+ Le Radiocarbone
face au Linceul
Mme van Oosterwyck n’est pas une inconnue pour les lecteurs du Sel de la terre. Plusieurs de ses études ont paru dans cette revue [1].
Elle a publié en 1999 chez de Guibert, Le Radiocarbone face au Linceul de Turin, Journal d’une recherche. Ce livre, qui traite du problème de la datation par le radiocarbone, et plus précisément celle du Linceul de Turin et qui débouche sur des conclusions étonnantes, est resté relativement inaperçu, en dehors d’un lectorat averti, comme nous allons le voir. Il semble même qu’il y ait eu une consigne du silence au sujet de ce livre, car il dérange non seulement les spécialistes radiocarbone mais encore certains défenseurs du Linceul qui soutiennent la thèse d’une substitution d’échantillons lors du prélèvement de 1988.
Le livre débute précisément par la conférence de presse du British Museum d’octobre 1988, où le professeur Tite annonça le « verdict de la science » à propos du Linceul : le tissu, daté par trois laboratoires prestigieux au moyen de la méthode radiocarbone, avait livré un âge médiéval. Aucun doute n’était permis à son propos, car il avait de surcroît été validé par statistique, et donc déterminé « avec une probabilité astronomique ». Le linge n’était donc pas le vrai Linceul du Christ, comme on l’avait cru jusqu’alors, et l’image qu’on avait prise pour celle du Seigneur n’était qu’une curiosité, certes peu banale mais sans grand intérêt. Les spécialistes radiocarbone interrogés par les média confirmèrent le « verdict » qui fit le tour du monde.
On sait que le cardinal Anastasio Ballestrero, archevêque de Turin et custode du Linceul à l'époque, accepta le verdict. L'image, apparue au XIVe siècle, qualifiée par lui d'icône, devint une énigme qu'il proposa pourtant à la vénération des fidèles comme par le passé. Pourquoi continuer de la vénérer alors qu'elle était fausse ? La confusion s'était, on le voit, étendue au niveau théologique.
Pourtant les autres scientifiques avaient reconnu que l'image ne pouvait être assimilée à une icône. Elle avait été produite par un rayonnement mystérieux et on y avait découvert jusqu'à l'échelle submicroscopique toutes les plaies provoquées par les sévices subis par le Christ lors de sa passion et elle était bien tâchée de sang, de sang humain.
Tout reposait en définitive sur le caractère infaiffible de la datation isotopique que tous les spécialistes radiocarbone avaient alors garanti. Un spécialiste de Lyon, le Professeur Jacques Evin, avait même expliqué que le résultat du radiocarbone avait le pas sur ceux des autres expertises en vertu du caractère absolu de la méthode, laquelle avait « plus de poids que toutes les autres réunies. »
Et si le prétendu « verdict » était faux ? C'est ce que prétend démontrer l'auteur dans son livre.
Mme v. O., aujourd’hui à la retraite après une carrière consacrée à la recherche et à l’enseignement, n’avait pas l’intention d’intervenir dans le débat. Tout a commencé au premier Symposium sur le Saint Suaire tenu à Paris en septembre 1989. C’est à la requête des organisateurs qu’elle est entrée en lice : ils avaient été intéressés par sa publication Que penser des âges radiocarbone (1984) sous le pseudonyme de Michaël Winter, où elle avait fait la critique des âges C14. Elle sortit ainsi de l’anonymat et fut invitée à la table ronde radiocarbone en compagnie des professeurs Tite et Evin. Elle y étrilla la méthode sans rencontrer de réaction de la part des carbonistes, mais sans convaincre pour autant les organisateurs, qui ne connaissaient du radiocarbone que ce qu’en disaient les ouvrages de vulgarisation.
L’auteur est physico-chimiste de formation, professeur des Universités et Docteur en sciences de l’Université de Louvain où elle enseigna les techniques modernes d’identification des minéraux mises au point dans les années 1950-1960 et les nouvelles conceptions révolutionnaires qui en ont découlé en minéralogie et en géologie. Elle possède encore le titre d’Agrégée de l’Enseignement supérieur, diplôme belge qui n’est délivré qu’aux chercheurs possédant déjà une réputation internationale et qui désirent faire valider des thèses scientifiques nouvelles. Ces thèses nouvelles, qui lui valurent une certaine renommée ainsi qu’un prix scientifique, ont trait aux mécanismes de genèse et de synthèse des minéraux, principalement les silicates, à l’interaction Carbone/Silicium, et au rôle déterminant de l’eau dans ces réactions.
C’est à la lumière de ces acquis que l’auteur examine le « chronomètre » de Libby (l’inventeur de la méthode de datation par le radiocarbone). On sait, en effet, que le Silicium et le Carbone, éléments voisins dans le tableau de Mendelejeff, ont des comportements analogues. L’auteur montre alors que Libby a mis sa méthode au point à une époque où l’on ignorait encore les nouvelles techniques d’identification des minéraux ainsi que le rôle déterminant de l’eau dans l’édification de ces structures. Libby n’a donc pas compris que les solutions du sol jouaient un rôle comparable dans le transport du carbone. Mais les carbonistes ignorent encore – inexplicablement – ces mécanismes ; il en va de même des scientifiques formés avant 1950 et qui ont négligé de se mettre à jour.
La première partie de l’ouvrage, consacrée à l’examen critique de la méthode de Libby démontre que les composés carbonés sont extrêmement fragiles : ils se décomposent sous l’influence des solutions du sol, lesquelles ont des teneurs diverses en C 14, se couvrent de contaminations ou sont encore victimes d’attaques microbiennes. Il est important de souligner que Libby a construit son « chronomètre » sans référence à aucun étalon pour le temps, ayant utilisé à cet effet les chronologies préhistoriques élaborées au XIXe siècle sur les critères subjectifs et spéculatifs que nous connaissons et qui auraient soi-disant prouvé l’évolution de l’homme à partir du singe. Surprenante constatation : ce n’est pas l’âge radiocarbone qui date le fossile, mais sa place dans l’échelle de l’évolution qui préside au tri de données plutôt chaotiques.
De surcroît, les procédés de nettoyage sont inefficaces et ne restaurent pas les âges réels, archéologiques, préhistoriques ou paléoclimatiques : les données publiées ont été triées à partir de chronologies connues d’avance. L’ouvrage analyse la méthode radiocarbone à partir de données scientifiques incontestables, inconnues du temps de Libby, qui lui font perdre son statut de méthode de mesure absolue du temps. Il est clair que, dans la majorité des cas, la méthode radiocarbone mesure des pollutions et, contrairement à l’avis officiel des spécialistes, elle ne peut se passer de vraies indications chronologiques.
La seconde partie du livre est consacrée à l’étude du Saint Suaire par la méthode radiocarbone. On suit pas à pas la fabrication de la date médiévale par le biais de calculs statistiques appliqués à un nombre trop faible de données, calculs qui ont été critiqués par tous les spécialistes. L’auteur montre qu’il s’agit d’une fausse datation, expression reprise par le Délégué général du CADAS (Académie des Sciences, Paris), Pierre Perrier (voir plus loin).
Une des annexes de l’ouvrage analyse la thèse du sosie, selon laquelle on aurait substitué frauduleusement à l’échantillon du Saint Suaire un échantillon d’un linge médiéval. L’auteur produit l’avis d’experts textiles : Gabriel Vial de Lyon, le professeur Franco Testore de Turin, et Hilde Leynen d’Anvers, qui affirment tous que le tissu remis aux laboratoires appartenait bien au Linceul et ne provenait pas d’un tissu du Moyen Age substitué à celui-ci, ni d’un tissage opéré « par des ouvrières habiles ».
L’annexe sur le calcul statistique rédigée par le Dr Jouvenroux, mérite une attention spéciale. Elle explique en termes très clairs la raison pour laquelle ces calculs ont été utilisés non seulement pour « fabriquer » la moyenne médiévale à partir de données trop dispersées, mais encore pour obtenir à partir de données disparates les âges des tissus-témoins que les laboratoires avaient exigé de connaître au préalable. Comme Mme van Oosterwyck, le Dr Jouvenroux conclut lui aussi que le « verdict » énoncé par le Professeur Tite en 1988 est dépourvu de signification scientifique et que les carbonistes ne l’ont obtenu qu’en faussant le raisonnement scientifique.
L’ouvrage, encore intitulé Journal d’une recherche, a une allure de roman policier, avec ses rebondissements provoqués tantôt par l’incompréhension des amis du Linceul, tantôt par la mauvaise volonté des spécialistes radiocarbone qui, ne suivant pas les règles de la recherche, esquivent les discussions et éludent les contrôles. Les blocages eurent pour conséquence d’empêcher les scientifiques de saisir le véritable rôle du calcul statistique dans l’élaboration du faux âge médiéval. C’est ainsi que chaque spécialiste aura un avis différent pour l’expliquer. Défilent alors statisticiens, spécialistes du nucléaire, polytechniciens, historiens, experts du textile et du radiocarbone, etc.
On assiste aux batailles d’experts, de pseudo-experts surtout. Quelques scientifiques authentiques émergent d’un lot de personnages dépourvus de connaissances scientifiques, se parant de titres prestigieux et parfois imaginaires, dont souvent les affirmations autoritaires ont impressionné les autorités ecclésiastiques et contribué à augmenter la confusion.
La datation radiocarbone du Linceul et le « verdict de la science » qui en avait découlé avaient, on le sait, été présentés comme le résultat d’un nouvel affrontement entre science et religion où la science avait triomphé de l’obscurantisme. Or l’auteur montre que, malgré le battage médiatique, le « verdict de la science » condamne le chronomètre de Libby.
La contestation de l’auteur va plus loin et porte sur certaines parties de la « science » actuelle : les chronologies préhistoriques et paléoclimatiques, les longues durées dérivées de la stratigraphie, les « preuves » de l’évolution du vivant. Les seules chronologies vraiment fiables seraient les chronologies historiques qui ne remontent qu’à 5000 ans. Cette contestation remet sérieusement en cause le « scientifiquement correct », et il est à souhaiter qu’elle soit prolongée par d’autres études la confirmant.
Le livre, qui comporte de nombreuses figures, tableaux, correspondances de scientifiques, intéressera tous ceux qui veulent comprendre les fondements de la méthode radiocarbone.
Madame v. O. a soumis son ouvrage à l’appréciation de l’Académie des sciences (Conseil pour les Applications de l’Académie des sciences – CADAS) et a reçu du Délégué général, Pierre Perrier, la lettre qui suit, et qui est importante car elle donne l’avis officiel de l’Académie :
à Mme Van Oosterwyck-Gastuche.
Madame,
Si je ne suis en rien spécialiste de la datation en Carbone 14, ni des problèmes d’absorption de traces susceptibles de le polluer, j’ai, par contre, été très souvent obligé de décider sur des valeurs très dispersées et en petit nombre.
Vous démontrez dans ce livre très touffu que, dans le cas étudié, la sensibilité excessive aux perturbations sans méthodes correctives sérieuses conduit, à la fois, à de fortes dispersions des mesures brutes et à un aplatissement des lois de probabilité. La sagesse conduirait, dans ce cas, à essayer de revenir à une loi « quasi normale » à partir de corrections minutieuses (une thèse ou deux seraient nécessaires pour les établir) ; si l’expérimentateur n’arrive pas à se décider à renoncer humblement à annoncer un chiffre, on sait bien qu’il choisira la valeur la plus probable « à son avis », excluant toute pertinence scientifique à son résultat.
Il y a, en ce moment, des annonces chiffrées trop précisément de façon analogue pour les problèmes de pollution ou d’environnement. Si les scientifiques ne se décident pas à, humblement, dire l’« incertain », l’ensemble des expertises scientifiques perdra toute crédibilité et la porte sera ouverte à mettre en doute tous les efforts de rationalité scientifique dont on a vraiment bien besoin dans notre société à haute technologie.
On peut souhaiter que la communauté scientifique de datation par le Carbone 14 reprenne ses bases d’étalonnages et accepte de se fixer à elle-même des règles d’incertitudes et des limites au-delà desquelles le résultat sera seulement annoncé « incertain » au lieu de le fixer sans tenir compte de lois statistiques mal établies. Espérons que le pénible épisode de la fausse datation du linceul puisse servir à ce que les médias et le grand public acceptent la notion d’incertain, que les experts acceptent de dire « je ne sais pas car je n’ai pas la méthode de mesure adéquate ». Alors l’humilité expérimentale sera reconnue et encouragée sans que les médias la transforment en impuissance ou la sollicitent à leur idée, alors nous pourrions faire appel à plus de finesse de la part de tous dans l’évaluation des problèmes complexes de notre monde réel.
On peut remarquer la modestie et la mesure de Pierre Perrier, qui est celle d’un vrai scientifique. Il souligne qu’il n’est pas spécialiste en matière de radiocarbone, c’est pourquoi il n’ose pas suivre l’auteur dans ses conclusions ultimes. Mais il se dit surpris de la sensibilité aux perturbations de la part d’une méthode réputée insensible, de l’absence de méthodes correctives appropriées et de l’usage abusif des méthodes statistiques par les carbonistes.
Pierre Perrier n’hésite pas à parler du « pénible épisode de la fausse datation du linceul ». Il souligne encore le dommage produit à l’ensemble des expertises scientifiques par la médiatisation abusive d’une fausse estimation et appelle les carbonistes à plus d’humilité et plus de finesse « dans l’évaluation complexe des problèmes de notre monde réel ».
Citons encore, parmi les avis favorables, celui du Professeur Maloney, directeur du projet ASSIST. ASSIST (Association of Scientists and Scholars International for the Shroud of Turin, Ltd) a été créé en 1983 par le Père Pierre Rinaldi dans le but d’élargir le domaine de recherches sur le Linceul et d’assister ainsi les techniciens de l’ancien STURP (Shroud of Turin Research Project), qui venait de se dissoudre. C’est ce même Père Pierre Rinaldi qui avait fondé le STURP en 1978 dans le but précis d’examiner le tissu et l’image du Linceul de façon scientifique afin de vérifier s’il s’agissait d’une peinture : le groupe n’était composé que de physiciens, de chimistes et d’ingénieurs sous la direction de deux physiciens de la NASA, John P. Jackson et Eric P. Jumper.
De nombreux membres du STURP intégrèrent le nouveau groupe et le Professeur Maloney (ancien membre du STURP) fut choisi pour le diriger à cause de sa formation à la fois scientifique et humaniste. Le Professeur Maloney, ayant réuni une banque de données contenant tout ce qui avait été publié sur le Saint Suaire, sait bien de quoi il parle. Venant d’une telle personnalité, son appréciation louangeuse à propos de l’ouvrage de Madame van Oosterwyck fait autorité.
Paul C. Maloney
401 East Broas Street
Quakertown. PA 18951 U.S.A.
Le 27 janvier 2001.
Chère Marie-Claire [2],
A présent, permettez-moi de dire un mot à propos de votre livre. J’ai rassemblé une impressionnante collection de documents à propos du Linceul – rapports, publications, livres, cassettes, vidéos, CD ROM, etc. et j’ai construit à partir de ces éléments ce qui est apparemment la plus grande banque de données sur le Linceul de Turin. Ma propre bibliographie contient plus de 5 000 titres d’ouvrages en provenance du monde entier, écrits dans les langues les plus diverses : Français, Italien, Russe, Polonais, Hongrois, Espagnol et évidemment Anglais. C’est pourquoi je crois pouvoir, dans ce contexte, évaluer la valeur de votre ouvrage.
Je puis affirmer avec force que votre livre est, sans aucune exception, la publication faisant autorité à propos de la datation par le radiocarbone. Bien que le livre de Gove [3] soit consacré au même sujet, il est écrit dans une perspective trop étroite et dans le but de défendre son approche personnelle qui est de rabaisser tous les autres tests effectués sur le Linceul afin d’élever sa propre invention – l’A.M.S. – en surévaluant son rôle dans la datation du Linceul. Malheureusement, Harry est incapable d’insérer sa présentation dans un cadre plus vaste. Son approche de la datation du Linceul par l’A.M.S. est faussée par l’intérêt matériel.
Bien que nombre d’études importantes soient parues sur le problème de la datation du Linceul, la vôtre apporte non seulement la perspective la plus large, mais encore la profondeur de vue du spécialiste. On y découvre le point de vue que seul peut présenter un chimiste qui comprend la nature du problème. Votre livre n’a aucun équivalent au monde. Il contient de bonnes notes infrapaginales et une excellente bibliographie à la fin du texte principal et à la fin de chacune des annexes. Il est important pour ceux qui, dans l’avenir, désireraient poursuivre des recherches sur le sujet. De plus, j’approuve totalement votre approche scientifique du problème du Linceul. J’ai cependant une suggestion à vous faire. Si votre livre doit un jour être republié, je vous encourage à engager un technicien chez de Guibert qui le compléterait d’un index [4]. Celui-ci augmenterait la valeur de votre travail qui, étant donné son importance, servira de référence à d’autres chercheurs.
Avec mon meilleur souvenir.
Signé Paul C. MALONEY
Directeur Général du Projet ASSIST
Parmi les avis défavorables, nous citerons celui du Professeur Evin, spécialiste de la datation par le radiocarbone à l’université Claude Bernard de Lyon. Son avis est donc important, mais il ne dit pas grand-chose. Sa lettre, adressée au Directeur de publication de la Lettre des Dominicains d’Avrillé, traite d’un problème banal. Elle attire incidemment l’attention sur les errements (qu’il ne précise pas) de Madame v. O. « qui manque totalement de bon jugement dans cette affaire » et sur l’âge médiéval, à propos duquel Evin a « une certitude sans faille ». Comme elle est datée du 15 décembre 1999 on peut penser que sa mise en garde est liée à la parution de l’ouvrage de Madame v. O. en septembre de la même année.
CENTRE DE DATATION
PAR LE RADIOCARBONE
Université Claude Bernard Lyon 1
Centre des Sciences et de la Terre U.R.A. CNRS 11
Bâtiment 217
43, Bd du 11 Novembre 1918
69622 Villeurbanne Cédex France .
au Directeur de publication,
Couvent de la Haye aux Bonshommes, 49240 AVRILLE.
Villeurbanne, le 15 Décembre 1999.
Monsieur,
Peut-être parce que il y a quelques années mon laboratoire avait effectué une datation dans le cadre des travaux de restauration du couvent, vous avez plusieurs fois fait envoyer à l’adresse ci-dessus votre Lettre des Dominicains d’Avrillé.
Je vous précise que je tiens absolument à séparer les domaines professionnels de ceux concernant le religieux, sauf dans le cas de datation de relique. En conséquence, je vous prie de bien vouloir faire en sorte qu’aucun autre exemplaire de cette revue ne soit désormais envoyé à cette adresse. Si vous tenez absolument à me faire connaître votre publication vous pouvez me l’adresser chez moi : XXX.
Vous n’êtes peut-être pas sans savoir que j’ai été impliqué de très près dans la datation du Linceul de Turin et que j’ai une certitude sans faille sur l’âge médiéval de ce tissu, que je reconnais cependant comme tout à fait vénérable. Je vous mets donc en garde de recommander les textes de Mme VAN OOSTERWYCK qui n’est pas du tout au fait des développements de la méthode du radiocarbone et de son application à l’archéologie et qui, d’après le peu que j’ai pu en lire, ou le peu que j’ai pu écouter de ses paroles, manque totalement de bon jugement dans cette affaire.
Je compte donc que vous ferez sur votre liste d’adresses les transformations nécessaires et vous prie de recevoir mes salutations distinguées.
Jacques EVIN
Remarquons encore que la Revue Internationale du Linceul de Turin, qui aurait en principe dû recenser l’ouvrage de Madame v. O., lui a consacré une seule phrase, d’ailleurs peu compréhensible, sans en indiquer le titre ni le nom de l’éditeur (nº 15-16, 2000, p. 50).
Guillaume Carbonnel
Van Oosterwyck-Gastuche Marie-Claire, Le Radiocarbone face au Linceul de Turin, Journal d’une recherche, Éd. de Guibert, 3 rue Jean-François Gerbillon, 75006, Paris, 200 F.
[1] — Deux articles : « Le saint suaire et le radiocarbone : preuves de la dérive des taux de radiocarbone dans la retaille prélevée sur le Linceul en 1988 », Le Sel de la terre 20, p. 31 ; « Le Saint Suaire et le radiocarbone (iii) : La thèse du sosie confrontée à l’avis des experts textiles », Le Sel de la terre 30, p. 82. Et deux recensions dans les nº 20 et 24 du Sel de la terre.
[2] — L’original est en anglais.
[3] — Le livre du Professeur Harry Gove a été recensé dans Le Sel de la terre 24, 1998, p. 183-185.
[4] — Les livres anglo-saxons sont tous munis d’un index.

