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Quand le pape

demande pardon

 

 

Le 14 novembre 1994, dans la lettre apostolique Tertio millennio adveniente publiée en préparation du jubilé de l’an 2000, le pape Jean-Paul II invitait l’Église à demander pardon. Il écrivait :

 

Il est juste (…) que l’Église prenne en charge, avec une conscience plus vive, le péché de ses enfants, dans le souvenir de toutes les circonstances dans lesquelles, au cours de son his­toire, ils se sont éloignés de l’Esprit du Christ et de son Évangile, présen­tant au monde (…) le spectacle de fa­çons de penser et d’agir qui étaient de véritables formes de contre-témoi­gnage et de scandale.

 

Ces paroles sont terriblement am­biguës. On peut comprendre que l’Église doit se reconnaître coupable des fautes de certains de ses membres et en demander pardon. Or la Tradition catholique a tou­jours affirmé que l’Église est sainte et sans péché et qu’elle n’est en rien responsable des péchés des hommes [1]. Bien au contraire, se sachant composée de pé­cheurs, elle a énergiquement lutté contre le péché et contre les abus de toutes sortes pendant le cours de son histoire, en prê­chant la conversion, en prescrivant des ca­nons disciplinaires, en approuvant les règles des instituts religieux, en canonisant les saints, en engageant d’innombrables ré­formes (par exemple : la lutte contre la simonie ou contre le népotisme), etc.

Dès lors, la question se pose : cette déclaration inouïe et les autres semblables qui invitent l’Église à faire son autocri­tique pour des réactions saines de son his­toire ou à demander pardon pour des atti­tudes catholiques, ne sont-elles que des concessions lamentables aux puissances du monde, ou bien sont-elles le fruit d’une corruption profonde des têtes catho­liques ?

Le livre du journaliste italien Luigi Accattoli, chroniqueur religieux du grand quotidien italien Il Corriere della Sera, montre que cette parole de Tertio millen­nio, que Mgr di Falco, dans la préface du livre, qualifie de « cœur des préparatifs du jubilé de l’an 2000 », n’est pas une initia­tive isolée et irréfléchie. C’est le fruit d’une pensée mûrie et d’une volonté per­sonnelle du pape. C’est l’aboutissement de déclarations réitérées, d’un vaste « mouvement de repentance » dont Jean-Paul II se veut à la fois l’inspirateur et le principal acteur, pour préparer l’entrée dans le troisième millénaire.

 

Pour mettre en lumière cet aspect as­sez méconnu du pontificat actuel, Luigi Accattoli a entrepris de rassembler la liste impressionnante des mea-culpa pontifi­caux : 94 textes « où Jean-Paul II recon­naît des fautes historiques de l’Église et fait amende honorable ». Le livre les cite, regroupés en 21 thèmes, allant des Croi­sades à la traite des noirs, en passant par les « torts » de l’Église dans la confronta­tion entre la science et la foi, l’inquisition, la « tentation d’intégrisme » à laquelle la chrétienté médiévale n’aurait pas toujours su résister, la responsabilité des hommes d’Église dans la discrimination envers les femmes, les conversions forcées qui au­raient accompagné la conquête des peuples et des continents, les « erreurs » de l’antisémitisme, les compromissions avec les dictatures, la légitimation de toutes sortes d’injustices, etc.

A la lecture de ces textes, on s’aperçoit que le pape est revenu très souvent sur cette idée au fil des années, avec une cohé­rence, une constance et une insistance croissante qui donnent à réfléchir. L’au­teur, qu’enchante cette remise en question de l’Église « qu’on croyait figée », n’hésite pas à dire que ces documents sont les plus intéressants du pontificat, « les plus ou­verts sur l’avenir », « la clef de voûte des voyages de Jean-Paul II » et de sa « ferveur missionnaire », et que cet examen de conscience de la fin du millénaire voulu par le pape « est le fruit le plus mûr de son pontificat et son legs le plus vivant » qui, demain, entrera peut-être dans les ma­nuels d’histoire.

 

Sans suivre Accattoli (qui est un jour­naliste gauchiste) dans tous ses commen­taires, on doit reconnaître qu’il voit juste lorsqu’il situe cette entreprise de repen­tance dans la droite ligne de Vatican II. Ici comme ailleurs, Jean-Paul II agit en continuateur diligent du concile qu’il s’est donné mission d’achever. Pour illustrer ce propos, l’auteur retient trois aspects :

1. — L’aggiornamento de Jean XXIII et Paul VI avait à peine esquissé une relec­ture de l’histoire de l’Église. Jean-Paul II s’efforce de la porter à son terme en re­cherchant systématiquement « les zones d’ombre » du passé catholique.

2. — Le concile a posé les principes de l’œcuménisme. En demandant pardon aux autres confessions religieuses, Jean-Paul II « entraîne l’Église dans un pas en avant qui se révèlera peut-être décisif pour s’engager pleinement dans le mouvement œcuménique ». Ce pas en avant est double : tout d’abord, « la purification de la mémoire historique (…) facilite la ren­contre avec les adversaires d’antan » (orthodoxes, protestants, musulmans, juifs qu’on reconnaît avoir brimés dans le passé) ; ensuite, « la confessio peccati qui est caractéristique des églises de la Réforme, met la catholicité à l’école des frères sépa­rés ». L’Église se place en un certain état de dépendance, d’apprentissage vis-à-vis de ceux qu’elle déclarait jusqu’à présent hé­rétiques ou schismatiques.

3. — Le concile n’a voulu condamner personne mais a inauguré une ère de dia­logue. Par ses actes de repentance, Jean-Paul II va plus loin et « fonde une nou­velle apologétique, modifie l’image de la papauté et rectifie la situation de l’Église dans le paysage culturel contemporain. (…) Il dépasse, ou, peut-être, renverse, la formulation de l’apologétique, fondée sur la controverse, et en propose une nouvelle, historiquement inédite, qu’il considère mieux adaptée à la culture de la liberté et de la tolérance. »

 

Autre point très intéressant. Accattoli attribue à Hans Urs von Balthasar (nommé cardinal par Jean-Paul II) la pa­ternité de cette « confession des péchés historiques de l’Église ». Le célèbre jésuite écrivait en 1965 : « La même Église à la­quelle le catholique se soumet a fait ou laissé faire des choses qu’on ne peut plus approuver aujourd’hui. (…) Ce qui pa­raissait licite, voire même commandé, sous des papes du Moyen Age, nous paraît ab­solument impardonnable et même grave­ment coupable, si nous le mettons en plein milieu entre le pur Évangile et notre conscience d’aujourd’hui. En tout cas, cela paraît directement contraire à l’esprit et au commandement du Christ. » Urs von Bal­thasar poursuit en proposant un catalogue de « péchés » qu’il clôt par ces mots dignes de Voltaire : « La série des méfaits est in­terminable. » D’où sa proposition radi­cale : il est impossible de bâtir un système de défense, il vaudra mieux « faire un aveu complet », sans toutefois « jeter la pierre »… La leçon a été bien entendue !

 

Passons sur les timides précédents (en comparaison de ce qui se passe actuelle­ment) de Jean XXIII corrigeant la judaica perfidia dans les prières du missel, et de Paul VI demandant pardon aux observa­teurs du concile pour les fautes de l’Église dans la séparation des chrétiens, ou en­core, relevant de l’excommunication le pa­triarche Athénagoras de Constantinople. Le livre rassemble tous ces textes et signale également ceux du concile Vatican II (et de Jean-Paul Ier, restés à l’état d’ébauche) qui abordent ce thème du pardon à de­mander pour les fautes du passé.

 

Mais la partie la plus importante du livre est celle consacrée à la présentation des déclarations de Jean-Paul II. Ne pou­vant pas tout dire, contentons-nous de ci­ter quelques échantillons cueillis ici et là. Ce qu’il faut souligner, c’est que, dans ces textes, le pape demande pardon pour des comportements ou des actions passées qui fu­rent en réalité parfaitement catholiques et qu’il caricature. L’Église conciliaire en­seigne désormais la version mensongère et malveillante de l’histoire qui est celle des révolutionnaires ennemis de l’Église. C’est cela qui est grave.

 

• Sur les divisions entre « Églises ». — C’est « le cœur de l’examen de conscience », dit Accattoli. Les textes sont très nombreux. Les plus caractéristiques ont été prononcés au cours de la prépara­tion de Tertio millennio adveniente (novembre 1994) :

 

L’approche de la fin du IIe millé­naire invite chacun à un examen de conscience et à des initiatives œcu­méniques opportunes, de manière à ce que nous nous retrouvions tous ensemble au moment du Grand Ju­bilé, sinon complètement réconciliés, du moins dans un état d’opposition et de division moindre que celui ob­servé au cours de ce IIe millénaire. (Message pro memoria adressé aux cardinaux, printemps 1994.)

Dans la perspective de l’an 2000, c’est peut-être la plus grande tâche. Nous ne pouvons nous présenter de­vant le Christ, Seigneur de l’histoire, divisés comme nous le sommes. (…) Devant ce Grand Jubilé, l’Église a be­soin de metanoia, c’est-à-dire du dis­cernement des manquements histo­riques et des négligences de ses fils à l’égard des exigences de l’Évangile. Seule la reconnaissance courageuse des fautes et aussi des omissions dont les chrétiens se sont rendus d’une certaine manière responsables, comme aussi l’intention généreuse d’y remédier avec l’aide de Dieu, peuvent donner un élan efficace à la nouvelle évangélisation et rendre plus facile la marche vers l’unité. (Consistoire ex­traordinaire, 13 juin 1994, discours d’ouverture.)

 

Singulière conversion que cette nou­velle conversion œcuménique ! Dans l’en­cyclique Ut unum sint, Jean-Paul II dit encore, en se référant aux divisions entre les Églises : « Pour ce dont nous sommes responsables, je demande pardon, comme l’a fait mon prédécesseur Paul VI. » Et il continue :

 

Ce ne sont pas seulement les pé­chés personnels qui doivent être re­mis et surmontés, mais aussi les pé­chés sociaux, pour ainsi dire les “structures” mêmes du péché, qui ont entraîné et peuvent entraîner la divi­sion et la confirmer. (…) L’Église ca­tholique doit entrer dans ce qu’on pourrait appeler le “dialogue de la conversion”, où se situe le fondement spirituel du dialogue œcuménique. Dans ce dialogue, (…) chacun doit rechercher ses propres torts, confesser ses fautes et se remettre dans les mains de celui qui est l’intercesseur auprès du Père, Jésus-Christ. (Ut unum sint, 34, 82, mai 1995.)

 

• Au sujet des femmes. — C’est un thème cher à Jean-Paul II, qui lui a consacré des discours innombrables. Ses paroles les plus audacieuses en cette ma­tière figurent dans Mulieris dignitatem (septembre 1988), qui esquissent une re­lecture de la Bible au féminin, et n’hési­tent pas à corriger deux mille ans d’in­terprétation des épîtres de saint Paul :

 

Toutes les motivations de la « soumission » de la femme à l’homme dans le mariage doivent être interpré­tées dans le sens d’une « soumission mutuelle » de l’un à l’autre « dans la crainte du Christ ». (Mulieris dignita­tem, 24.)

 

Accattoli ajoute qu’en ce domaine, « les gestes ont témoigné » également. La tendresse du pape « s’est librement expri­mée, représentant une révision radicale de la gestuelle pontificale : jamais on n’avait vu (…) un pape embrasser des jeunes filles, les serrer dans ses bras, les prendre par la main et presque danser avec elles. Cette nouveauté gestuelle, aussi, constitue, à sa façon, une révision historique. »

Venons-en aux demandes de pardon :

 

Merci à toi, femme, pour le seul fait d’être femme ! Par la perception propre à ta féminité, tu enrichis la compréhension du monde et tu contribues à la pleine vérité des rela­tions humaines. Mais, je le sais, le merci ne suffit pas. Nous avons mal­heureusement hérité d’une histoire de très forts conditionnements qui, en tout temps et en tout lieu, ont rendu difficile le chemin de la femme, fait méconnaître sa dignité, dénaturé ses prérogatives, l’ont souvent marginali­sée et même réduite en esclavage. (…) Mais si, dans ce domaine, on ne peut nier, surtout dans certains contextes historiques, la responsabi­lité objective de nombreux fils de l’Église, je le regrette sincèrement. (Lettre aux femmes, 29 juin 1995.)

Pour mieux apprécier la mission de la femme dans la société, il serait op­portun de réécrire l’histoire [!] d’une manière moins unilatérale. (Angelus dominical, 30 juillet 1995.)

 

Les conséquences pratiques de ces mea-culpa suivent :

 

Je fais aujourd’hui appel à toute la communauté ecclésiale, pour qu’elle favorise par tous les moyens la parti­cipation des femmes en son sein. (…) Telle est la route sur laquelle il faut s’engager avec courage. Il s’agit en grande partie de mettre pleinement en valeur les vastes espaces que la loi de l’Église accorde à la présence phy­sique laïque et féminine : je pense, par exemple, à l’enseignement de la théologie, aux formes autorisées de ministère liturgique, y compris le ser­vice de l’autel, aux conseils pastoraux et administratifs, aux synodes diocé­sains et aux conciles particuliers, aux diverses institutions ecclésiales, aux curies et aux tribunaux ecclésias­tiques, à bien des activités pastorales et jusqu’aux nouvelles formes de par­ticipation à la vie des paroisses, dans le cas où les prêtres ne sont pas en nombre suffisant, à l’exclusion des missions sacerdotales proprement dites. (Angélus dominical, 3 sep­tembre 1995.)

 

• Concernant les juifs [2]. — Jean-Paul II s’est souvent adressé à ceux qu’il appelle « nos frères aînés ». En visite à la synagogue de Rome, en avril 1986, il a déploré toutes les manifestations d’anti­sémitisme, « quels que soient leurs au­teurs ». Il a répété deux fois cette phrase (qui ne figurait qu’une fois dans le texte préparé), sur un ton résolu. Était-ce une allusion à de prétendues responsabilités des catholiques et des papes ?

En une autre occasion, il a regretté la « passivité des chrétiens » en face de l’Ho­locauste (ce qui est une reconnaissance de la version juive des faits) :

 

Seigneur, notre libérateur, dans nos communautés chrétiennes d’Europe, nous n’avons pas toujours respecté ton commandement, mais, comptant sur les seules forces humaines, nous avons poursuivi des logiques mon­daines avec nos guerres de religion, avec nos luttes opposant des chré­tiens à des chrétiens, avec notre pas­sivité face aux persécutions et à l’Ho­locauste des juifs, avec notre achar­nement contre tant d’hommes justes. Pardonne-nous et prends pitié de nous. (Basilique Saint-Pierre, 7 dé­cembre 1991, célébration œcumé­nique pour la clôture du Synode eu­ropéen.)

 

Malgré tout, les autorités juives ne sont pas satisfaites et attendent toujours un acte qu’elles veulent plus franc et plus net. Plusieurs cardinaux, sur ce point, ont d’ailleurs débordé le pape. Il faudrait citer des paroles des cardinaux Bea, Wille­brands ou Etchegaray. Le cardinal Cas­sidy, actuel président du Conseil pour l’unité des chrétiens, n’est pas en reste. Il déclarait le 6 décembre 1990 : « Le fait que l’antisémitisme ait trouvé place dans la conscience et dans la pratique chré­tienne appelle un acte de teshuva [repentance et conversion, en hébreu] et de réconciliation. »

 

• Le cas Galilée. — C’est un cas to­pique, le symbole des heurts entre la mo­dernité et l’Église. Jean-Paul II en a fait un modèle de la révision historique qu’exige l’approche du IIIe millénaire.

 

La grandeur de Galilée est connue de tous, comme celle d’Einstein ; mais à la différence de celui que nous ho­norons aujourd’hui devant le Collège cardinalice dans le palais apostolique, le premier eut beaucoup à souffrir – nous ne saurions le cacher – de la part d’hommes et d’organismes de l’Église. (Palais apostolique, 10 no­vembre 1979, commémoration d’Albert Einstein.)

 

• Luther. — Terminons avec les actes de repentance concernant Luther et les guerres de religion.

Au sujet du premier, Jean-Paul II a appelé à une « clarification historique » pour connaître « l’image exacte du réfor­mateur » (déformée par l’historiographie catholique ?). Le principal acte de repentir fut prononcé à Paderborn, en 1996, au cours d’une célébration œcuménique. Lu­ther en sort plus ou moins disculpé et c’est l’Église qui est culpabilisée :

 

Aujourd’hui, quatre cent cinquante ans après sa mort, le temps qui s’est écoulé permet de mieux comprendre la personne et l’œuvre du réformateur allemand et d’être plus équitable à son égard. (…) La demande de ré­forme de l’Église, qui fut celle de Lu­ther, dans son intention originelle, était un appel à la pénitence et au re­nouveau qui doivent commencer dans la vie de toute personne. Les motifs pour lesquels on en arriva à la scission sont nombreux. Parmi ceux-ci, il y a les refus de la part de l’Église catholique, dont s’attristait déjà le pape Adrien VI avec des paroles émouvantes. (…) Nous avons tous commis des fautes. Aussi sommes-nous appelés à la pénitence et nous avons tous besoin d’être toujours à nouveau purifiés par le Seigneur. (Paderborn, Allemagne, 22 juin 1996, célébration œcuménique.)

 

Quant aux guerres de religion, c’est « la plus belle demande de pardon » qu’ait jamais prononcée Jean-Paul II, s’enthou­siasme Accattoli ; c’est celle qui lui a donné le titre de son ouvrage. C’est au cours de la cérémonie de canonisation du père Jan Sarkander (prêtre Morave tué par les protestants) que Jean-Paul II voulut demander pardon aux hérétiques, pour que cette canonisation ne les mécontente pas et ne rallume « les douloureuses bles­sures » du passé :

 

Aujourd’hui, moi, pape de l’Église de Rome, au nom de tous les catho­liques, je demande pardon pour les torts causés aux non-catholiques au cours de l’histoire tourmentée de ces peuples. (Olomouc, en République tchèque, mai 1995.)

 

*

  

 

La lecture de ce livre n’est guère ré­jouissante. Ces textes nous font mal. Mais est-ce une raison pour se boucher les yeux et les oreilles et refuser de voir à quel point la crise que traverse l’Église est grave ? Beaucoup de catholiques ne mesurent pas cette gravité parce qu’ils ne savent pas ou ne veulent pas savoir : ils ne prennent ja­mais le temps de se renseigner vraiment et de lire les textes venus de Rome ; ils se contentent des résumés expurgés et ten­dancieux de la presse ou des commentaires débonnaires d’organes qui déguisent la réalité et ne disent aux fidèles que ce qu’ils veulent bien entendre.

Alors, ces catholiques s’imaginent que quelque acte magique du pape de leur rêve va miraculeusement résoudre la crise, sans qu’il y ait besoin de souffrir, ni de peiner, ni de prier. C’est de l’enfantillage.

Sans juger les intentions, ni tirer des conclusions indues et stériles, nous devons nous ranger à la vérité des faits. Le mo­dernisme a envahi l’Église. Saint Paul en avait prévenu Timothée : « Un jour vien­dra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine… » (2 Tm 4, 3).

Loin de nous décourager, que ces faits nous incitent à prier, à nous sanctifier, à étudier et à être apôtres.

 

Fr. E.-M.

 

 

Accattoli Luigi, Quand le pape demande pardon, Paris, Albin Michel, 1997, 22,5 x 14,5, 296 pages, 120 F.


[1] — A titre d’exemple, le XVIe concile de Tolède contient cette profession de foi : « La sainte Église (…) n’a pas de ride dans sa foi et ne porte pas la tache d’une œuvre impure… »

[2] — Notons que ce chapitre sur les rapports de l’Église et des juifs s’est enrichi depuis la parution du livre, puisqu’il y a eu le Symposium sur « Christianisme et antisémitisme », tenu à Rome du 30 octobre au 2 novembre 1997 (au cours duquel le cardinal Etchegaray s’est illustré par des propos très novateurs) et, tout récemment, la déclaration romaine sur les responsabilités des chrétiens à l’époque de la Shoah (17 mars 1998). Sans parler de la déclaration de repentance des évêques français, à Drancy, le 30 septembre 1997, qu’Accattoli donne en annexe.

Informations

L'auteur

Religieux dominicain du couvent de la Haye-aux-Bonshommes (Avrillé).

Le numéro

Le Sel de la terre n° 25

p. 166-171

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