1813-2013 Bicentenaire de la naissance de Louis VEUILLOT
Le monument à Louis Veuillot
érigé en la chapelle Saint-Benoît Labre de la basilique de Montmartre (1898).
Le sculpteur Fagel a représenté la foi et la force sous les traits, à gauche, de la fille du jounaliste (sœur Marie-Luce, visitandine, décédée en 1891) et peut-être, à droite, de sa sœur Élise (décédée en 1911). En arrière-plan, sont évoqués Le Parfum de Rome (la coupole de Saint-Pierre) et Les Odeurs de Paris (Notre-Dame de Paris) qui sont les œuvres maîtresses de Louis Veuillot.
L’homme et son œuvre
Repères biographiques
® 11 octobre 1813. Naissance de Louis Veuillot à Boynes en Gâtinais. Son père (originaire de Bourgogne) est ouvrier-tonnelier.
« Pas un mot de Dieu ! Je le dis à la honte de mon temps, non à la leur, mes parents ne connaissaient pas Dieu. Enfants tous deux à l’époque où l’on massacrait les prêtres, ils n’en avaient point trouvé dans les villages pour les élever et tout ce qu’en vieillissant ils avaient entendu dire aux plus habiles qu’eux de l’Église et des ministres de la religion leur en inspirait l’horreur. » [Rome et Lorette. Œ.C., t. 3, p. 9.]
® Peu après, la famille déménage à Bercy près de Paris. Louis fréquente l’École communale mutuelle. Il fait sa communion, après laquelle il abandonne le peu de pratique religieuse qu’il observait.
« Poussé à la sainte Table par des mains ignorantes ou tout à fait impies, je m’en approchai sans savoir à quel redoutable et saint banquet je prenais part. […] Je n’y retournai plus. » [Rome et Lorette. Œ.C., t. 3, p. 10.]
® 1818. Naissance de son frère Eugène. Deux sœurs naîtront plus tard : Élise (qui sera sa gouvernante et sa secrétaire après son veuvage) et Anne.
® 1826. Troisième clerc (à 30 francs par mois) chez Me Fortuné Delavigne (frère de Casimir, le poète). Pour pouvoir acheter des livres, il aide, tôt le matin, à 5 sous l’heure, les ramasseurs de sable de la Seine. Son ami Gustave Olivier (également clerc chez Delavigne) lui fait connaître la bohème parisienne des théâtres et des journaux.
® 1830. En juillet, il approuve la révolution « contre l’insupportable joug des prêtres et contre le roi Charles X, qui disait la messe en blanc [1] ! »
® 1831. En septembre, grâce à G. Olivier, il est engagé au journal L’Écho de la Seine-Inférieure, à Rouen. Il y tient la rubrique locale et la chronique des spectacles. Il se bat deux fois en duel.
® 1832. Il est engagé par Bugeaud comme rédacteur en chef du Mémorial de la Dordogne (feuille gouvernementale) à Périgueux, où « pas un homme n’allait à la messe ». Il lit les classiques, prend en charge l’éducation de son frère et de ses sœurs (mises en pension).
® 1835. Son ami G. Olivier se convertit. Veuillot, travaillé par la grâce, lit l’Imitation de J.-C., jeûne pendant le carême mais ne va pas à la messe.
« Il est peu à peu envahi par le dégoût et la lassitude de sa tâche. Il s’observe et s’analyse : il s’effraie de constater que l’égoïsme commande sa conduite, l’empêchant à la fois de faire le mal et de faire le bien [2]. »
® 1836. Appelé à Paris pour collaborer au journal de Guizot La Charte de 1830. Il passe bientôt à La Paix

