+ La Reine de simplicité
Nous avons présenté, dans Le Sel de la terre 22, la personne et l’œuvre de Mlle Luce Quenette (1904-1977). Signalons ici deux publications parues à l’occasion du vingtième anniversaire de sa mort et permettant de mieux la connaître.
• Un numéro spécial de la Lettre de la Péraudière, d’abord : le nº 219 (juin-juillet-août 1997) qui présente un beau florilège de textes de Luce Quenette, dont quelques inédits (notamment quelques lettres échangées entre Mgr Lefebvre, l’abbé Michel Bouteille et Luce Quenette). En illustration : des photographies d’archives (notamment la visite de Charles Maurras au premier collège fondé par Luce Quenette à Grenoble ; ou bien les Petits Compagnons de Saint Ferjus massés à Grenoble sur le passage du Maréchal Pétain, en 1942). Les pages centrales contiennent également une quinzaine de témoignages portés par des anciens élèves de Luce Quenette.
• La Reine de simplicité, ouvrage édité en tiré à part par la Lettre de la Péraudière, reprend les méditations sur les apparitions de la sainte Vierge données par Luce Quenette à la revue Entre Paysans à la fin des années 1950.
Luce Quenette ne pensait certainement pas que ces pages seraient un jour éditées en livre, aussi se contente-t-elle de citer largement les meilleurs récits qu’elle a pu trouver des apparitions (pour Pontmain, par exemple, celui fait par Henri Charlier sous le pseudonyme de D. Minimus dans les numéros 29 et 30 d’Itinéraires), tout en soulignant les passages où Notre-Dame manifeste sa simplicité et en ajoutant quelques commentaires.
Au total, si l’on fait le compte, il y a peu de pages qui soient vraiment de Luce Quenette dans cet ouvrage (sauf dans le beau chapitre de préambule, qui offre une profonde méditation sur la vie de Notre-Dame [1] – et aussi, dans une moindre mesure, dans le dernier chapitre). Mais cette réserve, cet effacement de l’auteur n’étaient-ils pas nécessaires dans un ouvrage sur la simplicité ?
Luce Quenette se trahit pourtant parfois, ou plutôt : son zèle d’éducatrice la trahit. Et cela nous vaut quelques excellentes remarques sur l’éducation, dont l’ensemble pourrait former un beau chapitre intitulé : la pédagogie de Notre-Dame :
Je soutiens que, dans toutes ces apparitions, la sainte Vierge se montre le modèle des parents et des maîtres. (…) Venez, parents, allons ensemble à cette charmante école des parents [2]. (…)
Un seul regret : que Luce Quenette n’ait pas eu le temps de poursuivre son étude jusqu’à Fatima, après la rue du Bac, La Salette et Pontmain. Mais notre déception est largement compensée par le magnifique chapitre sur les apparitions du Laus (au XVIIe siècle) qui clôt l’ouvrage en beauté.
Fr. L.-M.
Lettre de la Péraudière (69770 Montrottier) numéro spécial 219 : 30 F. (+ port 8 F.).
Luce Quenette, La Reine de simplicité, Montrottier, 1997, 160 p., 90 F. (+ port 20 F.), (commander à Lettre de la Péraudière, 69770, Montrottier)
[1] — Précisons au passage, puisqu’il est question de « la maison de la sainte Vierge » à Éphèse (p. 31-36) que la tradition la plus ancienne semble plutôt placer à Jérusalem la vie de Notre-Dame après Pâques, ainsi que sa mort et son assomption. La dévotion à la maison d’Éphèse est uniquement fondée sur les révélations qu’aurait eues Anne-Catherine Emmerick (sur cette voyante, voir Le Sel de la terre 7, p. 200, et 11, p. 185).
[2] — Luce Quenette, p. 130. Voir également p. 23-24, 83, 93, 96, 100, 135, 138 et, surtout, p. 130-132.

