Le triomphe de la résurrection
par Dominicus
Après avoir commenté l’Évangile de saint Matthieu sur la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ (Le Sel de la terre 71, p. 4-2 ; 73, p. 8-21 ; 74, p. 8-30 et 75 p. 8-30), il nous reste à traiter de la résurrection.
Ce commentaire est fait principalement d’après ceux de saint Thomas d’Aquin et des Pères de l’Église. Le texte français de l’Évangile est celui de Crampon (quelquefois corrigé pour se rapprocher de la Vulgate).
Le Sel de la terre.
Le témoignage de saint Mathieu sur la résurrection est de première importance, car c’est un Apôtre et un témoin direct des événements. Son récit, selon sa manière habituelle, est très sobre : il ne donne que la substance des faits.
Les Apôtres ont appris la résurrection d’abord par les récits des femmes et des gardes, puis ils ont vu le Christ ressuscité. D’où le plan de cette section, sous la forme d’un tryptique :
— La résurrection annoncée par les femmes ;
o L’apparition de l’ange aux femmes ;
o L’apparition du Christ aux femmes.
— Le témoignage des gardes.
— L’apparition du Christ aux Apôtres.
La résurrection annoncée par les femmes
L’apparition de l’ange aux femmes
28, 1 Après le sabbat, à l'aube du premier jour de la semaine, Marie la Magdaléenne et l'autre Marie allèrent voir le tombeau. 2 Et voilà qu'il se fit un grand tremblement de terre, car un ange du Seigneur, étant descendu du ciel, s'approcha, roula la pierre et s'assit dessus. 3 Son aspect était (brillant) comme l'éclair, et son vêtement blanc comme la neige. 4 Dans l'effroi qu'ils en eurent, les gardes tremblèrent et devinrent comme morts. 5 Et prenant la parole, l'ange dit aux femmes : « Vous, ne craignez pas ; car je sais que vous cherchez Jésus le crucifié. 6 Il n'est point ici, car il est ressuscité comme il l'avait dit. Venez et voyez la place où il était ; 7 et hâtez-vous d'aller dire à ses disciples : Il est ressuscité des morts, et voici qu'il vous précède en Galilée ; c'est là que vous le verrez. Je vous ai dit. »
v. 1 Voici comment saint Bède le Vénérable combine les récits de saint Luc et de saint Marc avec celui de saint Matthieu :
Lorsque le Seigneur fut enseveli le sixième jour, les saintes femmes quittèrent le tombeau et préparèrent les parfums et les aromates, alors qu’il leur était permis de le faire ; cependant, elles suspendirent leur travail le jour du sabbat pour obéir aux prescriptions de la loi, comme saint Luc le dit en propres termes. Mais lorsque le jour du sabbat fut passé, et que le retour de la nuit leur permit de reprendre leur travail, promptes à la dévotion, elles se hâtèrent d’acheter les parfums qu’elles n’avaient pas eu le temps de préparer entièrement, comme le rapporte saint Marc, pour venir embaumer Jésus, et c’est de grand matin qu’elles arrivent au tombeau [1].
La résurrection a lieu à l’aube du premier jour, dans lequel Dieu a créé la lumière : avec le premier Adam, nous étions passés du jour (de la grâce) à la nuit (du péché), ici nous passons de la nuit au jour : « Autrefois vous étiez ténèbres, mais à présent vous êtes lumière dans le Seigneur, marchez comme des enfants de lumière » (Ep 5, 8).
La femme fut la première à pécher, c’est elle qui verra la première la vie. Les deux femmes qui sont ici nommées s’appellent toutes deux Marie, signe discret que la sainte Vierge fut, elle aussi, et la première, gratifiée de la vision de son Fils ressuscité, sorti du sépulcre sans en briser le sceau, comme il était sorti de son sein sans atteinte à sa virginité.
Marie est le nom de la mère de Jésus-Christ, ce même nom est porté simultanément par deux femmes comme figure de l’unité de l’Église qui est composée de deux peuples, c’est-à-dire des Gentils et des Juifs. Or, Marie vint au sépulcre comme au sein qui devait enfanter la résurrection, d’où Jésus-Christ devait naître de nouveau à la foi, comme il était né du sein de sa mère à cette vie mortelle ; de manière que le sépulcre fermé rendît à la vie éternelle celui que le chaste sein d’une vierge avait enfanté à la vie présente. C’est une preuve éclatante de sa divinité d’avoir laissé intact et ferme le sein de la Vierge qui luiavait donné le jour, comme aussi d’être sorti avec son corps de ce tombeau qu’il laisse également fermé [2].
Les Pères de l’Église ont insisté sur le parallèle entre la sortie du tombeau et la naissance miraculeuse de l’Enfant-Jésus :
« Il s’approcha et renversa la pierre », non pas pour ouvrir un passage par où le Seigneur put sortir du tombeau, mais prouver, au contraire, qu’il en était déjà sorti ; car celui qui a pu venir au monde sans ouvrir par sa naissance le sein d’une vierge, a bien pu, en ressuscitant à une vie immortelle, sortir du monde en laissant fermé le tombeau qu’il quittait [3]. Il roula la pierre et s’assit dessus pour montrer que le Sauveur était déjà sorti, la porte du tombeau étant fermée et le sceau du grand prêtre étant intact, lui qui était entré dans le monde sans ouvrir le sein de la Vierge, en laissant intact le sceau de la virginité [4].
v. 2 En parlant du sépulcre, on a fait mention de l’humanité de Notre-Seigneur. Avec le tremblement de terre, apparaît sa divinité.
Notre-Seigneur, tout à la fois Fils de Dieu et Fils de l’homme, selon sa double nature divine et humaine, donne tour à tour des signes, tantôt de sa grandeur, tantôt de son humilité ; ainsi dans cet endroit, quoique celui qui a été crucifié et qui a été enseveli soit homme, cependant tous ces prodiges qui éclatent au dehors, proclament qu’il est en même temps Fils de Dieu [5].
Il y eut un tremblement de terre lors de la passion, symbole du mouvement du cœur libéré du péché par la mort du Christ. Ce deuxième tremblement de terre signifie le passage de notre condition mortelle à la gloire. Il y aura un troisième tremblement de terre lorsque Jésus viendra juger les vivants et les morts : « La terre a tremblé et s'est tue, lorsque Dieu s'est levé pour faire justice » (Ps 75, 9-10).
Par la résurrection, la terre est réconciliée avec le ciel, il convient donc qu’un ange vienne l’annoncer. Il roule la pierre du tombeau pour manifester qu’il est vide (Notre-Seigneur est déjà ressuscité).
L’ange s’assied, dans la position du docteur, pour annoncer la résurrection. Cette attitude signifie aussi le repos qui suit la résurrection : « Le Christ, ressuscité des morts, ne meurt plus : la mort n’aura plus de prise sur lui » (Rm 6, 9). De même, s’asseoir est le propre de celui qui domine : « Le Seigneur dit à mon Seigneur : ”Siège à ma droite.” » (Ps 109, 1).
L’ange qui est venu annoncer au monde l’avènement du Seigneur se tint debout avec raison, déclarant par cette attitude que le Seigneur venait pour combattre le prince de ce monde, tandis que le héraut de la résurrection nous est représenté assis, pour marquer que le Sauveur était monté sur le trône de son règne éternel après avoir triomphé de l’auteur de la mort. Il était assis sur la pierre renversée, qui fermait précédemment l’entrée du sépulcre, pour nous apprendre qu’il avait fait tomber par sa puissance les portes de l’enfer [6]. Cette pierre du tombeau peut être considérée comme une figure de la mort qui pesait sur tous les hommes ; et l’ange assis sur la pierre nous représente Jésus-Christ qui a triomphé de la mort par sa puissance [7].
Une autre interprétation spirituelle de la pierre nous est donnée par Rémi d’Auxerre O.S.B. (vers 850-908) :
Cette pierre renversée signifie que les mystères de Jésus-Christ qui étaient couverts par la lettre de la loi, sont maintenant dévoilés ; car la loi a été écrite sur la pierre, et cette pierre en est la figure [8].
v. 3 Saint Matthieu, d’habitude peu attentif aux apparences secondaires, est frappé par l’aspect de l’ange.
La clarté de l’éclair signifie la puissance intellectuelle de l’ange. Son vêtement blanc symbolise la candeur des justes et la gloire de la résurrection : « Le vainqueur sera revêtu de vêtements blancs » (Ap 3, 5).
Autre sens : la foudre produit le tremblement et la crainte ; la neige frappe par sa blancheur :
Or, comme le Dieu tout-puissant est à la fois terrible pour les pécheurs, et plein de douceur pour les justes, l’ange, témoin de sa résurrection, doit apparaître avec un visage éclatant et des vêtements blancs comme la neige, afin que son aspect épouvante à la fois les méchants et calme les craintes des âmes pieuses [9].
v. 4 Les gardes tremblent : c’est le même mot qui est utilisé pour le tremblement de terre.
Ils n’avaient pas bonne conscience, et « la malice est toujours craintive » dit l’Écriture (Sg 17,10).
« Et ils devinrent comme morts », eux qui voulaient retenir le Christ dans la mort autant qu’ils le pouvaient.
v. 5-7 « Vous, ne craignez pas » : l’homme est toujours troublé quand il reçoit la visite d’un esprit d’une nature supérieure à la sienne. Toutefois, quand il s’agit d’un bon ange, la consolation suit le trouble, comme le remarque saint Antoine.
Ces saintes femmes, à la différence des gardes, aimaient le Christ : elles n’ont donc rien à craindre. « Vous n'avez point reçu un Esprit de servitude, pour être encore dans la crainte, mais vous avez reçu un Esprit d'adoption » (Rm 8, 15).
« Je sais que vous cherchez Jésus le crucifié » : l’ange les félicite de leur zèle à chercher le Christ.
Remarquons que la restauration de la nature humaine se fait par un dialogue entre un ange et des femmes, comme ce fut le cas dans la chute (on peut faire la même remarque à propos de l’annonciation).
Du moment que Jésus-Christ ressuscite, et que la mort est détruite, le commerce se rétablit entre le ciel et la terre, et la femme qui avait reçu autrefois du démon un conseil de mort, entend sortir de la bouche d’un ange des paroles de vie [10]. [L’ange envoie les femmes annoncer la résurrection :] c’est comme s’il disait : Femme qui est maintenant guérie, reviens trouver cet homme, et persuade-lui la foi, toi qui lui a persuadé autrefois l’incrédulité ; porte à l’homme la preuve de la résurrection, toi qui lui as donné autrefois le conseil qui l’a perdu [11].
Notre-Seigneur donne rendez-vous aux disciples en Galilée, pays plus tranquille que Jérusalem. Au sens spirituel, par ce mot qui signifie « passage », Jésus annonce que l’Évangile va passer des Juifs aux Gentils, Jésus précédant les Apôtres.
Chaque fidèle doit être attentif à rechercher dans quel dessein mystérieux le Seigneur commande, et par l’ange et par lui-même, à ses disciples, d’aller pour le voir, non pas dans l’endroit où il devait d’abord se manifester, mais dans la Galilée, où il a été vu plus tard. Le mot Galilée signifie à la fois transmigration et révélation ; or, que nous donne à comprendre la première signification, si ce n’est que la grâce de Jésus-Christ devait passer du peuple d’Israël aux Gentils, auxquels les Apôtres n’auraient jamais confié le dépôt de la prédication évangélique, si le Seigneur lui-même ne leur avait préparé la voie dans le cœur des hommes ? C’est ce que veulent dire ces paroles : « Il vous précédera en Galilée. » Celles qui suivent : « c’est là que vous le verrez », signifient : c’est là que vous trouverez ses membres ; c’est là que vous reconnaîtrez son corps vivant dans la personne de ceux qui vous recevront. Si l’on donne au mot Galilée le sens de révélation, ce mot signifiera qu’il faut comprendre Jésus-Christ, non plus dans la forme de serviteur, mais dans cette nature qui le rend l’égal de son Père. Cette révélation, comme une véritable Galilée, aura lieu « lorsque nous lui serons semblables, et que nous le verrons tel qu’il est. » Ce sera là aussi la plus heureuse transmigration, celle de cette vie à l’éternité [12].
L’apparition du Christ aux femmes
8 Elles sortirent vite du sépulcre avec crainte et grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. 9 Et voilà que Jésus se présenta devant elles et leur dit : « Salut ! » Elles s'approchèrent, saisirent ses pieds et se prosternèrent devant lui. 10 Alors Jésus leur dit : « Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu'ils ont à partir pour la Galilée : c'est là qu'ils me verront. »
v. 8 Au sens spirituel, le tombeau (lieu des morts) signifie l’état de péché : « Blessés, ils dormaient dans les tombeaux » (Ps 87, 6). De sorte que quitter le tombeau, c’est sortir du péché : « C'est pourquoi, sortez du milieu d'eux et séparez-vous, dit le Seigneur ; ne touchez pas à ce qui est impur, et moi je vous accueillerai » (2 Co 6, 17). L’évangéliste dit : aussitôt, car il faut vite sortir du péché : « Ne tarde pas à te convertir au Seigneur, et ne reporte pas de jour en jour » (Si 5, 8).
Les femmes éprouvent un double sentiment : la crainte, à cause de la vision de l’ange ; la joie, à cause de la résurrection. La crainte vient de la fragilité humaine, la joie, de la vision divine. Le pécheur doit ainsi craindre : « Ne sois pas sans craindre à la suite du péché pardonné » (Si 5, 5). Mais il doit aussi se réjouir de l’espérance de la résurrection : « Servez le Seigneur dans la crainte, et exultez en tremblant » (Ps 2, 11).
« Elles coururent » : une fois converti, le pécheur devenu « progressant » doit courir dans les voies du Seigneur : « Courez donc afin d’obtenir la couronne » (1 Co 9, 24) ; « Hâtons-nous d’entrer dans ce repos » (He 4, 11).
« […] porter la nouvelle à ses disciples » : enfin, il doit chercher à communiquer la grâce qu’il a reçue aux autres, comme le firent les saintes femmes : « Que chacun communique aux autres la grâce qu’il a reçue » (1 P 4, 10).
v. 9 « Et voilà que Jésus se présenta devant elles » : souvent le Seigneur arrive ainsi à l’improviste dans notre vie pour nous communiquer sa grâce.
Notre-Seigneur les salue en leur disant, selon le texte grec de l’Évangile : « Réjouissez-vous ! » La progression spirituelle s’accompagne toujours de la joie intérieure.
Cette bénédiction de Notre-Seigneur s’oppose à la malédiction d’Ève au paradis terrestre.
Les saintes femmes s’approchèrent et étreignirent ses pieds en se prosternant devant lui. Faisons alors comme elles : approchons-nous de lui par la foi (« approchez-vous de lui, et vous serez illuminés » Ps 33, 6), adhérons fortement à lui en recevant sa doctrine (« ceux qui s’approchent de ses pieds recevront son enseignement » Dt 33, 3) et adorons-le.
Il est ressuscité et est sorti du tombeau, dont la porte était fermée, pour nous apprendre que ce même corps, qui avait été enfermé après sa mort dans un tombeau, était revêtu d’immortalité. Il présente maintenant ses pieds aux pieux embrassements des saintes femmes, pour leur prouver qu’il a une véritable chair, qui peut être touchée par les hommes [13].
v. 10 Alors Jésus dit : « Ne craignez pas. » Elles représentent ceux qui sont assignés à la fonction de prêcher, et qui ne doivent pas craindre. Par son salut « Avete, Réjouissez-vous ! », Jésus avait augmenté en elles la charité qui chasse la crainte.
Jésus parle de « ses frères » pour bien montrer que, malgré son passage à l’état glorieux, il garde bien la même nature humaine.
Il veut aussi nous signifier que nous lui ressemblons par la grâce, et qu’ainsi nous aurons part à l’héritage qu’il vient de recevoir : « Il est le premier-né d’un grand nombre de frères » (Rm 8, 29) ; frères, et donc cohéritiers : « Héritiers de Dieu et cohéritiers du Christ » (Rm 8, 17).
Il appelle ses frères ceux qu’il s’est unis par les liens du corps qu’il a pris ; il appelle ses frères ceux que, dans sa bonté, il a faits ses cohéritiers, lui l’héritier de Dieu ; il appelle ses frères ceux qu’il a adoptés pour les enfants de son Père [14].
Le témoignage des gardes
11 Pendant qu'elles étaient en chemin, voilà que quelques-uns des gardes vinrent dans la ville et annoncèrent aux grands-prêtres tout ce qui était arrivé. 12 Après s'être assemblés avec les anciens et avoir pris une délibération, ils donnèrent une grosse somme d'argent aux soldats, 13 en leur disant : Dites : Ses disciples sont venus de nuit et l'ont dérobé pendant que nous dormions. 14 Que si cela arrive aux oreilles du gouverneur, nous l'apaiserons et nous ferons que vous n'ayez pas d'ennuis. » 15 Eux prirent l'argent et firent selon la leçon reçue. Et ce bruit s'est répandu parmi les Juifs jusqu'aujourd'hui.
v. 11-15 Saint Matthieu ajoute un deuxième témoignage, plus fort encore que celui des femmes, car il ne provient pas des amis de Jésus, mais des gardes qui sont forcés par l’évidence des signes et par la peur :
Parmi les prodiges qui entourèrent la mort et la résurrection de Jésus-Christ, les uns, comme les ténèbres, furent communs à tout l’univers, les autres furent particuliers aux soldats qui gardaient le tombeau, comme l’apparition miraculeuse de l’ange et le tremblement de terre que Dieu permit pour les remplir d’effroi et les forcer de rendre témoignage à la vérité. Car la vérité brille d’un plus vif éclat lorsqu’elle est répandue par ses propres adversaires, et c’est ce qui est arrivé ici [15].
Terrorisés, les gardes n’avaient pas bougé pendant la visite des femmes et ils n’avaient pas osé les molester.
Ils apportent maintenant leur témoignage : même les Gentils devaient annoncer la résurrection.
Ils vont voir les grands-prêtres, car ce sont eux qui les avaient payés. Ceux-ci vont maintenant les soudoyer.
Eux qui auraient dû se convertir et chercher Jésus ressuscité, persévèrent dans leur malice et se servent de l’argent qui devait être consacré à l’usage du temple pour acheter un mensonge, de même qu’ils ont donné précédemment trente pièces d’argent au traître Judas [16]. Voyez comme la corruption est générale : Pilate s’est laissé gagner, le peuple juif soulever et les soldats corrompre. Puisque l’argent a eu une telle force sur l’esprit d’un disciple que de lui faire trahir son divin Maître, ne soyez pas surpris de voir des soldats gagnés eux-mêmes à prix d’argent [17].
Ces prêtres agissent par malice : ils délibèrent (tel est le conseil des impies, dont parle le psaume 1 : « bienheureux l’homme qui ne s’est pas joint au conseil des impies ») ; ils agissent par fraude en offrant de l’argent (« l’argent fait obéir tout le monde » Eccl 10, 19) ; ils persuadent de mentir (« ils ont enseigné à leur langue à mentir » Jr 9, 5 ; « l’iniquité se ment à elle-même » Ps 26, 12) ; enfin, ils promettent l’impunité.
Ce n’est pas assez pour eux d’avoir mis le Maître à mort, ils cherchent encore les moyens de perdre les disciples, et veulent leur faire un crime de la puissance de leur maître [18]. De même que le crime du sang répandu, qu’ils ont appelé sur eux et sur leurs enfants, les accable du poids énorme de leurs péchés, ainsi ce mensonge qu’ils achètent, et qui a pour but de nier la vérité de la résurrection, les tient enchaînés dans les liens d’un crime qui dure à jamais, eux qui rejettent le Christ et attendent l’Antéchrist, en sorte que ceux qui ont vendu à vil prix la vérité, reçoivent sur leur tête le comble de l’erreur [19].
Ce mensonge des Juifs, encore aujourd’hui répandu, est invraisemblable.
Saint Jérôme remarque que les Apôtres avaient peur ; de plus, ils n’auraient pas laissé les linges dont le corps de Jésus était entouré.
Saint Augustin argumente ainsi : « Ou bien ils sont venus alors que vous étiez de garde, ou alors que vous dormiez. Si vous étiez de garde, pourquoi ne les avez-vous pas repoussés ? Si vous dormiez, comment les avez-vous vus ? »
Quant à saint Jean Chrysostome, il accumule les raisons :
Comment des hommes pauvres, sans esprit et qui n’osaient se montrer, auraient-ils osé enlever le corps de leur maître ? Si, lorsqu’ils vivaient encore, ils se sont tous enfuis, comment, après sa mort, n’auraient-ils pas craint cette multitude de gens armés ? Et encore, est-ce qu’ils pouvaient renverser la pierre du sépulcre qui ne pouvait être soulevée que par plusieurs bras ? Est-ce que le sceau public n’y avait pas été apposé ? Pourquoi d’ailleurs ne l’ont-ils pas dérobé la première nuit, lorsqu’il n’y avait aucune garde au tombeau ? Car ce n’est que le jour du sabbat qu’ils demandèrent une garde à Pilate. Que signifient encore ces suaires que Pierre vit placés dans le sépulcre ? Si les disciples avaient voulu dérober le corps, ils ne l’eussent pas enlevé dépouillé de son linceul, non seulement par respect, mais encore pour ne pas être retardés par cette opération et donner aux soldats les moyens de s’emparer d’eux, d’autant plus que la myrrhe était tellement gluante et collée au corps et au linceul qu’il était fort difficile de le détacher du corps. Tout ce qu’on a dit sur ce vol prétendu n’a donc aucune vraisemblance, et tout ce que les Juifs ont amassé pour obscurcir le fait de la résurrection n’a servi qu’à le rendre plus éclatant, car, en publiant que les disciples ont enlevé le corps de Jésus, ils avouent que le corps n’était plus dans le sépulcre. Or, la crainte dont les Apôtres étaient remplis, et le soin avec lequel les soldats gardaient le tombeau démontrent l’impossibilité de cet enlèvement [20].
L’apparition du Christ aux Apôtres
16 Les onze disciples s'en allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait désignée. 17 En le voyant, ils se prosternèrent ; mais il y en eut qui doutèrent. 18 Et Jésus, s'approchant, leur parla ainsi : « Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. 19 Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, 20 leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous toujours jusqu'à la fin du monde. »
Après les témoignages par des paroles, l’apparition de Notre-Seigneur : il fallait des témoins visuels de la résurrection, pour donner une absolue certitude (1 Jn 1, 2 : « ce que nous avons vu, ce que nous avons entendu […] nous l’attestons »).
Ici encore, saint Matthieu regroupe dans un tableau synthétique les faits essentiels qu’il croit devoir retenir. Il passe sous silence les atermoiements de la troupe apostolique durant la semaine pascale. Il veut surtout insister sur le fait que l’apparition promise par Jésus s’est bien réalisée.
v. 16 La rencontre se passe en Galilée. Nous avons vu que ce mot signifie « passage ». Au sens spirituel, pour voir le Christ, il faut passer du vice à la vertu (Mt 5,8 : « bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ») et même, pour le voir parfaitement, il faut passer par la mort (Ph 1, 23 : « je suis partagé entre deux désirs : celui de mourir et d’être avec le Christ, et celui de demeurer avec vous »).
Jésus précède ses disciples en Galilée, parce qu’il est ressuscité comme les premiers de ceux qui dorment (1 Co 16). Ceux qui appartiennent à Jésus-Christ viennent après lui, et passent, chacun à son rang, de la mort à la vie, et là, le voyant, ils l’adorent, car, contemplant sa divinité dans sa propre nature, ils le louent sans fin [21].
La rencontre se fait aussi sur une montagne, qui symbolise la nécessité de nous élever en vertu pour rencontrer le Seigneur, surtout maintenant qu’il est passé de la vallée de la mortalité au mont de l’immortalité.
Le Sauveur apparaît à ses disciples sur une montagne, pour signifier que ce corps, qu’il avait pris, en naissant, de la terre, origine commune de tous les hommes, avait été, par sa résurrection, élevé au-dessus de toutes les choses terrestres et rempli de vertu céleste, et aussi pour apprendre aux fidèles que, pour contempler les sublimes mystères de sa résurrection, il faut s’efforcer de quitter les voluptés basses et s’élever jusqu’aux désirs des choses du ciel [22].
Enfin Jésus retrouve les Apôtres sur la montagne qu’il avait désignée : il ne se manifeste qu’à ceux qui lui obéissent (Jn 14, 15 : « si vous m’aimez, vous observerez mes commandements, […] et je vous aimerai, et je me manifesterai à vous »).
v. 17 En le voyant, ils se prosternèrent » : les faits divins (les magnalia Dei : les grandes choses opérées par Dieu) provoquent la crainte révérencielle. Ainsi Abraham dit : « Je parlerai à mon Seigneur, même si je suis cendre et poussière » (Gn 18, 27). Et Job : « Qui suis-je pour lui répondre et parler avec lui avec mes mots ? […] Je me reprends donc, et je fais pénitence dans la poussière et dans la cendre » (Jb 9, 14).
Ce respect se trouve même chez les anges : « Tous les anges se prosternaient face contre terre devant son trône, et ils adoraient Dieu » (Ap 7, 1).
« Mais il y en eut qui doutèrent » : ces faits extraordinaires peuvent aussi occasionner le doute si nous cherchons à les « comprendre », c’est-à-dire à en épuiser la signification avec notre petite raison. Comme ce sont des faits divins, ils dépassent notre intelligence, même s’ils ne sont pas contre notre raison. C’est ainsi que Jésus reproche à ses Apôtres de laisser le doute envahir leur esprit (comme il arriva pour saint Thomas) : « Pourquoi vous troublez-vous ? et pourquoi de telles pensées s'élèvent-elles dans vos cœurs ? » (Lc 24, 38).
Le doute fut antérieur à cette vision, mais, là encore, saint Matthieu synthétise et regroupe les faits.
v. 18 « Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. »
Au sens propre, la toute-puissance est un attribut qui ne convient qu’à Dieu. Il faut être infini pour avoir la capacité d’agir infiniment. Dans ce sens, la toute-puissance est donnée par Dieu le Père à Dieu le Fils.
Dans un sens plus large, on peut dire que Jésus en tant qu’homme reçoit la toute-puissance dans la mesure où il reçoit la présidence de son Royaume, les « pleins pouvoirs ». Il avait déjà en droit cette puissance avant la résurrection, mais elle est maintenant manifestée et il la reçoit en fait : « Parce qu’il a été immolé, l’Agneau est digne de recevoir la puissance » (Ap 5, 12).
Le Fils de Dieu a communiqué au fils de la Vierge [23], Dieu à l’homme, la divinité à la chair, ce qu’il possédait de toute éternité avec le Père et l’Esprit[-Saint] [24]. La puissance lui est donnée dans le ciel et sur la terre, afin que celui qui règnait auparavant dans le ciel, régne sur la terre par la foi des croyants [25].
Cette « transmission de pouvoir » avait été annoncée mille ans plus tôt par le prophète-roi : « Tu l'as couronné de gloire et d'honneur, tu lui as donné l'empire sur les œuvres de tes mains [26] » (Ps 8, 6-7)
v. 19-20 Jésus confère à ses Apôtres un triple pouvoir : celui d’enseigner (pouvoir de magistère), celui de sanctifier (pouvoir d’ordre) et celui de gouverner (pouvoir de juridiction). Ces pouvoirs, il les possède en propre, en tant qu’il est le Prophète par excellence, le grand Prêtre et le souverain Roi. Les Apôtres, à leur suite les évêques et les membres de la hiérarchie ecclésiastique, y participent.
Remarquons au passage que les princes temporels participent aussi au pouvoir de gouvernement de Notre-Seigneur. C’est le dogme de la royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ, méconnue et niée par les modernistes [27].
Jésus commence par communiquer le pouvoir d’enseigner, car il faut d’abord être instruit des mystères de la foi.
Jésus envoie ses Apôtres dans le monde entier : désormais le champ d’action est universel, nous sommes passés de l’ancienne Alliance à la nouvelle, de la synagogue à l’Église catholique. C’est précisément ce qui est difficile à admettre pour les Juifs :
Lui qui, avant sa passion, leur avait dit : « Vous n’irez point dans la voie des nations, » (Mt 10) leur dit lorsqu’il est ressuscité des morts : « Allez, instruisez tous les peuples. » Que les Juifs soient donc confondus, eux qui prétendent que le Christ ne viendra seulement que pour le salut de leur nation [28].
Ensuite Jésus communique le pouvoir d’ordre : après avoir reçu la foi, on peut recevoir les sacrements.
Ils commencent par enseigner les nations, et c’est après les avoir enseignées qu’ils les baptisent dans l’eau ; car il est impossible que le corps reçoive le sacrement de baptême avant que l’âme ait reçu la vérité de la foi [29].
La « ré-génération »(= nouvelle naissance) qui a lieu au baptême nous donne d’être les enfants du Père, par le Fils et dans le Saint-Esprit. Elle se fait « au nom » des trois personnes, c’est-à-dire dans l’invocation de leur nom et dans leur vertu. Il n’y a qu’un nom (au singulier) car les trois personnes n’ont qu’une même vertu et puissance.
« Les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit », afin qu’il n’y ait qu’un seul et même don, puisqu’il n’y a entre eux qu’une seule et même divinité [30].
Il faut remarquer ici que tous les manuscrits et témoins de ce texte ont exactement la même formule. Il n’y a aucune variante.
De même, toutes les liturgies et tous les rites de l’Église utilisent la même formule pour les baptêmes.
Le texte grec avec un accusatif (eijı to; o[noma = eïs to onoma, mot-à-mot : vers le nom) semble suggérer un mouvement du baptisé vers la Sainte Trinité.
Enfin les Apôtres reçoivent le pouvoir de gouvernement pour former les mœurs des chrétiens.
La foi et le baptême sont nécessaires au salut, mais l’observation des commandements l’est aussi, car ce sont de vrais ordres : « quod mandavi vobis (ce que je vous ai commandé) ».
Comme celui qui n’est pas instruit et ignore la foi chrétienne ne peut être purifié par les sacrements de la foi, de même il ne suffit pas d’être purifié par les eaux du baptême si, après le baptême, on ne s’applique pas aux bonnes œuvres. […] Car, « de même qu’un corps sans âme est mort, ainsi la foi sans les œuvres est morte » [31].
Comme on pourrait se décourager en pensant qu’il est difficile de faire tout ce que Jésus nous a demandé, il relève notre courage en promettant son secours :
Ne dites pas que les commandements que je vous fais sont difficiles, car je suis avec vous, moi qui rend toutes choses légères [32].
Cet ordre ultime de Jésus est valable jusqu’à la fin des temps, de même son secours est promis jusqu’à la consommation des siècles : rien ne pourra empêcher l’Église d’enfanter des âmes au ciel jusqu’au dernier élu.
Il est Dieu et homme : il est monté au ciel et s’y est assis selon l’humanité qu’il a prise de la terre, et il reste avec les saints sur la terre par la divinité avec laquelle il remplit le ciel et la terre [33]. « On l’appellera Emmanuel, qui signifie “Dieu avec nous” » [Is 7, 14 ; Mt 2, 23]. Ainsi Jésus accomplit la propriété de son nom, et celui qui monte dans les cieux n’abandonne pas ceux qu’il a adoptés ; et celui qui est assis à la droite du Père est le même que celui qui habite dans le Corps [Mystique] ; et celui qui appelle là-haut à la gloire, c’est celui qui fortifie en inspirant ici-bas la patience [34]. Que Jésus-Christ lui-même nous rende participants de cette gloire, lui qui est le Dieu béni dans tous les siècles des siècles [35].
[1] — Saint Bède le Vénérable, PL 92, 128.
[2] — Saint Thomas d’Aquin, Chaîne d’or, citant Sévérien de Gabala (évêque de Gabala en Syrie, né dans la seconde moitié du 4e siècle). On trouve un texte très semblable chez saint Pierre Chrysologue (400-451, évêque de Ravenne, docteur de l’Église), Sermon 75, PL 52, 412-413 : « Maria mater Christi: unum nomen duas geminatur in feminas, quia hic Ecclesia ex duobus populis veniens, una figuratur ex duobus populis, id est, ex gentibus et Judaeis, quia primi novissimi et novissimi primi [Mt 20]. Venit Maria ad sepulcrum, venit ad resurrectionis uterum, venit ad vitae partum, ut iterum Christus ex sepulcro nasceretur fidei, qui carnis fuerat generatus ex ventre; et eum quem clausa virginitas vitam protulerat ad praesentem, clausum sepulcrum ad vitam redderet sempiternam. Divinitatis insigne est clausam virginem reliquisse post partum, de sepulcro clauso exisse cum corpore est divinitatis insigne. »
[3] — Saint Bède le Vénérable, Sermon I pour la vigile de Pâques, PL 94, 136 : « Revolvit autem lapidem, non ut egressuro Domino januam pandat, sed ut egressus ejus jam facti praestet hominibus indicium. Qui enim mortalis adhuc clauso virginis utero potuit nascendo mundum ingredi, ipse absque ulla dubietate jam factus immortalis, clauso licet sepulcro, potuit resurgendo exire de mundo. »
[4] — Saint Raban Maur, PL 111, 1469 : « […] ut Salvatorem jam egressum esse ostenderet, clauso ostio monumenti, integro sigillo pontificis; qui mundum ingressus est, clauso utero virginis, signaculo pudoris ; hujus rei gratia revolvit lapidem et sedebat super eum. »
[5] — Saint Jérôme, PL 26, 216 : « Dominus noster unus atque idem Filius Dei et Filius hominis, juxta utramque naturam, divinitatis et carnis, nunc magnitudinis suae, nunc humilitatis signa demonstrat. Unde et in praesenti loco, quamquam homo sit qui crucifixus est, qui sepultus est, […] tamen quae foris aguntur, ostendunt Filium Dei […] ».
[6] — Saint Bède le Vénérable, PL 92, 128 : « Stans apparuit angelus, qui adventum Domini in mundo praedicabat, ut etiam stando signaret, quia is quem praedicabat ad debellandum mundi principem veniret ; iste sedens, ut etiam sedendo figuraret eum superato mortis auctore, sedem regni jam conscendisse perpetui. Sedebat super lapidem quo ostium monumenti claudebatur, ut claustra infernorum sua illum virtute dejectis superasse doceret. »
[7] — Saint Thomas d’Aquin, Chaîne d’or, citant Sévérien de Gabala (évêque de Gabala en Syrie, né dans la seconde moitié du 4e siècle).
[8] — Saint Thomas d’Aquin, Chaîne d’or, citant Rémi d’Auxerre.
[9] — Saint Grégoire le Grand, PL 76, 1171 (Hom. 21) : « Quia vero omnipotens Deus et terribilis peccatoribus, et blandus est justis, recte testis resurrectionis ejus angelus et in fulgure vultus, et in candore habitus demonstratur, ut de ipsa sua specie et terreret reprobos, et mulceret pios. »
[10] — Saint Pierre Chrysologue, Sermon 74, PL 52, 410 : « Resurgente Christo, morte pereunte, terrenis redditur caeleste commercium, et mulieri cui fuerat cum Diabolo lethale consilium, cum Angelo colloquium fit vitale. » Saint Thomas d’Aquin, dans la Chaîne d’or, l’attribuait à saint Jérôme.
[11] — Saint Thomas d’Aquin, Chaîne d’or, citant Sévérien de Gabala.
[12] — Saint Thomas d’Aquin, Chaîne d’or, résumant un passage du de Consensu Evangelistarum de saint Augustin (l. 3, c. 25).
[13] — Saint Bède le Vénérable, Sermon I pour la vigile de Pâques, PL 94, 137 : « Surrexit enim clauso ostio monumenti, et exiit, ut immortale jam factum doceret esse corpus, quod in monumento clausum fuerat mortuum. Tenendas mulieribus praebuit plantas, ut veram se habere carnem, quae a mortalibus tangi posset, intimaret. »
[14] — Saint Thomas d’Aquin, Chaîne d’or, citant Sévérien de Gabala. On trouve un texte très semblable chez saint Pierre Chrysologue Sermon 80, PL 52, 427 : « Vocat ergo fratres, quos corporis sui fecit esse germanos ; vocat fratres, quos Patris sui adoptavit in filios ; vocat fratres, quos benignus haeres sibi praestitit cohaeredes. »
[15] — Saint Thomas d’Aquin, Chaîne d’or, citant saint Jean Chrysostome.
[16] — Saint Jérôme PL 26, 217-218 : « Illi qui debuerant converti ad poenitentiam, et Jesum quaerere resurgentem, perseverant in malitia, et pecuniam quae ad usus templi data fuerat, vertunt in redemptionem mendacii, sicut antea triginta argenteos dederant Judae proditori. »
[17] — Saint Thomas d’Aquin, Chaîne d’or, citant saint Jean Chrysostome.
[18] — Saint Thomas d’Aquin, Chaîne d’or, citant Sévérien de Gabala.
[19] — Saint Raban Maur, PL 107, 1151 : « Sicut sanguis reatus, quem sibi posterisque suis ipsi imprecabantur, gravi sarcina peccatorum illos premit, ita emptio mendacii, per quod resurrectionis denegant veritatem, reatu eos constringit perpetuo, respuentes Christum et exspectantes Antichristum, ut qui vili pretio vendiderunt veritatem, erroris in capite suo apprehendant universitatem. »
[20] — Saint Thomas d’Aquin, Chaîne d’or, citant saint Jean Chrysostome.
[21] — Saint Raban Maur, PL 107, 1151 : « Jesus praecedit discipulos in Galilaeam, […] quia surrexit Christus a mortuis, primitiae dormientium. Sequuntur autem hi qui sunt Christi, et ipsi in suo ordine ad vitam de morte transmigrant, ibique eum videntes adorant, quia in specie suae divinitatis contemplantes, sine fine collaudant. »
[22] — Saint Raban Maur, PL 107, 1151 : « Dominus […] in monte discipulis apparuit, ut significaret quia corpus quod de communi humani generis terra nascendo susceperat, resurgendo jam super terrena omnia sublevatum, coelesti virtute induerit. In monte apparuit ut admoneret fideles, si illic celsitudinem resurrectionis ejus cupiunt videre, hic ab infirmis cupiditatibus ad superna desideria transire. »
[23] — Il ne faudrait pas comprendre cette phrase comme signifiant que le Fils de Dieu et le fils de la Vierge seraient deux personnes distinctes : c’est la même personne, considérée dans sa nature divine, puis dans sa nature humaine. Même remarque pour la phrase qui suit : « Dieu à l’homme. »
[24] — Saint Pierre Chrysologue, Sermon 80, PL 52, 427 : « Filius Dei Virginis filio, Deus homini, divinitas carni contulit, quod semper cum Patre possedit, et Spiritu. »
[25] — Saint Jérôme, PL 26, 218 : « In coelo autem et in terra potestas data est, ut qui ante regnabat in coelo, per fidem credentium regnet in terris. »
[26] — « Gloria et honore coronasti eum et constituisti eum super opera manuum tuarum. »
[27] — Voir Mgr Lefebvre, Ils l’ont découronné, Clovis, 2008.
[28] — Saint Thomas d’Aquin, Chaîne d’or.
[29] — Saint Jérôme, PL 26, 218 : « Primum docent omnes gentes, deinde doctas intingunt aqua. Non enim potest fieri ut corpus baptismi recipiat sacramentum, nisi ante anima fidei susceperit veritatem. »
[30] — Saint Jérôme, PL 26, 218 : « Baptizantur autem in nomine Patris, et Filii, et Spiritus sancti, ut quorum una est divinitas, una sit largitio. »
[31] — Saint Raban Maur, PL 107, 1152-1153 : « Cum neque indoctus quisque et ignarus Christianae fidei potest ejusdem sacramentis ablui, neque lavacro baptismi a peccatis emundari sufficit, si non post baptisma studeat quisque bonis operibus insistere […] quia “sicut corpus sine spiritu mortuum est, ita et fides sine operibus mortua est” (Jc 2, 26). »
[32] — Saint Thomas d’Aquin, Chaîne d’or, citant saint Jean Chrysostome.
[33] — Saint Bède le Vénérable, PL 92, 130-131 : « Deus et homo est : assumptus est in coelum, et sedit ab humanitate, quam de terra susceperat; manet cum sanctis in terra divinitate, qua terram pariter implet et coelum. »
[34] — Saint Léon le Grand, PL 54, 391 : « Vocabunt nomen ejus Emmanuel, quod est interpretatum, nobiscum Deus. Implet ergo Jesus proprietatem nominis sui, et qui ascendit in coelos, non deserit adoptatos; qui sedet ad dexteram Patris idem totius habitator est corporis; et ipse deorsum confortat ad patientiam, qui sursum invitat ad gloriam. »
[35] — Saint Thomas d’Aquin, Chaîne d’or.

