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+ L’avertissement

du cardinal Siri

à propos du vêtement masculin porté par les femmes

 

Nous avons déjà signalé dans Le Sel de la terre la brochure de Mgr Williamson Féminisme et pantalon [1].

Nous attirons ici l’attention de nos lecteurs sur la publication par l’Asso­ciation Saint-Jérôme, d’une instruction du 12 juin 1960 du cardinal Siri, arche­vêque de Gênes (Italie) sur le même su­jet. Le prélat y traite de la tenue vesti­mentaire des femmes et des jeunes filles, plus précisément du port du pantalon.

C’était il y a juste 44 ans. Dans son prologue, le cardinal remarque :

 

Cette année, les prémices d’un prin­temps qui se fait attendre nous offrent le spectacle de plus en plus fréquent de jeunes filles, de femmes, de mères de famille même, vêtues d’un habit mas­culin : le pantalon. L’an dernier encore à Gênes, une telle tenue désignait le plus souvent une touriste ; mais il semble que maintenant un nombre no­table de Génoises, jeunes et moins jeunes, ait choisi de porter – à tout le moins durant les activités de loisir – ce vêtement d’homme.

 

Aujourd’hui la mode s’est généralisée dans le monde entier. Cette question de la mode, et spécialement ici du panta­lon, n’est pas matière à option pour un chrétien, c’est même une affaire sé­rieuse. Citons encore le prélat :

 

Nous prions les destinataires du pré­sent Avertissement, parce qu’ils doivent être conscients de leur responsabilité de­vant Dieu, de bien vouloir prêter à ce problème l’attention nécessaire.

 

Évidemment, on peut se demander si le cardinal aurait écrit la même chose dix ans plus tard. Il a en effet accepté le concile Vatican II survenu entre temps, la nouvelle messe, et donc la nouvelle orientation des hommes d’Église.

Donnons maintenant, en le citant, un résumé des arguments présentés par le cardinal Siri.

 

Le port du pantalon

par une femme est immodeste

 

Deux choses sont nécessaires à la modestie d’un vêtement : qu’il couvre le corps et qu’il en dissimule les formes.

[Or, si le] pantalon couvre le corps de façon moins insuffisante que la plupart des jupes de notre époque, [...] par na­ture il moule le corps bien plus que ne le fait une jupe.

[...] Le port du pantalon par une femme est donc immodeste en raison de son étroitesse.

 

Cependant il y a des aspects encore plus graves que cette immodestie.

 

Trois conséquences du pantalon

 

— L’habit masculin porté par une femme altère la mentalité féminine :

 

Le désir d’imiter l’homme, voire de rivaliser avec lui, parce qu’on le consi­dère comme plus fort, comme plus dé­contracté, plus indépendant : voilà la raison qui pousse la femme à s’habiller comme lui. [...] Même si ce motif n’est pas conscient, ce qui est inéluctable c’est qu’en retour [...] la mentalité intérieure s’alignera sur la tenue extérieure. [...]

Cela peut conduire au fait que le port du vêtement masculin sera chez la femme une sorte de refus de sa féminité.

 

— L’habit masculin porté par une femme tend à vicier les rapports entre homme et femme. En effet, le port du pantalon par la femme diminue sa ré­serve et sa pudeur.

 

Sans le frein de la pudeur, les rela­tions entre l’homme et la femme sont entraînées vers la pure sensualité, à l’opposé de l’estime et du respect.

 

— Enfin, une tenue masculine porte atteinte à la dignité d’une mère aux yeux de ses enfants :

 

L’enfant ignore la définition de l’attentat à la pudeur, de la frivolité ou de l’infidélité ; mais il possède un sixième sens instinctif qui lui fait de­viner toutes ces choses, qui l’en fait souffrir et qui en laisse son âme profon­dément blessée.

 

Des dommages irréparables

 

S’il faut concéder que les effets d’une tenue inconvenante ne se manifestent pas tous à brève échéance, il ne faut pas oublier l’action lente et sournoise qui affaiblit, qui détruit et qui corrompt petit à petit.

 

Ce sont les relations conjugales, l’éducation des enfants, et finalement toute la société qui sont touchées lorsque la mentalité féminine est at­teinte.

 

Conséquences pratiques

 

Le cardinal Siri termine sa lettre par un grave avertissement aux curés, à tous les prêtres – en particulier aux confes­seurs – aux dirigeants de toutes les œuvres catholiques, à tous les religieux, aux religieuses, surtout aux ensei­gnantes :

 

La conséquence logique de ce que nous venons d’exposer est que quiconque a charge d’âmes doit avoir l’esprit vraiment alarmé, avec une vigilance rigoureuse et suivie d’effets. [...] N’acceptons pas le fait accompli, comme s’il s’agissait d’une évolution fatale du genre humain ! [...] Les caractères es­sentiels de sa nature et ceux, non moins essentiels, de la loi éternelle, n’ont ja­mais changé, ne changent pas et ne changeront jamais. [...] Quand on voit une femme en pantalon, ce n’est pas uniquement à telle personne qui s’ha­bille de manière indigne qu’il faut pen­ser, mais à l’humanité tout entière qui va vers un chaos qui sera atteint quand les femmes seront totalement assimilées aux hommes.

 

« Contrepoint » des éditeurs

 

Les éditeurs font remarquer à juste titre que, pour le cardinal Siri, à travers la question du pantalon, c’est en fait toute celle de la place de la femme dans le plan de Dieu qui est soulevée et qui est remise en cause. La femme a pour mission irremplaçable d’éduquer le cœur des enfants, d’établir la sainteté des mœurs chrétiennes, de garder toute sa famille dans la vertu de pureté. Porter atteinte à sa féminité, c’est ruiner sa vo­cation.

Cela conduit à parler de la modestie.

La modestie chrétienne « est une vertu annexe de la tempérance » (II-II q. 160, a. 1) pour achever son œuvre et pour édifier autour d’elle un rempart nécessaire à la sauvegarde de la vertu de tempérance elle-même et de nom­breuses vertus.

La modestie s’attaque finalement aux trois concupiscences :

— lorsqu’elle concerne la vertu de chasteté, elle s’oppose à la concupis­cence de la chair ;

— lorsqu’elle est relative à l’humilité, elle s’attaque à l’orgueil de la vie ;

— lorsqu’elle concerne la vertu de pauvreté, elle s’oppose à la concupis­cence des yeux.

La modestie est donc un rempart contre le mal dans lequel baigne le monde.

Dans la déroute actuelle de la modes­tie, les responsabilités sont à tous les ni­veaux : les hommes d’Église d’abord (rappelons que les papes postérieurs à Pie XII n’ont jamais plus abordé cette question ; on sait, hélas, combien Jean-Paul II est laxiste sur ce point, au cours des messes qu’il célèbre lors de ses voyages, en particulier lors des Journées Mondiales de la Jeunesse, ou en Afrique et autres pays tropicaux [2]). Mais la res­ponsabilité revient aussi aux prédica­teurs et confesseurs qui n’osent jamais parler de la modestie dans la tenue ves­timentaire, aux parents qui laissent leurs filles s’habiller en suivant les modes ac­tuelles.

Dans le laxisme universel, qui a même envahi les églises, le fait de se vê­tir modestement devient un véritable témoignage d’attachement à Jésus-Christ, comme au temps des premiers chrétiens. Ceux qui, par respect humain, auront préféré suivre la mode risquent de s’entendre dire au dernier jour :

 

Celui qui aura rougi de moi et de mes paroles, au milieu de cette généra­tion adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aussi rougira de lui lorsqu’il viendra dans la gloire de son Père avec les anges saints [Mc 8, 38].

 

Disons pour conclure que cette bro­chure est de présentation très soignée, comportant le texte italien original du cardinal Siri et la traduction française en vis-à-vis.

Nous lui souhaitons la plus large dif­fusion.

fr. M.D.

 

Cardinal Siri, Avertissement à propos du vêtement masculin porté par les femmes, Association Saint-Jérôme, B.P. 11, 33490 Saint-Macaire, saint-jerome@club-inter­net.fr

 

Chez le même éditeur :

— Léon XIII, Testem benevolentiæ (lettre au cardinal Gibbons du 22 janvier 1899 à propos de l’américanisme ; texte latin et traduction française) ;

— Pie XI, Mortalium animos (lettre en­cyclique du 6 janvier 1928 à propos de l’œcuménisme ; texte latin et traduction française) ;

— Pie XII, Davanti a questa (allocution du 26 octobre 1941 à propos de l’éduca­tion chrétienne ; traduction française).


 


[1] — Villegenon, éd. Sainte-Jeanne-d’Arc, 1999.

[2] — Voir par exemple la photographie publiée dans le livre de Daniel Leroux, Pierre m’aimes-tu ? (Escurolles, Fideliter, 1988, p. 132) où l’on voit une femme aux seins nus lire l’épître devant le pape et tout un aréopage d’évêques, pendant une messe en Nouvelle-Guinée (8 mai 1984). Qu’on ne dise pas que ce sont les coutumes locales. Ce sont des coutumes païennes. Avant Vatican II, lorsque les païennes se convertissaient, elles se couvraient aussitôt.

Informations

L'auteur

Religieux dominicain du couvent de la Haye-aux-Bonshommes (Avrillé).

Le numéro

Le Sel de la terre n° 49

p. 193-195

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