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Nouvelles de Rome occupée

par Dominicus

 

Le pape François a gagné la sympathie d’une grande partie de « l’opinion publique » par certains aspects non conformistes. Derrière cette attitude, il convient d’examiner sa pensée telle qu’elle apparaît dans ses paroles et dans ses gestes significatifs.

Le Sel de la terre.

 

 

Le premier geste œcuménique du pape

Commençons cette rubrique par une « notule romaine » extraite du Chardonnet du mois de juin, sous la plume de l’abbé Chautard :

Le premier geste œcuménique du pape Paul VI avait créé l’événement le 23 mars 1966 en demandant et en recevant la bénédiction de Ramsey, de « l’archevêque » anglican de Cantorbéry (en réalité laïc et franc-maçon). C’est dans une relative indifférence générale que le nouveau pape François a reçu le 10 mai 2013 la bénédiction du patriarche orthodoxe Tawadros II, « pape d’Alexandrie et patriarche du siège de Saint-Marc ». C’est le pape François qui a invité lui-même le patriarche à donner sa bénédiction. Pourtant, ce geste de communicatio in sacris (participation à un rite ou une prière acatholique) rend d’ordinaire son auteur suspect d’hérésie, si l’on en croit le canon 2316 (code de 1917) : « Est suspect d’hérésie celui qui spontanément et sciemment aide de quelque manière que ce soit la propagation de l’hérésie, ou communique in divinis avec des hérétiques, contre ce qui est prescrit au Canon 1258 [1]. »

Dans son discours précédant ce geste, le souverain pontife n’a pas hésité à parler du « Siège de Marc, qui a reçu un inestimable héritage de martyrs, théologiens, saints moines, et fidèles du Christ [2] », sans préciser si ces saints avaient vécu avant ou après le schisme, laissant ainsi croire que l’on peut être « fidèle » et saint moine du Christ tout en vivant dans le schisme.

Le pape se confie à la CLAR


Le 6 juin le pape s’est adressé aux responsables de la CLAR (Confédération latino-américaine et des Caraïbes des religieux et religieuses). Selon la synthèse publiée par Reflexión y Liberación [3], « ils ont conversé, installés en rond, entre égaux, comme c’était à l’époque des premières communions fondées par Jésus ». Le pape a commencé par encourager ses interlocuteurs à « ouvrir les portes » sans trop se préoccuper des blâmes qu’ils pourraient recevoir de la part de la congrégation pour la Doctrine de la foi :

Ouvrez les portes… ouvrez les portes ! Vous allez vous tromper, vous aller faire des gaffes, ce sont des choses qui arrivent ! Peut-être que même va vous arriver une lettre de la congrégation pour la Doctrine (de la foi) disant que vous avez dit telle ou telle chose... Mais ne vous inquiétez pas. Expliquez ce que vous devez expliquer, mais continuez à aller de l’avant… […] Je préfère une Église qui se trompe parce qu’elle fait quelque chose qu’une Église qui tombe malade parce qu’elle reste enfermée…

Puis il a fait part à ses interlocuteurs de ses préoccupations :

L’une est le courant pélagien qu’il y a dans l’Église en ce moment. Il y a certains groupes restaurationnistes. J’en connais quelques-uns, il m’est arrivé de les recevoir à Buenos Aires. Et l’on sent que c’est comme revenir 60 ans en arrière ! Avant le Concile… On se sent comme en 1940… Une anecdote, seulement pour illustrer, non pas pour rire, je l’ai prise avec respect, mais cela me préoccupe ; quand je fus élu (pape), j’ai reçu une carte de l’un de ces groupes, et ils me disaient ; « Votre Sainteté, nous vous offrons ce trésor spirituel, 3525 rosaires. » Pourquoi ne disent-ils pas : nous prions pour vous, nous demandons… mais cette façon de tenir des comptes… Et ces groupes reviennent à des pratiques et à des disciplines que j’ai vécues, vous non, car aucun n’est vieux, à des disciplines, à des choses qui à ce moment-là se vivaient, mais maintenant non, maintenant elles sont passées.

Rappelons que le pélagianisme est une hérésie qui remonte au moine Pélage (350-420). Elle enseigne que la grâce n’est pas vraiment nécessaire au salut, elle ne sert qu’à le faciliter. Il est bien évident que la Tradition ne se réduit pas à certaines « pratiques » ou « disciplines », et que celles-ci ne prétendent pas assurer le salut sans la grâce, mais faciliter l’obtention de la grâce par nos prières et nos efforts. Il est difficile de mieux caricaturer.

 

Le pape reçoit l’« archevêque » de Canterbury

Le 14 juin, le pape a reçu le nouvel « archevêque » de Canterbury, Justin Welby, accompagné de sa femme, Caroline. Il a salué Justin Welby du titre de « Votre Grâce », puis il a rappelé que « le vénérable serviteur de Dieu » Paul VI avait adressé ces paroles à « l’archevêque » Michael Ramsey lors de sa visite historique en 1966 :

Vos pas ne vous portent pas dans une maison étrangère. […] Nous sommes heureux de vous ouvrir les portes et, avec les portes, notre cœur ; parce que nous sommes contents et honorés […] de vous accueillir non comme « des étrangers ni des hôtes ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la maison de Dieu » (cf. Ep 2, 19-20).

Ainsi les protestants – autrefois considérés comme schismatiques et hérétiques – sont maintenant des « concitoyens des saints ». D’ail­leurs, nous leur sommes unis par la charité, comme l’a souligné le pape :

L’unité, à laquelle nous aspirons sincèrement, est un don qui vient d’en haut et qui se fonde dans notre communion d’amour avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Le Christ lui-même a promis : « Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Mt 18, 20). Nous marchons, cher frère, vers l’unité, unis fraternellement dans la charité et ayant comme point de référence constant Jésus-Christ, notre Frère aîné.

 

Hommage au pape Paul VI pour son culte de l’homme

Le 22 juin, devant des membres du diocèse de Brescia, le pape François a rendu hommage au « grand pape » Paul VI, qui vivait de façon « passionnée […] l’amour du Christ, l’amour de l’Église et l’amour de l’homme ».

A propos de cet amour de l’homme du pape Paul VI, François 1er a cité le fameux discours de clôture du Concile :

Lors de la dernière session de Vatican II, Paul VI a prononcé un discours qui touche chaque fois qu’on le relit. En particulier lorsqu’il parle de l’attention portée par le Concile à l’homme contemporain. Il dit ceci : « L’humanisme laïc profane est finalement apparu dans sa terrible dimension et il a, en un sens, défié le Concile. La religion du Dieu qui s’est fait homme a rencontré la religion de l’homme qui se fait Dieu. Que s’est-il passé ? un affrontement, une lutte, un anathème ? Cela aurait pu arriver, mais cela n’a pas eu lieu. La vieille histoire du Samaritain a été le paradigme de la spiritualité du Concile. Une sympathie immense l’a entièrement inondé. La découverte des besoins humains… Reconnaissez-lui au moins cela, vous, humanistes modernes, qui avez renoncé à la transcendance des choses suprêmes, et reconnaissez notre nouvel humanisme : nous aussi, nous plus que tout autre, nous sommes ceux qui rendent un culte à l’homme » (Homélie, 7 décembre 1965).

Ainsi le pape François admire dans le pape Paul VI ce qui est le plus opposé à la Tradition, le plus révolutionnaire : son culte de l’homme.

 

Le pape reçoit le Comité juif international

Le 24 juin, le pape a reçu le Comité juif international pour les consultations interreligieuses (International Jewish Committee on Interreligious Consultations). Il a salué les personnalités juives ainsi : « Chers frères et sœurs aînés, Shalom ! » Puis il a déclaré :

Durant ces premiers mois de mon ministère, j’ai déjà eu la chance de rencontrer d’importantes personnalités du monde juif, mais c’est la première fois que je parle avec un groupe officiel de représentants des organisations et communautés juives, aussi je ne peux pas ne pas mentionner ce qui a été solennellement déclaré par le concile Vatican II, au paragraphe 4 de la déclaration Nostra Aetate, qui reste pour l’Église catholique un point de référence essentiel pour les relations avec le peuple juif.

On sait que cette déclaration conciliaire a été le point de départ d’une nouvelle conception des rapports entre l’Église et la Synagogue [4]. Les représentants du judaïsme contemporain y attachent une grande importance et désirent notamment qu’en cas d’accord entre Rome et les traditionalistes, ceux-ci reconnaissent qu’ils acceptent cette déclaration.

Le pape s’est encore félicité du dialogue entre les deux religions qui « a contribué à tous nous faire grandir en tant que personnes et en tant que croyants ». Il se félicite donc que les juifs soient meilleurs croyants dans leur religion, qui, rappelons-le, n’est pas la religion pratiquée par Notre-Seigneur Jésus-Christ, mais la religion talmudique qui rejette explicitement la messianité et la divinité de Jésus-Christ.

Le cardinal Bea sert la main du rabbin Heschel lors de la rencontre de 1963

Il a terminé son entretien en demandant aux personnalités jui­ves de prier pour lui.

Des délégués d’AJC (American Jewish Committee) et un membre fondateur du Comité juif international, étaient présents. Voici le commentaire qu’ils en ont fait :

« Le pape Francois est un très bon ami du peuple juif et nous nous réjouissons du fait qu’il poursuive la politique de ses prédécesseurs, à savoir pérenniser et approfondir les relations entre juifs et catholiques », a déclaré le rabbin David Rosen, Directeur des affaires interreligieuses internationales. […] Le rabbin Rosen était accompagné de David Inlander, président du Comité des affaires interreligieuses d’AJC […]. Au nom d’AJC, Inlander a offert deux présents au pape François. Le premier est une photo encadrée du rabbin Abraham Joshua Heschel et du cardinal Augustin Bea lors de la réunion historique du 31 mars 1963 au siège de l’AJC à New York. A l’initiative d’AJC, le rabbin et le cardinal s’étaient réunis pour discuter de la préparation d’une déclaration du concile œcuménique Vatican II sur les relations entre l’Église catholique et le peuple juif. L’autre cadeau fut le livre : « Wide Horizons: Abraham Joshua Heschel, AJC, et l’Esprit de Nostra ætate ».

A propos de la rencontre entre Heschel et le cardinal Bea, nos lecteurs pourront se reporter à l’article de Joseph Roddy : « Comment les juifs ont changé la pensée catholique » (Le Sel de la terre 34, p. 202).

 

L’angelus de la liberté de conscience

Citons l’information de l’agence Zenit du 30 juin :

Il se passe toujours quelque chose d’imprévu dans le dialogue entre le pape François et la foule, le dimanche à l’angelus de midi.  L’allocution du pape avant l’angelus de ce dimanche 30 juin, place Saint-Pierre, pourrait s’appeler « l’angelus de la liberté de conscience » ou « l’angelus de Benoît XVI ». En effet, le pape y a cité Benoît XVI comme un « exemple merveilleux » de la liberté de la conscience, du « dialogue intérieur avec Dieu » dans la conscience et de la décision libre et ferme prise en conscience devant Dieu. La foule a applaudi spontanément l’exemple de Benoît XVI, puis le pape a encouragé les applaudissements d’un geste de la main, avant de lâcher lui-même les feuilles de son discours pour applaudir des deux mains. Le pape a longuement insisté sur la liberté du Christ et a exhorté les chrétiens à être eux aussi « libres », donc « créatifs » : « Jésus nous veut, nous, chrétiens, libres, comme lui, de cette liberté qui vient de ce dialogue avec le Père, de ce dialogue avec Dieu. » « Jésus n’impose jamais : Jésus est humble, il invite. Si tu veux, viens. Et l’humilité de Jésus est ainsi. Lui, il nous invite toujours. Il n’impose pas », a souligné le pape en sortant de son discours écrit.

Nous sommes toujours dans l’illusion du libéralisme qui confond la liberté psychologique et la liberté morale : Jésus ne nous impose pas physiquement la foi, il veut que nous l’embrassions librement (liberté physique ou psychologique), mais il nous impose l’obligation de croire sous la menace de la plus grande peine possible, celle de l’enfer (nous n’avons pas la liberté morale). Or, c’est précisément cette obligation morale de croire qui gêne les libéraux et dont ils ne parlent pas.

 

Prochaine « canonisation » des papes Jean XXIII et Jean-Paul II

Le pape François a approuvé le 5 juillet un décret relatif à la cause de « canonisation » du « bienheureux » Jean-Paul II (le pape François reconnaît un deuxième « miracle » dû à l’intercession du « bienheureux », sans expliquer de quel « miracle » il s’agit), et il a approuvé un vote positif des cardinaux de la congrégation romaine en vue de la « canonisation » du « bienheureux » Jean XXIII, sans qu’il y ait de miracle reconnu.

Le pape a, en effet, le pouvoir de dispenser du deuxième miracle, nécessaire, après la béatification, pour la canonisation. (Zenit.org).

Pour procéder à la « béatification » de Jean-Paul II, on avait accepté un miracle qui parut douteux à plus d’un médecin : la guérison de sœur Marie Simon-Pierre Normand, guérie de la maladie de Parkinson le 2 juin 2005. Traditionnellement, l’Église ne retenait pas de telles guérisons de maladies nerveuses, dont les causes sont mal connues.

Cette fois-ci, on ignore tout – pour l’instant – des circonstances du deuxième « miracle » attribué à Jean-Paul II.

Quant au « bon pape Jean », il semble qu’il ait du mal à faire un deuxième « miracle » : aussi le pape François a jugé bon de l’en dispenser. « Nous connaissons tous les vertus et la personnalité du pape Roncalli, il n’y a pas besoin d’expliquer les motifs de la décision sur sa sainteté », a déclaré le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi. Précisément, « les vertus et la personnalité du pape Roncalli » posent quelques problèmes, comme le montrent les articles de l’abbé Simoulin, « Dossier sur Jean XXIII (quatre sophismes de Jean XXIII) », dans Le Sel de la terre 36 (p. 80), et du père Innocenzo Colosio O.P., « Entretien sur la “bonté” du pape Jean XXIII », dans Le Sel de la terre 42 (p. 39). Voir aussi : « “Bienheu­reux” Jean XXIII ? » (Le Sel de la terre 34, p. 221) ; « La malheureuse contribution de l’historiographie officielle à la béatification de Jean XXIII » (Le Sel de la terre 36, p. 227) ; « La canonisation maçonnique de Jean XXIII » (Le Sel de la terre 48, p. 179).

Sur la question des « canonisations » faites par l’Église conciliaire, nous renvoyons nos lecteurs aux études : « Les canonisations faites par le pape Jean-Paul II sont-elles infaillibles ? » par Mgr Lefebvre (Le Sel de la terre 42, p. 244) et « Infaillibilité des canonisations et des lois universelles » par l’abbé Calderón (Le Sel de la terre 72, p. 36, spécialement p. 107-112).

 

L’encouragement à l’immigration-invasion

Distribution de la communion à Lampedusa

Le pape s’est rendu le 8 juillet sur l’île de Lampedu­sa, petite île italienne située entre la Sicile et la Tunisie. Le journal Le Monde notait qu’il s’agissait de

son premier voyage hors de Rome, placé sous le signe de la solidarité avec les dizaines de milliers de migrants qui y arrivent chaque année au terme d’un voyage périlleux. Le pape François a fustigé « l’indifférence » du monde au sort des migrants dans leur quête d’une vie meilleure [5].

Le pape François a salué les musulmans qui font le Ramadan : « Je désire me tourner en pensée vers les chers immigrés musulmans qui commencent, ce soir, le jeune du Ramadan, avec le vœu d’abondants fruits spirituels. L’Église vous est proche dans la recherche d’une vie plus digne pour vous et vos familles. A vous : oshià ! ».

Flavien Blanchon, dans Rivarol du 12 juillet 2013, a fustigé cette action du pape :

La salle de presse du Vatican nous assure qu’il avait été « profondément touché par le récent naufrage d’une embarcation qui transportait des migrants venant d’Afrique ». Il est vrai que, malgré tous les efforts de la Garde côtière, comme on continue à l’appeler, qui va chercher les bateaux des trafiquants à plusieurs dizaines de milles au large pour les remorquer jusqu’en Italie, il arrive encore que certains coulent. Sept clandestins ont péri au milieu du mois dernier. C’est désolant, mais il y a aussi des gens qui se tuent sur les routes en partant en vacances… En deux jours, pour sept noyés, on a compté au moins un millier d’heureux arrivés sur les côtes de Sicile et de Calabre. Selon les chiffres officiels du ministère de l’Intérieur italien, nous en sommes à huit mille débarquements depuis le début de l’année, deux fois plus qu’au premier semestre 2012, et, beau temps aidant, les immigrés arrivent en ce moment à jet continu. Les sept noyés, par parenthèse, s’étaient agrippés au filet d’un thonier tunisien, le « Khaked Amir », qui a préféré couper son filet plutôt que de les recueillir : au témoignage des survivants, l’équipage a même rejeté à la mer ceux qui étaient parvenus à monter à bord. François n’a pourtant aucun doute. S’il arrive malheur à quelques candidats à l’immigration clandestine, la faute en est à ceux chez qui ils venaient s’installer. Il n’a pas hésité à comparer ces derniers à Caïn meurtrier de son frère. « “Où est ton frère ?” La voix de son sang crie jusqu’à moi, dit Dieu. » Il a célébré la nouvelle messe sur une barque de clandestins transformée en autel, équipé d’une croix pastorale fabriquée dans une épave et d’un calice en bois de même origine. La « Communauté du monde arabe en Italie » (Co-mai) a publié un communiqué pour s’écrier : « Pape François, tu es grand et tu es notre idole. »

On pourra aussi lire l’intéressante « Lettre ouverte au pape François par Hélios d’Alexandrie », datée du 17 août [6]. L’auteur est un chroniqueur canadien d’origine égyptienne. En voici un extrait :

Vos propos larmoyants sur la « mondialisation de l’indifférence » à la plage de Lampedusa le 8 juillet dernier font bon marché des souffrances des habitants de cette petite île, jadis paisible, qui sert de porte d’entrée à des centaines de milliers de jeunes musulmans, dont un grand nombre se destine au djihad au cœur même de l’Europe.

 

Les Franciscains de l’Immaculée privés de messe traditionnelle

Le 11 juillet, le cardinal João Braz de Avi, préfet de la congrégation pour les Instituts de vie consacrée, a rendu public un décret du pape du 3 juillet. Ce décret contient notamment cette stipulation :

Le Saint-Père François a de plus établi que tous les religieux de la Congrégation des Frères Franciscains de l’Immaculée sont tenus de célébrer la liturgie selon le rite ordinaire, et qu’éventuellement, l’usage de la forme extraordinaire (Vetus Ordo) devra être explicitement autorisée par les autorités compétentes pour tous les religieux et/ou toutes les communautés qui en feront la demande.

Cet institut religieux, fondé par les pères Stefano Maria Manelli et Gabriele Maria Pellettieri, était l’un des plus florissants de l’Église conciliaire. Ils étaient « bi-ritualistes », c’est-à-dire qu’ils célébraient aussi bien la nouvelle messe que la messe traditionnelle. Dorénavant, ils devront se contenter de la nouvelle messe. Il ne leur est même pas permis de se référer au motu proprio du 7 juillet 2007 [7] pour célébrer la messe traditionnelle : ils devront demander une autorisation explicite.

Par le même décret, le cardinal a relevé de leurs fonctions les supérieurs des Franciscains de l’Immaculée, confiant le gouvernement de l’Institut à un « commissaire apostolique », le père Fidenzio Volpi O.F.M. Cap. Afin de durcir la forme du décret, le cardinal João Braz de Aviz s’est muni d’une approbation ex auditu du pape François, ce qui retire aux Franciscains de l’Immaculée toute possibilité de recours devant le Tribunal de la Signature apostolique.

Aujourd’hui, au nom du pape, la congrégation pour les Instituts de vie consacrée relève de ses fonctions le gouvernement de l’Institut, pour le transférer à une minorité de religieux rebelles, d’orientation progressiste, sur laquelle le nouveau commissaire apostolique s’appuiera pour le normaliser, c’est-à-dire pour le conduire au désastre auquel il avait jusqu’ici échappé [8].

 

Journées mondiales de la Jeunesse 2013

Pour sa première sortie du territoire italien, le pape François s’est rendu au Brésil. Il lui fallait assister aux 28es Journées Mondiales de la Jeunesse. Ces Journées – organisées la première fois en 1985 à Rome par Jean-Paul II – rassemblent des centaines de milliers de jeunes gens dans une ambiance plus proche des manifestations hippies des années soixante-dix ou des meetings évangéliques protestants que des grandes cérémonies pontificales du temps de saint Pie X ou de Pie XII. Quels sont l’esprit et la finalité de ces Journées ? L’ouvrage de Cornelia R. Ferreira intitulé Les Journées mondiales de la jeunesse, agent de changement pour une nouvelle Eglise, paru en anglais en 2005 et en français aux éditions Sanctus Martinus [9], le dit clairement. L’auteur fut le témoin oculaire des JMJ de Toronto. Les Journées de Rio de Janeiro n’ont pas dérogé à la règle.

Distribution de la communion lors des JMJ, par des laïcs, les "ciboires" étant des gobelets plastique

Arrivé le 22 juillet, le pape François est allé au sanctuaire marial d’Aparecida, puis à l’hôpital Saint-François de Rio. Le 25 juillet, il a visité la favela de Varginha au nord de Rio, s’est rendu à la cathédrale de cette ville, puis a assisté à une veillée de prière organisée sur la plage de Copacabana. Le lendemain, en fin d’après-midi, sur cette même plage, le pape a suivi un chemin de croix qui tint davantage du spectacle à l’américaine que de la méditation classique des quatorze stations du chemin de croix. Le 27 juillet, le pape François est allé au théâtre municipal de Rio pour une rencontre avec les élites dirigeantes du Brésil. Conformément à Dignitatis Humanæ de Vatican II et à l’indifférentisme religieux – maintes fois condamné par les souverains pontifes –, il a déclaré que

la laïcité de l’État, qui, sans assumer comme propre aucune position confessionnelle, respecte et valorise la présence de la dimension religieuse dans la société, en en favorisant ses expressions les plus concrètes, est favorable à la cohabitation entre les diverses religions [10].

Prônant un « humanisme intégral », François considère « fondamentale dans ce dialogue la contribution des grandes traditions religieuses, qui exercent un rôle fécond de levain de la vie sociale et d’animation de la démocratie ». La religion conciliaire est donc bien ce « mouvement d’animation spirituelle de la démocratie universelle » (MASDU) décrit par l’abbé de Nantes dans les années soixante-dix.

Dans la soirée du 27 juillet, la veillée de prière avec les jeunes a débuté par une grande exhibition à laquelle se sont joints des évêques du monde entier. Ces danses lamentables, dans le style des spectacles télévisés, où l’on a vu les évêques se trémousser en public, fut salué par une foule galvanisée et particulièrement excitée. Les fruits du Saint-Esprit décrits par saint Paul ne sont pas là !


Outre les discours lénifiants socialo-misérabilistes, les scandales eucharistiques, les shows à l’améri­caine, l’excitation continue de ces foules – ce ne sont pas quelques paroles du pape condamnant la mondialisation économique ou l’installation de cinquante confessionnaux qui peuvent sauver ce genre de rassemblement –, le voyage du pape de « l’Église des pauvres » aura coûté, selon les sources officielles brésiliennes, la coquette somme de 108 millions d’euros. De quoi nourrir quelques pauvres et entretenir plusieurs églises et instituts caritatifs…

 

Le pape voit les traditionalistes comme des pélagiens

Le 28 juillet, dans un discours au CELAM (évêques responsables du conseil épiscopal latino-américain), le pape François a parlé de « quelques tentations du disciple missionnaire ».

Il s’agit de connaître certaines propositions actuelles qui peuvent se dissimuler dans la dynamique du disciple missionnaire et arrêter, jusqu’à le faire échouer, le processus de conversion pastorale.

Il a parlé notamment du danger « d’idéologiser le message évangélique », ce qui peut se faire de différentes manières, par exemple par la « proposition pélagienne » :

Elle apparaît fondamentalement sous la forme d’une restauration. Devant les maux de l’Église, on cherche une solution seulement disciplinaire, par la restauration de conduites et de formes dépassées qui n’ont pas même culturellement la capacité d’être significatives. En Amérique Latine, on la rencontre dans des petits groupes, dans quelques congrégations religieuses nouvelles qui recherchent de manière exagérée une « sécurité » doctrinale ou disciplinaire. Elle est fondamentalement statique, même si elle promeut une dynamique ad intra, qui retourne en arrière. Elle cherche à « récupérer » le passé perdu.

Il n’est pas douteux que le pape veut parler, entre autres, des traditionalistes, comme nous l’avons vu ci-dessus à propos de l’entretien du 6 juin avec la CLAR.

 

Rencontre avec les journalistes dans l’avion de retour de Rio

Le même jour (28 juillet), le pape a répondu à des questions posées par les journalistes dans l’avion qui le ramenait du Brésil (JMJ) à Rome. Voici quelques extraits intéressants [11] :

• Relation entre synodalité et primat

Suite à une question sur la réforme de la curie, le pape a dit que la nomination de la commission de huit cardinaux chargée de cette réforme se situait « dans la ligne de la maturation de la relation entre synodalité et primat ». Il a parlé d’une proposition relative à la « commission post-synodale, pour qu’elle ait un caractère permanent de conseil ». On peut craindre que ce nouveau pontificat n’ait pour objectif d’introduire davantage la démocratie dans l’Église, sous la forme d’un conseil permanent nommé par le synode des évêques (qui, pour l’instant ne se réunit que tous les deux ou trois ans).

• Le pape ne parle pas de l’avortement, ni du « mariage » homosexuel

A une journaliste brésilienne qui lui demandait pourquoi il n’avait pas parlé lors de son voyage de « l’avortement et du mariage entre personnes du même sexe », le pape a répondu : « L’Église s’est déjà parfaitement exprimée sur cela. Il n’était pas nécessaire d’y revenir. » Comme la journaliste insistait : « C’est un sujet qui intéresse les jeunes », le pape s’est dérobé à nouveau : « Oui, mais ce n’était pas nécessaire d’en parler, mais bien des choses positives qui ouvrent le chemin aux jeunes. N’est-ce pas vrai ? En outre, les jeunes savent parfaitement quelle est la position de l’Église ! » La journaliste a essayé alors de savoir au moins quelle est la position personnelle du pape : « Celle de l’Église. Je suis fils de l’Église. » Il est visible que le pape ne veut pas s’exprimer sur ces questions.

• Les mouvements sont une grâce de l’Esprit

Interrogé sur le Renouveau charismatique, le pape a expliqué qu’au début il était réservé à leur égard, mais qu’ensuite il les a mieux connus et qu’il « s’est converti ». Il pense que ce mouvement fait beaucoup de bien à l’Église.

Je les ai toujours favorisés, quand je me suis converti, quand j’ai vu le bien qu’ils faisaient. Car dans le contexte actuel de l’Église – et ici j’élargis un peu la réponse – je crois que les mouvements sont nécessaires. Les mouvements sont une grâce de l’Esprit.

• Il faut faire une profonde théologie de la femme

Parlant du rôle de la femme dans l’Église, le pape a dit :

Je crois que nous n’avons pas encore fait une profonde théologie de la femme, dans l’Église. Seulement elle peut faire ceci, elle peut faire cela, maintenant elle fait la servante de messe [le pape semble approuver cela], maintenant elle lit la Lecture, elle est la présidente de la Caritas… mais, il y a plus que ça ! Il faut faire une profonde théologie de la femme. C’est ce que je pense. […] On ne peut pas se limiter au fait qu’elle fasse l’enfant de chœur [voir la remarque précédente] ou la présidente de la Caritas, la catéchiste… Non ! ça doit être plus que ça, profondément plus, aussi mystiquement plus, c’est en ce sens que j’ai parlé de la théologie de la femme.

On peut s’attendre là aussi à une progression dans le sens de la féminisation de l’Église [12].

• La communion pour les divorcés

A propos de l’accès à la communion des divorcés « remariés », le pape a dit : « Les divorcés peuvent communier, il n’y a pas de problème [le pape semble bien aimer ce mot, nous allons le trouver souvent dans cet entretien], mais quand ils vivent en seconde union, ils ne le peuvent pas. »

Le pape a omis de dire le divorce n’est permis que pour de graves raisons. Le divorce peut être un péché mortel et poser un « problème » pour la communion.

Le pape a continué, parlant des divorcés « remariés » :

Je crois que c’est nécessaire de regarder cela dans la totalité de la pastorale matrimoniale. Et c’est pourquoi c’est un problème. Mais aussi – entre parenthèses – les Orthodoxes ont une praxis différente. Ils suivent la théologie de l’économie, comme ils l’appellent, et ils donnent une seconde possibilité, ils le permettent. Mais je crois que ce problème – je ferme la parenthèse – on doit l’étudier dans le cadre de la pastorale matrimoniale. […] Nous sommes en marche pour une pastorale matrimoniale plus profonde.

Le pape semble admettre la légitimité de la praxis « orthodoxe », qui est évidemment contraire à l’Évangile. Il annonce une « pastorale matrimoniale plus profonde », ce qui laisse craindre, là encore, un changement (et laisse croire aussi que l’Église en 2000 ans n’a pas compris le sacrement de mariage).

• Jean XXIII et Jean-Paul II sont « deux bons »

Interrogé sur la « canonisation » de ces deux papes conciliaires, François n’a pas tari d’éloge à leur propos, les « canonisant » d’avance :

[Jean XXIII] est un courageux, un bon prêtre de campagne, avec un sens de l’humour si grand, si grand, et une grande sainteté. […] Mais c’est un grand, un grand ! Ensuite, il y a l’homme du Concile : c’est un homme docile à la voix de Dieu ; cela lui est venu du Saint-Esprit, cela lui est venu, et il a été docile. […] De Jean-Paul II j’ai envie de dire « le grand missionnaire de l’Église » […]. C’est un Paul, c’est un saint Paul, c’est un homme de la sorte ; pour moi il est grand. Et faire la cérémonie de canonisation de tous les deux ensemble, je crois que c’est un message pour l’Église : ces deux sont bons, ils sont bons, ce sont deux bons.

Il a aussi confirmé que les procès de « béatification » des deux autres papes conciliaires (Paul VI et Jean-Paul 1er) sont en cours. Ainsi, bientôt, tous les papes conciliaires seront sur les autels… de l’Église conciliaire.

• Que suis-je pour juger un homosexuel ?

Interrogé sur le « lobby gay » au Vatican, le pape a répondu :

On écrit beaucoup sur le lobby gay. Je n’ai encore trouvé personne au Vatican qui me donne sa carte d’identité avec « gay ». On dit qu’il y en a. Je crois que lorsqu’on se trouve avec une telle personne on doit distinguer le fait d’être « gay », du fait de faire un lobby ; parce que les lobbies, tous ne sont pas bons. Celui-ci est mauvais. Si une personne est gay et cherche le Seigneur, fait preuve de bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? […] Le problème n’est pas d’avoir cette tendance, […] le problème est de faire de cette tendance, un lobby.

D’après ce que dit le pape, en dehors du fait d’en faire un lobby, il n’y a pas de problème à être « gay » (homosexuel). Pourtant l’homosexualité n’est pas seulement une « tendance » de certaines personnes, c’est aussi, quand on y consent, un péché abominable. Le pape l’ignore-t-il ? N’ose-t-il en parler de crainte d’être accusé d’« homophobie » ? En tout cas, le silence dans la circonstance et son refus de « juger » est très grave et bien contraire à la Tradition de l’Église [13].

 

Message pour la fin du Ramadan signé de la main du pape

A l’occasion de la fin du Ramadan et de l’Aïd al-Fitr, le pape François a signé de sa main, le 10 juillet, un message de vœux aux musulmans, qui a été publié le 2 août 2013.

Il est désormais de tradition qu’en cette occasion le Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux vous adresse un message de vœux, accompagné d’un thème en vue d’une réflexion commune. Cette année, la première de mon pontificat, j’ai décidé de signer moi-même ce message traditionnel et de vous l’envoyer, chers amis, comme expression d’estime et d’amitié envers tous les musulmans, spécialement envers leurs chefs religieux. […] Pour en venir maintenant au respect mutuel dans les relations interreligieuses, notamment entre chrétiens et musulmans, ce que nous sommes appelés à respecter c’est la religion de l’autre, ses enseignements, ses symboles et ses valeurs. […] En ce qui concerne l’éducation des jeunes musulmans et chrétiens, nous devons encourager nos jeunes à penser et à parler de manière respectueuse des autres religions et de ceux qui les pratiquent en évitant de ridiculiser ou de dénigrer leurs convictions et leurs rites. […] Recevant le Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, le 22 mars 2013, j’ai affirmé : « On ne peut vivre des liens véritables avec Dieu en ignorant les autres. Pour cela, il est important d’intensifier le dialogue entre les différentes religions, je pense surtout au dialogue avec l’islam, et j’ai beaucoup apprécié la présence, durant la messe du début de mon ministère, de nombreuses autorités civiles et religieuses du monde islamique. »

L’abbé Régis de Cacqueray protestait le 6 août 2013 :

Lorsque des papes, par leurs gestes, comme le baiser du Coran, ou par leurs écrits, quand ils souhaitent une bonne fête de l’Aïd al-Fitr, confortent les musulmans dans la pratique de l’Islam, nous ne pouvons qu’être bouleversés ! Ce faisant, ils semblent perdre de vue la nécessité qu’ont les âmes de s’éloigner de ces chemins qui ne mènent pas et ne pourront jamais mener au salut [14].

Peu après, le 10 septembre, L’Œuvre d’Orient publiait la liste des destructions de lieux de culte chrétien en Égypte depuis le 14 août (en moins d’un mois) : 38 églises pillées, saccagées et brûlées entièrement ou bombardées, 22 églises attaquées par jets de pierres, cocktails Molotov, balles et/ou assiégées, 7 écoles et couvents brûlés, 8 installations appartenant aux églises entièrement brûlées, 58 maisons, 16 pharmacies, 85 magasins, 3 hôtels, 75 autocars et voitures appartenant aux Coptes, pillés, saccagés et brûlés entièrement. La politique du sourire aux musulmans ne semble pas réussir.

 

Le pape reçoit le Congrès juif mondial (WJC)

Le 2 septembre, c’est au tour du Congrès juif mondial d’être reçu par le pape François.

Au cours de l’entretien, le pape a souhaité aux juifs du monde entier « une année 5774 douce et paisible » : « Chana Tova » (bonne année), leur a-t-il dit en hébreu [15].

Comme on sait, les juifs actuels refusent de compter les années à partir de l’incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qu’ils considèrent comme un imposteur. Ils comptent les années à partir de la création (d’après le comput de la Bible). Il est pour le moins déplacé qu’un pape cautionne cette manière de compter, car c’est un refus implicite de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Comme il l’avait déclaré devant le Comité juif international le 24 juin, le pape a rappelé qu’« un chrétien ne peut pas être antisémite » : « pour être un bon chrétien, a-t-il ajouté, il est nécessaire de comprendre l’histoire et les traditions juives », car « juifs et chrétiens partagent les mêmes racines ».

C’est mettre encore une fois entre parenthèses la différence fondamentale entre la religion juive de l’ancien Testament (qui préparait la venue du Messie) et la religion juive talmudique actuelle (qui rejette le Messie).

Le WJC et le Saint-Siège ont décidé d’un commun accord de dénoncer […] les tendances à restreindre des pratiques religieuses établies, comme la circoncision. Le pape a exprimé sa préoccupation pour les interdictions pesant sur l’abattage casher en Pologne et a confié au cardinal Kurt Koch, président de la commission du Vatican pour les relations avec les juifs, d’organiser une réunion sur cette question dès la semaine suivante.

L’intérêt que porte le pape à favoriser la pratique de la circoncision est pour le moins surprenant. En effet, la circoncision est une cérémonie sanglante, qui se comprenait dans le cadre de l’ancien Testament. Notre-Seigneur Jésus-Christ l’a subie pour nous en délivrer [16]. Les juifs actuels mêlent à la cérémonie prévue par l’ancien Testament des rites tirés de leur kabbale [17]. La circoncision se comprenait dans le cadre de l’ancienne Alliance, comme un signe du Messie à venir, qui devait être de la descendance charnelle d’Abraham. Maintenant que le Messie est venu, l’accomplir est un péché de superstition [18].

Après la rencontre, le président du WJC, Ronald S. Lauder, a salué l’engagement indéfectible du pape pour le dialogue : « La conduite du pape a donné un nouvel élan aux relations avec le judaïsme. Jamais les relations entre l’Église catholique et le peuple juif n’ont été aussi bonnes depuis 2000 ans. La conduite des papes successifs, au cours des cinq dernières décennies [précisément depuis le début du concile Vatican II], a contribué à surmonter beaucoup de préjugés. Cela nous permet maintenant de travailler ensemble pour défendre la liberté religieuse partout où elle est menacée et quelle que soit la communauté affectée. »

Le président du WJC ne fait que confirmer ce que nous avons eu souvent l’occasion de dire : les relations entre l’Église et la synagogue ont radicalement changé depuis le Concile, et les juifs actuels sont spécialement attachés à ce que l’Église conciliaire proclame et défende l’erreur de la liberté religieuse, car ils savent que c’est le moyen le plus sûr de détruire progressivement de l’Église catholique (du fait du péché originel, les hommes iront plus facilement vers le mal que vers le bien, s’ils ne sont pas aidés par une autorité bienfaisante : c’est le cas dans le cadre de l’État comme dans celui de la famille).

 



[1]  — Canon 1258, § 1 : « Il n’est pas permis aux fidèles d’assister activement ou de prendre part, sous quelque forme que ce soit, aux rites sacrés non-catholiques. »

[2]  — ORLF, jeudi 16 mai 2013, p. 8.

[3]  — http://www.reflexionyliberacion.cl. Voir aussi DICI 277, p. 3 et 4.

[4]  — Voir notamment les articles de Michel Laurigan : « Vatican II : Du “mythe de la substitution” à la religion noachide » dans Le Sel de la terre 46 et « De Nostra ætate à la synagogue de Cologne. Chronologie d’un engrenage » dans Le Sel de la terre 55. Ces articles sont parus sous forme de tirés-à-part enrichis et mis à jour aux éditions du Sel : L’Église et la Synagogue depuis Vatican II et Chronologie d´un engrenage, disponibles chez D.P.F., BP 1, 86190 Chiré-en-Montreuil – Tél. : 05.49.51.83.04, ou sur le site : www.seldelaterre.fr.

[5]  — http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/07/08/

[6]  — http://www.postedeveille.ca/chronique-dhélios-dalexandrie/

[7]  — Six années après sa publication, le motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI continue à n’être présent, sur le site du Saint-Siège, qu’en deux langues qui comptent parmi les moins connues : le latin et le hongrois.

[8]  — Roberto de Mattei : « Le cas extrêmement grave des Franciscains de l’Immacu­lée ». http://corrispondenzaromana.voxmail.it

[9]  — Disponible chez DPF (Diffusion de la Pensée française).

[10] — http://www.vatican.va/holy_father/francesco/speeches/2013/july.

[11] — Voir ORLF 32-33, 8-15 août 2013, p. 2-7.

[12] — Voir Le Sel de la terre 84, p. 163.

[13] — Voir à ce sujet « A la lumière de l’Écriture sainte – Saint Paul contre Sodome » dans Le Sel de la terre 52, p. 35.

[14] — « Message du pape François pour la fin du Ramadan », http://www.laportelatine.org/.

[15] — Zenit.org du 3 septembre 2013. De même pour les citations suivantes.

[16] — Voir III q. 37, a. 1 : « Le Christ devait être circoncis pour plusieurs motifs. […] 7° Pour délivrer les autres du fardeau de la loi, en portant ce fardeau lui-même, selon l’épître aux Galates (4, 4) : “Dieu a envoyé son Fils né sous la loi pour racheter ceux qui étaient sous la loi.” »

[17] — Le Sefer Ha Zohar (Livre de la Splendeur), aussi appelé Zohar, est un des ouvrages majeurs de la kabbale.

[18] — Voir Le Sel de la terre 73, p. 202, à propos de la circoncision du petit-fils de Nicolas Sarkozy.

Informations

L'auteur

Religieux dominicain du couvent de la Haye-aux-Bonshommes (Avrillé).

Le numéro

Le Sel de la terre n° 86

p. 166-182

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