L’art chez les Visitandines
M. Percivati.
Les quatre volumes sont richement illustrés avec des photos qui montrent dans les détails toute la beauté de certains chefs-d’œuvre. Face à cette exposition de merveilles d’art sacré, on ne peut que regretter une fois de plus le nettoyage et l’appauvrissement que l’Église postconciliaire a opéré suite à sa protestantisation. Quand on considère la beauté des chasubles et des chapes qu’on peut admirer dans ces pages, et qui servaient avant le Concile pour rendre gloire à Dieu tout le long de l’année liturgique, on peut se demander ce qu’il en est de nos jours où le prêtre est habillé soit en surplis avec une simple étole, soit avec cette espèce de grand poncho-chasuble qui se voudrait « gothique ». Dans un cas comme dans l’autre, les couleurs propres à la liturgie ont disparu (imitation des protestants « oblige »).
La preuve la plus éclatante de ce triste état de choses vient du contraste presque choquant entre tous ces « anciens » bijoux d’art sacré et les quelques très rares objets de facture récente, qu’on ne peut qualifier que comme quelconques, banals, minables, négligés, etc. Qu’on compare dans le volume Splendeurs dévoilées l’abîme qui sépare, en l’espace d’un peu plus d’un demi-siècle, le calice et la patène de la page 77 (1889) à ceux de la page 83, qu’on pourrait supposer l’œuvre d’un bricoleur ou d’un plombier un peu doué. Tout ce manque de savoir-faire et de beauté est habilement camouflé, comme toute nullité moderne, sous de savants adjectifs comme : « style épuré » ou « forme dépouillée », ce qui renferme une partie de vrai, dans le sens où, à force de dépouiller, d’épurer et d’enlever, on est rapidement tombé au niveau zéro. Au-delà de ces belles images et photographies qui nous ramènent sur la planète de la foi, ne nous laissons pas berner par le langage typiquement « moderniste », où l’on remplace la réalité par des mots pompeux, vidés de leur substance. D’ailleurs, on remarquera que, dans les quatre volumes, ne se trouve aucun chef-d’œuvre réalisé dans les derniers soixante ans. Ça n’est pas en regardant vers le bas qu’on s‘élève, laissons-nous donc émerveiller par toute cette beauté de l’art sacré qui a toujours été (avec la vérité et la charité) une des marques distinctives de l’Église catholique. Fixons nos yeux sur cette beauté que les détracteurs nomment triomphalisme et qui sait encore ramener chaque année des millions de touristes du monde entier pour l’admirer.
Contemplons tous ces chefs-d’œuvre d’un savoir-faire disparu, remplacés de nos jours par des tonnes de pacotille en résine « made in China » qui ne sont pas de la même qualité… mais qui sont moins chères !
Prions surtout le Bon Dieu pour qu’il ravive en nous cette foi et cette charité qui ont été à l’origine de ce véritable art sacré.
Gérard Picaud et Jean Foisselon, Splendeurs dévoilées. Cinq siècles d’art à la Visitation, Éditions Aimery Somogy, 2007, ISBN 978-2-7572-0100-8, 25x28cm, 188 p., 32€
Gérard Picaud et Jean Foisselon, Fastes et exubérance pour les saints de la Visitation, Éditions Aimery Somogy, 2008, ISBN 978-2-7572-0188-6, 25x28cm, 192 p., 32€
Gérard Picaud et Jean Foisselon, De fleurs en aiguille. L´art de la broderie chez les Visitandines, Éditions Aimery Somogy, 2009, ISBN 978-2-7572-0276-0, 25x28cm, 248 p., 32€
Gérard Picaud et Jean Foisselon, Au cœur de la Visitation 1610-2010, Éditions Aimery Somogy, 2010, ISBN 978-2-7572-0361-3, 25x28cm, 288 p., 39€

