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Éditorial

Assise, Charybde et Scylla

 

Le 26 octobre 2011, à l’occasion du 25e anniversaire de la première réunion interreligieuse organisée à Assise par Jean-Paul II, le pape Benoît XVI renouvelait ce scandale. Nous prenons ce dernier mot dans son sens fort : cette attitude du pape provoque la chute d’un grand nombre de catholiques qui perdent la foi dans l’unicité et la nécessité de l’Église catholique. De plus en plus se répand l’indifférentis­me : il serait possible de se sauver dans n’importe quelle religion, du moment qu’on est « sincère », ou « de bonne foi ».

Il n’est pas inutile, pour nous prévenir contre ce danger, de relire quelques lignes de la magnifique lettre écrite par Mgr Lefebvre à plusieurs cardinaux, le 27 août 1986, à deux mois de la première réunion d’Assise :

C’est le premier article du Credo et le premier commandement du Décalogue qui sont bafoués publiquement par celui qui est assis sur le siège de Pierre. Le scandale est incalculable dans les âmes des catholiques. L’Église en est ébranlée dans ses fondements. Si la foi dans l’Église, unique arche de salut, disparaît, c’est l’Église elle-même qui disparaît. Toute sa force, toute son activité surnaturelle a cet article de notre foi pour base. Jean-Paul II va-t-il continuer à ruiner la foi catholique, publiquement, en particulier à Assise, avec le cortège des religions prévu dans les rues de la cité de saint François, et avec la répartition des religions dans les chapelles et la basilique pour y exercer leur culte en faveur de la paix telle qu’elle est conçue à l’O.N.U. [1] ?

Mais, pour éviter le modernisme – Charybde –, il ne faudrait pas tomber dans l’erreur opposée du sédévacantisme – Scylla – : c’est le chemin que nous indiquent les études d’Alexandre Olivier Musey et Dominicus : le premier montre que le modernisme a occasionné dans l’Église la crise la plus grave de son histoire, et le second invite à suivre la prudence de Mgr Lefebvre en évitant l’écueil du sédévacantisme (voir la rubrique « Études »).

Le modernisme est rusé. Pour éviter de se laisser tromper par sa dialectique ou entraîner par ses scandales, il est utile de lire les pertinentes analyses de l’abbé Pivert (voir les Documents dans la rubrique « Études »).

On pourrait être tenté de se décourager devant cette grande apostasie prédite par saint Paul, d’autant que la crise semble ne pas vouloir finir. Pour ne pas tomber dans cette grave tentation, nous sommes aidés par l’exemple de ceux qui ont combattu pour le Sauveur Jésus-Christ et son Corps mystique, l’Église : les Apôtres et les Évangélistes (dont Michel Defaye nous invite à suivre les pas), les rois très chrétiens et les grands pontifes qui ont fait de la France le « saint Royaume » (l’abbé Pierre-Marie Berthe expose le remarquable travail des carolingiens pour instaurer la liturgie romaine en France), Émile Keller qui a combattu par la parole et la plume, et les Zouaves pontificaux qui ont combattu avec le sabre et le canon (voir la rubrique « Civilisation chrétienne »).

Un autre moyen d’éviter le découragement est de fortifier notre vie spirituelle, soit par la méditation des saintes Écritures (notamment des psaumes : voir le commentaire des psaumes du dimanche par le père Emmanuel, et la recension du livre sur Les Fins dernières dans les psaumes), soit par l’exemple des saints personnages : le curé d’Houville et le « saint de Toulouse » au 19e siècle, et saint Thomas d’Aquin au 13e siècle (voir la rubrique « Vie spirituelle » et les




[1]  — Cette lettre a été publiée dans Fideliter 54 (novembre-décembre 1986), p. 3, et dans Le Sel de la terre 30 (automne 1999), p. 194. Dans la 8e conférence de la retraite sacerdotale de septembre 1986 à Écône, Mgr Lefebvre donnait les noms de quelques destinataires de cette lettre : les cardinaux Thiandoum, Stickler, Oddi, Siri, Gagnon, Gonzalès (Tolède), Palazzini, Zoungrana.

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L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 79

p. 1-2

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