top of page

Éditorial

Un premier bilan *

 

D'après le cardinal Kurt Koch (président du conseil pontifical pour la promotion de l’Unité des chrétiens), si l’on examine les sept années du pontificat de Benoît XVI,

nous découvrons qu’il a parcouru à son tour tous les pas accomplis par le pape Jean-Paul II : de la visite d’Auschwitz à la halte devant le Mur occidental [Mur des lamentations], de la rencontre avec le Rabbinat général de Jérusalem à la prière pour les victimes de la Shoah à Yad Vashem. Il a été accueilli chaleureusement à la synagogue de Rome et a visité les synagogues de Cologne et de New York. Nous pouvons donc affirmer, avec reconnaissance, qu’aucun autre pape dans l’histoire n’a visité autant de synagogues que Benoît XVI [1].

On pourrait dire la même chose pour les mosquées.

Il est allé aussi plus loin que ses prédécesseurs dans les cérémonies œcuméniques avec les protestants (ayant participé activement à un culte protestant) et dans l’accueil des protestants dans l’Église (ayant accepté des anglicans avec leur hiérarchie sans leur imposer d’abjuration).

 

Visite des synagogues

— Le pape a visité la synagogue de Cologne le 19 août 2005, peu de temps après son élection. Cette visite n’était pas prévue par Jean-Paul II dans le programme initial et a été ajoutée à la demande de Benoît XVI.

— Le 19 avril 2008, le pape Benoît XVI s’est rendu à la synagogue de Park East, à New-York. Là encore, la cérémonie a été ajoutée au programme du pape quelques jours avant son déplacement aux États-Unis.


— Le pape s’est rendu à la synagogue de Rome, le dimanche 17 janvier 2009 [2], déclarant que « ce qui nous unit » aux juifs actuels est « la foi dans le Dieu unique ». Il a déclaré encore que « l’événement conciliaire a donné un élan décisif à l’engagement de parcourir un chemin irrévocable de dialogue, de fraternité et d’amitié ». Il a appelé (comme le faisait Jean-Paul II) le peuple juif « le peuple de l’Alliance ». Il a déploré les prétendues fautes de ses prédécesseurs (« l’Église n’a pas manqué de déplorer les fautes de ses fils et de ses filles, en demandant pardon pour tout ce qui a pu favoriser d’une manière ou d’une autre les plaies de l’antisémitisme et de l’antijudaïsme »). Il a parlé de la Shoah (« le drame singulier et bouleversant de la Shoah représente en quelque sorte le sommet d’un chemin de haine, [...] l’extermination du peuple de l’Alliance de Moïse, d’abord annoncée puis systématiquement programmée et mise en œuvre en Europe sous la domination nazie »).

Il a affirmé qu’au peuple juif « appartiennent l’adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses ». Cette dernière phrase est une citation de saint Paul (Rm 11, 29). Elle s’applique aux juifs de l’ancien Testament, et non pas aux juifs actuels auxquels s’adressait le pape.

Il a affirmé que « les juifs et les chrétiens sont appelés à annoncer et à témoigner du Royaume du Très-Haut qui vient » et que « les chrétiens et les juifs [...] prient le même Seigneur ».

— En mai 2009, lors de son voyage en Terre sainte, le pape a visité, à Jérusalem, le Yad Vashem (le mémorial de la Shoah), le Mur des Lamentations et le Grand Rabbinat de Jérusalem.

Pour comprendre cette attitude du pape actuel vis-à-vis de la religion juive, il faut se rappeler ce qu’il a lui-même expliqué dans son autobiographie :

J’en suis venu à penser que le judaïsme (qui ne commence, stricto sensu, qu’à la fin de la constitution d’un canon des Écritures, soit au 1er siècle après Jésus-Christ) et la foi chrétienne exposée dans le nouveau Testament sont deux modes différents d’appropriation des textes sacrés d’Israël, tous deux ultimement déterminés par la façon d’appréhender le personnage de Jésus de Nazareth. L’Écriture que nous nommons aujourd’hui ancien Testament est en soi ouverte sur ces deux voies. Et nous n’avons en réalité commencé à comprendre qu’après la Seconde Guerre mondiale que l’interprétation juive « après Jésus‑Christ » possède elle aussi son propre message théologique [3].

On s’explique que le pape ait invité un rabbin à parler au synode des évêques pour exposer la bonne manière de lire les saintes Écritures [4], qu’il ait demandé qu’on ne prononce plus le nom de Yahvé dans la lecture de la Bible [5], qu’il ait été le premier pape à citer en bonne part le Talmud [6], qu’il éprouve tant d’engouement à visiter les synagogues et les autres monuments juifs, etc.

Notons encore que le pape a « fait faire un saut à la réflexion sur les rapports entre juifs et catholiques [7] » dans son livre-entretien avec Peter Seewald. Le pape Jean-Paul II employait l’expression « nos frères aînés » pour désigner les juifs actuels. Le pape Benoît XVI préfère l’expression : « nos pères dans la foi ».

Les juifs n’aiment pas trop entendre les mots « le frère aîné », que Jean XXIII employait déjà. Dans la tradition juive, le « frère aîné », Ésaü, est aussi le frère réprouvé. On peut quand même employer ces mots parce qu’ils disent quelque chose d’important. Mais il est exact que les Juifs sont aussi nos « pères dans la foi ». Et ces mots rendent peut-être encore plus visible la manière dont nous sommes liés [8].

La visite des mosquées

Le pape régnant a visité plusieurs mosquées :

— La Mosquée bleue de Constantinople le 30 novembre 2006. A l’invitation de son hôte musulman Mustafa Cagrici (mufti d’Istanbul), il s’y recueillit quelques instants, les mains croisées sous la poitrine, tourné dans la direction de la Mecque. Il avait auparavant enlevé ses chaussures et enfilé des babouches blanches pour y pénétrer. Les journalistes turcs ont reconnu dans son attitude la « posture de la tranquillité » (une des attitudes de la prière musulmane). Nous sommes loin de l’attitude de saint Pierre Mavimène, fêté le 21 février, placé sur les autels pour avoir dit à des musulmans qui venaient le voir : « Quiconque n’embrasse pas la foi chrétienne catholique est damné comme votre faux prophète Mahomet. »


— La mosquée d’Amman le 9 mai 2009. Le pape Benoît XVI n’a pas eu à enlever ses chaussures, car les organisateurs avaient prévu un parcours spécial ne le nécessitant pas. Il a déclaré :

Des lieux de culte, comme cette splendide Mosquée Al-Hussein Ben Talal, du nom du révéré Roi défunt, se dressent comme des joyaux sur la surface de la terre. [...] Tous ces édifices nous orientent vers le Divin, l’Unique transcendant, le Tout-Puissant.

— La mosquée du Dôme du Rocher à Jérusalem le 12 mai 2009.

Ici, les chemins des trois grandes religions monothéistes du monde se rencontrent, nous rappelant ce qu’elles ont en commun. Chacune croit en un Dieu unique, créateur et régissant toute chose. Chacune reconnaît en Abraham un ancêtre. [...] Chacune a rassemblé de nombreux disciples tout au long des siècles et a inspiré un riche patrimoine spirituel, intellectuel et culturel. [...] Nous pouvons commencer par nous appuyer sur la foi au Dieu unique, source infinie de justice et de miséricorde, puisqu’en lui ces deux qualités existent dans une parfaite unité. Ceux qui croient en son nom ont le devoir de s’efforcer inlassablement d’être justes en imitant son pardon.

Les faits sont soulignés par les paroles. Voici quelques exemples :

Judaïsme, christianisme et islam croient en un seul Dieu, créateur du ciel et de la terre, d’où l’appel des trois monothéismes à collaborer au bien de l’humanité, au service de la justice et de la paix dans le monde [9]. Chrétiens et musulmans, en suivant leurs religions respectives, insistent sur la vérité du caractère sacré et de la dignité de la personne. C’est la base de notre respect et de notre estime mutuels, c’est la base de notre collaboration au service de la paix entre les nations et les peuples, le souhait le plus cher de tous les croyants et de toutes les personnes de bonne volonté. [...] Chrétiens et musulmans appartiennent à la famille de ceux qui croient dans le Dieu unique et qui, selon leurs traditions respectives, sont les descendants d’Abraham (Nostra ætate 1, 3). Cette unité humaine et spirituelle dans nos origines et notre destinée nous engage à chercher un itinéraire commun, tout en jouant notre rôle dans cette recherche de valeurs fondamentales qui est si caractéristique des personnes de notre époque. [...] Nous sommes appelés à œuvrer ensemble, afin d’aider la société à s’ouvrir au transcendant, en reconnaissant à Dieu tout-puissant la place qui lui revient [10]. Hélas, comme le monde le sait, Nazareth a fait l’expérience ces dernières années de tensions, qui ont blessé les relations entre les communautés chrétienne et musulmane. Je presse les personnes de bonne volonté des deux communautés de réparer le dommage qui a été fait et, par fidélité à notre foi commune dans le Dieu unique, Père de la Famille humaine, à travailler pour construire des ponts et trouver le chemin d’une coexistence pacifique. Que chacun rejette le pouvoir destructeur de la haine et des préjugés, qui tuent l’âme des hommes avant de tuer leurs corps [11] !

Œcuménisme avec les protestants

Dans ce domaine, Benoît XVI a aussi dépassé tous ses prédécesseurs. Donnons quelques exemples :

— Visite du pape au temple luthérien de Rome. Le pape Benoît XVI s’est rendu au temple luthérien de Rome le dimanche 14 mars 2010. Jean-Paul II était venu au même endroit le 11 décembre 1983 (à l’occasion du 500e anniversaire de la naissance de Luther) et il avait été le premier pape à se rendre dans un temple protestant. Benoît XVI est venu commémorer le 10e anniversaire de la Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification [12] signée par les représentants de l’Église catholique et ceux de la Fédération luthérienne mondiale, le 31 octobre 1999, à Augsbourg.

Le pape a participé activement à la célébration luthérienne de la parole : il était revêtu d’un surplis blanc, d’une mozette rouge et d’une étole pastorale. Il a prié et chanté avec les membres de la communauté, récité avec eux le Credo de Nicée-Constantinople et le Notre Père. Puis il a succédé au pasteur Kruse dans la chaire du temple. Cette participation active, selon la morale catholique traditionnelle, est peccamineuse.

La communication active matérielle et publique est, en soi, prohibée par la loi ecclésiastique et par la loi naturelle, sous peine de péché grave, et cela pour plusieurs motifs : péril de perversion dans la foi, scandale des fidèles, apparence d’approbation d’une religion fausse ou de négation de la vraie religion [13].

— Autres visites de temples protestants. Le 17 septembre 2010, le pape a visité l’abbaye anglicane de Westminster où il a salué des « femmes-prêtres ». Parmi elles, le « chanoine » Dr Jane Hedges. Elle milite pour l’accès des femmes à l’épiscopat chez les anglicans. La présence de cette femme pour accueillir Benoît XVI était annoncée par la presse deux semaines auparavant : ce n’est donc pas un accident.

Le 23 septembre 2011, dans l’église de l’ex-couvent augustinien de Erfurt, le pape a participé à une cérémonie liturgique œcuménique au cours de laquelle une « évêquesse » est intervenue, donnant une intention de prière, puis entonnant le Notre Père à côté du pape [14].

— En 2009, un groupe d’anglicans a souhaité s’unir à l’Église catholique, mécontents de l’anglicanisme à cause des « ordinations » de femmes. Le 4 novembre 2009, le Vatican leur a concédé l’établissement d’ordinariats personnels avec les privilèges suivants :

• Ils peuvent conserver leurs livres liturgiques,

de manière à ce que soient maintenues au sein de l’Église catholique les traditions liturgiques, spirituelles et pastorales de la Communion anglicane, comme un don précieux qui nourrit la foi des membres de l’ordinariat et comme un trésor à partager [15].

• Ils peuvent admettre à l’ordination des hommes mariés :

L’Ordinaire pourra également demander au pontife romain, par dérogation au canon 277 § 1, que soient admis à l’ordre des prêtres des hommes mariés, au cas par cas et en fonction de critères objectifs approuvés par le Saint-Siège [16].

Ainsi, un pasteur marié, William Lowe, « converti » de la secte épiscopalienne, a été ordonné prêtre le 6 mai 2007, à Camarillo, par le cardinal Roger Mahony de Los Angeles.

• Un « évêque » anglican déjà marié peut devenir Ordinaire :

Un évêque anglican déjà marié est éligible pour être nommé Ordinaire. Dans ce cas, il est ordonné prêtre dans l’Église catholique et exerce dans l’ordinariat le ministère pastoral et sacramentel avec une pleine autorité juridictionnelle [17]

De fait, le 1er janvier 2012, en la solennité de Marie, Mère de Dieu (selon le nouveau calendrier), Benoît XVI a nommé un ancien « évêque » épiscopalien, Jeffrey Steenson, marié et père de trois enfants, comme premier « ordinaire » responsable du premier ordinariat pour les catholiques issus de l’anglicanisme érigé aux États-Unis (sans toutefois recevoir l’ordination épiscopale).

 *

Vraiment, comme le disait Mgr Lefebvre après la première visite d’un pape à une synagogue : « Hæc est hora vestra et potestas tenebrarum (c’est ici votre heure et la puissance des ténèbres) » (Lc 22, 52-53) [18].

Mais, peut-être y a-t-il eu une évolution dans la pensée du pape, et après quelques années de pontificat, s’est-il rapproche-t-il de la Tradition ?

Malheureusement, il n’en est rien. Rappelons quelques faits récents :

— Le 1er mai 2011, Benoît XVI a « béatifié » Jean-Paul II, le pape des Droits de l’homme et d’Assise, celui qui a « excommunié » Mgr Lefebvre.

— Le 23 septembre 2011, lors de son voyage en Allemagne, le pape a fait l’éloge de Luther :

La pensée de Luther, sa spiritualité tout entière était complètement christocentrique : « Ce qui promeut la cause du Christ » était pour Luther le critère herméneutique décisif dans l’interprétation de la sainte Écriture [19].

— Le 27 octobre 2011, le pape a renouvelé le scandale d’Assise, en l’aggravant par le fait d’avoir invité des représentants de l’humanisme athée. C’est ainsi que Julia Kristeva a appelé à « oser l’humanisme en bâtissant des complicités entre l’humanisme chrétien et celui qui, issu de la Renaissance et des Lumières, ambitionne d’élucider les voies risquées de la liberté ». Un prêtre vaudou, Wande Abimbola, porte-parole de l’Ifa et de la religion Yoruba, a invoqué ses divinités devant le pape.

— Le 10 mars 2012, le pape a célébré des « vêpres œcuméniques » avec « Sa Grâce l’archevêque de Canterbury », qui n’est qu’un simple laïc puisque les ordinations anglicanes sont invalides. Rowan Williams est connu pour ses opinions libérales : il est favorable à l’« ordination » de femmes et d’homosexuels, il s’est montré en faveur de l’introduction de la charia, la loi islamique, dans certaines parties de la législation britannique, en particulier pour les affaires familiales ou financières.

— Le 24 mars 2012, le pape a adressé un message à la rencontre nationale (à Lourdes) de l’église de France pour le 50e anniversaire de l’ouverture du Concile : « Le concile Vatican II a été et demeure un authentique signe de Dieu pour notre temps. » Il a répété cette phrase dans son discours aux évêques français en visite ad limina, le 17 novembre 2012.

« La fin d’un pontificat », dans la rubrique « Documents » de ce numéro, montre que la même orientation a continué. Nous ne pouvons que répéter, après Mgr Lefebvre : « C’est ici votre heure et la puissance des ténèbres » (Lc 22, 52-53).

 



* — Ce texte avait été écrit avant l’annonce de la démission du pape. Il garde toute son actualité, et nous le publions tel quel, ayant seulement changé le titre.

[1]  — Cardinal Kurt Koch, « Construire sur Nostra Ætate : 50 ans de dialogue judéo-chrétien » Osservatore Romano quotidien, jeudi 17 mai 2012. Cette conférence a eu lieu le 16 mai 2012, à Rome, à l’Université pontificale Saint-Thomas d’Aquin (l’Angelicum), en coopération avec le Centre Jean-Paul II pour le dialogue interreligieux, dirigé par le rabbin Jack Bemporad, dans le cadre de la cinquième édition de la « Berrie Lecture », une initiative promue aussi par la Fondation Russell Berrie de New York, pour favoriser la compréhension mutuelle entre la foi juive et la foi chrétienne.

[2]  — Pour plus de détails, voir Le Sel de la terre 73, p. 192 et sq.

[3]  — Joseph, cardinal Ratzinger, Ma Vie – Souvenirs, Fayard, 1998, p. 63-64.

[4]  — Le lundi 6 octobre 2008, le rabbin Cohen, grand rabbin de Haïfa, a été invité à présenter devant le synode des évêques la place de la Bible dans le judaïsme. Voir Le Sel de la terre 73, été 2010, p. 197, note 2.

[5]  — Voir Le Sel de la terre 73, été 2010, p. 197, note 3.

[6]  — Le Talmud Yoma (85b) dans son discours à la communauté juive à la nonciature de Paris, le 12 septembre 2008.

[7]  — Anita S. Bourdin (Zenit, 27-01-2011).

[8]  — Peter Seewald, Lumière du monde, Bayard, 2011.

[9]  — Le 16 mars 2006, Benoît XVI à une délégation de l’American Jewish Committee reçue au Vatican.

[10] — A Ankara, le 28 novembre 2006, ORLF du 5 décembre 2006, p. 2 et 4.

[11] — A Nazareth, le 14 mars 2009.

[12] — Sur cette Déclaration, voir l’article de Mgr Fellay paru dans Le Sel de la terre nº 38 et 39 ; disponible en tiré à part, sous le titre : L’Hérésie justifiée.

[13] — DTC, « hérésie », col. 2231-2233, article de A. Michel. Nos lecteurs pourront relire les fortes paroles de Mgr Lefebvre sur la « communicatio in sacris » dans Le Sel de la terre 30, p. 190-191, ainsi que le schéma préparé pour le concile Vatican II par la commission théologique, publié dans Le Sel de la terre 40, p. 71-87.

[14] — Mme Ilse Junkermann est « évêquesse » de l’Église évangélique de Thuringe (Allemagne Centrale).

[15] — Anglicanorum Cœtibus, 4 novembre 2009, III.

[16] — Ibid., VI § 2.

[17] — Ibid., Normes complémentaires XI, § 1.

[18] — Lettre de Mgr Lefebvre à plusieurs cardinaux, datée d’Écône le 27 août 1986. Voir Fideliter 54, nov.-déc. 1986, p. 3, et Le Sel de la terre 30, p. 194.

[19] — Rencontre avec les représentants du Conseil de l’église évangélique à Erfurt en Allemagne.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 84

p. 1-8

Les thèmes
trouver des articles connexes

Télécharger le Pdf ici :

.

bottom of page