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le goût des psaumes

 

par le frère Marie-Dominique O.P.

 

 

 

LE livre des psaumes est le livre de prière de la Bible. Rythmant la liturgie du Temple de Jérusalem dans l’Ancien Testament, il prit une expansion considérable avec le christianisme qui seul peut en comprendre le sens plénier, ainsi que nous le verrons. L’Église s’en servit pour élaborer la liturgie de la messe et le donna à ses prêtres et religieux afin d’accomplir leur office de prière publique. Mais, depuis les origines de l’Église, le livre des psaumes est aussi devenu le livre de prière par excellence des simples fidèles. La présente crise de l’Église a cependant bien ébranlé la dévotion envers les psaumes. En particulier, les prêtres et les religieux n’en ont plus qu’une version tronquée et altérée dans la liturgie postconciliaire [1].

Puissent ces quelques lignes contribuer à donner ou augmenter encore chez nos lecteurs le goût des psaumes, prière du chrétien et prière du Christ-Jésus lui-même.

 

 

1. Considérations générales

 

Le caractère sacré des psaumes n’a jamais été mis en doute dans l’Église. Le Nouveau Testament allègue 55 fois le psautier et en cite 45 passages [2]. Le concile de Trente, dans son décret De canonicis Scripturis, range les psaumes au nombre des « écrits qui ont Dieu pour auteur [3] ».

Les psaumes appartiennent à la catégorie des livres poétiques et sapientiaux qui comprennent, selon l’ordre de la Vulgate : le livre de Job, le livre des Psaumes, le livre des Proverbes, l’Ecclésiaste, le Cantique des Cantiques, le livre de la Sagesse et l’Ecclésiastique.

Le livre des psaumes peut être appelé le livre des louanges de Dieu ou plus simplement livre de prières. Le mot de « psaume » vient lui-même du grec psalmos désignant un chant accompagné d’un instrument à cordes.

La langue originale des psaumes est l’hébreu (pour tous les psaumes). Il faut savoir qu’ils ont été chantés et transmis oralement avant d’être écrits. Ils ont ensuite été traduits en grec [4], avec le reste de l’Ancien Testament, pour les juifs dispersés sur le pourtour de la Méditerranée, où l’on parlait grec. La version grecque de l’Ancien Testament la plus célèbre s’appelle les Septante. Dès les débuts de l’ère chrétienne, l’Ancien Testament a été traduit du grec en latin. Là aussi, différentes traductions eurent cours, la plus connue étant l’Itala, traduite sur les Septante.

A la demande du pape saint Damase, saint Jérôme retoucha vers 383 la version « italique » du psautier, qui comprenait de nombreuses maladresses n’affectant cependant pas le fond de la doctrine. Il fit d’abord des corrections peu nombreuses afin de ne pas troubler outre mesure les fidèles qui, pour la plupart, connaissaient les psaumes par cœur [5]. Ces premières corrections donnèrent le psautier romain. Entre 387 et 391, il fit de nouvelles corrections, qui aboutirent au psautier gallican, ainsi appelé parce qu’il fut adopté aussitôt en Gaule, et qui est notre version liturgique actuelle. Plus tard, saint Jérôme fit une traduction sur le texte hébreu : c’est le psautier de saint Jérôme, lequel ne fut jamais utilisé dans la liturgie, un nouveau changement ayant sans doute paru inopportun.

Les psaumes sont au nombre de 150. C’est le chiffre canonique. Mais la numérotation varie entre le texte hébreu et la version des Septante (que suit la version latine de la Vulgate). Dressons un tableau de ces différences.

 

Psautier hébreu

Septante et Vulgate

1 à 8

1 à 8

9 et 10 (ne font qu’un psaume dans la Vulgate : le psaume 9).

9

11 à 113

10 à 112

114 et 115 : correspondent au psaume 113 de la Vulgate.

113

116 : correspond aux psaumes 114 et 115 de la Vulgate.

114 et 115

117 à 146

116 à 145

147 : correspond aux psaumes 146 et 147 de la Vulgate.

146 et 147

148 à 150.

148 à 150

 

Dans tout cet article, nous suivrons la numérotation des Septante et de la Vulgate.

 

 

2. Division du psautier

 

Pour mieux comprendre les psaumes, nous allons d’abord diviser le psautier en ses principales parties [6]. Notre psautier résulte en effet de l’union progressive et lente de diverses collections de psaumes plus ou moins compénétrées entre elles. Les 150 psaumes y sont partagés dans la Bible hébraïque en 5 livres se terminant chacun par une doxologie. Cette division nous donne une chronologie approximative des psaumes, pourvu qu’on n’oublie pas que, pour des raisons diverses, les Hébreux ont pu insérer dans un recueil ancien un psaume ou un fragment plus récent, ou inversement ajouter à une collection récente un poème plus ancien [7].

Fillion fixe la période de composition des psaumes de l’an 1050 à l’an 450 avant Notre Seigneur, formant une ère d’à peu près six cents ans [8].

 

a. Premier livre (psaumes 1 à 40)

 

On l’appelle « psautier Yahwiste » parce que Dieu y est presque continuellement désigné sous le nom de Yahweh.

Les psaumes y sont attribués à David (sauf vraisemblablement les psaumes 1, 2 et 3).

C’est le plus ancien recueil. L’auteur y parle en son nom personnel (non en celui du peuple) et chante son inaltérable confiance en Dieu à travers ses épreuves, ou bien la grandeur du créateur, non sans se préoccuper des temps messianiques.

 

b. Second livre (psaumes 41 à 71)

 

Ces psaumes ont été regroupés pendant l’exil à l’intention et pour l’usage des juifs vivant en Babylonie.

Mais ces psaumes sont fort dissemblables entre eux, aussi bien dans la forme que dans le fond. Ce livre comprend :

– le psautier des fils de Coré [9] (psaumes 41 à 48). Leur doctrine est riche, élevée, et a sa source dans un amour passionné pour la Ville sainte et pour son Temple, siège du Dieu unique.

– psaume 49 d’Asaph [10] qui est un poème national.

– second psautier davidique (psaumes 50 à 71, en notant que les psaumes 65, 66 et 70 sont anonymes). Ce n’est plus la même période de l’épopée davidique. C’est ici la prière d’un exilé, un appel au secours imprégné de confiance.

– psaume 71, attribué à Salomon.

 

c. Troisième livre (psaumes 72 à 88)

 

– psautier d’Asaph (psaumes 72 à 82) : c’est un ensemble de poèmes nationaux qu’anime une foi intense en la protection de Dieu sur son peuple. Ce psautier a été utilisé pendant l’exil à Babylone.

– psaumes 83 à 88 : psaumes isolés rajoutés après l’exil. Le psaume 85 est davidique, les psaumes 87 et 88 sont attribués respectivement à Héman et Ethan, chargés de la musique par David.

 

d. Quatrième livre (psaumes 89 à 105)

 

– psaumes isolés : le psaume 89 est attribué à Moïse ; les psaumes 90, 91, 93, 94, 103 semblent ante-exiliens ; le psaume 101 est exilien.

– psaumes royaux : exaltant la royauté de Yahweh sur les individus et sur les nations. Il s’agit du psaume 92 et des psaumes 95 à 99.

– psaumes 100 et 102 : davidiques.

– deux psaumes historiques : psaumes 104 et 105 relatant les bienfaits de Yahweh et les infidélités d’Israël.

 

e. Cinquième livre (psaumes 106 à 150)

 

– psaumes divers : psaume 106 (historique) ; psaumes 107 à 109 et 137 à 144 (psaumes davidiques : on y retrouve l’allure suppliante et reconnaissante, les aperçus théologiques et messianiques caractéristiques de ces psaumes) ; psaumes 110 et 111 (sapientiaux) ; psaumes 118 et 136 (triomphe de la loi et fin de l’exil ; le psaume 126 étant attribué cependant à Salomon).

– psaumes du Hallel (du premier nom hébreu par lequel ils commencent, halelu-Yah – louez Yahweh) :

• Hallel ordinaire (psaumes 112 à 117) : se chantait dans le Temple à chacune des trois grandes fêtes de l’année, puis à la dédicace [11], et aux néoménies [12] (sauf celle du nouvel-an). A la Cène pascale, on chantait les psaumes 112 et 113 pendant que circulait la deuxième coupe et qu’on préparait la pâte sans levain. On chantait les autres psaumes en prenant la quatrième coupe.

• Grand Hallel (psaumes 134 et 135) : contenant 35 invitations à la louange de Yahweh, ils se chantaient chaque sabbat à l’office du matin, puis à la fin du repas pascal (hymno dicto, disent les évangélistes [13] : il s’agit de ces deux psaumes).

• Petit Hallel (psaumes 145 à 150) : psaumes post-exiliens servant de prière du matin et appartenant à la liturgie de presque toutes les fêtes. Ils terminent magnifiquement le psautier.

– psaumes graduels ou des montées : comprennent quinze psaumes (les psaumes 119 à 133), post-exiliens pour la plupart, composés pour soutenir et exalter la foi des Israëlites pendant l’accomplissement de leurs pèlerinages jusqu’à Jérusalem. Ils expriment les divers sentiments dont doivent être animés les pèlerins et suggèrent les résolutions à prendre pour le progrès de leur vie religieuse.

 

Saint Grégoire de Nysse voit un ordre et une progression dans le classement des psaumes en cinq livres :

« Le premier livre des psaumes, dit-il, nous détourne du mensonge et de l’absurde pour nous apprendre à chercher Dieu. « Dans le deuxième livre, l’homme, qui a commencé à goûter la douceur de Dieu, désire sa présence et boit ardemment à la source divine. « Dans le troisième livre, l’homme, participant à Dieu, voit l’être profond des choses et s’élève au-dessus de tout le terrestre. « Au quatrième livre, l’homme devient médiateur et fait descendre la miséricorde de Dieu. « Au cinquième livre, parvenu au faîte de son ascension, l’homme contemple tout le plan du salut. « A la fin de chaque partie, l’Amen, Amen signifie une action de grâce perpétuelle. De livre en livre, l’âme parvient au bonheur suprême qui sera commun à tous : la célébration de la louange divine (psaume 150) [14]. »

Dans la perspective de Grégoire de Nysse, le premier psaume de chaque livre donne le ton général.

 

 

3. Le psautier dans la liturgie

 

a. Dans l’Ancien Testament

 

David eut une part très importante dans l’organisation du chant liturgique des psaumes.

« Sur les 38 000 lévites, il en désigna 4 000 pour les fonctions de chantres et de musiciens. Il leur donna un maître de chœur : d’abord Héman, puis, celui-ci étant devenu le théologien du roi, Asaph. De plus il les répartit en trois classes, selon leur appartenance aux trois grandes familles lévitiques d’Héman, d’Asaph et d’Idithun. A chacun des 24 fils de ceux-ci, est confiée la direction d’un groupe de douze grands chantres, lesquels se trouvent ainsi au nombre de 288. Les autres membres desdites familles constituent l’ensemble des chantres ordinaires ou élèves. « Avec ses quatorze fils, Héman assure les chants légers et le jeu des harpes. Idithun dirige les chants sonores et puissants, avec les six chœurs de ses fils, puis l’orchestre des cithares et des lyres. Quant à Asaph, il se charge, avec ses quatre fils et leurs chœurs, des chants graves et de la frappe des instruments percutants. De plus, à certaines fêtes, un groupe de cent vingt prêtres, chargé de la sonnerie des trompettes sacrées, se joint à l’imposante chorale des chantres et des musiciens [15]. »

Nous avons peu de détails sur l’emploi des psaumes dans les cérémonies religieuses d’Israël. Plusieurs textes bibliques supposent cependant que le psautier formait le fond et la partie essentielle de la prière publique [16].

On sait que, dans le Temple de Jérusalem, le chant d’un certain nombre de psaumes était assigné [17] aux trois moments de la journée réservés à la prière officielle, c’est-à-dire lors des sacrifices quotidiens du matin (entre le lever du soleil et la troisième heure), de « l’oblation » (au début de l’après-midi) et du soir (entre la neuvième heure et le coucher du soleil). Il est intéressant de voir déjà ici les psaumes entourer la liturgie du sacrifice.

 


b. Dans le Nouveau Testament

 

Le fait indubitable que les psaumes aient été souvent récités par Notre Seigneur donne à ce recueil une autorité et un intérêt tout particuliers, nous y reviendrons.

Dans sa vie mortelle, il dut souvent réciter les psaumes à la synagogue, au Temple, aux fêtes juives, aux pèlerinages à Jérusalem.

Il s’en servit également dans sa prédication.

• le « Bienheureux les doux, car ils posséderont la terre » (Mt 5/4) est l’abrégé du psaume 36 ;

• le verset 1 du psaume 109 : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : siège à ma droite jusqu’à ce que je réduise tes ennemis à te servir de marchepied » lui servit pour enseigner sa filiation divine (Mt 22/41-46) ;

• le verset 22 du psaume 117 : « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire » lui servit à expliquer l’aveuglement des juifs (Mt 21/42 et Mc 12/10) ;

• le verset 26 du psaume 117 : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » fut appliqué par Jésus à son entrée triomphale dans le Temple (Mt 23/39 et Lc 13/35).

A la dernière Cène, Notre-Seigneur chanta avec les apôtres les psaumes prescrits pendant le repas pascal. Et, sur la croix, il dit le premier verset du psaume 21 : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez-vous abandonné », ainsi que le verset 6 du psaume 30 : « Entre vos mains, Seigneur, je remets mon esprit. »

 

Le psautier peut donc vraiment être qualifié du nom de prière du Christ. Nous y reviendrons à propos de l’importance des psaumes sur le plan spirituel.

On comprend que l’Église ait toujours cherché à s’unir aux pensées et aux affections du Fils de Dieu en reprenant le psautier comme sa principale prière.

Dès le début, c’est aux trois moments quotidiens des sacrifices du Temple que les apôtres continuaient à se réunir pour prier : « Pierre et Jean montaient au Temple pour être à la prière de la neuvième heure » (Actes 3/1). Cela ouvrait la voie à l’institution future des temps de prière dits de laudes, de none (neuvième heure) et de vêpres. Mais l’extraordinaire dévotion des chrétiens pour le psautier, prière du Christ, multipliait les moments de récitation des psaumes. Saint Paul y exhortait d’ailleurs les chrétiens. Il écrit ainsi aux Colossiens (3/16) : « Instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, chantant dans vos cœurs avec reconnaissance les louanges du Seigneur. »

Avec le temps, vinrent progressivement s’installer, entre les trois temps de prière traditionnellement fixés, les vigiles (ou matines), prime (première heure), tierce (troisième heure), sexte et enfin les complies ; soit au total huit temps de prière quotidienne. Cette succession de prières n’avait d’autre but que d’entourer le nouveau sacrifice, la sainte messe ; à telle enseigne que longtemps les matines puis, quand la célébration fut retardée, les laudes, firent corps avec la messe, lui servant d’introduction ou d’avant-messe.

Dans la prière publique de l’Église, le psautier prenait une place bien plus importante que dans la liturgie juive. Citons le témoignage de saint Jean Chrysostome pour l’Orient : « Quand les fidèles font la vigile à l’église, David est au commencement, au milieu et à la fin. Si à l’aurore on veut chanter des hymnes, c’est encore David qui débute, continue et termine. Tout comme dans les cortèges funèbres et aux funérailles, David est le premier et le dernier [18]. » En Occident, saint Ambroise avait introduit l’usage de chanter les psaumes à deux chœurs [19]. Le succès fut immense : le saint compare les ondes chantantes de la psalmodie exécutée par les hommes, les femmes, les vierges et les enfants, et emplissant sa basilique de Milan, au « balancement majestueux des vagues de l’océan [20]. » C’est à la même époque que le pape saint Damase ordonna de chanter le Gloria Patri à la fin des psaumes [21].

Seulement, tandis qu’en Orient l’assignation des divers psaumes aux heures liturgiques paraît être demeurée assez souple, en Occident, dès le sixième siècle, saint Benoît répartit précisément les psaumes, de telle sorte que tout le psautier soit récité dans la semaine [22].

Dans la suite, la distribution des psaumes entre les différentes heures subit, à fin de simplification, des modifications, notamment lors des réformes de saint Pie V en 1568 et de saint Pie X en 1911.

Mais une rupture sans précédent devait se produire à l’issue du concile Vatican II. Le 1er novembre 1970, le pape Paul VI signait la constitution apostolique Laudis canticum promulguant l’Office divin réformé. On y lit notamment : « La liturgie des heures étant la sanctification de la journée, la structure de la prière a été rénovée de telle façon que les heures canoniales puissent plus facilement s’adapter aux différentes heures du jour, compte tenu des conditions de vie des hommes d’aujourd’hui. C’est pour cette raison qu’a été supprimée l’heure de prime. La première place a été donnée aux laudes du matin et aux vêpres qui sont au centre de tout l’office.  L’heure moyenne a été disposée de telle sorte que ceux qui choisissent une seule des heures de tierce, sexte et none puissent l’adapter au moment de la journée où ils la célèbrent. Le psautier a été réparti sur quatre semaines.  Dans cette nouvelle répartition du psautier, quelques psaumes et versets particulièrement durs ont été omis, eu égard aux difficultés qu’ils pourraient présenter, surtout dans la récitation en langue du peuple [23]. »

A propos de la traduction actuelle des psaumes en langue vulgaire dans la nouvelle liturgie, notons cette réflexion de l’écrivain Julien Green : « Tous les psaumes français sont difficiles à dire, leur froideur se communique. Où sont les cris, les larmes, les grands rugissements de l’hébreu [24] ? »

Le psautier serait-il devenu une nourriture trop riche pour nos modernes ?

 

 

4. Importance des psaumes

 

a. Sur le plan historique

 

Ils nous font connaître l’âme du peuple élu, ses relations avec Dieu, sa foi, son amour, sa tendre piété. Sans le psautier, nous n’aurions qu’une connaissance très imparfaite de la religion israélite.

 

b. Sur le plan théologique

 

Saint Thomas d’Aquin, dans l’introduction de son commentaire des psaumes, écrit : « Ce livre, à la différence des autres écrits bibliques, embrasse en son universalité la matière de toute la théologie [25]. » On y trouve en effet les trois grands thèmes de la théologie qui constituent d’ailleurs le plan de la Somme de saint Thomas : Dieu, l’homme, le Messie.

Dieu est le centre du psautier. De très nombreux psaumes le célèbrent, soit dans ses attributs, soit surtout dans sa Providence.

Le psautier contient également de nombreux enseignements sur l’homme, en particulier sa dépendance à l’égard de Dieu, la nécessité de recourir à Dieu dans les épreuves de toutes sortes, la nécessité de suivre la loi morale.

 

Mais le psautier contient surtout des prophéties relatives au Christ et à son Église. Notre Seigneur dit lui-même après sa résurrection : « Ce que vous voyez est l’accomplissement de ce que je vous avais dit lorsque j’étais encore avec vous, qu’il était nécessaire que tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes, fût accompli. » (Lc 24/44)

• Certains psaumes annoncent le Christ et son règne d’après leur sens direct, littéral, de sorte qu’ils ne sauraient souffrir d’autre application. Ainsi le psaume 2 (Quare fremuerunt gentes) ou le psaume 109 (Dixit Dominus Domino meo), psaumes du Christ-Roi.

• D’autres psaumes se rapportent directement à des faits ou des personnages de l’Ancien Testament qui, eux-mêmes, sont des figures ou types du Messie. Ainsi le psaume 8 (Domine Deus noster) s’applique directement à Adam, qui est lui-même la figure du Christ nouvel Adam.

• En revanche, il ne faut pas considérer comme messianiques au sens strict les psaumes que la liturgie applique à Notre-Seigneur dans un sens accommodatice [26]. Par là, l’Église ne veut pas déclarer que le Saint-Esprit a voulu ce sens en premier.

 

Signalons que les plus remarquables parmi les psaumes messianiques, soit au sens littéral, soit au sens typique, sont les psaumes 2, 16, 22, 45, 69, 72, 89, 110.

 

c. Sur le plan spirituel

 

Nous ne proposerons pas une classification des psaumes par thème. Une telle classification nous semble assez artificielle, plusieurs thèmes se trouvant mêlés dans la plupart des psaumes : louange, action de grâces, supplication, pénitence etc.

L’essentiel à retenir est ceci : les psaumes sont la prière du Christ lui-même. Toutes les justes aspirations, toutes les douleurs, toutes les espérances des hommes à travers les siècles, d’abord condensées dans le peuple juif, se sont engouffrées dans le cœur du Christ pour trouver à travers lui un passage vers Dieu. Chantés par le Christ, les psaumes se sont enrichis d’une plénitude de doctrine et d’une richesse de sentiments qui leur ont conféré une onction et une efficacité jusque-là insoupçonnées. Ce n’est que chantés par le Christ que les psaumes ont trouvé la plénitude de leur signification, plénitude cachée aux adeptes de la religion juive actuelle qui les chantent moins souvent que l’Église et sans les comprendre.

 

 


5. Singulière dévotion des chrétiens pour les psaumes

 

Ce que nous venons de dire sur l’importance des psaumes explique aisément la dévotion particulière de l’Église envers eux. Ainsi, saint Grégoire de Nysse (= vers 395) invite les petites gens à utiliser le psautier :

« il offre, écrit-il, un accès plus facile et plus agréable à la doctrine (…) des mystères divins comme à la science théologique. (…) De telle sorte que, non seulement les hommes cultivés et de sens rassis peuvent en lui, découvrir la doctrine, mais que les femmes s’y assimilent sans effort cette même doctrine, que les petits enfants s’y complaisent comme en leurs hochets, que les malades y trouvent leur réconfort et leur repos, que ceux qui sont dans la force de l’âge y puisent un enseignement à la mesure de leurs exigences. (…) C’est le livre de tous : chacun, quels que soient son état d’âme ou ses afflictions, a le sentiment que cette partie de l’Écriture lui a été personnellement adressée par Dieu. A telle enseigne que les voyageurs par voie de terre ou de mer, tout comme ceux qui exercent une profession sédentaire, bref tous les hommes, quel que soit leur genre de vie ou leur état de santé, estiment s’occasionner un irréparable dommage en cessant un instant de proférer le sublime enseignement du psautier. Car il s’en dégage une philosophie sereine et joyeuse, qui est de mise aussi bien dans les festins et les réjouissances nuptiales que dans les vigiles nocturnes des églises [27]. »

A Bethléem, du temps de saint Jérôme (= 419), on n’entendait que le chant des psaumes. Ainsi, sainte Paule et sa fille sainte Eustochium écrivent à leur amie sainte Marcelle, demeurée dans la Rome bruyante, pour la décider à les rejoindre :

« Ici, hormis les psaumes, ce n’est que silence. De quelque côté que tu te tournes, c’est le laboureur qui, tenant le mancheron, chante “Alleluia” ; tout en sueur, le moissonneur se distrait en psalmodiant ; le vigneron qui taille la vigne de son créateur chante quelque poème de David. Telles sont, en ce pays-ci, les cantilènes ; telles sont, comme on l’a dit, les chansons d’amour, tel le sifflotage des bergers [28]. »

Saint Ambroise (= 397) écrit qu’à l’église,

« alors qu’il est si difficile d’obtenir le silence pendant qu’on lit les leçons ou que l’orateur essaye de parler, dès qu’on lit le psautier, cela suffit à faire le silence : la psalmodie réunit les âmes divisées, réconcilie dans la discorde, apaise le ressentiment des offenses. (…) On éprouve autant de joie à le chanter qu’on gagne de science à l’apprendre [29]. »

Saint Augustin (= 430) avoue l’influence salutaire qu’eurent les psaumes sur son âme durant sa préparation au baptême :

« Que de pleurs m’ont fait répandre vos hymnes et vos cantiques ! Les accents suaves des chants de votre Église m’agitaient d’une vive émotion. Ils se glissaient dans mes oreilles et la vérité s’insinuait dans mon cœur. Une pieuse ferveur bouillonnait en moi, et je versais des larmes qui faisaient mon bonheur [30] ! »

Sidoine Apollinaire (Ve siècle) parle des haleurs de bateaux, des mariniers et des passagers qui, dans les Gaules, chantaient de concert les psaumes, tout en montant ou descendant le cours du Rhône.

En lisant la vie de saint Bernard [31], on apprend qu’au Moyen Age

« le premier degré de l’instruction se réduisait au déchiffrement du psautier. (…) Ce fut là l’occupation des premières années du fils de Tescelin : déchiffrer les psaumes, les réciter par cœur, les chanter. »

La dévotion franchira les siècles. Au temps de la Révolution, le psautier est le livre de chevet des bons chrétiens. Dans son livre Christianisme et Révolution, Jean de Viguerie note qu’à la fin du XVIIIe siècle, la dévotion « se nourrit de l’Écriture Sainte et, plus précisément, du Nouveau Testament et des psaumes. Beaucoup de fidèles ont pris l’habitude de réciter chaque jour des psaumes [32]. »

Concluons cette courte recension par ce jugement de saint Thomas d’Aquin sur le psautier : « La raison pour laquelle il est le livre biblique de beaucoup le plus utilisé dans l’Église, c’est qu’il contient en lui-même toute l’Écriture (…) Sa caractéristique est de redire sous forme de louange et de prière tout ce que les autres livres exposent selon les modes de la narration, de l’exhortation, de la discussion. » Quant à son but, «  c’est de faire prier, donc d’élever l’âme jusqu’à Dieu, par la contemplation de son infinie majesté, par la méditation de l’excellence de la béatitude éternelle, par la communion à la sainteté de Dieu et l’imitation effective de sa perfection [33]. » Saint Thomas a d’ailleurs commenté les 51 premiers psaumes [34].

 

 


6. Avis pour une utilisation fructueuse des psaumes

 

a. Avoir foi dans l’efficacité de cette prière

 

Les psaumes sont une prière qui a Dieu pour auteur, une prière qui a été utilisée par Notre Seigneur et qui a pour elle trente siècles de fruits. C’est la prière la plus efficace après la sainte Messe.

 

b. Étudier les psaumes

 

On ne profite vraiment des psaumes qu’au prix d’une étude sérieuse et d’une longue pratique. Saint Benoît n’exprimait rien d’autre lorsqu’il formulait ce principe essentiel qui conditionne toute bonne utilisation des psaumes : « Mens concordet voci [35]. » Pour lui, l’étude attentive des psaumes paraissait si nécessaire qu’il fit à ses moines une obligation de consacrer à la lectio divina et au « parachèvement de la connaissance du psautier » les heures non employées à l’office et au travail manuel [36].

De son côté, saint Bernard déclarait :

« De même que c’est la bouche qui savoure les mets, ainsi est-ce le cœur qui savoure les psaumes. Mais il faut que l’âme fidèle et prudente ait soin, par le travail de l’intelligence, de les broyer comme sous la dent ; de peur que, si elle les mange par morceaux entiers, elle ne se prive du plaisir qu’il y a à les goûter, plaisir si agréable qu’il surpasse en douceur le miel, oui, le rayon de miel le plus doux [37]. »

Comme il n’est pas facile à nos lecteurs de se procurer un commentaire assez complet du psautier, Le sel de la terre publiera de temps à autre des commentaires de psaumes [38].

 

c. Aimer et vivre les psaumes

 

Il ne faut pas, bien sûr, rester au niveau de l’étude intellectuelle des psaumes. Il faut les méditer, les « ruminer » comme disait saint Bernard [39], c’est-à-dire

• faire siens les sentiments du psalmiste, se les appliquer en vue d’un profit personnel : « Oui, s’écriait saint Augustin, qui que tu sois, pécheur qui hésites à faire pénitence, écoute David que Dieu t’envoie. Écoute ses cris, et crie avec lui (…), écoute-le pleurer et mêle tes larmes aux siennes (…) David n’a pas repoussé les paroles qui lui commandaient la pénitence ; il n’a pas dit : “Quoi ! tu oses parler à un roi !” Un très grand roi a écouté un prophète : que l’humble peuple chrétien écoute le Christ [40] ! »

• transposer les figures dans la réalité d’aujourd’hui : Notre Seigneur, l’Église, la Cité céleste.

• traiter le psautier en ami, à qui l’on se confie en toutes circonstances, auprès de qui on cherche recours, avis, consolation, lumière, force.

• prier les psaumes en Jésus-Christ, selon la belle prière que l’Église demande à ses prêtres et religieux de réciter avant de prier les psaumes :

« Domine, in unione illius divinæ intentionis, qua ipse in terris laudes Deo persolvisti, hanc tibi horam persolvo. » « Seigneur, je m’acquitte de cette heure liturgique en union avec l’intention divine qui était la vôtre lorsque vous chantiez la louange de Dieu sur cette terre. »

 

Il s’agit de continuer la prière du Christ, de faire prier le Christ en nous. « Le psautier, a écrit Mgr Gay, est par excellence le livre de la prière du Christ militant et patient. (…) Que ces saints cantiques aient été dits par lui (…) cela augmente aussi leur vertu. (…) Vous le savez, Jésus les a récités en son nom et au nôtre : beaucoup même ne pouvaient lui convenir qu’autant qu’il tenait notre place et s’appropriait nos états. Or, comme alors on eût pu dire que nous les récitions déjà en lui, maintenant il faut dire qu’il les récite en nous. C’est l’un des effets prodigieux de cette communion vivante où la grâce nous met avec lui. Devinez donc si, en entendant Jésus quand nous prions, le Père nous exauce [41] ! »

C’est comme un seul homme qui parle : le Christ-total, tête et membres. La disposition essentielle à apporter dans la récitation des psaumes est donc une conscience très vive et toujours en éveil de notre union au Christ-chef et par le Christ avec tous nos frères dont nous sommes constitués le porte-parole.

 

Il s’agit aussi de revivre dans les psaumes les mystères de la vie de Jésus comme avec le rosaire, qui est le psautier des pauvres avec ses 150 Ave Maria. Du rosaire, le père Vayssière O.P. a pu écrire : « Le rosaire, c’est la communion de tout le long du jour, et la communion du soir qui traduit en lumière et en résolution féconde la communion du matin. Ce n’est pas seulement une série d’Ave Maria pieusement récités, c’est Jésus revivant dans l’âme par l’action maternelle de Marie [42]. » Des psaumes qui sont destinés à entourer le sacrifice eucharistique, on dira à plus forte raison qu’ils sont le prolongement de la communion de chaque jour. La communion nous transforme en Jésus-Christ. Réciter, chanter ces psaumes qui ont été récités et chantés par le Christ sur cette terre, n’est-ce pas une manière admirable de prolonger nos communions, de revivre par eux la vie de Jésus lui-même ?

 

Concluons par cette hymne des matines du bréviaire dominicain pour les jours de férie :

 

Nocte surgentes vigilemus omnes,

Semper in psalmis meditemur, atque

Viribus totis Domino canamus

Dulciter hymnos.

 

Levés de nuit, veillons ensemble,

Pour toujours méditer les psaumes

Et au Seigneur, de tout notre cœur,

Chanter des hymnes avec douceur.

 

Ut pio Regi pariter canentes

Cum suis sanctis mereamur aulam

Ingredi cæli, simul et beatam

Ducere vitam.

 

Chantons aussi le Roi si tendre,

Pour mériter avec les saints

De gagner la cour du ciel

Et d’y mener la vie heureuse.

 

Præstet hoc nobis Deitas beata

Patris ac Nati, pariterque Sancti

Spiritus, cujus reboat in omni

Gloria mundo.

 

Amen.

Bienheureuse divinité,

Père, Fils et Saint-Esprit,

Dont la gloire partout éclate,

Accordez-nous cette faveur.

 

Amen.

 

 

 

Annexe 1 : simples conseils pour réciter le bréviaire en union avec les mystères de la vie du christ.

 

1. Matines et laudes

Il s’agit dans ces offices de rendre grâces par nos louanges et nos prières à celui qui est né de la Vierge pendant la nuit. Matines peut être récité en esprit de réparation, laudes en action de grâces.

 

2. Prime

Cet office rappelle l’heure où le divin Maître a comparu devant le juge afin de souffrir pour nous.

C’est aussi à la pointe du jour que le Sauveur est ressuscité.

Prime est l’heure de l’offrande de la journée.

 

3. Tierce

C’est à la troisième heure que le Christ a été flagellé. A cette heure, on demande la pureté.

C’est à l’heure de tierce, aussi, qu’il envoya le Saint-Esprit à ses apôtres rassemblés au cénacle avec la Vierge Marie. C’est l’heure où il faut aussi demander la charité.

 

4. Sexte

C’est à la sixième heure que le divin Maître a été crucifié. A cette heure, il convient de renouveler l’offrande de nous-mêmes à la volonté de Dieu.

 

5. None

A cette heure, le Sauveur est mort pour nous. C’est l’heure où il faut demander la persévérance.

 

6. Vêpres

Cet office rappelle l’heure où, étant à table, le Sauveur nous a donné le sacrement de son corps et de son sang.

A vêpres, on demande la grâce de la contemplation.

 

7. Complies

C’est à l’heure de complies que le Sauveur a voulu être enseveli. On fait ici l’offrande de la journée passée, on demande la contrition et l’espérance.

 

 

Annexe 2 : la suppression des imprécations dans le nouveau psautier.

 

Ces imprécations sont les malédictions rencontrées dans les psaumes à l’égard des ennemis. Ainsi le verset 7 du psaume 53 : « Faites retomber les maux sur mes ennemis et exterminez-les par fidélité à vos promesses [43] ».

Cette suppression des imprécations dans les psaumes a été annoncée par la constitution apostolique Laudis canticum du pape Paul VI, le 1er novembre 1970 : « Dans cette nouvelle répartition du psautier, quelques psaumes et versets particulièrement durs ont été omis, eu égard aux difficultés qu’ils pourraient présenter, surtout dans la récitation en langue du peuple [44]. »

La Revue thomiste de janvier-mars 1991 fait le point sur ces omissions et qualifie de « regrettable » cette suppression des imprécations, en particulier parce que « le Prayer Book de l’église anglicane a fourni un modèle pour ces omissions, comme nous l’a confirmé Mgr A.G. Martimort [45]. »

 

• Trois psaumes ont été entièrement omis : les psaumes 57, 82 et 108.

• Des versets ont été supprimés dans les psaumes suivants : ps. 5/11 ; ps. 20/9-13 ; ps. 27/4-5 ; ps. 30/18-19 ; ps. 34/3ab, 4‑8, 20-21, 24-26 ; ps. 39/15-16 ; ps. 53/7 ; ps. 54/16 ; ps. 55/7c-8 ; ps. 58/6-9, 12-16 ; ps. 62/10-12 ; ps. 68/23-29 ; ps. 78/6-7, 12 ; ps. 109/6 ; ps. 136/7-9 ; ps. 138/19-22 ; ps. 139/10-12 ; ps. 140/10 ; ps. 142/12.

 

Plutôt que de tronquer ainsi les psaumes, n’aurait-il pas été mieux d’expliquer avec saint Thomas le sens de ces malédictions ?

« Dans les pécheurs, on peut considérer deux choses : la nature et la faute. Par leur nature qu’ils tiennent de Dieu, ils sont capables de la béatitude, sur la communication de laquelle est fondée la charité ; et, par le fait même, il faut les aimer de charité quant à leur nature. Mais leur faute les dresse contre Dieu et les empêche de recevoir la béatitude. Aussi, à cause du péché, qui les rend ennemis de Dieu, faut-il les haïr, quels qu’ils soient, père, mère ou proches, comme le dit saint Luc (14/26). Car nous devons haïr, dans les pécheurs, ce qui les rend pécheurs, et nous devons les aimer en tant qu’hommes et capables de la béatitude. C’est là véritablement les aimer par charité et à cause de Dieu. Le Prophète (David) avait en haine les pécheurs, en tant que pécheurs, c’est-à-dire qu’il détestait leur iniquité, le mal qui était en eux. C’est la haine parfaite dont il parle. Or détester le mal d’un être et aimer son bien ne sont qu’une même chose. Cette haine parfaite relève donc de la charité [46]. »





[1] — Voir notre annexe 2 en fin d’article.

[2] — Cf. Louis Jacquet, Les psaumes et le cœur de l’homme, Ed. Duculot, I, 1975, p. 69. Cet ouvrage en trois tomes est une synthèse des commentaires et études faits sur les psaumes depuis vingt siècles. L’auteur aurait cependant pu éviter de citer certaines sources contestables.

[3] — Denzinger Schönmetzer, Enchiridion Symbolorum definitionum et declarationum de rebus fidei et morum, editio XXXVI, Herder, Rome, 1976, nº 1501.

[4] — Vers le troisième siècle avant Jésus-Christ.

[5] — Sage réserve dont les liturgistes modernes feraient bien de s’inspirer.

[6] — Cf. Louis Jacquet, Les psaumes et le cœur de l’homme, Ed. Duculot, I, 1975, pp. 73 à 78.

[7] — Cf. Vigouroux, Dictionnaire de la Bible, Letouzey et Ané, Paris, 1922, col. 809.

[8] — L. Cl. Fillion, La Sainte Bible, Letouzey et Ané, Paris, 1927, IV, p. 9.

[9] — Descendants du lévite châtié par Moïse (Nb 16).

[10] — Maître de chœur.

[11] — Fête instituée par Judas Macchabée en l’an 164 avant Jésus-Christ pour célébrer le souvenir de la purification solennelle du Temple après la profanation sacrilège d’Antiochus IV Epiphane (1 M 1/23, 39, 49-50, 4/59, 2 M 10/1-8). La fête de la dédicace était une des plus grandes fêtes de l’année, s’étendant sur huit jours. Elle avait lieu dans la seconde moitié du mois de décembre.

[12] — La néoménie était le premier jour du mois lunaire, jour chômé où l’on offrait des sacrifices (Nb 28/11-15).

[13] — Mt 26/30 et Mc 14/26.

[14] — Cité dans La Tradition médite le psautier chrétien, éd. Téqui, Saint-Cénéré, 1973, I, p. 24.

[15] — Louis Jacquet, Les psaumes et le cœur de l’homme, Ed. Duculot, I, 1975, pp. 85 et 86.

[16] — I Par. 16 ; Is. 38/20 ; Jer 38/11 etc. Cf. L. Cl. Fillion, La Sainte Bible, Letouzey et Ané, Paris, 1927, IV, p. 12.

[17] — Ceci est signalé, entre autres, par Eusèbe de Césarée, Patrologie grecque 23, col. 647, 1130, 1171. Cf. Louis Jacquet, Les psaumes et le cœur de l’homme, Ed. Duculot, I, 1975, p. 192.

[18] — Saint Jean Chrysostome, Homelia VI de pænitentia, cité in Louis Jacquet, op. cit., p. 194.

[19] — Auparavant, les psaumes étaient chantés en entier par un soliste. Quelques chantres, ou le peuple tout entier, répétaient à l’unisson, après chaque verset, un verset déterminé qui servait de refrain. On peut se reporter au livre de F. Van der Meer, Saint Augustin pasteur d’âmes, Alsatia, Paris, 1959, II, p. 84.

[20] — Saint Ambroise, Hexameron, III, 5, cité in Louis Jacquet, op. cit., p. 194.

[21] — Le fait est signalé dans le bréviaire au 11 décembre, dans la leçon des matines consacrée à la vie du pape saint Damase.

[22] — On peut se rapporter aux chapitres 8 à 20 de la Règle de saint Benoît.

[23] — La Documentation catholique, année 1971, nº 1590, col. 662 et 663. Nous reviendrons sur ces suppressions dans notre annexe 2.

[24] — Bulletin Una voce nº 152, mai-juin 1990.

[25] — Saint Thomas d’Aquin, In psalmos Davidis expositio, ed. Vivès, Paris, 1876, p. 228.

[26] — Adaptation du sens réel d’un passage biblique à une situation qui lui est en soi étrangère. Ainsi le verset 36 du psaume 67 : Mirabilis Deus in sanctis suis, qui d’après l’hébreu signifie : Dieu est redoutable dans son sanctuaire, se prête à de belles adaptations sur l’inhabitation de Dieu dans l’âme de ses saints.

[27] — Patrologie grecque 44, col. 437, 440, cité in Louis Jacquet, op. cit., p. 172.

[28] — Patrologie latine 22, col. 491, cité in Louis Jacquet, op. cit., p. 172.

[29] — Saint Ambroise, In Psalm. 1, cité in Vigouroux, Dictionnaire de la Bible, art. « Psaumes », col. 834.

[30] — Saint Augustin, Confessions, IX, 6.

[31] — Bernard de Clairvaux, Commission d’histoire de l’Ordre de Cîteaux, Alsatia, Paris, 1953, p. 20.

[32] — Jean de Viguerie, Christianisme et Révolution, Nouvelles éditions latines, Paris, 1986, p. 15.

[33] — Saint Thomas d’Aquin, In psalmos Davidis expositio, ed. Vivès, Paris, 1876, pp. 228-229.

[34] — Ils ont été édités en latin par Vivès, Paris, 1876. C’est le tome 18 des Opera omnia Il n’existe pas de traduction française de ce commentaire.

[35] — « Que l’esprit soit en harmonie avec la voix (qui chante) ». Règle de saint Benoît, chapitre 19.

[36] — Règle, chapitres 8 et 48.

[37] — Saint Bernard, Septième sermon sur le Cantique, cité in Louis Jacquet, op. cit., p. 183.

[38] — Si nos lecteurs arrivent à se le procurer, nous signalons l’excellent ouvrage de Dom Pierre de Puniet : Le psautier liturgique à la lumière de la Tradition  chrétienne, DDB, 1935. C’est un commentaire très riche du psautier, à partir du texte latin, et utilisant les précisions données par le texte hébreu.

[39] — Saint Bernard, Deuxième sermon pour la fête des SS. Pierre et Paul.

[40] —Patrologie latine 36, col. 588.

[41] — Mgr Gay, De la vie et des vertus chrétiennes, Mame, Tours, 1919, I, p. 533.

[42] — Marcelle Dalloni, Le père Vayssière, Alsatia, Paris, 1957, pp. 165-166.

[43] — Il s’agit ici des assurances que le Seigneur avait données à David de le protéger toujours.

[44] — La Documentation catholique, année 1971, nº 1590, col. 663.

[45] — Revue thomiste, janvier-mars 1991, p. 68 note 1 et p. 94. Malheureusement, cette revue n’est pas ouvertement et franchement fidèle à la Tradition et ne fait jamais la critique des erreurs du concile Vatican II.

[46] — Traité de la charité, S. Th., II-II, q. 25, a. 6, corps de l’article et réponse à la première objection.

Informations

L'auteur

Religieux dominicain du couvent de la Haye-aux-Bonshommes (Avrillé).

Le numéro

Le Sel de la terre n° 5

p. 8-24

Les thèmes
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Prier avec les Psaumes : Études et Méditations Bibliques

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