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La Réforme, cette Révolution


CE VOLUME, qui veut donner « l’histoire secrète de la Réforme, son rapport à l’ésotérisme » (p. 9), est le quatrième tome d’une série intitulée La Guerre des gnoses. L’auteur a déjà traité de La Pré-Kabbale (premier volume), de l’islam (Islam et Kabbale contre l’Occident chrétien : volume 2) et de la Rechute (La Renaissance, cette imposture : volume 3).

Alain Pascal s’avoue « plus polémiste qu’historien » (p. 14) et avertit d’emblée son lecteur : « Ce livre n’est pas une nouvelle histoire de la Réforme. C’est un réquisitoire ». On pourrait presque dire un pamphlet, dont on apprécie largement la liberté de ton quand il s’agit de dénoncer les fausses gloires du 16e siècle (« le fourbe Marot », « l’Ayatollah Calvin », « l’ignoble Rabelais », etc.), mais qui présente aussi les outrances inhérentes au genre. Était-il vraiment nécessaire d’afficher, dès l’avant-propos, un tel « mépris » pour les professeurs d’université ?

L’auteur s’appuie sur des travaux solides, citant aussi bien les catholiques Denifle et Cristiani que les protestants Greiner, Blanchard et Chaunu. Mais il est trop modeste lorsqu’il déclare : « Nous n’inventons rien, nous vulgarisons de vrais historiens ». En réalité, sa thèse fondamentale – sur les rapports entre la kabbale et la pseudo-réforme – va beaucoup plus loin que tous les travaux qu’il utilise. Il souligne par exemple, avec Gaxotte, Chaunu et quelques autres, que la révolte de Luther fut soutenue par tout le clan qui avait précédemment appuyé Johannes Reuchlin dans sa promotion de la Kabbale. Mais il dépasse largement les conclusion des historiens susnommés lorsqu’il en conclut que « c’est inscrire la révolution religieuse, mais aussi politique de Luther dans la Kabbale » (p. 123).

De même, citant les fameux écrits où Luther se vante d’avoir débattu avec le diable, il en apporte une interprétation originale : « L’hé­résiarque a probablement été en contact avec une société secrète qui se réclamait de Satan, et sans doute par l’intermédiaire de son mentor Frédéric, le duc électeur de Saxe » (p. 176 ; voir aussi p. 196-197).

Calvin, à son tour, serait aussi l’agent de la Kabbale. Il serait même d’origine juive selon un texte du B’naï B’rith, qui aurait déclaré en 1977 :

Nous pouvons nous enorgueillir d’être les créateurs de la Réforme. Calvin fut l’un de nos fils ; il était d’origine juive et fut habilité par l’autorité juive et stimulé par la finance juive pour remplir son rôle dans la Réforme.

Mais Alain Pascal précise qu’il n’a pas pu vérifier l’authenticité de cette citation qui lui a été fournie sans référence précise par « une lectrice » (p. 430, note 117).

Au total, un ouvrage très engagé, riche en détails instructifs, à lire avec discernement, en faisant la part des faits avérés et des hypothèses plus ou moins bien étayées.

 

Fr. L.-M.

 

 

Alain Pascal, La Réforme, cette révolution, Le Siècle de la Folie, Paris, éditions des Cimes (www.editions-cimes.fr), collection « Face cachée », 2013, 616 p., 28 E.

Informations

L'auteur

Religieux dominicain du couvent de la Haye-aux-Bonshommes (Avrillé).

Le numéro

Le Sel de la terre n° 101

p. 194-195

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