+ Le Vicaire du Christ
Roberto De Mattei est un auteur prolifique, déjà connu de nos lecteurs (voir notamment Le Sel de la terre 94, automne 2015, p. 187). Après une brève histoire de la papauté – pour montrer que la souveraineté pontificale a toujours été reconnue dans l’Église, contrairement aux affirmations des modernistes –, cet ouvrage décrit les principaux pouvoirs du pape – notamment son infaillibilité –, puis se penche sur certains « cas d’exceptions », en particulier la renonciation au souverain pontificat et l’hérésie du pape. Sur ce dernier point, l’auteur évoque l’opinion de Jean de Saint-Thomas, (opinion la plus commune) trop souvent ignorée de ceux qui – comme lui – s’appuient sur le livre d’Arnaldo Da Silveira [1]. Toutefois, il le fait en passant, sans donner de référence, et de façon assez imprécise. On fera bien de lire, en complément, l’étude de Jean de Saint-Thomas (1589-1644), De la déposition du pape, parue dans Le Sel de la terre 90 (automne 2015).
Regrettons que l’auteur ne fasse pas de différence entre le magistère traditionnel et le néomagistère, les deux étant cités constamment à égalité (textes de Pie IX, Léon XIII, Pie XII, à côté de textes de Vatican II, du code de Droit canon de 1983, de Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI, etc. [2]), alors que seul le magistère traditionnel possède une autorité.
C’est méconnaître la gravité de la crise actuelle (voir Le Sel de la terre 94, automne 2015, p. 192-194).
Fr. P.-M.
Roberto De Mattei, Le Vicaire du Christ, Éditions Le Drapeau blanc, 2016 (édition originale italienne 2013), 213 p., 14 x 21, 17,5 €, ISBN : 979-10-93228-04-4.
[1] — Arnaldo Da Silveira, « Hypothèse théologique d’un pape hérétique », dans l’ouvrage L’Ordo Missæ de Paul VI : qu’en penser ?, DPF, Chiré-en-Montreuil, 1975. Ce livre n’a, en fait, pas été commercialisé, à la demande, semble-t-il, de l’auteur. — Arnaldo Da Silveira, comme Roberto De Mattei, sont des anciens de la TFP (Tradition Famille Propriété), le mouvement fondé par le professeur Plinio Corrêa de Oliveira.
[2] — A la p. 93, l’auteur prend la lettre de Jean-Paul II Ordinatio sacerdotalis comme exemple de magistère ordinaire infaillible. Voir à ce sujet l’article de l’abbé Calderon, « Peut-on critiquer Vatican II sans s’ériger en juge du Magistère ? » dans Le Sel de la terre 47, hiver 2003-2004, p. 57-58.

