775-2786].
Q. — Que faut-il penser de toutes ces erreurs ?
R. — II faut penser de toutes ces erreurs qu’elles sont une insulte à la foi du genre humain ; la dégradation de Dieu et de l’homme ; la destruction radicale de la religion et de la société, et le bouleversement du monde qu’elles conduisent au chaos.
Q. — Que suit-il de là ?
R. — Il suit de là que le Syllabus qui les condamne, est un bienfait dont nous devons être très reconnaissants.
II. – Le rationalisme modéré
Q. — Qu’est-ce que le rationalisme modéré ?
R. — Le rationalisme modéré est un faux système qui égale la raison à la foi, et prétend qu’on doit traiter, par le seul raisonnement, les questions théologiques comme les questions philosophiques.
Q. — Ce système est-il bien dangereux ?
R. — Ce système est très dangereux :
1. parce qu’en abaissant au niveau de la raison les enseignements divins, il tend à faire du christianisme un système purement philosophique ;
2. parce qu’il rejette toutes les vérités au-dessus de la raison, comme les mystères et les miracles ;
3. parce qu’il compte aujourd’hui un grand nombre de partisans, même parmi les instituteurs de la jeunesse.
Q. — Faites-nous connaître le rationalisme modéré, tel que l’expose et le condamne le Syllabus.
R. — Le rationalisme modéré, tel que l’expose et le condamne le Syllabus, se formule ainsi :
8. Comme la raison humaine est égalée à la religion elle-même, les disciplines théologiques doivent être traitées de la même manière que les disciplines philosophiques. 9. Tous les dogmes de la religion chrétienne sans distinction sont objet de la science naturelle ou philosophique ; et la raison humaine, équipée de façon historique seulement, peut, par ses propres forces et principes naturels, parvenir à une vraie connaissance de tous les dogmes, même les plus cachés, dès lors que ces dogmes auront été proposés à la raison comme son objet [DS 2857-2878]. 10. Étant donné qu’autre est le philosophe, autre la philosophie, celui-là a le droit et le devoir de se soumettre à une autorité qu’il aura lui-même reconnue comme juste ; la philosophie cependant ne peut ni ne doit se soumettre à aucune autorité [DS 2858]. 11. Non seulement l’Église ne doit jamais censurer la philosophie, mais elle doit même tolérer les erreurs de la philosophie elle-même, et lui permettre de se corriger elle-même [DS 2868]. 12. Les décrets du Siège apostolique et des congrégations romaines empêchent le libre progrès de la science [DS 2875]. 13. La méthode et les principes selon lesquels les anciens docteurs scolastiques ont cultivé la théologie ne correspondent d’aucune façon aux nécessités de notre temps et au progrès des sciences [DS 2876]. 14. On doit s’occuper de la philosophie sans tenir compte de la révélation surnaturelle [DS 2875-2880].
Q. — Sur quoi tombe cette dernière condamnation ?
R. — Cette dernière condamnation tombe sur presque tous les cours modernes de philosophie, où l’on prétend enseigner toutes les vérités en vertu du lumen naturale, sans jamais parler du Christ ni du christianisme.
III. – L’indifférentisme
Q. — De quel indifférentisme s’agit-il ?
R. — Il s’agit de l’indifférentisme ou de l’indifférence en matière de religion.
Q. — Qu’est-ce que l’indifférence en matière de religion?
R. — L’indifférence en matière de religion est le système de ceux qui regardent toutes les religions comme également vraies ou également fausses, et n’en pratiquent aucune.
Q. — Pourquoi les regardent-ils ainsi ?
R. — Ils les regardent ainsi, parce qu’ils nient la Révélation divine et tiennent toutes les religions pour des inventions humaines.
Q. — Que faut-il penser de ce système ?
R. — Il faut penser de ce système qu’il est absurde dans son principe et funeste dans ses conséquences.
Q. — Pourquoi absurde dans son principe?
R. — Il est absurde dans son principe parce que l’existence d’une religion révélée et obligatoire pour tous les hommes, est un fait aussi certain que l’existence du soleil.
Q. — Pourquoi funeste dans ses conséquences ?
R. — Il est funeste dans ses conséquences, parce qu’il ôte tout frein au vice, tout encouragement à la vertu et ne laisse que la force pour maintenir l’ordre dans la famille et dans la société.
Q. — Ce système est-il bien dangereux ?
R. — Ce système est d’autant plus dangereux qu’il règle la conduite d’un grand nombre d’hommes, et qu’il est inscrit dans des lois, où une égale protection est assurée à tous les cultes.
Q. — Que signifie cette égale protection ?
R. — Cette égale protection signifie que les gouvernements ne croient à rien, et que les peuples vont à leur ruine, entendu qu’aucun peuple ne peut vivre et n’a jamais vécu sans religion.
Le latitudinarisme
Q. — Qu’est-ce que le latitudinarisme ?
R. — Le latitudinarisme est le système d’après lequel chacun est libre de choisir la religion qu’il lui plaît.
Q. — Qu’enseigne-t-il ?
R. — Il enseigne : 1) qu’on peut se sauver dans toutes les religions, 2) que les sectes chrétiennes ne sont que des formes différentes de la vraie religion, dans lesquelles on peut faire son salut, aussi bien que dans la religion catholique.
Q. — Faites-nous connaître l’indifférentisme et le latitudinarisme, tels qu’ils sont exposés dans le Syllabus ?
R. — Voici les propositions de l’indifférentisme et du latitudinarisme, exposées dans le Syllabus :
15. Il est loisible à chaque homme d’embrasser et de confesser la religion qu’il aura considérée comme vraie en étant conduit par la lumière de la raison. 16. Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir le salut éternel dans n’importe quelle religion [DS 2775-2786]. 17. Il faut avoir au moins bon espoir pour le salut éternel de tous ceux qui ne se trouvent pas du tout dans la vraie Église du Christ [DS 2865-2867]. 18. Le protestantisme n’est pas autre chose qu’une forme différente de la même vraie religion chrétienne, et dans laquelle il est donné de plaire à Dieu aussi bien que dans l’Église catholique.
Q. — En vertu de quel droit l’homme est-il obligé de professer la religion catholique ?
R. — C’est en vertu du droit naturel que l’homme est obligé de professer la religion catholique.
Q. — Pourquoi cela?
R. — Parce que le droit naturel oblige tout homme à prendre les moyens d’arriver à sa fin, et que la religion catholique seule donne ces moyens, attendu qu’elle seule vient de Dieu.
Q. — Que suit-il de là ?
R. — Il suit de là qu’il n’y a jamais eu et qu’il n’y aura jamais qu’une seule religion, la religion catholique, apostolique, romaine : toutes les autres sont des sectes qui ne méritent pas le nom de religions.
IV. – Le socialisme
Q. — Qu’est-ce que le socialisme ?
R. — Le socialisme est un mot nouveau qui désigne une secte politique et religieuse, ayant pour but une association universelle, fondée sur une égalité pareillement universelle.
Q. — Par quels moyens le socialisme peut-il atteindre son but ?
R. — Le socialisme ne peut atteindre son but que par le renversement complet de l’ordre établi, la destruction de toute supériorité religieuse et sociale et la suppression de tous les droits acquis.
Q. — Quel est donc le dernier mot du socialisme ?
R. — Le dernier mot du socialisme est la guerre universelle des inférieurs contre les supérieurs ; des pauvres contre les riches ; des ouvriers contre les patrons ; de tous ceux qui n’ont rien, contre ceux qui ont quelque chose.
Q. — Quel nom le socialisme donne-t-il à ce résultat ?
R. — Le socialisme appelle ce résultat la liquidation sociale : mot perfide qui fascine les classes populaires et qui fait trembler pour l’avenir.
Le communisme
Q. — Qu’est-ce que le communisme ?
R. — Le communisme est la mise en pratique du socialisme.
Q. — Comment cela ?
R. — En établissant l’égalité universelle, le socialisme conduit à la communauté, par conséquent au partage égal de tous les biens, supprime toute propriété, anéantit la famille et détruit toute hiérarchie sociale fondée sur la fortune.
Q. — Combien y a-t-il de sortes de communisme ?
R. — Il y a deux sortes de communisme.
Q. — Quelle est la première ?
R. — La première est le communisme des Partageux, dont voici l’application : celui qui n’a rien prend à celui qui a ; celui qui a moins prend à celui qui a plus, de manière à ramener tout le monde au même niveau.
Q. — Que faut-il penser de cette première espèce de communisme ?
R. — Il faut penser de cette première espèce de communisme, que c’est le rêve le plus impur, le plus absurde, le plus impossible à réaliser.
Le communisme (suite)
Q. — Quelle est la seconde espèce de communisme ?
R. — La seconde espèce de communisme, c’est le communisme de l’État.
Q. — En quoi consiste-t-il?
R. — Il consiste en ce que l’État, voulant régner sans contrôle, s’empare des âmes, de la liberté, des biens et, de la vie de ses sujets.
Q. — Un pareil communisme serait-il possible ?
R. — Un pareil communisme serait possible, si un pouvoir tyrannique s’emparait des âmes, par l’éducation ; de la liberté, par la centralisation ; de la fortune, par l’impôt et par des lois injustement restrictives ou même destructives du droit de propriété ; et de la vie, par la conscription, sans autre limite que sa volonté [2].
Q. — Comment faut-il considérer le Syllabus qui condamne le socialisme et le communisme ?
R. — Il faut considérer le Syllabus qui condamne le socialisme et le communisme, comme un immense service rendu à la société.
Q. — Donnez-en la raison.
R. — La raison en est que le socialisme et le communisme sont deux grandes erreurs, qui menacent le monde actuel de bouleversements sans exemples.
Les sociétés secrètes
Q. — Que sont les sociétés secrètes ?
R. — Les sociétés secrètes sont des associations ténébreuses, composées d’hommes de toute nation et de toute religion qui, sous prétexte de secours mutuels, de liberté et de progrès, s’engagent par des serments terribles à détruire la religion et la société.
Q. — Comment le sait-on ?
R. — On le sait par leur histoire, par les aveux de leurs chefs, par la nature de leurs engagements et par leurs œuvres.
Q. — Pourquoi prennent-ils ces engagements ?
R. — Ils prennent ces engagements parce qu’ils regardent la religion et la société comme les deux obstacles à la réalisation de leurs projets.
Q. — Quels sont leurs projets ?
R. — Leurs projets sont de jouir le plus possible et par tous les moyens possibles.
Q. — Nommez les principales sociétés secrètes.
R. — Les principales sociétés secrètes sont : le solidarisme, la franc-maçonnerie et l’internationale.
Q. — Ces sociétés sont-elles nombreuses ?
R. — Ces sociétés sont très nombreuses : elles comptent des multitudes d’affidés dans l’ancien et dans le nouveau monde.
Q. — Comment faut-il les considérer ?
R. — Il faut les considérer comme les grands corps de l’armée de Satan, qui marchent à l’envahissement de l’humanité.
Les sociétés bibliques et les sociétés
clérico-libérales
Q. — Que sont les sociétés bibliques ?
R. — Les sociétés bibliques sont des associations protestantes qui, au moyen de nombreux émissaires, répandent dans toutes les parties du monde, des Bibles plus ou moins falsifiées, des doctrines hétérodoxes, et surtout des calomnies contre l’Église catholique.
Q. — Font-elles beaucoup de mal ?
R. — Elles font beaucoup de mal, en ce sens qu’elles empêchent beaucoup de bien.
Q. — Comment l’empêchent-elles ?
R. — Elles l’empêchent, parce qu’en enseignant le contraire de ce qu’enseignent les missionnaires catholiques, leurs émissaires jettent le trouble dans l’esprit des infidèles qui, ne sachant à quoi s’en tenir, refusent de se convertir.
Q. — Quelles sont les autres sociétés bibliques également condamnées ?
R. — Les autres sociétés bibliques également condamnées, sont les associations d’hommes qui mettent en commun leurs efforts et leur argent, pour propager des livres contraires à la foi et aux mœurs.
Q. — Que sont les sociétés clérico-libérales ?
R. — Les sociétés clérico-libérales sont des associations d’origine récente, formées d’un certain nombre d’ecclésiastiques apostats, qui blasphèment l’Église leur mère, dont ils sont le scandale et la douleur.
Q. — Sont-elles nombreuses?
R. — Elles n’ont jamais été nombreuses ; aujourd’hui même elles n’existent plus comme corps, elles sont seulement représentées par quelques individus isolés, qui ne s’entendent pas entre eux, excepté sur le droit de se marier.
Q. — Comment le Syllabus qualifie-t-il les erreurs exposées dans les quatre chapitres précédents ?
R. — Les erreurs exposées dans les quatre chapitres précédents, le Syllabus les qualifie de pestes, souvent frappées des plus graves condamnations [3].
V. – Erreurs concernant l’Église et ses droits
Q. — Est-il bien important de connaître les erreurs concernant l’Église et ses droits ?
R. — II est bien important de connaître les erreurs concernant l’Église et ses droits, parce que ces erreurs sont très pernicieuses et tellement répandues, que plusieurs même ne passent plus pour des erreurs.
Q. — Nommez celles qui sont signalées dans le Syllabus.
Voici celles qui sont signalées dans le Syllabus.
19. L’Église n’est pas une société vraie et parfaite, pleinement libre, et elle ne jouit pas des droits propres et constants qui lui ont été conférés par son divin fondateur, mais il appartient au pouvoir civil de définir quels sont les droits de l’Église et les limites au sein desquelles elle peut exercer ces droits. 20. Le pouvoir ecclésiastique ne doit pas exercer son autorité sans la permission et l’assentiment du pouvoir civil. 21. L’Église n’a pas le pouvoir de définir dogmatiquement que la religion catholique est l’unique vraie religion. 22. L’obligation par laquelle les maîtres et les écrivains catholiques sont tenus absolument se limite seulement aux choses qui ont été proposées par le jugement infaillible de l’Église comme dogme de foi à croire par tous [DS 2879]. 23. Les pontifes romains et les conciles oecuméniques ont dépassé les limites de leur pouvoir, ont usurpé les droits des princes, et même ont erré en définissant en matière de foi et de mœurs. 24. L’Église n’a pas le pouvoir d’employer la force, ni aucun pouvoir temporel direct ou indirect. 25. Outre le pouvoir inhérent à l’épiscopat, un autre pouvoir, temporel, lui a été concédé de façon expresse ou tacite par l’autorité civile, lequel est révocable pour cette raison par le pouvoir civil à son gré.
L’Église et ses droits (suite)
26. L’Église n’a pas le droit natif et légitime d’acquérir et de posséder. 27. Les ministres sacrés de l’Église et le pontife romain doivent être absolument exclus de toute question et possession des choses temporelles. 28. Sans l’autorisation du gouvernement il n’est pas permis aux évêques de promulguer même des lettres apostoliques. 29. Les grâces concédées par le pontife romain doivent être considérées comme nulles si elles n’ont pas été sollicitées par le gouvernement. 30. L’immunité de l’Église et des personnes ecclésiastiques avait son origine dans le droit civil. 31. Le for ecclésiastique pour les causes temporelles des clercs, civiles ou criminelles, doit absolument être aboli même sans consulter le Siège apostolique et malgré son opposition. 32. L’immunité personnelle en vertu de laquelle les clercs sont exempts d’assurer la charge du service militaire peut être abrogée sans aucune violation du droit naturel et de l’équité ; or le progrès demande cette abrogation, surtout dans une société constituée sous une forme libérale. 33. Il n’appartient pas uniquement au pouvoir de juridiction ecclésiastique, par un droit propre et natif, de diriger en matière théologique [DS 2875- 2880]. 34. La doctrine de ceux qui comparent le pontife romain à un prince libre qui agit dans l’ensemble de l’Église est une doctrine qui a prévalu au Moyen Age. 35. Rien n’empêche que par une décision d’un concile général ou du fait de l’ensemble des peuples, le souverain pontificat soit transféré de la Ville à un autre évêque ou à une autre ville. 36. La définition d’un concile national n’admet pas d’autre discussion, et l’administration civile peut exiger la chose selon ses déterminations. 37. Il peut être institué des Églises nationales soustraites à l’autorité du pontife romain, et totalement séparées d’elle. 38. Trop d’actes arbitraires des pontifes romains ont contribué à la division de l’Église en orientale et occidentale.
Q. — Dans quel intérêt l’Église condamne-t-elle toutes ces erreurs qui la concernent ?
R. — L’Église condamne toutes ces erreurs qui la concernent, dans l’intérêt de la justice et de la vérité dont le dépôt lui est confié, et dans l’intérêt des peuples, ses enfants, qui ne peuvent ni prospérer ni vivre sans la justice et sans la vérité.
