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Brefs repères chronologiques

 

 

« Le culte du Cœur de Jésus, c’est la quintessence même du christianisme, c’est l’abrégé et le sommaire de toute la religion » (cardinal Pie [1]).

 

■ L’aube de la dévotion

– Chez plusieurs Pères de l’Église (saint Justin, Origène, saint Augustin, saint Jean Chrysostome…), on trouve déjà de profonds commentaires spirituels sur la plaie du côté du Christ.

– 11e-12e s. : Premiers témoignages de la dévotion au Cœur transpercé de Jésus, notamment à Cîteaux (saint Bernard, Guillaume de Saint-Thierry).


■ Le culte au Cœur de Jésus chez les mystiques et les théologiens du 13e-14e s.

– Sainte Gertrude d’Helfta (1252-1303) et sainte Mechtilde de Hackeborn (1241-1299) célèbrent le mystère d’amour du Cœur divin de Jésus.

– Plusieurs théologiens jouent un rôle décisif dans l’élaboration de la théologie du Sacré-Cœur : saint Bonaventure (1221-1274) ; saint Albert le Grand (1193-1280) ; saint Thomas d’Aquin (1223-1274) ; Ludolphe le Chartreux (1295-1378).

– Henri Suso (1295-1366), Jean Tauler (1294-1361) et l’école rhénane approfondissent la mystique du Sacré-Cœur et soulignent que c’est par la croix qu’on pénètre dans l’intime du Cœur de Jésus.

– Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) : « Allez au côté ouvert de Jésus-Christ » ; le Cœur de Jésus a été ouvert pour que nous puissions y entrer et nous plonger dans son amour insondable ; il est la porte d’accès qui mène à l’union à Dieu.


■ 15e-16e s. : la dévotion s’étend dans les milieux dévots

– Saint Bernardin de Sienne (1380-1444) : « Comprenons que cette porte fut ouverte par l’ardeur de l’amour, et, conformant notre cœur au sien, entrons dans ce secret caché jusqu’alors et dévoilé dans sa mort par l’ouverture du côté » (Sermon Arbor vitæ crucis). Voir aussi sainte Thérèse d’Avila, Louis de Grenade…


■ 17e-18e s. : La dévotion s’établit publiquement et se répand dans toute l’Église

– L’Oratoire de France (fondé en 1611 par le cardinal de Bérulle) propage la dévotion au Sacré-Cœur.

– Saint Jean Eudes (1601-1680) est « l’auteur du culte liturgique des Cœurs sacrés de Jésus et Marie » (saint Pie X, 3 janvier 1903). Il enrichit et parachève la doctrine du Sacré-Cœur, obtient qu’une église lui soit consacrée et qu’une fête soit célébrée en son honneur avec un office propre.

– Sainte Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690) est la grande messagère du Sacré-Cœur. Par elle, Jésus fait connaître l’esprit et les pratiques de la dévotion à son Cœur et les promesses qu’il y attache. Plusieurs demandes du Sacré-Cœur concernent Louis XIV et l’Ordre des jésuites, mais ces demandes ne sont pas honorées ; il faut sans doute voir dans ces refus une des causes de la Révolution française (1789) et de la suppression des jésuites par Clément XIV (1773).

– Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716) popularise la dévotion par ses cantiques et ses prédications, et, en propageant le culte du Sacré-Cœur, prépare les populations de la Vendée à affronter la terreur révolutionnaire.


■ 19e siècle à nos jours : la dévotion grandit et s’enracine

– Mme Édith Royer (1841-1924) est la messagère du Sacré-Cœur pour le 20e siècle ; elle insiste sur l’importance de la réparation ; elle est à l’origine de l’Association de Prière et de Pénitence.

– Sœur Louise Marguerite Claret de la Touche (1868-1915), fondatrice des Sœurs de Béthanie du Sacré-Cœur montre le lien entre le Sacré-Cœur et la sanctification des prêtres.

– Sainte Thérèse de Lisieux (1873-1897), dans son Acte d’offrande à l’Amour miséricordieux, donne l’exemple de la confiance absolue et de l’offrande de soi par amour, pour consoler le Sacré-Cœur.

– 1873 : début de la construction de la basilique de Montmartre dédiée au Sacré-Cœur, conformément au vœu national de 1870, pour réparer les péchés de la France.

– Le père Mateo Crawley-Bœvey (1875-1960) prêche l’intronisation du Sacré-Cœur pour que Jésus règne dans les familles et, par elles, dans la société.

– 1876 : apparitions de Notre-Dame à Pellevoisin (scapulaire du Sacré-Cœur).

– Sœur Bégnina-Consolata (1885-1916), visitandine italienne, reçoit des révélations sur l’amour miséricordieux du Sacré-Cœur.

– 1889 : Encyclique Annum Sacrum de Léon XIII, consacrant le genre humain au Sacré-Cœur (suite aux révélations de sœur Marie du divin Cœur de Porto).

– Sœur Josefa Menendez (1890-1923), religieuse du Sacré-Cœur des Feuillants de Poitiers, reçoit des messages du Sacré-Cœur, retranscrits dans Un Appel à l’Amour.

– 1894 : Léon XIII érige canoniquement l’Association de Prière et de Pénitence.

– Sœur Consolata Betrone (1903-1946), clarisse capucine, reçoit des communications célestes sur la confiance totale en la Miséricorde divine.

– Pendant la guerre de 1914-1918, de nombreux soldats arborent le Sacré-Cœur ; la France est consacrée au Sacré-Cœur par les évêques de France (1915) ; les demandes de Claire Ferchaud au président Poincaré ne sont pas suivies d’effet ; le maréchal Foch consacre solennellement les armées au Sacré-Cœur (1918).

– 1928 : Encyclique Miserentissimus Redemptor de Pie XI.

– 1956 : Encyclique Haurietis Aquas de Pie XII.




[1]    — Cardinal Pie, Lettre synodale de décembre 1857, Œuvres, t. III, p. 37.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n°135

p. 88

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