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La soumission de l’épouse chrétienne

 

 

 

par le père Bruno O.S.B.

 

 

 

Transcription d’une conférence donnée par le père Bruno en juillet 2014 lors des Journées Jean Vaquié, dont le thème était : la subversion de la famille et les moyens d’y remédier.

Le Sel de la terre.

 

 

 

SUPPOSONS qu’un dimanche matin, à la sortie d’une célébration conciliaire, vous demandiez à une dame si elle est soumise à son mari. Il est presque certain qu’elle vous prendra pour un fou, vous rira au nez ou vous dira que l’on n’est plus au Moyen Age. Si vous tentez cette expérience à la sortie d’une chapelle de la Tradition… vous risquez bien d’obtenir le même genre de réaction, quoique vous ayez plus de chances d’entendre une bonne réponse.

En 2014, il n’y a plus beaucoup de femmes qui comprennent le beau devoir de la soumission de l’épouse chrétienne. La plupart sont imprégnées, souvent à leur insu, de cette mentalité moderne, de cet esprit révolutionnaire qui veut détruire l’ordre. C’est la consigne de la Révolution : Solve. Il faut dissoudre, il faut supprimer les différences pour renverser l’ordre. S’il n’y a plus de différences, il n’y a plus d’ordre.

Cela est déjà vrai dans la Sainte Trinité : il y a un ordre entre les trois personnes divines parce que, même si elles sont parfaitement égales en majesté et en puissance, il y a des différences entre ces trois personnes : le Père seul est le principe, le Fils seul est engendré, le Saint-Esprit seul procède du Père et du Fils.

Cet ordre existant en Dieu doit se retrouver dans la création, particulièrement dans le genre humain : le plus beau reflet de l’ordre trinitaire, c’est l’ordre familial : le père, la mère, l’enfant.

Le monde moderne fait tout pour gommer les différences : entre les parents et les enfants, entre l’homme et la femme, entre le mari et l’épouse… D’où l’importance et l’actualité du sujet délicat que l’on m’a demandé de vous exposer : la soumission de l’épouse chrétienne.

Est-il bien utile d’en parler ici, devant une assemblée qui comporte beaucoup plus de messieurs que de dames ? Il me semble que oui : les devoirs des époux étant corrélatifs, chacun des deux doit connaître à la fois son propre devoir et celui de son conjoint. En particulier, pour bien exercer son devoir d’autorité, le chef de famille doit savoir en quoi consiste le devoir de soumission de son épouse.

Le plan sera très simple : soumission à Dieu – soumission au mari – soumission à Marie. La seconde partie sera de loin la plus développée, la première et la troisième servant plutôt d’introduction et de conclusion.

La soumission à Dieu

Sa nature

La soumission est une conséquence de la dépendance.

Toutes les créatures devraient être soumises à Dieu, parce que toutes dépendent de Dieu. Chaque être humain, notamment, devrait se dire : je dépends de Dieu, donc je dois être soumis à Dieu. Je dépends radicalement de Dieu (au plan naturel et au plan surnaturel), donc je dois lui être totalement soumis. Selon le grand principe que l’agir suit l’être, la dépendance dans l’ordre de l’être implique la soumission dans l’ordre de l’agir.

Notre soumission à Dieu est donc une conséquence de notre dépendance, la reconnaissance de notre dépendance.

Sa nécessité

La soumission est une disposition indispensable à toute vie chrétienne, que ce soit dans le domaine de la foi ou dans celui des œuvres.

La foi est la soumission de notre intelligence à la vérité révélée par Dieu. Le motif formel de cette vertu est l’autorité de Dieu qui révèle. (Nous le disons dans l’acte de foi : « Je crois fermement toutes les vérités que vous avez révélées. ») A cette autorité de Dieu, doit répondre la soumission de notre intelligence. Notez que cette définition catholique de la foi n’a rien à voir avec le concept moderniste, que l’on trouve dans la première encyclique du pape François, Lumen fidei.

Les œuvres, quant à elles, manifestent la soumission de notre volonté à la volonté divine, exprimée par les commandements.

Ajoutons que la soumission à l’autorité de Dieu lui-même entraîne la soumission à l’autorité déléguée par Dieu : toute véritable autorité est une participation à l’autorité de Dieu. Cela est vrai, tout particulièrement, de l’autorité paternelle : Dieu est essentiellement Père (« Je crois en Dieu, le Père tout-puissant… »). Il faut donc porter un regard surnaturel sur l’autorité du père de famille et avoir un grand respect pour cette autorité ; nous verrons comment cela s’applique à l’épouse chrétienne.

Ses modèles

Tous les saints sont des exemples de soumission à Dieu, mais au-dessus de tous les saints, nos modèles sont Notre-Seigneur et Notre-Dame.

– Notre-Seigneur : l’Évangile souligne très souvent sa soumission à son Père, par exemple dans sa prière au Jardin des Oliviers : « Non pas ma volonté, mais la vôtre. » L’Évangile nous dit aussi, à propos du recouvrement au Temple, que Jésus était « soumis » à Marie et à Joseph : cette soumission à des créatures étant la preuve de sa soumission à son Père.

– Notre-Dame : elle exprime sa parfaite soumission à Dieu par son Fiat (toute l’âme de la Vierge Marie est dans son Fiat). Saint Louis-Marie, lorsqu’il indique dans son Traité de la vraie dévotion les « grandes vertus » de la Sainte Vierge, parle de « son humilité profonde, qui l’a fait se soumettre à tout » (n° 260). La soumission de Notre-Dame est donc une conséquence, une preuve de son humilité. L’humilité se prouve par la soumission : c’est spécialement vrai de l’épouse chrétienne, qui doit être une copie vivante de la Vierge Marie.

La soumission au mari

Remarquons d’abord l’étymologie du mot : soumission vient du verbe latin sub-mittere, qui signifie « envoyer dessous » ou « envoyer de dessous », d’où les deux sens principaux : « soumettre » et « élever ». Ceci est éclairant sur la nature de la soumission de l’épouse chrétienne, qui consiste à se soumettre pour élever : se soumettre à son mari pour élever ses enfants.

« Une âme qui s’élève, élève le monde. » On pourrait transposer en disant : une épouse qui s’abaisse, élève ses enfants ; une épouse qui se soumet à son mari, fait progresser ses enfants.

La soumission est donc une condition indispensable : il faut être épouse pour être mère ; il faut être une bonne épouse (soumise à son mari) pour être une bonne mère (qui élève ses enfants).

Non seulement l’épouse qui s’abaisse élève ses enfants, mais elle-même sera élevée, selon la promesse de l’Évangile : « Celui qui s’abaisse sera élevé. » Ainsi, la soumission grandit la femme : la vraie grandeur ne consiste pas à être au-dessus des autres, mais à être à sa place.

La sainte Écriture

Que nous enseigne la Sainte Écriture au sujet de la soumission de l’épouse ? Beaucoup de choses, principalement dans le récit de la création, le récit de la chute et le Nouveau Testament (saint Pierre et saint Paul).

• Le récit de la création (2e chapitre de la Genèse)

Il y a un ordre dans les six jours de la création, en particulier dans le sixième jour, où Dieu crée l’homme à son image : il le crée « homme et femme ». Adam est créé le premier, puis Dieu semble prêt à se reposer le septième jour (il est vrai que pendant six jours il n’a pas chômé). Tout à coup, il s’aperçoit qu’il manque quelque chose – tout le monde peut avoir des distractions – et il dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; faisons-lui une aide semblable à lui. » Et c’est la création d’Ève. Elle est créée en second, après Adam, et même à partir d’Adam. Dieu pourrait créer Ève, comme Adam, à partir du limon de la terre ; il préfère la créer à partir d’une côte d’Adam. Et Adam constate : « C’est la chair de ma chair », caro de carne mea. Il y a donc, dès la création, une dépendance (dans l’ordre de l’être) de la femme vis-à-vis de l’homme et cette dépendance est exprimée par le nom que reçoit la première femme : Virago, quia de viro sumpta est (elle a été prise, tirée de l’homme).

Aussitôt après, vient l’institution du mariage : « Ils seront deux en une seule chair. » Ce rapprochement de la création de la femme à partir de l’homme et du mariage du premier homme avec la première femme montre l’importance de l’ordre du mari et de la femme dans le mariage : l’union ne supprime pas l’ordre, elle le suppose.

Ajoutons que Dieu crée l’homme et la femme complémentaires pour la propagation du genre humain : l’homme comme principe actif, la femme comme principe passif. Ce qui existe au plan corporel, physiologique, doit se retrouver dans une certaine mesure au plan moral, psychologique.

• Le récit de la chute (3e chapitre de la Genèse)

On connaît l’histoire : le serpent fait tomber Ève, puis Ève fait tomber Adam.

Le péché d’Ève est à la fois un péché de désobéissance à Dieu et un péché d’indépendance vis-à-vis de son mari : Ève discute avec le serpent – le démon – au lieu de se tourner vers son mari. Elle manque à son devoir de soumission (tous nos malheurs proviennent du manque de soumission de la première femme). Elle fait ainsi tomber son mari qui, lui, manque à son devoir d’autorité. C’est ce que Dieu va lui reprocher : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé le fruit… »

Ève tombe la première, puis elle fait tomber Adam : c’est l’inverse de l’ordre, parce que le péché est le désordre. Mais quand Dieu mène son enquête, il respecte l’ordre qu’il a établi : il interroge d’abord Adam, puis Ève. Adam répond : Ce n’est pas moi, c’est Ève. (Il dit même insolemment : « la femme que vous m’avez donnée ».) Ève à son tour répond : Ce n’est pas moi, c’est le serpent. Mais Dieu ne s’en laisse pas conter : il punit tout le monde, le serpent, puis Ève, enfin Adam.

Remarquons le châtiment d’Ève : Dieu lui annonce les fatigues de la grossesse et l’enfantement dans la douleur, puis il ajoute : « Tu seras sous la puissance de ton mari, il dominera sur toi. » Autrement dit : « L’autorité de ton mari te sera difficile à supporter ; ton devoir de soumission sera un devoir pénible. » La soumission de la femme à son mari relève de la loi naturelle ; elle existait dès la création, avant la chute. Mais, depuis la chute, elle revêt le caractère d’une peine, d’un châtiment. Il en va de même du travail pour l’homme : l’homme aurait travaillé si la chute ne s’était pas produite, mais sans fatigue, sans peine ; depuis la chute il travaille « à la sueur de son front », son travail revêt le caractère d’une peine, d’un châtiment.

• Le nouveau Testament (épîtres de saint Pierre et saint Paul)

– Le texte majeur est l’épître de la messe de mariage, tirée du chapitre 5 des Éphésiens : « Que les femmes soient soumises à leurs maris, comme au Seigneur. Car le mari est le chef (la tête) de la femme, comme le Christ est le chef (la tête) de l’Église. De même que l’Église est soumise au Christ, que les femmes soient soumises en tout à leurs maris » (Ep 5, 22-24).

Avant de donner un bref commentaire de cette citation-clé, ajoutons tout de suite le verset suivant (25), que les maris ne doivent jamais oublier : « Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l’Église et s’est livré pour elle. » Le chef de famille doit donc aimer son épouse – pas seulement la supporter – et se livrer, c’est-à-dire se sacrifier pour elle.

« Que les femmes soient soumises à leurs maris, comme au Seigneur. » L’autorité du chef de famille est une participation à l’autorité de Dieu lui-même ; la soumission de l’épouse chrétienne doit donc être surnaturelle. On retrouve ici un principe très général : ce qui relève de la loi naturelle, et qui, depuis le péché originel revêt le caractère d’une peine, il faut l’accomplir, sous la loi de la grâce, pour un motif surnaturel.

« Le mari est le chef (la tête) de la femme, comme le Christ est le chef (la tête) de l’Église. » La grandeur du mariage chrétien est d’être une image de l’union du Christ et de l’Église. Or, entre le Christ et l’Église, il y a un ordre : le Christ est le chef de l’Église ; l’Église vient du Christ, elle est née de son côté sur la croix le vendredi saint. De même, il y a un ordre entre le mari et la femme : le mari est le chef de la femme ; la femme vient de l’homme, elle est née de son côté. Et puisque la naissance de la première femme préfigurait la naissance de l’Église dans les douleurs de la passion, il ne faut pas s’étonner que le lien de dépendance qui relie la femme à son mari ait un caractère douloureux.

Car l’agir suit l’être, la dépendance implique la soumission. Saint Paul, après avoir souligné le lien de dépendance, en tire la conséquence : « De même que l’Église est soumise au Christ, que les femmes soient soumises en tout à leurs maris. » En tout ce qui n’est pas contraire à volonté de Dieu, puisqu’elles doivent être soumises à leurs maris « comme au Seigneur ». Il ne faut jamais perdre de vue, surtout aujourd’hui, que les vertus morales doivent être pratiquées à la lumière des vertus théologales, l’obéissance et la soumission à la lumière de la foi.

– Saint Paul enseigne la même doctrine sur le devoir de la femme envers son mari dans le chapitre 3 de l’épître aux Colossiens (3, 18).

– Saint Pierre, dans sa première épître, apporte une précision intéressante (3, 1-2) : « Que les femmes soient soumises à leurs maris. S’ils ne croient pas à la parole, qu’ils soient gagnés sans parole par la conduite de leurs femmes, voyant leur vie chaste et pleine de respect. » Le respect, la soumission de l’épouse chrétienne peut donc être un apostolat efficace auprès de son mari, s’il ne croit pas (ou s’il ne vit pas comme il croit).

– Revenons à saint Paul, avec la première épître aux Corinthiens : le chapitre 11 comporte un long passage (11, 3-16) sur le voile, qui est essentiellement un signe de soumission. Saint Paul rappelle que l’homme est le chef (caput, la tête) de la femme, que l’homme n’a pas été tiré de la femme mais la femme de l’homme ; c’est pour cette raison, dit saint Paul, que la femme doit voiler sa tête à l’église. Le voile de la femme est donc le signe de sa dépendance envers l’homme ou de son appartenance à son mari, de sa soumission à son mari.

Le magistère

• Catéchisme du Concile de Trente

Les femmes doivent « être soumises à leurs maris et leur obéir avec joie et empressement ».

• Léon XIII, Arcanum divinæ sapientiæ (10 février 1880)

La femme doit être soumise à son mari non comme une servante (ancilla : une esclave), mais comme une compagne (socia : une associée). Le pape reprend ici le terme de la Genèse (3, 12) : « la femme que vous m’avez donnée comme compagne (sociam) ».

• Pie XI, Casti connubii (31 décembre 1930)

Le pape emploie l’expression de « subordination », qui contient le mot « ordre » : la soumission de la femme à son mari est le respect de l’ordre voulu par Dieu. Cet ordre implique la primauté du mari et la soumission empressée de la femme (Pie XI cite le chapitre 5 des Éphésiens). La soumission ne s’oppose pas à une juste liberté, mais à l’émancipation de la femme. Cette soumission peut varier dans ses modalités selon les lieux et les époques. Toutefois, il n’est jamais permis de bouleverser la structure de la famille telle que Dieu l’a établie. Lorsque le mari manque à son devoir, la femme doit le suppléer dans la direction de la famille, mais ce n’est qu’une suppléance.

Pie XI utilise la belle comparaison suivante : le mari est la tête, la femme le cœur. Le mari a donc la primauté de gouvernement, la femme celle de l’amour. Séparer le cœur de la tête serait un très grand danger pour tout le corps.

• Pie XII, Discours aux jeunes époux (10 septembre 1941)

En bon juriste, Pie XII définit la famille comme une société. Dans une société il doit y avoir un ordre, donc un chef. La femme doit « aimer l’autorité » de son mari, pas simplement l’accepter ou la subir. Autrement dit, elle doit être soumise par amour. Pour cela, elle doit « être heureuse de sacrifier une préférence personnelle, même légitime » (une préférence, car elle ne peut sacrifier le respect de la loi de Dieu). L’ordre entre le mari et la femme est « indispensable à l’unité et au bonheur de la famille ». A propos du désir d’indépendance des femmes, le pape leur recommande de se méfier des paroles du serpent, de ne pas devenir d’autres Èves.

Pie XII emploie une expression qui résume tout, celle d’« associée soumise ». (Pour l’islam, la femme est une esclave soumise : la soumission de la femme chrétienne n’a rien à voir avec celle de la femme musulmane.)

• Le « magistère » moderne

Que dit ce « magistère » sur la soumission de l’épouse ? Rien !

– Le concile Vatican II : dans Gaudium et spes (constitution pastorale sur l’Église dans le monde de ce temps) se trouve une assez longue section sur le mariage. Il y est question de l’amour mutuel des époux, avec un renvoi à Ep 5, 25, qui parle en réalité de l’amour du mari pour son épouse ; il n’y est jamais question de la soumission de la femme (il n’y a pas de renvoi aux versets 23-24). Pourtant l’émancipation de la femme est bien un problème du « monde de ce temps », et l’Église avait quelque chose à dire à ce sujet pour rappeler les principes.

– Le Catéchisme de l’Église catholique (mal nommé, puisqu’il est en fait le catéchisme de l’église conciliaire, le catéchisme du Concile) : il comporte également une section importante sur la famille et le mariage : rien à propos de la soumission de l’épouse à son mari. Au contraire, il insiste sur la « parfaite égalité » des époux (n° 369), et parle même de leur « soumission mutuelle » (n° 1616, 1642, 1659). Lorsqu’il cite Gn 3, 16 (le châtiment du péché originel), il omet le membre de phrase qui concerne la domination du mari (n° 1609) !

Cette subversion n’est pas étonnante : elle correspond à l’inversion des fins du mariage. Quand la fin primaire est bien à sa place, on ne perd pas de vue la différence entre l’homme et la femme (principes actif et passif).

Réflexions sur les motifs de la soumission de l’épouse

• Le jugement de Dieu

La femme chrétienne mariée sera jugée en tant qu’épouse et en tant que mère, donc selon la façon dont elle aura été soumise à son mari et dont elle aura élevé ses enfants.

• Le sacrement de mariage

La forme du sacrement est le « oui » que prononcent les époux. Pie XII disait à de jeunes foyers : « Votre oui est source de grâce. » Pour ne pas tarir cette source, les époux ne doivent pas reprendre leur oui. Or, ce oui engage l’épouse dans le sens de la soumission.

A la fin de l’évangile de la messe de mariage, se trouve le fameux verset : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. » Que la femme ne le sépare pas non plus par son manque de soumission. Et puisque son oui a été formulé devant l’autel du sacrifice, qu’elle puise dans le sacrifice de l’autel la force de le redire tous les jours.

• L’exemple à donner aux enfants

L’obéissance est la « sainteté des enfants ». Leur modèle est l’Enfant Jésus, « soumis » à Marie et à Joseph. Saint Paul demande aux enfants d’« obéir en tout à leurs parents » et, de même, aux femmes, d’être « soumises en tout à leurs maris ». Les enfants doivent donc trouver en leur mère un exemple de soumission.

Le saint Curé d’Ars disait : « La vertu passe facilement du cœur des mères dans le cœur des enfants. » L’épouse soumise aide donc beaucoup ses enfants à pratiquer leur vertu principale : l’obéissance.

• La réparation

La soumission revêt un caractère pénible. La femme doit donc savoir l’offrir en réparation : pour ses propres fautes ; pour le manque de soumission de la première femme et de tant de filles d’Ève, avec toutes les terribles conséquences que cela entraîne, notamment les foyers brisés ; pour le désordre qui règne aujourd’hui dans l’Église : le grand désordre, au fond, est que les chefs de l’Église ne sont pas soumis au Christ-Roi. Une épouse qui s’efforce d’être soumise à son mari « comme l’Église au Christ » offre une belle réparation de ce désordre.

Il faudrait parler ici des difficultés particulières que l’épouse chrétienne peut rencontrer dans son devoir de soumission, par exemple lorsque son mari exerce mal – par excès ou par défaut – son devoir d’autorité et qu’elle doit assurer une certaine suppléance. L’épouse n’est pas alors dispensée du devoir de soumission : ce n’est pas parce qu’elle a un mauvais mari qu’elle n’est pas tenue d’être une bonne épouse. Elle doit offrir pour lui ce qu’elle a à souffrir par lui.

La soumission à Marie

Le caractère pénible du devoir de soumission de l’épouse chrétienne est une conséquence du péché originel. Pour bien s’acquitter de ce devoir, elle se tournera donc vers celle qui constitue la grande victoire de Dieu sur le péché : pour être soumise au mari, elle doit être soumise à Marie.

Pour saint Louis-Marie, le mot « soumission » résume toute la dévotion mariale. Dans son Traité de la vraie dévotion, il parle de la soumission et de la dépendance de Notre-Seigneur vis-à-vis de Notre-Dame pendant les trente ans de sa vie cachée ; il explique que Notre-Seigneur a donné ainsi plus de gloire à son Père que s’il avait passé ces trente années à faire des prodiges et à prêcher pour convertir tous les hommes. Et il conclut : « Que l’on glorifie hautement Dieu en se soumettant à Marie, à l’exemple de Jésus ! »

Ce qui est vrai pour tout chrétien a une importance spéciale pour l’épouse chrétienne : son idéal est d’être dans son foyer une « reine de la paix », selon le mot de Pie XII. Elle y parviendra, d’une part en respectant l’ordre du foyer (la paix est la « tranquillité de l’ordre »), donc en étant soumise à son mari ; d’autre part en imitant l’exemple de la Vierge Marie, qui est à la fois la femme la plus soumise et la Reine la plus puissante. C’est par sa soumission qu’elle est devenue Reine. On le voit dans les mystères du Rosaire : le premier (premier mystère joyeux) est le mystère de la soumission de Marie ; le dernier (cinquième mystère glorieux) est celui de sa royauté. La soumission l’a conduite à la royauté. Il en va de même pour l’épouse chrétienne : c’est par la soumission qu’elle deviendra dans son foyer la reine de la paix.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 97

p. 71-79

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