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ÉDITORIAL

 

 

Pour saluer notre patron céleste

 

Patron céleste de la presse catholique : on ne sait pas précisément à quelle date saint François de Sales reçut ce titre pour la première fois. Mais Pie XI tint à le ratifier, il y a un siècle, dans l’encyclique Rerum omnium perturbationem (26 janvier 1923).

Le troisième centenaire de la mort du saint Docteur (28 décembre 1622) avait en effet été l’occasion de rechercher l’origine de ce patronage.

En constatant qu’il n’avait jamais été officiellement approuvé par l’Église, Pie XI voulut y pallier et en rappeler les raisons.

Les Controverses d’un saint

C’est d’abord aux tracts qu’il rédigea pour les protestants du Chablais que saint François de Sales doit ce patronage. Pie XI remarque :

On reste étonné de l’abondance de sa doctrine et de son habileté à grouper les arguments comme en rang de bataille lorsqu’il attaque ses adversaires, démasque leurs mensonges et leurs fourberies, maniant au besoin avec un rare bonheur une ironie voilée. S’il lui arrive d’employer des termes en apparence plus véhéments, néanmoins, de l’aveu de ses ennemis mêmes, la force de la charité domine tout le débat et en tempère l’ardeur. […] Jusque dans le livre des Controverses, on peut retrouver la même cordiale tendresse et le même esprit dont débordent ses ouvrages de piété et d’édification.

Quant au style, il avait une telle élégance, une telle distinction, une telle force de persuasion, que les ministres hérétiques eux-mêmes avaient accoutumé de prémunir leurs fidèles contre les enveloppantes séductions et les charmes captivants du missionnaire de Genève [1].

Ceux qui les connaissent apprécient effectivement ces Controverses comme un chef-d’œuvre. Et si ces connaisseurs sont malheureusement rares, le présent anniversaire n’est-il pas l’occasion de les multiplier ?

On trouvera, dans ce numéro, un résumé synthétique de ce puissant ouvrage, citant très largement les meilleurs passages.

Mais le Docteur de la charité ne saurait être limité à ce travail.

Sans s’attarder sur sa vie – trop bien retracée par d’excellents biographes pour qu’il soit utile de la réécrire [2] – et sans prétendre faire le tour de l’œuvre d’un pareil géant, Le Sel de la terre a voulu confier chacune de ses rubriques habituelles au Docteur savoyard.

Saint François de Sales dans chaque rubrique

• En Écriture sainte, son magnifique commentaire du Pater s’imposait.

• En Vie spirituelle, outre une anthologie de ses maximes spirituelles – l’ABC de la charité – on goûtera les conseils qu’il adressait à un garçon de quinze ans en partance pour la Cour, Celse-Bénigne de Chantal.

• En Civilisation chrétienne, l’oraison funèbre du Duc de Mercœur ne met pas seulement en lumière la vaillance du dernier croisé français. Elle montre aussi la valeur littéraire du panégyriste. Exclue des programmes officiels de l’Éducation totalitaire pour la double raison qu’elle traite d’un héros chrétien et qu’elle est l’œuvre d’un saint, elle fait partie de ces classiques à contre-courant que toutes les familles chrétiennes doivent avoir dans leur bibliothèque et se transmettre de génération en génération.

L’importance du miracle

Parmi les arguments que saint François de Sales oppose aux négations protestantes, on remarquera la place importante qu’il accorde au miracle.

Trop délaissée depuis soixante-dix ans, la preuve par le miracle a toujours été au premier rang de la saine apologétique catholique.

La résurrection du jeune Jérôme Genin, qui fut obtenue par l’intercession du saint évêque quelques mois après sa mort, et qui est aussi impressionnante que bien documentée, n’a donc rien d’accessoire. A la veille de son quatrième centenaire, cet éclatant miracle méritait d’être examiné de près.

Que saint François de Sales, patron général de toutes les œuvres de presse catholique, daigne s’unir à saint Thomas d’Aquin, patron spécial du Sel de la terre, pour bénir notre revue, avec tous ses lecteurs.


[1]    — Pie XI, encyclique Rerum omnium perturbationem (26 janvier 1923).

[2]    — Outre la monumentale biographie de Mgr Trochu – dont l’éloge n’est plus à faire – signalons le petit ouvrage du père Étienne-Marie Lajeunie : Saint François de Sales et l’esprit salésien (Paris, Seuil, 1962). — Le même père Lajeunie (1886-1964) est l’auteur d’une biographie en deux volumes publiée de façon posthume (Paris, Guy Victor, 1966), qui fait autorité parmi les historiens. Elle est malheureusement garnie de plusieurs citations de théologiens modernistes, mais peut être lue avec profit en faisant abstraction de ces scories.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 122

p. 1-2

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