A propos des chrétiens d’Orient
La Lettre de l’ASPA (Association Saint-Pierre d’Antioche et de tout l’Orient – La Malaunière, 61400 Saint Langis-lès-Mortagne) publie, dans son numéro de novembre 2014, une « lettre d’un chrétien de Syrie » et plusieurs autres documents pour faire connaître la persécution et les atrocités dont les chrétiens d’Irak et de Syrie sont actuellement les victimes. Pourtant, ce qui cause la mort de ces vieilles chrétientés d’Orient, ce n’est pas tant le fléau islamique que la perte de la foi, la décadence et la trahison des mauvais prêtres et des mauvais catholiques. Un témoignage à méditer.
Le Sel de la terre.
Lettre d’un chrétien de Syrie
Damas, octobre 2014
Cher ami,
Lors de votre dernier voyage, vous nous aviez demandé de mettre par écrit le fond de notre pensée. Depuis de nombreuses années, vous vous attachez à exposer à nos amis français comment la plus ancienne chrétienté d’Orient est dangereusement menacée dans sa chair, et même dans son existence. Mais oserez-vous leur dire aujourd’hui la terrible vérité et leur parler du danger que courent nos âmes ? Car ce ne sont pas tant les chrétiens qu’on assassine en Syrie que leur foi.
Contrairement à l’opinion commune, nous pensons que des islamistes sunnites qui décapitent nos frères et dévorent leur cœur, [c’]est un fait, en soi, moins mortel pour notre chrétienté qu’une Église qui a cessé de nous transmettre la foi. Ce qui est pourtant la dramatique vérité, puisque la proportion des catholiques pratiquants se situe entre 20 et 30 %.
Notre clergé est en voie de disparition. Je ne veux pas parler des prêtres qui ont abandonné leur troupeau pour se mettre à l’abri en Amérique ou en Europe, mais du nombre même des vocations qui se raréfient gravement. Peut-on trouver des excuses à ceux qui restent parmi nous, en déplorant de ne les voir bénéficier d’aucune formation sérieuse sur les plans doctrinal, spirituel ou même moral ? Ajoutez pour témoignage à cela que – sous le prétexte que les fidèles auraient davantage confiance dans un clergé marié plutôt que célibataire, (il n’est pas trop difficile, hélas, d’en deviner les raisons) – quelques mois à peine suffisent généralement pour ordonner prêtres des hommes mariés. Vous confierai-je que cet usage ne satisfait ni leur épouse, ni leur communauté qui se plaignent toutes deux de leur manque de disponibilité, parce que le prêtre doit, dans la majorité des cas, pratiquer un métier pour subvenir aux besoins de sa famille ?
Depuis les années soixante dix, au Proche-Orient, le clergé séculier reçoit une formation à peine meilleure. Sans parler des « moines » qui n’ont de moine que le nom, attachés à des couvents opulents où les domestiques sont souvent plus nombreux que les religieux, libres de leurs faits et gestes, sans contrôle aucun. On n’a pas de peine à imaginer les dérives d’une liberté dont chacun est le maître, ni le scandale habituel des faibles dans notre Orient étriqué où chacun se plaît à épier et juger le prêtre pour se donner bonne conscience.
Mais je reviens à la Syrie. A quoi servirait de distinguer entre une hiérarchie uniquement préoccupée par l’argent, des prêtres qui ne se tracassent que de nourrir les pauvres sans leur livrer jamais le pain de la Parole, ou ceux qui ne s’embarrassent ni de l’un ni de l’autre et, souvent, ne donnent guère le bon exemple ?
La réalité manifeste aujourd’hui est celle-ci : pas plus que les prêtres n’ont confiance dans leur hiérarchie, les chrétiens n’ont confiance dans leurs prêtres. Et la conséquence concrète est dramatique : en présence des indescriptibles souffrances qu’ils endurent depuis le début des affrontements, ils sont de plus en plus nombreux les chrétiens en Syrie qui déclarent : « Dieu n’existe pas ! »
Alors que la guerre dure depuis trois ans, avec son cortège de souffrances, les morts de chaque jour, la surprise de la voiture piégée dans la rue ou de l’obus qui tombe du ciel dans votre cour, la peur dans laquelle chacun vit chaque instant pourrait trouver un apaisement dans le réconfort de la prière. Mais on ne nous apprend plus à prier… que pour le succès de l’armée et la fin de la guerre.
Savez-vous, cher ami, qu’il existe un nombre impressionnant de musulmans (sunnites, chi’ites et druzes) qui voudraient de tout leur cœur recevoir le baptême – même, comme c’est permis dans les circonstances particulières, en secret –, sans trouver de prêtre qui accède à leur demande et qui prenne le temps de les instruire ? Non tant par crainte de représailles familiales sur le néophyte que parce qu’il a peur pour lui-même si la chose venait à se savoir. Quatre cents ans d’occupation ottomane auraient tellement marqué nos esprits qu’on a pris l’habitude de s’abstenir ici de tout prosélytisme ? C’est à pleurer.
A coup de dollars, de bibles empoisonnées distribuées gratuitement et d’endoctrinement savamment distillé, les sectes protestantes connaissent un franc succès auprès de nombreuses familles de réfugiés que n’aident par leur Église. Mais contre elles, nos prêtres catholiques ne nous mettent jamais en garde, l’important, pour eux, n’étant pas d’être fier et d’appartenir à une Église plutôt qu’à une autre, mais de se sentir « chrétien » parmi les chrétiens. Personne non plus ne prévient nos frères contre les faux prophètes qui pullulent aujourd’hui et font des ravages jusque dans le clergé. Nous avons besoin que la France nous envoie des missionnaires…
L’on voit, à Damas, des faits extraordinaires, comme le grand Mufti sunnite de la Mosquée des Omeyyades, Cheikh Khani, et d’autres dignitaires musulmans importants qui viennent à Soufanieh prier la Vierge Marie, à chaque anniversaire de son intervention miraculeuse. Personne ne les oblige à réciter le Notre Père en mettant le chapelet autour de leur cou, montrant un courage que pourraient leur envier beaucoup de prêtres et de religieux…
Sous prétexte que les orthodoxes n’ont – sauf exception – pas la pratique de la confession individuelle, les catholiques l’ont abandonnée. Et aujourd’hui tous les fidèles sont invités à « participer au repas du Seigneur » à chaque messe sans jamais qu’on leur rappelle l’existence ou la nécessité de la confession. Même pour nos enfants, l’enseignement des vérités de la foi a disparu. On nous enseignait autrefois que communier sans être en état de grâce était une pratique dangereuse pour notre âme, mais on ne nous parle plus aujourd’hui de se confesser que pour dire que c’est une coutume « occidentale » dépassée. J’ai appris avec stupéfaction que, chez les Latins, on pouvait recevoir le très saint Corps de Notre-Seigneur dans la main, ce qui n’est pas autorisé en Orient.
Quand une vidéo nous montre notre président Bachar el-Assad tourner le dos à l’ambassadeur d’Israël lors des funérailles du pape Jean-Paul II, nous sommes fiers de lui. Mais quand nous parvient la photo du pape François baisant la main du grand Rabbin de Jérusalem, notre cœur est douloureusement transpercé.
Tout ceci pour vous expliquer, cher ami, que, malgré le courage qui masque souvent notre peur au quotidien, le désespoir moral et l’abandon spirituel des chrétiens arabes de Syrie est plus poignant encore que leur détresse matérielle.
Alors quand vous nous quitterez pour retourner dans votre pays, dites, s’il-vous-plaît, à nos frères chrétiens de France que nous n’avons pas besoin d’autres armes que de la Vérité. Dites-leur surtout combien nous avons besoin de leur prière pour garder la foi, simplement parce que nous aimerions que nos enfants puissent servir le Seigneur avec un cœur tranquille.
Votre ami obligé.
Milad K., retraité de l’enseignement.
Faut-il remercier le djihad qui a éclaté en Orient ?
Le 29 juin 2014, Ibrahim Abou Bakr al-Baghdadi, qui se prétend descendant du « Prophète », se proclamait « Calife de l’État islamique » et « Commandeur » de tous les musulmans du monde. Ses troupes appliquent strictement la loi islamique (la charia) aux territoires qu’elles conquièrent en Irak et en Syrie et massacrent systématiquement les populations chrétiennes, sous l’œil indifférent et complice de l’Occident. Ces musulmans djihadistes, que les medias s’entêtent à présenter comme des « extrémistes », sont en réalité les plus observants et les plus sincères fidèles de l’islam et du Coran.
Le Sel de la terre.
Les valeureux guerriers d’une religion de paix et d’amour
Nul n’ignore aujourd’hui que le Califat islamique autoproclamé par le Commandeur des croyants Ibrahim Abou Bakr el-Baghdadi s’est distingué par des atrocités abominables à l’égard des populations du nord de la Syrie et de l’Irak. […] Les « valeureux guerriers » du calife ne se cachent pas pour commettre leurs horreurs. Bien au contraire, ils s’affichent ouvertement sur les réseaux sociaux, pensant faire de leurs crimes un outil de propagande et une arme de guerre psychologique, propres à leur assurer l’apport de nouvelles recrues et à instiller la peur dans le cœur de l’ennemi.
Les djihadistes sunnites du Califat islamique se considèrent comme les guerriers de Dieu. Leur combat est éminemment religieux et les massacres de yazidis, de chi’ites ou de chrétiens sont autant d’actes de piété. Ils se battent pour instaurer sur terre la domination absolue et définitive de l’islam. Celle-ci se traduit par l’application stricte, dans les territoires conquis, de la loi immuable d’Allah, la charia. Il n’y a pas une parole ou un acte émanant du Califat qui ne soit fondé sur le plan doctrinal : les textes sacrés de l’islam, le coran et la sunna, sont à proprement parler la constitution de l’État islamique. Il s’agit donc pour les djihadistes d’un « projet exaltant » où ils se considèrent comme les dignes héritiers des compagnons du prophète Mahomet, ayant pour mission d’assurer la relève, de « reprendre la tâche » entreprise il y a quatorze siècles, tâche inachevée et que seuls les vrais croyants soumis à la loi d’Allah sont à même de mener à bien. Nous sommes là en présence du vrai visage de l’islam, un islam sans concession à l’esprit du temps et en tous points conforme à la lettre et à l’esprit du coran.
Plus insidieux et plus dangereux que le terrorisme islamique
Face à la réalité qui dérange, celle d’un islam sans masque et sans déguisement, les islamistes et les bien-pensants d’Occident se sont retrouvés un instant sans voix, comme surpris par la lumière aveuglante de la vérité. Pour une fois les faits parlaient par eux-mêmes sans camouflage médiatique. Le public occidental, longtemps désinformé, découvrait soudainement le vrai visage de l’islam et du même coup, l’étendue effarante de l’ignorance où medias, intellectuels et politiciens l’avaient soigneusement cantonné.
Tandis que les islamistes paniquaient – que Frères musulmans, salafistes, etc., se concertaient pour savoir quoi dire et quoi faire pour minimiser les dommages que les récents événements en Irak infligeaient à l’image de l’islam – nos politiciens islamophiles plaidaient l’ignorance, quand on les questionnait sur leurs accointances avec les intégristes islamiques. Les Frères musulmans eux-mêmes sentaient le besoin de se distancer des crimes des djihadistes, et, dans un effort désespéré pour sauver la réputation de leur religion, ne trouvaient pas mieux que rejouer le même disque rayé, à savoir que l’islam est une religion de paix que les djihadistes « trahissaient » ! Quant aux medias, qui relataient les faits sur le terrain avec brièveté et sans commentaire, ils se gardaient soigneusement de parler des motivations des djihadistes, de la doctrine qui les « inspirait » et encore moins de l’attrait que le califat exerce sur les jeunes musulmans nés et « éduqués » en Occident. L’omerta restant de rigueur, l’islam intouchable, seul le mur du silence pouvant le protéger. Survenant bien tardivement, leur réaction s’avéra stérile.
Le Calife Ibrahim permettra-t-il à l’Occident d’ouvrir les yeux ? L’inquiétante réalité
Les horreurs qui firent momentanément la « une » des journaux, ne constituaient pourtant pas une nouveauté, mais le grand public avait été gardé dans l’ignorance de ces pratiques islamiques dûment légalisées par le coran et la charia. Massacres, enlèvements de jeunes filles chrétiennes, mariages forcés, esclavagisme sexuel sont en usage depuis des dizaines d’années en Égypte, au Soudan, en Somalie, au Nigéria, au Pakistan, etc., sans opposition des autorités gouvernementales et sans avoir jamais été dénoncés par les organismes onusiens chargés de recenser les violations des Droits de l’homme.
Le silence assourdissant des musulmans dits « modérés » n’en fut pas moins éloquent. Prompts à dénoncer tapageusement « l’islamophobie » en Occident, ils s’abstinrent pudiquement (c’est une habitude de leur part) de s’élever contre les massacres perpétrés par leurs coreligionnaires. On ne peut s’empêcher de dénoter, dans cette attitude, une soumission de bon gré au véritable islam, plus inquiétante que les horreurs perpétrées sur le terrain. Le silence approbateur des musulmans dits « modérés » s’avéra plus menaçant encore, quand il concerna les opérations de purification ethnique menées à Mossoul, où cent mille chrétiens furent spoliés de leurs biens et jetés hors du pays, ne gardant le plus souvent que les vêtements qu’ils avaient sur le dos, leurs églises brûlées ou transformées en mosquées, leurs maisons saisies, les personnes âgées, trop malades pour fuir, froidement assassinées. Sans parler des viols de jeunes filles et du rapt de jeunes garçons pour les transformer en guerriers. Sans que nulle protestation de leurs concitoyens musulmans ne se fit entendre. On serait tenté d’incriminer leur lâcheté alors que la réalité est ailleurs : ils n’ont pas protesté parce que la purification ethnique des chrétiens est islamiquement fondée, parce qu’elle est dans l’ordre des choses et que s’y opposer c’est s’opposer au vrai islam.
L’aveuglement de l’Occident
L’aveuglement volontaire des gouvernements occidentaux face aux islamistes découle en droite ligne du respect, voire de la déférence accordée à l’islam. Les « spécialistes », « les experts », les bien-pensants et les médias ont décrété, sans fondement, que l’islam est une religion de paix et de tolérance. Les politiciens ont suivi et ont même alimenté le courant, au point qu’il est devenu impossible de remettre en question le dogme. Du coup, la tâche des islamistes s’en est trouvée grandement facilitée, et il leur a été aisé « d’innocenter » l’islam des crimes commis conformément à ses enseignements ; pire, ceux qui tentent d’informer honnêtement le public sont accusés de racisme et d’islamophobie, non seulement par les islamistes mais également par les thuriféraires occidentaux de l’islam, ecclésiastiques compris.
Qui se risquerait aujourd’hui à expliquer la motivation des djihadistes et ce qui les poussent à massacrer ? D’où vient que de jeunes musulmans nés et éduqués en Occident abandonnent tout pour aller tuer et se faire tuer en Irak et en Syrie (2 000 Français) ? Comment exonérer l’islam des horreurs que commettent ses fidèles les plus sincères et les plus observants ? Comment soutenir que les djihadistes déforment l’islam alors qu’ils se font un point d’honneur d’observer scrupuleusement les commandements du coran et les enseignements de Mahomet ? Le respect obsessionnel voué à l’islam amène des gens supposément intelligents et perspicaces à regarder ailleurs et à refuser l’évidence qui crève les yeux. Ce tabou paralyse les élites occidentales, comme si le fait de prendre acte de la réalité allait déclencher la fin du monde. On s’escrime à condamner les musulmans qui massacrent sous la bannière de l’État islamique, alors que c’est le vrai islam, celui du coran et de Mahomet, qu’il faut d’abord incriminer.
Si nos gouvernants n’avaient choisi l’aveuglement avec autant de conviction, s’ils avaient eu le courage et la sagesse de regarder la réalité, les dangers de l’islamisme auraient été rapidement circonscrits et le Califat n’aurait jamais vu le jour. Il reste que l’on pourrait être tenté de le remercier d’avoir torpillé la Taqiya, c’est-à-dire la dissimulation et la duplicité des islamistes occidentaux, et d’avoir révélé la nature de l’islam sous son vrai jour.
Cri d’avertissement aux Européens
de Mgr Amel Shimoun Nona, archevêque de Mossoul
« Notre souffrance est un prélude à ce que vous-mêmes, chrétiens européens et occidentaux, souffrirez dans un futur proche », a crié l’archevêque à ses frères chrétiens d’Occident. « S’il-vous-plaît, il faut que vous compreniez. Vos principes libéraux et démocratiques n’ont aucune valeur ici. Vous devez reconsidérer la réalité du Moyen-Orient, car vous accueillez un nombre croissant de musulmans. Vous aussi, vous êtes en danger. Il vous faut prendre des décisions courageuses et dures, y compris en allant à l’encontre de vos principes. Vous croyez que tous les êtres humains sont égaux, mais ce n’est pas une chose certaine. L’islam ne dit pas que tous les êtres humains sont égaux. Vos valeurs ne sont pas leurs valeurs. Si vous ne comprenez pas cela rapidement, vous tomberez victimes d’un ennemi que vous aurez accueilli dans votre maison. »
Corriere de la Sera, 10 août 2014.
Mise en garde
de Mgr Yousif Habash, évêque irakien syriaque catholique
« Aujourd’hui, les principales victimes de ce qui se passe en Irak sont les minorités chrétiennes. Pourtant, nous sommes les authentiques Irakiens. Nous sommes en Irak, nous les chrétiens, avant les musulmans et avant les Kurdes. […] Vous savez, les chrétiens en Irak ou au Moyen-Orient n’ont pas besoin de la protection des Européens. Protégez-vous vous-mêmes ! Nous, nous savons comment faire pour gérer nos souffrances, mais vous, les Européens, vous êtes pauvres. Vous ne savez pas comment les générations futures vont vous maudire. Ils vont maudire leurs grands-parents parce que les Européens, aujourd’hui, agissent sans sagesse vis-à-vis de leurs nations et de leur avenir. S’ils voulaient vraiment servir la paix et leur pays, ils doivent enseigner et aider les musulmans et les arabes dans leur pays, et non pas en France. »
New Jerzey, 3 octobre 2014.

