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Vatican II – L’Église à la croisée des chemins

Tome 2 : Les textes du Concile

 

 


Dans cet ouvrage collectif [1], le MJCF s’efforce de mettre à la portée du plus grand nombre l’enseignement du « grand événement ecclésial » que fut le concile Vatican II. Ce tome regroupe quinze études riches et documentées [2] qui nous guident à travers les méandres de la pensée conciliaire. Notons que certaines études sont des reprises de publications antérieures peu connues du grand public ou oubliées aujourd’hui.

Les premières études analysent les principaux thèmes du Concile. Si certains sont relativement connus des traditionalistes (le fameux triptyque liberté religieuse-œcumé­nisme-collégialité), d’autres le sont moins et méritent tout autant notre attention, comme par exemple : la Révélation, le sacerdoce, le mondialisme ou encore le principe d’auto­rité (la notion la plus attaquée au Concile selon Mgr Lefebvre [3]). Et l’on voit bien que les textes conciliaires font le plein d’ambiguïtés, de formules équivoques, qu’ils sont « chargés dynamiquement » pour ouvrir la voie aux interprétations progressistes.

Comment un concile de la sainte Église a-t-il bien pu ouvrir la porte aux doctrines nouvelles, n’en con­damner aucune, semant partout la confusion (voir les inquiétudes du cardinal Ottaviani dès 1966 et la réponse de Mgr Lefebvre, données en annexe) ? Deux études s’atta­chent à l’expliquer : Les progressistes, minoritaires avant le Concile et incapables d’influencer les schémas préparatoires, se décidèrent à agir en véritables conjurés, en « bandes organisées », pour subvertir le Concile. D’où un déroulement tumultueux et de multiples violations de la légalité. Le second concile du Vatican peut être qualifié lui aussi, comme le second d’Ephèse, de « brigandage ». En fait, loin d’être une « œuvre sereine » ou « une col­laboration  merveilleuse avec l’Es­prit de Dieu », les seize textes promulgués sont le résultat d’une guerre de tranchée entre une minorité active progressiste soutenue par les plus hautes autorités de l’Église et conseillée par des experts modernistes jadis inquiétés par le Saint-Office, et la minorité du Coetus Internationalis Patrum.

Mais alors, si le Concile apparaît pour le moins douteux sur le fond (des textes équivoques et même erronés) et sur la forme (son déroulement), que doit en penser le fidèle catholique ? Ne doit-il pas, malgré tout, se soumettre à cet enseignement ? Sur ce point encore, deux études apportent des éléments de réponse.

La première revient sur le qualificatif de « pastoral [4] » accolé au Concile. Par ce terme, les hommes qui ont fait le Concile, nourris d’existentialisme et de phénoménologie, veulent dire que l’Église a adopté une nouvelle attitude pratique envers le monde contemporain, et que c’est ce regard nouveau porté sur le monde qui doit déterminer la réforme de l’Église : la rénovation intérieure (l’agiornamento) de l’Égli­se découle de son adaptation extérieure aux idéaux du monde actuel (renoncer aux condamnations, aux définitions scolastiques, etc.). « Ce faisant, toute forme d’opposition et de résistance, qu’elle soit spéculative ou pratique, doctrinale ou ascétique, a été évacuée au profit de l’ouverture au monde et à la réception de ses modes de pensée et d’agir. » La chrétienté, le règne du Christ-Roi sur les nations ne sont plus désormais que des conceptions dépassées et inopportunes.

Une autre étude traite spécifiquement de l’autorité du Concile et développe les arguments qui justifient la résistance des catholiques aux enseignements conciliaires. Ces arguments sont ceux donnés par Mgr Lefebvre dans ses échanges avec les autorités romaines. L’au­teur rappelle notamment que le magistère de l’Église est par définition traditionnel et constant. Or la théologie moderniste enseignée par Vatican II est nouvelle et incompatible avec la doctrine traditionnelle de l’Église. D’où il suit que cette théologie ne saurait obliger. C’est donc le magistère traditionnel qui « juge les enseignements de Vatican II et nous oblige à les rejeter ». Dès lors, comment peut-on dire que ces enseignements illuminent la vie et la doctrine de l’Église, puisqu’ils s’écartent en de très nombreux points de la Tradition ? Un simple fidèle, a fortiori un clerc ou un évêque, sont parfaitement capables de voir les points sur lesquels les enseignements de la hiérarchie conciliaire s’éloignent de la doctrine catholique. Un tel jugement est doctrinal et regarde la foi : cela suffit pour que le refus de suivre ces enseignements soit parfaitement prudent et fondé.

Ce livre (tomes I et II) permet de réfléchir sérieusement, sans préjugés, sur le Concile et la confusion qu’il sema dans le monde catholique. Il pourra servir d’utile complément au Catéchisme catholique de la crise dans l’Église.

 

Georges Luger

 

 

MJCF, Vatican II : l´Église à la croisée des chemins – T. 2 : Les textes du Concile, Paris, MJCF éditions, 2012, 480 p., 22 €, ISBN: 978-291251905-4.


[1]  — Il fait suite au tome I : Les pionniers du Concile, publié en 2010.

[2]  — Les amateurs de notes de bas de page seront ravis.

[3]  — Lettre aux membres de la Fraternité Saint-Pie X du 11 avril 1979.

[4] — Voir Jean XXIII, Discours du 11 octobre 1962 (DC du 4 novembre 1962, col 1383), ou encore : cardinal Ratzinger, Discours à la conférence épiscopale chilienne (Il Sabato, 30 juillet-5 août 1988).

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 93

p. 194-195

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