Pour Dieu… avec sainte Radegonde
C'Est en usant du procédé cinématographique du « flash-back » que l’auteur présente la vie hors du commun de la reine-moniale : au seuil de la mort, sainte Radegonde, sur son lit de cendres voit se dérouler une ultime fois ce que fut sa vie. Vie toute à Dieu et au peuple dont elle fut la reine, vie pleine de rebondissements, d’aventures et d’héroïsme dans laquelle Mauricette Vial-Andru entraîne son petit lecteur. Du mariage de la sainte avec le bouillonnant Clotaire, de sa vie de pénitence à la cour, de ses fuites jusqu’à sa retraite monastique dans l’abbaye qu’elle fonda, se dégage cette égalité d’âme de ceux-là seuls qui ne cherchent que la volonté de Dieu. La plume alerte de l’auteur sait se faire plus lente et « méditative », permettant de goûter la texture de cette âme royale où action et contemplation sont au point d’équilibre. Se dessine alors au fil des pages, cette figure digne de la femme forte de la Bible qui, en portant les vertus de la femme jusqu’à l’héroïcité, s’est laissé forger par Dieu une âme virile. Aussi, petits garçons comme petites filles trouveront-ils dans cette âme ces traits de sainteté propres à les enthousiasmer.
Il paraît toutefois nécessaire d’émettre deux réserves. La première touche à la vie même de la sainte : la relation qui est ici faite du plus fameux de ses miracles, le miracle des avoines, comporte une inexactitude. Un mot erroné, un seul, mis dans la bouche de notre sainte, change la nature de son propos, faisant d’elle l’incitatrice d’un petit mensonge.
La deuxième réserve est relative aux lointaines héritières de l’œuvre de sainte Radegonde, car l’auteur nous fait cheminer auprès de la communauté jusqu’aux années 60. La référence à Vatican II ainsi que son impact sur l’Abbaye de Sainte-Croix font l’objet de propos trop bienveillants (ou naïfs ?) pour ne pas être gênants.
Ces deux points jettent une ombre sur ce travail, par ailleurs portrait magnifique d’une reine qui renonça aux joyaux pour devenir joyau elle-même, et à qui Notre-Seigneur dit un jour : « Tu es l’un des plus beaux diamants de ma couronne. »
F. G.
Mauricette Vial-Andru, Pour Dieu… avec sainte Radegonde, Éditions des Petits Chouans, 2015, 64 p., 12 €.

