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La « mort cérébrale »

et les dons d’organes

 

 

 

par l’abbé Giuseppe Rottoli

 

 

 

« Tu ne tueras pas ».

Parmi les nombreux problèmes que posent la science et la médecine mo­dernes à la conscience catholique – et à tout homme voulant respecter le cin­quième commandement de Dieu – celui des greffes d’organes figure en bonne place.

L’article suivant n’a pas pour but de traiter l’ensemble de la question (nous aurons l’occasion d’y revenir dans Le Sel de la terre), mais uniquement un aspect bien précis : le concept de « mort cérébrale », élaboré depuis 1967 pour justifier le prélèvement d’organes vitaux qui fonctionnent encore sur des personnes qu’il permet de qualifier de « mortes ».

D’abord publié en italien dans La Tradizione cattolica [1], bulletin du dis­trict d’Italie de la Fraternité Saint-Pie X (n° 1 nouvelle série, 2001), cet ar­ticle a ensuite été reproduit en anglais dans The Angelus [2], aux États-Unis, en août 2001.

Nous remercions l’auteur, qui est à la fois prêtre (membre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X) et docteur en médecine vétérinaire, de nous avoir autorisé à le publier dans Le Sel de la terre. La traduction, faite par nos soins, a été révisée par lui.

Le Sel de la terre.

 

*

 

JEAN-PAUL II, qui a participé, à Rome, le 29 août 2000, au Congrès International de la Société des Greffes, a prononcé un discours à cette occasion. La presse et les médias en ont profité pour présenter son pro­pos comme favorable aux progrès actuels de la science en ce domaine [3].

Mais en est-il vraiment ainsi ? La vérité est que le texte contient des phrases contradictoires qui peuvent convenir à la fois aux partisans des greffes d’organes vitaux et à ceux qui s’y opposent. En effet, le souverain pontife a affirmé que :

 

Les organes vitaux qui sont uniques dans le corps ne peuvent être prélevés qu’ex ca­davere, c’est-à-dire du corps d’une personne dont on a la certitude qu’elle est certaine­ment morte. Cette exigence est évidente, car agir autrement signifierait provoquer de fa­çon intentionnelle la mort du donneur en prélevant ses organes.

 

Il a rappelé aussi que la mort est la séparation de l’âme et du corps et que :

 

La mort de la personne, comprise dans son sens premier, est un événement qu’au­cune technique scientifique ni empirique ne peut identifier directement.

 

Jusque là nous n’avons rien à objecter, mais, en poursuivant la lecture du dis­cours, nous trouvons des inexactitudes et des contradictions avec les données scientifiques : il nous semble que le pape se fie trop à certains hommes de science d’aujourd’hui. En effet nous pouvons lire :

 

Chacun sait que, depuis un certain temps, les approches visant à déclarer avec certi­tude la mort, ont déplacé l’accent des signes cardio-respiratoires traditionnels vers ce que l’on appelle le critère « neurologique ». De façon spécifique, cela consiste à établir, selon des paramètres clairement déterminés, également partagés par la communauté scienti­fique internationale, la cessation totale et irréversible de toute activité cérébrale (dans le cerveau, le cervelet et le tronc cérébral). Cela est considéré comme le signe que l’orga­nisme individuel a perdu sa capacité d’intégration.

En ce qui concerne les paramètres utilisés aujourd’hui pour déclarer avec certitude la mort – que ce soit les « signes cérébraux » ou les signes cardio-respiratoires plus tradi­tionnels – l’Église ne prend pas de décision en matière d’options scientifiques. [...]

Ici l’on peut dire que le critère adopté récemment pour déclarer avec certitude la mort, c’est-à-dire la cessation complète et irréversible de toute activité cérébrale, s’il est rigoureusement appliqué, ne semble pas en conflit avec les éléments essentiels d’une an­thropologie sérieuse.

 

 

La réalité

 

D’abord, il n’est pas vrai que la communauté scientifique internationale soit favorable à l’unanimité à l’actuel critère « neurologique », qu’on définit : « mort cé­rébrale ». En effet ce concept récent a été introduit afin de pouvoir effectuer des prélèvements d’organes chez ceux qui se trouvent dans le coma cérébral, en état de mort apparente, tandis que – comme nous allons le voir – bien des savants et professeurs ont publié leurs recherches et les résultats correspondants dans des revues médicales qui font autorité et ont exprimé leur désapprobation face au concept de « mort cérébrale », parce qu’il ne coïncide pas avec la cessation totale et irréversible de toute activité du cerveau. Il s’agit donc d’une notion qui n’est pas scientifique et ne permet pas du tout de constater la mort véritable.

De plus, le pape affirme que les prélèvements d’organes doivent être effectués sur des cadavres ; or, sur de vrais défunts, on peut prélever seulement certains tissus comme la cornée, alors que les organes vivants comme le coeur, les pou­mons, le foie, les reins, etc., doivent, pour pouvoir être greffés, être enlevés à ceux que l’on déclare en « mort cérébrale », c’est à dire qui respirent encore (même si la respiration est artificielle), qui ont le coeur qui bat, le sang qui cir­cule, et sont encore chauds et roses, ceux dont les membres peuvent bouger sous l’effet de stimulations douloureuses (on appelle cela le « signe de Lazare »), et, s’il s’agit de femmes, qui peuvent poursuivre une grossesse et donner le jour à un bébé vivant et sain, etc. (Il est tout de même anormal de considérer ces gens comme morts, alors que personne n’aurait le courage de mettre dans un cercueil quelqu’un qui respire, et dont le cœur et le pouls battent encore !) Il est évident que de telles personnes ne sont pas des cadavres, et que, sur de véritables ca­davres, on peut seulement prélever des organes déjà en état de dégénérescence, qui ne peuvent être greffés [4].

 

 

L’histoire de la nouvelle terminologie

 

Ainsi qu’il a été dit dans le document du pape, on est passé de la définition traditionnelle de la mort, conçue comme étant l’arrêt des fonctions circulatoires et respiratoires, à celle de « mort cérébrale » entendue comme étant la cessation de toutes les fonctions de l’encéphale, y compris le bulbe rachidien. Ce critère neu­rologique de mort cérébrale a été introduit suite à la première greffe officielle du coeur faite par le professeur C. Barnard, en 1967, en la ville du Cap (Afrique du Sud). Plusieurs professeurs et savants se prononcèrent contre ces nouvelles techniques à cause du fait que les personnes sur lesquelles on faisait les prélè­vements d’organes n’étaient pas réellement mortes. En Italie, le professeur Stefanini attaqua à la télévision le professeur Barnard en affirmant que « si la per­sonne n’est pas morte, on ne peut faire le prélèvement » et que « s’il n’y a pas de cadavre, c’est un homicide ». Parmi les autres professeurs italiens qui s’opposè­rent à ces greffes on peut citer le professeur Dioguardi, de Milan, et les profes­seurs Gasbarrini et Puddu, de Bologne.

Un mois après la greffe du Cap, comme il y avait eu aux États-Unis deux cents prélèvements d’organes, une commission ad hoc fut constituée, à la Harvard School de Boston (États-Unis), pour définir la mort sous son aspect neurologique, afin d’éviter aux équipes chargées des greffes les accusations légales et morales dont elles pourraient faire l’objet.

En 1969, la Commission d’Harvard publiait son Rapport dans le Journal of the American Association (J.A.M.A) ; on n’y fournissait aucun argument permettant d’identifier le coma à la mort, mais on affirmait tout simplement qu’il faut définir par le mot « mort », le coma irréversible, et ce pour des raisons pratiques (dégager des lits d’hôpital, soulager le fardeau social que représentent les patients en état végétatif, trouver sans opposition les organes à greffer). En 1979, deux philosophes « catholiques » des mouvements pour la vie, Grisez et Boyle, inven-tèrent une nouvelle définition de la mort cérébrale en introduisant le concept d’unité fonctionnelle complémentaire. Ils contribuèrent ainsi à supplanter le prin­cipe moral disant que la vie est sacrée, par l’éthique de la qualité de la vie. En 1981, la mort cérébrale était définie en termes médico-légaux et était accueillie sans opposition dans presque tout le monde industrialisé, sauf dans le Nord de l’Europe et au Japon [5].

Néanmoins, en 1992, deux scientifiques américains, toujours de Harvard, les docteurs Robert D. Truog et James C. Fackler, publièrent un autre rapport au titre expressif « Rethinking brain death » (repenser la mort cérébrale).

Il s’agit du rapport le plus significatif du côté médico-légal, mais, curieuse­ment, il n’a jamais été publié en Italie, peut-être parce que son titre et ses quatre-vingt-sept références dérangeaient ! Voici un extrait des données et la synthèse de leur étude :

 

Nous proposons quatre arguments soutenant l’avis que les patients qui répondent aux critères cliniques actuels de mort cérébrale ne présentent pas nécessairement une perte irréversible de toutes les fonctions du cerveau [6]. En premier lieu , beaucoup de patients qui se trouvent cliniquement en état de mort cérébrale gardent la fonction en­docrino-hypothalamique. Deuxièmement, bien des patients gardent l’activité électrique cérébrale. Troisièmement, certains patients gardent la capacité de réagir aux stimula­tions de l’environnement. Quatrièmement, le cerveau est défini physiologiquement comme système nerveux central, et beaucoup de patients qui sont cliniquement en état de mort cérébrale gardent l’activité du système nerveux central, sous la forme de réflexes spinaux. Ces résultats contrastent nettement avec la condition requise d’une cessation irréversible de toutes les fonctions cérébrales [7].

 

La conclusion de cette étude est qu’il n’existe pas de moyens instrumentaux propres à démontrer la cessation irréversible de toutes les fonctions de l’encé­phale ; en conséquence, pas plus l’électroencéphalogramme (EEG [8]) que d’autres tests ne sont aptes à certifier la cessation irréversible de toute activité en­céphalique. Remarquons entre autres qu’au niveau mondial il n’y a pas d’accord entre hommes de science et professionnels de la santé sur les critères et les preuves à adopter pour déclarer la prétendue « mort cérébrale » : par exemple, en Angleterre on n’utilise pas l’EEG.

En Italie, la loi 578/93, reprenant la définition de Harvard de 1969, dit que « la mort s’identifie à la cessation irréversible de toutes les fonctions du cerveau », et prévoit quatre catégories de vérifications pour pouvoir déclarer la mort cérébrale de quelqu’un. Elle requiert simultanément l’absence de la conscience, de la respi­ration spontanée, des réflexes et des réponses électriques cérébrales. Pour cette dernière vérification, on emploie l’EEG qui donne le tracé graphique de l’activité électrique au niveau de la surface cérébrale ; on obtient ce résultat au moyen d’un appareil dont les électrodes sont placées sur le cuir chevelu, et d’une pointe graphique qui transcrit les données sur un rouleau. Il faut savoir que les ondes électroencéphalographique sont très peu voltées (quelques dizaines de millio­nièmes de volt en état de veille). Les signaux électriques en provenance de l’en­céphale (et recueillis directement sur le cuir chevelu) sont donc beaucoup plus faibles (d’un facteur 1000 environ) que les signaux venant du cœur ou des muscles striés. Or la loi italienne affirme qu’au-dessus de deux microvolts il y a la vie, tandis que pour une activité inférieure on se trouve en face de la mort : on se rend immédiatement compte que ces deux microvolts représentent un seuil arbitraire qui ne correspond pas à un zéro absolu instrumental ; c’est seulement une convention pour pouvoir dire que quelqu’un est mort [9].

Du point de vue scientifique, cela n’est pas exact ; en effet, déjà à son époque, le professeur Bergamini écrivait :

 

Un tracé électroencéphalographique peut être normal s’il est plat, c’est-à-dire sans un rythme visible : par exemple, les sujets adultes anxieux ou les sujets nouveau-nés peuvent avoir un tracé plat qui, de soi, n’est pas définissable comme pathologique [10].

 

De fait, la science ne sait pas pourquoi, dans ce cas, l’EEG est plat ; pour qu’il indique un état pathologique il faut d’autres indices.

En outre, le professeur Bondi écrivait que la présence de fortes accumulations hémorragiques endocrâniennes (typiques des traumatismes dus aux accidents) :

 

peut éliminer le « signal » de la pointe graphique ou bien diminuer fortement l’ampleur des signaux relevés par l’appareil qui opère avec les électrodes appliquées sur la paroi osseuse ; en considérant la très faible amplitude du tracé, il est toujours probléma­tique et approximatif d’apprécier objectivement ces indices de vie, dont l’importance est capitale s’ils peuvent soustraire le patient à la sentence médico-légale de mort, à la suite de laquelle son corps sera immédiatement vidé par les prélèvements d’organes ; en ce cas, des électrodes devraient être appliquées sous la paroi osseuse [11]. Donc l’EEG ne dé­montre pas du tout que l’activité cérébrale soit absente dans tout l’encéphale [12].

 

En Italie, la loi ne prévoit pas l’emploi de techniques plus sophistiquées qui pourraient démontrer la présence de vie cérébrale, comme la vérification de la présence ou de l’absence de circulation cérébrale, qui est pourtant un test fon­damental pour établir la mort. Quelqu’un peut donc être déclaré mort alors qu’il demeure des restes de circulation intracrânienne :

 

Des restes de circulation intracrânienne peuvent représenter une fonction cérébrale et une vie qui persiste ; personnellement je me demande et vous demande : de tels îlots sont-ils consciencieusement et scrupuleusement recherchés ? La réponse est négative parce que des examens comme l’angiographie, la TEP [13], la TESP [14], l’IRM [15], l’écho-planar [16] ne sont pas prévus par la loi et donc ne sont pas exécutés [17].

 

De plus, le rapport de Harvard de 1992, lorsqu’il se demande si l’absence d’apport sanguin au cerveau constitue, pour prouver la cessation de toutes les fonctions intracrâniennes, un indice plus fiable que le silence électrocérébral, affirme :

 

Malheureusement, l’absence de flux hématique [sanguin] relevée soit par les re­cherches avec radio-nucléïdes, soit par l’angiographie, ne coïncide pas invariablement avec l’absence de toutes les fonctions cérébrales, même chez les adultes. On a signalé de nombreux cas d’adultes chez lesquels l’examen du scanner a donné un résultat négatif alors que l’activité cérébrale persistait [18].

 

En d’autres termes, les personnes qui se trouvaient dans ces conditions n’étaient pas mortes. De plus, il n’existe pas de critères valables permettent d’éta­blir que d’autres zones importantes de l’encéphale, telles que le cervelet, les ganglions cérébraux ou le thalamus, ont, de façon irréversible, cessé de fonctionner [19].

Les Anglais, comme nous l’avons vu, nient toute valeur à l’EEG et sont favo­rables à une conception de la mort cérébrale fondée exclusivement sur l’absence de réflexes du tronc cérébral, en excluant l’examen de l’encéphale.

Le rapport de 1992 de Harvard affirme à ce propos :

 

Nous avons toutefois démontré que d’autres fonctions cérébrales (par exemple la fonction endocrinienne et le contrôle de la température) peuvent persister malgré l’absence de tous les réflexes du tronc cérébral que l’on considère pour diagnostiquer la mort cérébrale. [...] Selon une étude, sur 31 adultes qui se trouvaient en état de mort cé­rébrale, 23% n’étaient pas atteints de diabète insipide, ce qui impliquait la présence de la fonction hypothalamique (avec sécrétion de l’hormone antidiurétique). [...] Une évaluation en ce sens comporte, au minimum, le fait que la présence de diabète insipide devrait assumer un rôle fondamental dans nos critères de mort cérébrale, bien plus im­portant que la non-réaction de la pupille face à la lumière.

Pour cette raison (et d’autres encore), le point de vue anglais a été vivement criti­qué [20]. En effet, même après un constat d’absence de réflexes du tronc cérébral, il y a eu des cas de reprise des sens [21].

 

Toujours dans le rapport de Harvard de 1992, on peut lire :

 

Troisièmement, il y a des manifestations de réactivité face à l’environnement chez certains patients qui se trouvent en état de mort cérébrale. Le compte-rendu des fiches d’anesthésiologie de dix donneurs d’organes qui se trouvaient en état de mort cérébrale a révélé une réponse hémodynamique claire à l’incision chirurgicale au moment de la transplantation de l’organe du patient, avec une augmentation moyenne de la tension systolique égale à 31 mm Hg, et de la fréquence cardiaque égale à 23 battements par minute.

 

Les savants anglais Evans et Hill examinèrent les données des fiches cliniques publiées par Wetzl au sujet de donneurs d’organes récents « cérébralement morts ». Voici, par exemple, comment fut traité un donneur de trente-trois ans. Avant d’entrer dans le bloc opératoire, on n’administra pas d’hypertenseurs à ce patient, puis une fois placé dans le bloc, on le « curarisa » pour que son corps ne bouge pas et qu’il n’empêche pas l’incision. Avant l’intervention, ses battements cardiaques étaient de 90/mn et il avait une tension de 90/50 mmHg. Quelques secondes après l’incision jugulo-pelvienne, ses battements étaient remontés à 118/mn et la tension avait atteint les 120/70 mmHg (si c’était un cadavre, ces in­dices n’auraient pas dû augmenter) ; au bout des trois premières minutes, les bat­tements étaient de 118 par minute et la tension atteignait les 150/75 mmHg. Au bout de onze minutes, on lui administra l’anesthésie, la tension s’écroula et les indices redevinrent ceux de la situation préopératoire. Donc, tous ces donneurs furent « paralysés et ventilés seulement avec de l’oxygène ; ils manifestèrent de semblables augmentations dramatiques de la pression sanguine et du rythme cardiaque après les incisions pour l’explantation. De telles réponses, qui sem­blent donc constituer la norme plutôt que l’exception, sont identiques aux ré­ponses cardio-vasculaires dont le tronc cérébral est le médiateur, et que l’on peut observer chez les patients normaux soumis à des interventions chirurgicales thé­rapeutiques, lorsque l’anesthésie se révèle trop légère [22] ».

Si le tronc cérébral était vraiment mort, on devrait constater non seulement l’absence de réponse du centre respiratoire, mais aussi l’absence d’activité des centres vaso-moteurs [23]. De telles réactions sont en contradiction avec la cessa­tion de toutes les fonctions cérébrales.

Le rapport de Harvard de 1992 affirme encore :

 

Quatrièmement, au point de vue physiologique, le cerveau est défini comme sys­tème nerveux central. Les premières définitions de la mort cérébrale, comme les critères de Harvard (de 1969), en tenaient compte et définissaient la mort cérébrale comme étant la mort du système nerveux central entier, y compris la moelle épinière. Bien vite, cependant, les cliniciens se rendirent compte que beaucoup de patients qui se trouvaient en état de mort cérébrale gardaient, d’un autre côté, la fonction de la moelle épinière, sous forme de réflexes spinaux. Parfois ces réflexes provoquaient des mouvements des membres, dramatiques et bouleversants, mouvements connus sous le nom de « signe de Lazare » [24].

 

L’invention et l’adoption du critère de mort cérébrale sont fondées sur le pos­tulat que l’observation d’une certaine série de cas cliniques semblables, qui ont tous eu historiquement des issues semblables, garantit que tous les cas similaires successifs auront encore les mêmes issues [25] ; la réalité montre qu’au contraire, si on continue les soins intensifs, certains peuvent survivre.

Les autopsies

 

Seule une autopsie du cerveau du donneur pourrait affirmer, directement et au cas par cas, si les lésions cérébrales sont vraiment de nature irréversible. Il ne faut pas oublier que, face à une éventuelle erreur de diagnostic, le donneur est irrémédiablement et légalement condamné à mort. Il est un peu suspect que les hôpitaux ne fassent pas d’autopsie du cerveau des personnes transplantées, pour voir si cet organe était vraiment détruit ; en effet dans le cas de mort véritable, comme l’affirmait le professeur Baldissera, il y a destruction des hémisphères, du tronc cérébral et des cellules [26].

Le rapport d’Harvard de 1992 affirme :

 

S’il était possible d’identifier un ensemble particulier d’indices cliniques tels qu’ils coïncident invariablement avec la destruction totale du cerveau révélée par autopsie, cette série de critères pourrait être utilisée comme preuve digne de foi de mort cérébrale. Malheureusement, dans une étude menée sur 503 patients, Molinari [27] constata qu’il n’était pas possible de vérifier qu’à un diagnostic de mort cérébrale prononcé avant l’arrêt cardiaque, sur la base d’une série de critères, correspondait invariablement un cerveau détruit en grande partie.

 

Le professeur Hill [28] signale lui aussi le fait que l’on a relevé, d’après les ob­servations des autopsies, une conservation discrète de l’écorce cérébrale... Cette masse de preuves toujours plus nombreuses continue à jeter de graves doutes sur la certitude des diagnostics de mort en présence d’un coeur qui bat, et laisse ou­verte la question de savoir combien de temps après la cessation de la circulation cesse définitivement toute fonction du cerveau.

 

 

Les possibilités thérapeutiques

 

Avant toute chose, il faut discréditer le faux dogme qui consiste à dire que les patients en état de mort cérébrale sont toujours et absolument incurables, et que tous auront un arrêt cardiaque imminent.

Une recherche statistique récente, menée par un savant américain influent, le docteur Alan Shewmon [29], a suscité un grand intérêt dans le milieu scientifique international. On a analysé les cas de survie prolongée chez un nombre signifi­catif de patients diagnostiqués en état de mort cérébrale. Shewmon a recueilli des cas de survie prolongée et a examiné les facteurs qui étaient à même de détermi­ner, chez des sujets qu’on faisait passer pour morts, la capacité de survivre. La capacité de survie était inversement proportionnelle à l’âge (plus l’âge est petit, plus la possibilité de survie augmente). L’instabilité hémodynamique tendait à se résoudre progressivement, de sorte qu’on pouvait avec succès supprimer la venti­lation auxiliaire de certains patients et les faire rentrer chez eux.

Il y a un autre dogme qui est faux : c’est celui qui affirme que le cerveau, ar­rivé à maturité, est absolument incapable de produire de nouveaux neurones, provoquant ainsi l’irréversibilité des dégâts cérébraux. Les recherches récentes dans le domaine neurologique permettent d’affirmer que les êtres humains ont la capacité de produire des neurones cérébraux pendant toute leur vie, y compris durant la vieillesse. C’est P.S. Eriksson qui l’a démontré, confirmant ainsi ce que l’on avait précédemment découvert sur les mammifères, c’est-à-dire que l’hippo­campe humain conserve intacte son activité neurogène [30].

Depuis janvier 1999, C.B. Johansson et d’autres chercheurs ont réussi à aller bien au-delà, pour le moment dans le domaine animal, parvenant à démontrer l’existence d’un véritable processus de réponse aux lésions dégénératives du sys­tème nerveux central, grâce à la croissance rapide de cellules souches migratoires des neurones, capables d’aider à la cicatrisation et à la réparation des lésions. Selon les résultats scientifiques obtenus, la capacité du cerveau humain endom­magé à reconstituer spontanément – du moins pour certains cas et certaines zones déterminées – son patrimoine de cellules nerveuses détruites, apparaît de plus en plus certaine. Même les affirmations les plus extrêmes, comme celle, ul­tra-centenaire, de l’italien Bizzozzero, soutenue par une vaste littérature scienti­fique, qui plaçait le cerveau des mammifères parmi les tissus aux éléments per­pétuels, ont été écartées par les recherches de la dernière décennie et par les nouvelles découvertes sur la neuro-plasticité des mammifères adultes : ce sont là des hypothèses qui, par extrapolation, peuvent être étendues à l’homme. Grâce à ces résultats, qui s’ajoutent aux biotechnologies naissantes qui sont capables de réparer le système nerveux central adulte, il semble que l’on puisse arriver à mettre prochainement au point une stimulation thérapeutique contrôlée pour ré­générer des neurones dans un cerveau humain adulte lésé, surtout dans une ré­gion, comme l’hippocampe, fort délicate et d’importance capitale dans les pro­cessus de connaissance et de mémorisation [31].

Les progrès en matière de thérapie intensive que l’on peut pratiquer aujour-d’hui dans les centres de réanimation ont été remarquables :

 

Grâce à une assistance combative, certains patients cliniquement en état de mort cérébrale peuvent obtenir une survie physiologique pour des périodes relativement longues : de 36 jours [32], de 63 jours [33], 68 jours [34], 112 jours [35], 201 jours [36].

 

Il est donc fallacieux de dire que tous les patients qui remplissent les critères actuels de mort cérébrale, devraient être effectivement considérés en état de mort cérébrale pour le motif qu’ils subiront invariablement un arrêt cardiaque à courte échéance. Cet argument est d’abord faux en ce qu’il confond un pronostic de mort avec un diagnostic de mort. Par ailleurs :

— La certitude de l’arrêt cardiaque est discutable, si l’on considère les progrès accomplis en thérapie intensive ;

— Il en est de même pour la mort du cerveau [37]. Selon les résultats scienti­fiques déjà obtenus, il semble au contraire de plus en plus envisageable de par­venir un jour à pouvoir faire reconstituer par le cerveau lésé son patrimoine de cellules nerveuses détruites [38].

 

 

La thérapie de l’hypothermie contrôlée

 

D’excellents résultats ont été obtenus avec l’hypothermie cérébrale contrôlée, une méthode appliquée par une équipe de chercheurs japonais guidés par N. Hayashi [39] (ce n’est pas un hasard, dans un pays qui a toujours refusé d’ac­cepter passivement l’assimilation occidentale de la « mort cérébrale » à la véritable mort). Ces savants ont traité avec l’hypothermie cérébrale contrôlée (et avec le maintien d’une tension endocrânienne adéquate) vingt cas d’hématome sous-du­ral aigu associé à une blessure cérébrale diffuse, et douze cas d’ischémie céré­brale provoquée par un arrêt cardiaque qui a duré entre 30 et 47 minutes. Tous les patients se trouvaient dans un état de coma estimé entre 3 et 4 degrés GCS, Glasgow Coma Scale, (la valeur 3 correspondant à la situation la plus critique dans l’absolu : celle où il y a concomitance d’une absence totale de réponse aux stimuli oculaires, moteurs et verbaux ; les patients déclarés en « mort cérébrale » sont classés GCS 3). Ils présentaient une dilatation bilatérale des pupilles et la perte de réflexe à la lumière, et pourtant quatorze des vingt patients du premier groupe et six des douze du second groupe sont revenus à une vie quotidienne normale ; sur ces vingt patients, un seul n’eut pas un complet rétablissement des possibilités de communication verbale.

 

 

Quelques faits

 

Des cas spectaculaires sont apparus dans les colonnes des journaux, faisant état de personnes dont on se préparait à explanter des organes vitaux, et qui, l’opération ayant été finalement annulée, ont repris une vie normale par la suite. Nous signalerons seulement deux exemples.

Martin Banach [40], un jeune Allemand de 18 ans, passait en 1996 une partie de ses vacances en Italie, sur l’Île des fleurs, Ischia. Après avoir loué un scooter, il fut percuté par une voiture le surlendemain soir, et tomba dans le coma. On l’emmena à l’hôpital et l’on considéra qu’il pourrait être donneur. On appela son père au téléphone :

— Bonjour, ici l’hôpital Cardarelli de Naples. Votre fils a-t-il la carte de don­neur ? Votre fils est gravement blessé. Il est dans le coma. Nous sommes désolés, mais il n’y a plus rien à faire.

Son père répondit :

— Laissez-le comme il est, j’arrive tout de suite. Ne le touchez pas !

Les parents de Martin arrivèrent par avion, on leur interdit de voir leur fils, jusqu’au moment où, après trois jours de luttes, ils réussirent à faire venir par avion une femme médecin allemande, qui, résolue, négocia pendant deux heures avec le personnel de l’hôpital. Puis ils ouvrirent la porte en acier ; leur fils était là, seul, ventilé. La femme médecin donna cet ordre : « Parlez-lui ! ». La mère ca­ressa les cheveux de son fils, ses paupières frémirent. Le jeune docteur dit alors « Nous y arriverons ». Le jeune fut transporté en Allemagne ; le jour suivant, il ou­vrait déjà les yeux. Aujourd’hui, Martin a fini ses études et joue au basket, sans avoir aucune lésion permanente.

Le Resto del Carlino du 12 septembre 1999 rapporte ainsi le cas du jeune Luca Sarra :

 

Le jeune garçon de l’Aquila que l’on croyait mort et prêt pour le don d’organes se réveille du coma. Alors qu’il était prêt pour la transplantation, il demande une cigarette.

 

Et, dans le texte de l’article, on peut lire : « On disait qu’il était en état de mort cérébrale. »

 

 

Le magistère de l’Église

 

Le 14 décembre 1989, dans un discours aux membres de l’académie pontifi­cale des sciences, Jean Paul II avait invité à renoncer aux greffes jusqu’à ce que le moment de la mort soit sûr.

Le cardinal Ratzinger était intervenu dans le même sens au consistoire extra­ordinaire de 1991, et avait affirmé :

 

Nous sommes témoins d’une véritable guerre des puissants contre les faibles, une guerre qui vise à éliminer les handicapés, ceux qui dérangent, jusqu’à ceux qui sont simplement pauvres et inutiles. Avec la complicité des États, des moyens considérables sont employés contre les personnes qui sont à l’aube de leur vie, ou bien quand leur vie est rendue vulnérable par un accident ou une maladie et quand elle s’approche de la fin […] Ceux que la maladie ou un accident fera tomber dans un coma irréversible seront souvent mis à mort pour satisfaire aux demandes de greffes d’organes, ou bien ils servi­ront à l’expérimentation médicale [« cadavre chaud »].

 

Comme nous l’avons déjà dit, la presse a profité de ce que le discours du pape du 29 août 2000 contenait des phrases imprudentes et scientifiquement in­exactes, pour lui faire dire qu’il approuve les greffes d’organes. Remarquons que, dans ce discours, le souverain pontife n’a pas engagé son infaillibilité et que, de toute façon, quand les concepts ne sont pas clairs et cohérents il faut se rapporter au magistère de toujours, et aux principes catholiques immuables. C’est le lieu de rappeler que Pie XII avait déjà, en son temps, abordé le sujet des greffes d’or­ganes. Dès cette époque, il proclamait la nécessité de la certitude de la mort du donneur. Il écrivait en effet :

 

Dans le cas de doute insoluble, on peut recourir aux présomptions de droit et de fait. En général, il faudra s’arrêter à celle de la permanence de la vie, parce qu’il s’agit d’un droit fondamental reçu par le Créateur et dont il est nécessaire de démontrer qu’il a cessé. [...] Des considérations d’ordre général nous permettent de croire que la vie continue lorsque les fonctions vitales – à la différence de la simple vie de ses organes – se manifestent spontanément même avec l’aide de procédés artificiels [41].

 

Un bon nombre de cas constituent l’objet d’un doute insoluble. Il faut les trai­ter selon les « présomptions de droit et de fait » (c’est-à-dire en faveur de la vie).

 

 

Conclusion

 

La nouvelle définition de « mort cérébrale », introduite pour éviter les consé­quences légales et morales du prélèvement d’organes vitaux sur les mourants avant qu’ils ne soient morts, est fondée sur le concept que la perte permanente de la capacité de conscience et de la respiration spontanée doit suffire [42], et que la mort de l’homme coïncide avec la mort de son cerveau. Cette assimilation, ainsi que la prétention d’identifier la mort d’une partie du corps, toute noble qu’elle soit, avec la mort de toute la personne, ne sont absolument pas démon­trées, sont arbitraires et ne trouvent aucune véritable justification scientifique.

Pour finir cet article, nous voudrions rappeler que, des États-Unis, nous est venue une initiative internationale promue par le mouvement Cure, et ainsi nommée : « Déclaration internationale d’opposition à la mort cérébrale – ennemie de la vie et de la vérité – et d’opposition à la transplantation ou greffe des organes ».

Ce document affirme que :

 

Aucun des protocoles changeants de ce qu’on appelle « critère neurologique » pour déterminer la mort, ne satisfait les conditions décrites par le pape pour une « application rigoureuse » de la constatation de la « cessation totale et irréversible de toutes les fonc­tions de l’encéphale ».

Bref, la mort cérébrale n’est pas la mort, et il ne faudrait jamais déclarer la mort si ce n’est en présence de la destruction du cerveau entier et, simultanément, des systèmes respiratoire et circulatoire. […] Pour que les organes vitaux soient aptes à la greffe, ils doivent être vivants, enlevés à des êtres humains vivants. De plus, comme nous l’avons souligné précédemment, les personnes condamnées à mort par la déclaration de « mort cérébrale » ne sont pas « véritablement mortes » mais, au contraire, « assurément vi­vantes ». […] Les transplanter signifie violer le cinquième commandement du Décalogue : « Tu ne tueras point » (Dt 5, 17).

 

Cette déclaration internationale a été déjà signée par plus de cent vingt per­sonnalités et encouragée dans dix-neuf nations. Parmi les signataires, on trouve des évêques catholiques, des religieux, des prêtres et d’autres ecclésiastiques, des membres de l’Académie pontificale de la vie, parmi lesquels son ancien secré­taire ; des médecins, des professeurs, des juges, des avocats et d’autres profes­sionnels et défenseurs des droits des handicapés et de la vie. On remarque aussi parmi les signataires d’honorables opposants à la « mort cérébrale » : le docteur Paul Byrne, le docteur Cicero Coimbra (Brésil), le docteur David W. Evans (Angleterre), le professeur Josef Seifert (Liechtenstein), le docteur Yoshio Wanatabe (Japon), le professeur Massimo Bondi, le docteur Guiseppe Bartolini, le docteur Maria Luisa Robbiati et d’autres encore (Italie).

De notre côté, nous remercions tout particulièrement la « Lega nazionale contro la predazione di organi e la morte a cuore battente [43] » de madame Nerina Negrello et monsieur Ugo Tozzini, pour la documentation qu’ils ont mise à notre disposition.


Martin Banach et ses parents (la « science » l’avait déclaré « mort ».)

 


[1] — Priorato Madonna di Loreto, Via Mavoncello, 25-47828 Rimini. Italie.

[2] — 2918 Tracy Avenue, Kansas City, Missouri 64109.

[3] — Le titre donné au discours papal par L’Osservatore Romano en langue française du 5 septembre 2000 (p. 3) va lui-même dans ce sens : « Les transplantations sont une conquête importante de la science au service de l’homme ». (Note du traducteur.)

[4] — Il faut distinguer ici deux cas tout à fait différents :

         – 1). L’acharnement thérapeutique : maintien artificiel en survie d’une personne qui, sans cette aide technique, a de grandes chances de mourir. Comme nul n’est tenu d’employer des moyens extraordinaires pour prolonger sa vie (sauf si celle-ci est nécessaire au bien commun, s’il y a des affaires à mettre en ordre, etc.), il est permis de débrancher les appareils de réanimation lorsque les motifs qui avaient introduit leur utilisation (l’espérance de survie du malade) cessent, au moins probablement. Il ne s’agit pas ici d’euthanasie, car on ne tue pas le malade directement. On laisse la nature faire son oeuvre.

         – 2). Tout à fait différente est la précipitation criminelle de certains chirurgiens qui s’empressent de prélever des organes vitaux à un malade dans le coma, alors que la mort de celui-ci n’est pas certaine. Dans ce cas, si la personne vit encore, le chirurgien la tue. (Dans le premier cas, le malade mourait de sa mort naturelle, mais dans le cas présent, on provoque directement sa mort.) C’est ce que cet article entend dénoncer. (Note du traducteur.)

[5] — Ugo Tozzini, Mors tua, vita mea, Naples, Grafite, 2000, p. 10.

[6] — Donc ces personnes ne sont pas mortes, mais bien vivantes. (Note du traducteur.)

[7] — Dr Robert D. Truog – Dr James C. Fackler, « Rethinking brain death », Critical Care Medecine, 1992, vol 20, n° 12, Department of anesthesia, Children’s Hospital, Harvard Medical School, Boston, MA.

[8] — Dans la suite de l’article, l’électroencéphalogramme sera abrégé EEG.

[9] — C’est ce qu’on appelle parfois la mort apparente. (Note du traducteur.)

[10] — Ugo Tozzini, ibid., p. 16.

[11] — L’électrocortécographie (ECoG), qui place les électrodes d’enregistrement directement sur la dure-mère est nettement plus fiable que l’EEG. Mais cela nécessite de pratiquer une trépanation. (NDLR.)

[12] — Dr Massimo Bondi, professeur de chirurgie et de pathologie clinique générale – Général Surgeon M.D.Sydney, Audition du 29 octobre 1992 ; texte présenté au « Comité restreint » de la « Commission des affaires sociales » du Parlement italien.

[13] — TEP : Tomographie par Émission de Positons.

[14] — TESP (SPECT en anglais) : Tomographie par Émission de Simples Photons. (Cette technique, comme la TEP, utilise des traceurs radioactifs. Mais il y a émission de simples photons dans la TESP, et de paires de photons dans la TEP. La TESP, moins précise, est moins utilisée que la TEP pour l’étude du cerveau, mais demeure fréquente en cardiologie. NDLR.)

[15] — IRM : Imagerie par Résonance Magnétique.

[16] — Écho-planar (en anglais : EPI, Echo Planar Imaging) : protocole technique particulier utilisé en IRM, pour acquérir rapidement des échos.

[17] — Dr Massimo Bondi, ibid.

[18] — M.M. Grigg et al., « Electroencephalographic activity after brain death », dans Archives of neurology, 1987, n. 44 (9), p. 948-954.

[19] — Dr Massimo Bondi, ibid.

[20] — D.A. Shewmon, « Anencephaly, Selected medical aspects », Hastings Center Report, 1988, n° 10, p. 11-19.

[21] — Dr J. David Hill MA FFARCS, Consultant anesthesist, Addenbrooke’s hospital,Cambridge, audition du 29 octobre 1992, texte présenté au « Comité des affaires sociales » du Parlement italien.

[22] — Ugo Tozzini, ibid., p. 34-36.

[23] — « Rethinking brain death », ibid., note 22 ; R.C. Wertzel et al., « Hemodynamic Responses in brain dead organ donor patients », dans Anest Analg., 64 (1985), vol. 2, p. 125-128.

[24] — A.H. Ropper, « Unusual spontaneous movements in brain dead patients », dans Neurology, 34 (1984), p. 1089-1092.

[25] — Ugo Tozzini, ibid., p. 28.

[26] — Fausto Baldissera, professeur de physiologie humaine à l’université de Milan ; audition du 29 octobre 1992 ; Discours prononcé devant le « Comité des Affaires Sociales » du Parlement italien.

[27]Rethinking brain death, ibid., note 45, Molinari, « The GF NINDDS. Collaborative study of brain death : a historical perspective » dans NINDDS., monographie nº 24, publication n°81-2286, Bethesda, Maryland, National Institute of Health, 1980, p. 1-32.

[28] — Dr David Hill, ibid.

[29] — Dr Alan Shewmon, professeur en neurologie pédiatrique, UCLA Medical School (Los Angeles), « Chronic ‘Brain Death’: Meta-Analysis and Conceptual Consequences », dans Neurology, 1998, n° 51, p. 1538-1545.

[30] — P.S. Eriksson, de l’université de Gotenborg, Institute of clinical neuroscience, et F.H. Gage, du San Diego Salk Institute ; voir Mors tua, vita mea, p. 7.

[31] — C.B. Johansson, « Identification of neural stem cell in the adult mammalian central nervous system », Cell, 8 janvier 1999, n° 96, p. 25-34.

[32] — A. Grenvik, D.J. Powner, J.V. Snyder, « Cessation of therapy in terminal illness and brain death », dans Critical care medicine, 1978, n° 6, p. 284-291.

[33] — D.R. Field, E.A. Gates, R.K. Creasy, « Maternal brain death during pregnancy, medical and ethical issues », dans Jama, 1988, n° 260, p. 816-822.

[34] — J.E. Parisi et al., « Brain death with prolonged somatic survival », dans New England journal of medicine, 1982, n° 306, p. 14-16.

[35] — R.C. Klein, « Brain death with prolonged somatic survival », ibid, p. 1362.

[36] — T.W. Rowland et al., « Brain death in the pediatric intensive care unit, a clinical definition », dans American journal of the disabled child, 1983, n° 137, p. 547-550.

[37] — Voir « Rethinking brain death », ibid.

[38] — Luca Poli, Aborto e manipulazioni genetiche, biotecnologie, eutanasia ed espianto di organi a cuore battente, supplément de La Tradizione Cattolica n° 89. Il est certain que la régénération cérébrale a encore bien des obstacles à vaincre ; mais le but de la médecine étant de soigner les malades, c’est dans ce sens qu’il faut travailler, plutôt que de bloquer des recherches qui pourraient faire ombrage aux pratiques de don d’organes.

[39] — N. Hayashi, du Département de neurologie d’urgence à l’hôpital de l’université de Nihon, au Japon.

[40]Neue Revue Exklusiv, L’Altra Voce, mai-juin 1997.

[41] — Pie XII, « Discours au docteur Bruno Haid, et à de nombreuses personnalités des sciences médicales, en réponse à quelques interrogations capitales sur la réanimation », 24 novembre 1957 (AAS 1957, p. 1031 et 1033).

[42]Mors tua, vita mea, ibid., p. 38.

[43] — Ligue nationale contre la spoliation d’organes et la mort à coeur battant. (Lega nazionale contro la predazione di organi e la morta a cuore battente, Pass. Lateranensi 22, Bergamo.)

Informations

L'auteur

Membre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), l'abbé Giuseppe Rottoli exerce son ministère en Italie.

Le numéro

Le Sel de la terre n° 48

p. 64-78

Les thèmes
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