+ La Blessure
Un témoignage rétrospectif
sur la crise du sacerdoce
La Blessure est une bonne illustration du « cinquantisme ». Ce néologisme forgé par Mgr Williamson veut mettre en garde contre les apparences qui font croire que l’Église se portait parfaitement bien dans les années cinquante, avant le concile Vatican II. Ce livre raconte en effet la destruction progressive de l’un des trésors les plus précieux du catholicisme, le sacerdoce, au temps même du Concile, avant la nouvelle messe et les funestes réformes conciliaires.
Le docteur J.-P. Dickès décrit le grand séminaire d’Issy-les-Moulineaux tel qu’il le découvrit lorsqu’il y entra à vingt-deux ans, en 1965. L’ouvrage fourmille de faits et d’anecdotes, ce qui le rend vivant et agréable à lire. On le dévore comme un roman. Mais, attention, précise l’auteur : « Il ne s’agit pas d’un livre de fiction, ce qu’on pourrait volontiers croire. Car la réalité dépasse souvent la fiction » (page 21). C’est bien vrai, hélas ! Parfois on en rit, comme lorsque le supérieur général des sulpiciens passa de la soutane à la cravate jaune (page 176), mais plus souvent on en pleure. Ainsi, quand nous lisons : « le 9 février, nous n’étions plus que quatre séminaristes à la méditation et à dire le chapelet ; la plupart des autres regardaient la télé » (page 176). Ou encore, quand nous entendons le père Deville, supérieur du séminaire, faire cette réponse à Jean-Pierre Dickès qui souhaitait réparer une statue de Notre-Dame : « Vous savez, des “trucs” comme cela, on en a déjà trop. (…) Pendant les vacances, je suis tombé sur un curé qui avait réglé le problème des statues. Il les bourrait de grains de blé ; à la germination, les statues éclataient doucement, et il fallait alors s’en débarrasser. Bref, ne perdez pas votre temps avec ça ! » (page 87).
Un des intérêts de ce livre est de lier les événements du séminaire et sa chute à un certain nombre de faits politiques de la même période : la trahison gaulliste envers l’Algérie française, officialisée le 1er juillet 1962 ; le référendum de 1958 ; le « Mouvement de la Paix » crypto-communiste qui organisa des manifestations en France ; les élections présidentielles de décembre 1965, etc. Merci à l’auteur d’avoir su faire ce lien éclairant.
De même, Jean-Pierre Dickès n’hésite pas, à l’occasion, à produire des réflexions spirituelles profondes. Par exemple : « Une vocation, si patente soit-elle, ne pourra se développer que si on l’aide. Et cela s’adresse à la famille, aux amis, aux structures de l’Église et à ses prêtres. C’est tout cela qui fera vivre ou mourir la vocation d’un seul homme » (pages 19-20).
Ajoutons une remarque méthodologique. Ce livre n’est pas à proprement parler le journal tenu à l’époque par l’auteur, mais la mise en forme en 1997 de notes prises au moment des événements : « C’est donc une sorte de galerie de tableaux, un éclairage bref et intense sur des situations qui, rétrospectivement, ont semblé importantes » (page 21).
Passons sur l’étonnante préface de Gérard Leclerc (qui a commis en 1997 un livre – Le Pape et la France, aux éditions Bartillat – qui se veut une histoire d’amour entre Jean-Paul II et la France, tout à la gloire du pape polonais). Son aveu sur « mon vieux maître vénéré, le cardinal Henri de Lubac » (page 12), aide à comprendre le jugement de Gérard Leclerc « sur l’entreprise de Mgr Marcel Lefebvre que je n’ai, pour ma part, pas approuvée, en dépit de l’estime que je portais au grand missionnaire qu’il fût » (page 7). On reconnait dans ce dernier membre de phrase la clause de style classique des catholiques libéraux pour donner le change à leur refus des droits absolus de la vérité et ne pas accomplir leur devoir.
Un séminaire mûr pour le chambardement conciliaire
Nous voici au séminaire d’Issy-les-Moulineaux en 1965. Commençons par les apparences, la façade.
Quelques photographies montrent les bâtiments majestueux, les séminaristes en soutane – ils sont environ 240 –, une messe solennelle avec diacre et sous-diacre. L’auteur décrit « le parc truffé de statues, notamment de la Vierge, et de petits oratoires » (page 31). L’emploi du temps est réglé : lever à 6 h. 30, puis : oraison, messe et trois cours. L’après-midi : étude et prière. Tout cela, dans le silence (page 37). Pendant les repas, un séminariste fait la lecture à haute voix, recto tono. « La messe du dimanche se dit encore en latin, ainsi que les complies de chaque jour » (page 39). « D’une manière générale, les relations entre les étudiants et avec les professeurs sont extrêmement cordiales et empreintes de charité » (page 40).
Franchissons maintenant la façade.
Quand l’auteur y entre, à l’automne 1965, Issy-les-Moulineaux n’est déjà plus un séminaire catholique. Cela se voit à certains signes extérieurs : plusieurs professeurs sont en clergyman. Pour les séminaristes qui le souhaitent, il y a le journal télévisé tous les soirs (page 37). Le dimanche, la messe de communauté n’a lieu qu’à 18 heures pour permettre aux séminaristes d’aller dans les paroisses le matin et de visiter leurs parents et amis l’après-midi (page 36). Et, déjà, « en semaine, est dite de temps en temps une traduction du canon romain en français » (page 39).
Dans ces conditions, quand arrivent les premières réformes conciliaires, elles trouvent un terreau idéal. Dès le 4 avril 1966, trois concélébrations ont lieu chaque semaine ; le salut du Saint-Sacrement et le banc de communion sont supprimés. En fin d’année, l’assistance à la messe devient facultative (page 53). En un mot, c’est « le grand chambardement » (page 145 sq.). L’auteur avoue d’ailleurs qu’à l’époque, il a cru à la valeur de la constitution de Vatican II sur la Liturgie, parce qu’elle maintenait l’usage du latin tout en permettant le vernaculaire. Comme beaucoup, il était piégé par la technique subversive qui consiste à affirmer le principe tout en concédant quelques exceptions dans l’espoir que celles-ci finiront par évacuer le principe. L’auteur nous fait part, à cet égard, de l’état d’esprit qui était alors le sien : « Oui, le Concile, nous y croyions tous ! L’Église allait connaître une aurore nouvelle et nous serions les premiers à pouvoir la contempler, à la faire rayonner un peu plus loin et un peu plus fort » (pages 20-21). La confusion était grande en ce temps-là, et le vacarme médiatique pouvait facilement abuser les meilleurs. L’auteur cite cette phrase de Mgr Lefebvre parue dans Itinéraires de juillet 1965 : « Que le concile Vatican II soit en définitive un bienfait pour l’Église, il semble difficile de ne pas l’affirmer au moins par principe » (page 79). Mais les faits sont là, têtus, et J.-P. Dickès a l’humilité de s’y plier ; instruit par sa douloureuse expérience, il sait bien désormais que les fruits de Vatican II sont empoisonnés et mortels.
Des professeurs modernistes
L’essentiel de la corruption du séminaire est venu par les professeurs. L’un « refuse l’étiquette de thomiste » ; l’autre « se déclare volontiers teilhardien » ; un troisième « passe son temps à critiquer la Curie romaine et, de manière plus générale, les tenants de la Tradition. Lui, il y a longtemps qu’il se promène en civil » (pages 39 et 40). Le supérieur du séminaire, le père Deville, déclare en conférence spirituelle [1] (le 6 novembre 1945) : « Mais pourquoi donc le père Teilhard n’est-il pas encore canonisé ? » (page 142).
Ces professeurs dispensent un enseignement corrompu. Le père Bosc, jésuite, défend subrepticement dans son cours de sociologie la pièce de théâtre de Hochhuth : Le Vicaire, qui diffame Pie XII en l’accusant de passivité pendant la dernière guerre (page 131). Le professeur d’apologétique enseigne Blondel (page 133). En cours de philosophie, J.-M. Aubert défend Teilhard et le professeur de théologie naturelle fait de même. Tous deux sont d’ailleurs auteurs de livres sur Teilhard. Si M. Dickès a conservé ces cours, il serait certainement intéressant qu’il les publie ; mais peut-être l’inondation du « Schéol » (surnom des sous-sols et des caves du séminaire) a-t-elle tout détruit (pages 216-217) ?
Il est évident qu’une telle dissolution intellectuelle n’est pas apparue d’un seul coup, à cause de Vatican II. Depuis longtemps déjà, le venin moderniste avait pénétré dans les séminaires. Il nous semble dommage que l’auteur n’insiste pas sur cet aspect capital. Sans doute, à l’époque, ne s’en rendait-il pas compte. Il déclare d’ailleurs appartenir à la génération d’avant mai 1968 : « Parce que les rapports entre enseignants et enseignés étaient ceux d’avant mai 1968, les enseignés se devaient d’avoir une attitude de respect vis-à-vis de ceux qui leur apportaient les connaissances intellectuelles nécessaires à leur avenir temporel, et aussi les connaissances spirituelles, en ce qui concernait les établissements d’enseignement libre et les séminaires » (page 126). Certes, le respect est une vertu, mais encore faut-il préciser que la déférence dûe aux personnes ne peut s’étendre aux erreurs qu’elles propagent ; on perd d’autant plus le droit à la considération qu’on s’éloigne davantage du bien et de la vérité.
Un petit exemple, tiré du livre. « Le 1er juin 1966. A la suite des pluies, la piscine s’était soudainement remplie. (…) Spectacle insolite : le père Deville [supérieur du séminaire de philosophie] en maillot de bain, style short, allant se baigner. Il bedonnait passablement. Temps de détente. Son changement de tenue permettait de lui parler avec familiarité ; car, en aucun cas, notre démarche vis-à-vis des sulpiciens ne se départissait d’un respect affirmé. Nous avions raison, car ils nous apprenaient tellement. » Ces supérieurs mercenaires méritaient-ils tant d’égard ? La charge qu’ils représentaient le méritait assurément, mais le livre accumule des faits qui montrent justement qu’ils trahissaient cette charge et enseignaient le modernisme.
C’est sans doute la même « attitude de respect » qui pousse l’auteur à défendre Paul VI (pages 130 et 131). Qu’il nous permette de trouver ces politesses regrettables parce qu’elles ne correspondent pas à la vérité. Pour le coup, le père J.-M. Aubert paraît plus lucide : « L’encyclique Mysterium fidei, selon lui, avait été une concession faite par le pape Paul VI aux éléments les plus conservateurs de l’Église. De même, ce dernier avait fait proclamer, par les Pères conciliaires, Marie Mère de l’Église » (page 53). L’histoire du Concile confirme cette appréciation. La proclamation de Marie Mère de l’Église fut effectivement « l’os à ronger » que Paul VI offrit aux nombreux évêques qui avaient demandé qu’un schéma spécial du Concile fût consacré à la très sainte Vierge Marie, au lieu de l’inclure dans le schéma sur l’Église, et que les titres de médiatrice de toutes grâces et co-rédemptrice lui fussent solennellement conférés. Mais le père Rahner, soutenu par l’abbé Ratzinger, avait dit qu’« il en résulterait un mal inimaginable du point de vue œcuménique, tant en ce qui concernait les Orientaux qu’en ce qui concernait les protestants [2]. »
L’infiltration communiste
à l’intérieur du séminaire
Le grand intérêt du récit de J.-P. Dickès, c’est de faire apparaître le rôle capital joué par les mauvais chefs, tout spécialement les professeurs. Leur défaillance intellectuelle dans la foi catholique (même s’ils possédaient encore un savoir érudit) et leur faiblesse dans le gouvernement étaient lamentables. Systématiquement, les bons séminaristes étaient contrés ou, du moins, abandonnés à eux-mêmes, tandis que les éléments subversifs jouissaient de la plus grande impunité, quand ils n’étaient pas franchement encouragés.
Le « système des équipes », qui existait avant l’arrivée de J-P. Dickès, en est un bon exemple. Ces équipes multipliaient les discussions sans fin, ayant pour résultat de remettre perpétuellement en cause les vérités : « Que penses-tu du prêtre qui couche avec une femme ? Quel est ton avis sur l’attitude du prêtre devant le marxisme ?… » (page 41). Au fil des mois, la tyrannie de ce système s’accrut, selon la plus pure dialectique communiste (voir page 99 sq.). Le groupe dit « Morsang », dont traite le chapitre 17, en est une parfaite illustration. Ce groupe réunissait les vocations tardives, une trentaine de séminaristes répartis sur les deux années de philosophie, qui « vivaient en clan et parlaient peu » (page 169). Issus du monde du travail, ils se connaissaient déjà presque tous avant d’entrer au séminaire et plusieurs se conduisaient comme de véritables syndicalistes infiltrés. « L’idée vint, à la petite douzaine qui résistait encore, que le parti communiste s’était introduit dans le séminaire pour y faire pénétrer la lutte des classes. D’autant plus que certains séminaristes ne cachaient pas leur passé de militants » (page 170). Eh oui ! Si des catholiques, des prêtres mêmes et des évêques, ne faisaient déjà plus leur devoir, les communistes faisaient le leur et s’efforçaient de détruire l’Église par tous les moyens, spécialement en la pénétrant de l’intérieur.
Qu’on nous permette de donner, à ce sujet, un témoignage analogue. Le père Rzewuski, O.P., raconte dans ses mémoires qu’en 1946, au couvent de Toulouse où il était maître des novices, il eut comme sujet un curieux jeune homme d’une vingtaine d’années.
Très vite, deux choses ont commencé à me surprendre : chaque jour, ou presque, un personnage au nom peu banal et évocateur de la vigueur de ses biceps, que je lisais sur les cartes de visite que m’apportait le frère portier, venait l’appeler au parloir. J’étais encore davantage surpris par le contenu des lettres que le novice recevait fréquemment et par le sens ambigu de ses réponses.
Un jour, alors qu’il était venu me voir en direction, je lui fis part du malaise que me causaient les trop fréquentes visites du mystérieux personnage et de l’impression curieuse que je ressentais en lisant son courrier. Sans vraiment y penser sérieusement, je lui dis : « Mon frère, je n’ai rien à vous reprocher, ni à objecter concernant votre conduite au noviciat, mais deux choses m’intriguent et me feraient presque penser que vous appartiendriez à quelque organisation secrète. » Il m’apprit alors sans ambages que j’avais effectivement deviné et il me raconta son histoire.
Étant dans l’armée, il avait été frappé du courage et de l’esprit fraternel régnant dans les rangs des éléments communistes, soldats et sous-officiers de l’armée. Ainsi, sur les conseils de quelques-uns de ses camarades, il se fit inscrire au parti. En l’entendant, j’avoue en avoir été quelque peu suffoqué et je lui expliquai que dans ces conditions il n’avait qu’à choisir entre deux solutions : croyait-il sérieusement avoir la vocation, quitter sur-le-champ le parti, ou sortir aussitôt du noviciat. Il me dit qu’avant de prendre la décision qui l’amena au couvent, il avait déjà fait la demande d’être rayé de la liste des membres du parti, à quoi la réponse fut un non formel. Le membre responsable du parti avait ajouté : « Au couvent des dominicains, vous nous serez plus utile que n’importe où ailleurs. » J’appris aussi que le mystérieux visiteur était un des membres communistes chargés du secteur de Toulouse où était situé notre couvent. Je ne pus évidemment pas garder le novice et, en me quittant, il me dit : « Mon père, je vais rentrer dans ma famille près de mon père dans le pays X…, mais là non plus le parti ne me quittera plus [3]. »
« Tout le nerf du règne de Satan réside dans la mollesse des chrétiens * »
Sans doute, pour se justifier, les professeurs d’Issy-les-Moulineaux pouvaient-ils arguer du mauvais exemple que leur donnait le cardinal Feltin auquel l’auteur consacre tout le chapitre 6, ou encore Mgr Veuillot, futur cardinal-archevêque de Paris, que son libéralisme maintenait dans la mollesse (pages 74, 80-81). Ne parlons pas du triste Mgr Haubtmann, recteur de l’Institut Catholique de Paris (chapitre 23). Il n’empêche. Il est consternant de voir qu’au séminaire, il ne se trouva aucun professeur pour résister.
« De fait, comme disait le père Olivier, le séminaire connaissait un désordre spirituel. Il n’était pas, semble-t-il, le seul sulpicien à constater cela. D’autres devaient le penser ; mais ils se taisaient, vraisemblablement par peur de Morsang. (…) Dès lors, nous demandions au père Olivier d’essayer de rassembler autour de lui des séminaristes qui souhaitaient garder les valeurs de la spiritualité catholique. Il fallait former le dernier carré. Il refusa de manière claire et nette » (page 177).
Après un constat si accablant, l’épilogue de l’auteur, intitulé « trente ans ont passés », surprend quelque peu : « “Que sont mes amis devenus, que j’avais de si près tenus, et tant aimés ?” disait Rutebeuf. A l’exception du père Tamisier, tous les pères sulpiciens vivent encore. Le père Raymond Deville est même devenu supérieur général. Il doit être tout proche de ses 75 ans. Ces prêtres doivent certainement continuer de mener leur vie avec droiture. Ils continuent même peut-être à instruire des séminaristes. Se rendent-ils compte du désastre spirituel auquel ils ont assisté à partir du concile Vatican II ? » (page 219). Au terme du poignant récit de toutes les horreurs que ces prêtres ont commises ou acceptées, parler à leur sujet de vie menée « avec droiture » étonne tout de même un peu. Non, ces prêtres n’ont pas « mené leur vie avec droiture » et ils n’ont pas été de simples témoins du « désastre spirituel » survenu avec Vatican II, ils y ont largement contribué. Et puisqu’ils vivent encore, il faut prier pour qu’ils se convertissent et, en toute charité, nous devons leur souhaiter de pleurer et de réparer leur énorme péché : avoir détruit des vocations sacerdotales.
Notre prière va aussi à J.-P. Dickès. La Blessure est d’abord la sienne. Quand son directeur spirituel, le père Olivier, le renvoya du séminaire en juin 1966 parce qu’il était royaliste, il a noté : « En quelques phrases, toute une vie basculait. Une lumière s’éteignait, (…) les propos du père Olivier me serraient le cœur dans un étau. Implacables. Ils créaient une blessure qui ne refermerait jamais » (page 184).
Cette blessure est aussi celle de l’Église, et la nôtre, chaque jour présente, jamais refermée. Bien plus, elle se creuse davantage au fur et à mesure que la crise dure et étend ses ravages. Mais qu’elle ne nous soit pas une raison pour (re)tomber dans l’erreur du cinquantisme !
Dominicus
Pour terminer, nous nous permettons de signaler quelques erreurs matérielles.
Page 56, il est question du « jésuite psychanaliste Oraison ». Psychanaliste, oui, hélas ! mais jésuite, non. Jacques Viers précise à son sujet : « Docteur en médecine et chirurgien de son propre métier, a reçu l’ordination sacerdotale et tient bureau ouvert de consultations psychanalitiques. Le premier volume de ses mémoires (Tête dure : autobiographie, 1969) insiste aussi sur ses aptitudes à pousser la chansonnette, mieux encore à tenir plus qu’honorablement sa partie dans les opéras comiques » (Littérature à l’emporte-pièce, Paris/Grez-en Bouère, Cèdre/DMM, 1978, 8e série, p. 87).
Page 61, nous lisons : « L’abbé Boyer avait donc quitté les prêtres ouvriers. (…) Mgr Feltin aurait voulu le mater car il n’était pas “dans la ligne”. Il voulait même l’envoyer en pénitence à l’abbaye de La Pierre-Qui-Vire, en Normandie. » En fait, l’abbaye Sainte-Marie de La Pierre-Qui-Vire est située dans le département de l’Yonne, près de Saint-Léger-Vauban. Elle a été fondée en 1850 par Dom Jean-Baptiste Muard O.S.B.
Page 181, il est dit : « Puriste, le père Olivier s’insurgeait contre la liturgie latine mal chantée : “C’est épouvantable d’entendre dans le Salve Regina ceux qui traînent sur les neumes. Et spes nostram sa-alve. Ils feraient mieux d’apprendre la valeur des notes”. » C’est, bien sûr, nostra qu’il faut lire et non pas nostram. De même, dans la suite : « Le torculus liquescens et le sandicus flexus n’avaient pas de secret pour lui », sandicus doit être corrigé en scandicus (de scandere, lever le pied en mesure).
Jean-Pierre Dickès, La Blessure, Étampes, Clovis, 1998, 22x14, 220 p., 98 F.
[1] — Aujourd’hui, le père Deville est devenu supérieur général des sulpiciens ; il a atteint son « point oméga » !
[2] — Wiltgen R., Le Rhin se jette dans le Tibre, Paris, Éd. du Cèdre, 1973, p. 90. Sur cette question, voir Le Sel de la terre 6, p. 168.
[3] — Rzewuski père O.P., A travers l’invisible cristal. Confession d’un dominicain, Paris, Éd. Plon, 1976, p. 484-485
* — Saint Pie X, 13 décembre 1908, pour la béatification de sainte Jeanne d’Arc, Documents Pontificaux de Sa Sainteté saint Pie X, Versailles, Publications du Courrier de Rome, 1993, t. I, p. 654.

