Le 7Q5 définitivement identifié
par frère Emmanuel-Marie O.P.
Une étude du professeur Fayat, fondée sur le calcul des probabilités, est venue confirmer l’identification du manuscrit 7Q5 trouvé à Qumrân avec un passage de l’Évangile de saint Marc. L’opposition de l’exégèse officielle à cette identification se voit ainsi définitivement déboutée.
Qu’est-ce que le 7Q5 ?
• Présentation
Le 7Q5 est un manuscrit découvert en avril 1955 à Qumrân et appartenant aux Antiquités de l’État d’Israël.
Ce fragment de papyrus, grand comme un timbre poste, a été trouvé dans la grotte 7 de Qumrân (d’où l’abréviation « 7Q »). Cette grotte contenait 21 fragments de papyrus (dont 19 ont été numérotés), appartenant à au moins treize manuscrits, tous rédigés en grec (cas unique [1]).
Les deux premiers fragments, 7Q1 et 7Q2, ont été identifiés par les éditeurs de l’édition princeps comme des passages de l’ancien Testament (respectivement : Ex 28, 4-7 et Ba 6, 43-44).
Les papyri numérotés 3, 11 à 14 et 16 à 19 ont résisté à toute tentative de déchiffrage, parce qu’ils ne contiennent qu’une ou deux lettres lisibles. En revanche, le 7Q5 a été identifié par le père jésuite O’Callaghan comme un passage de l’Évangile de saint Marc (6, 52-53), et le 7Q4 comme très probablement un extrait de la 1ère épître à Timothée (3, 16-4, 3). D’autres identifications plus aléatoires ont été proposées : 7Q6,1= Mc 4, 28 ; 7Q6,2 = Ac 27, 38 ; 7Q7 = Mc 12, 17 ; 7Q8 = Jc 1, 23-24 ; 7Q9 = Rm 5, 11-12 ; 7Q10 = 2 P 1, 15 ; 7Q15 = Mc 6, 48.
Mais ces identifications avec des textes du nouveau Testament ont toutes été refusées par les exégètes, au prétexte qu’il était formellement impossible que des textes néo-testamentaires puissent se trouver à Qumrân, les grottes ayant été obstruées vers 68 après J.-C., c’est-à-dire à une date où, d’après la thèse de l’exégèse officielle, aucun Évangile n’était encore écrit !
• Description
Le 7Q5 est un fragment de papyrus écrit sur une seule face (ce qui signifie plutôt qu’il s’agit d’un fragment de rouleau et non pas de codex), mesurant 3, 9 cm de hauteur maximum et 2, 7 cm de largeur. Le texte visible couvre une surface de 3, 3 x 2, 3 cm.
On discerne vingt caractères, en partie altérés, couvrant cinq lignes (ce qui est très précieux pour une possible identification).
Le manuscrit est rédigé en scriptio continua (sans intervalles entre les lettres), avec cependant :
– un léger intervalle visible entre l’avant dernier et le dernier caractère de la ligne 2, et entre le iota et le tau de la ligne 3 (ce qui indique une vraisemblable coupure entre deux mots) ;
– plus évident encore, un intervalle équivalent à environ trois caractères après le premier caractère visible de la ligne 3. Dans les anciens manuscrits, cette espèce d’intervalle indique un nouveau paragraphe. Si tel est le cas, la phrase qui suit commence par kai (nettement visible), c’est-à-dire par le mot « et », construction connue sous le nom de « parataxe » (hébraïsme assez fréquent chez saint Marc, ce qui est à noter !).
Enfin, il faut remarquer, à la ligne 4, une combinaison de lettres clairement identifiable et peu courante : nné. Il n’existe pas beaucoup de mots en grec qui contiennent une telle combinaison (le verbe gennaô, engendrer, au futur ou à l’aoriste, ou le substantif correspondant gennèsis – ce qui ferait penser à une généalogie –, ou le nom propre Gennésareth).
• Datation
Le 7Q5 a été daté par Colin H. Roberts, avant toute identification, comme ayant été écrit avant l’an 50 de notre ère, à cause de son style d’écriture nettement caractérisé [2]. Ce style, appelé « Zierstil » (« décoratif ») par Roberts, a eu cours entre 50 avant J.-C. et 50 après J.-C.
On ne peut, d’autre part, repousser la date de rédaction de ce papyrus après 68, date à laquelle les Romains de la Xe légion Fretensis occupèrent la région et où les grottes furent obturées. Cette date est d’ailleurs confirmée par le témoignage archéologique des poteries et des monnaies trouvées dans les grottes.
Cette datation fut unanimement acceptée par les spécialistes, sans rencontrer d’opposition, jusqu’au moment où le père O’Callaghan identifia le manuscrit comme un texte évangélique.
• Identification
C’est en 1972 que le papyrologue J. O’Callaghan démontra que le 7Q5 reproduisait Mc 6, 52-53. Cette identification a été ensuite confirmée par les papyrologues C. P. Thiede [3] (Allemagne), H. Hunger (Vienne), O. Montevecchi (Milan) et, plus récemment, K. Jaros (Autriche).
Cette identification obtenue grâce à la présence de caractères identifiables placés sur cinq lignes différentes, respecte et confirme la stichométrie (c’est-à-dire le nombre de caractères par ligne) calculée pour les deux autres manuscrits grecs identifiés de la grotte 7 : 7Q1 et 7Q2 [4].
Une identification contestée
Le père Boismard, auteur de l’édition princeps avec le père Benoît, a écrit : « Admettre que le texte de 7Q5 correspondrait à Mc 6, 52-53, selon l’hypothèse proposée par O’Callaghan, se heurte à trois difficultés à la seule ligne 3 : une lecture erronée du papyrus, une confusion que le scribe aurait faite entre les lettres delta et tau, l’omission des mots épi tèn gèn. »
Ces arguments sont-ils fondés ?
• Une lecture erronée du manuscrit ?
« La lecture erronée » du papyrus relève de l’affirmation gratuite. En effet, d’après l’édition princeps (Benoît, Boismard), il faudrait lire à la ligne 3 : kai tw au lieu de kai ti proposé par O’Callaghan. Mais la lecture tw est une pure supposition, car la lettre supposée être un w est mutilée et la lecture kai tw ne permet aucune identification : elle ne donne rien lorsqu’elle est testée par ordinateur (programme Ibycus) et ne correspond à aucun texte recensé de la Bible ou de la littérature grecque antique.
En revanche, la lecture portant respectivement, pour les lignes 2 à 5 : tw / kai p / nnh / hs, donne bien plusieurs résultats, mais qui sont incompatibles avec une mesure stichométrique régulière. Seule la lecture tw / kai ti / nnh / hs donne un résultat respectant la stichométrie, à savoir : Mc 6, 52-53. Ce texte est le seul qui vérifie toutes les données du fragment. On doit donc considérer cette identification comme certaine.
• Une confusion faite par le scribe ?
De fait, par rapport au texte reçu – comme chacun peut le vérifier en consultant un Nouveau Testament grec –, la lecture proposée par le père O’Callaghan suppose une mutation entre les lettres delta et tau à la 3e ligne : une fois restitué, le texte du papyrus porte, après le « kai » de la ligne 3, tiaperasantes (avec un tau initial) au lieu de diaperasantes (« ayant fait la traversée », avec un delta). Cette faute d’orthographe remet-elle en cause l’identification ?
Nullement. De telles mutations sonores (une dentale prise pour une autre) sont relativement fréquentes dans les anciens manuscrits bibliques grecs. Il existe dix-huit cas attestés dans des manuscrits de la Septante et plusieurs papyrus évangéliques présentent cette « anomalie » (ainsi le P4 [Lc 3, 32] ; le P75 [Lc 11, 39 ; 12, 28], etc.).
Un exemple datant de l’époque de Notre-Seigneur est même fourni par l’archéologie (voir ci-contre) : sur le second mur ou balustrade qui entourait le Temple d’Hérode, des inscriptions interdisaient l’entrée aux étrangers sous peine de mort [5]. Une de ces inscriptions en grec a été retrouvée : le mot druphakton (barrière) y est écrit avec un tau au lieu d’un delta (truphakton). La chose est si bien attestée que des chercheurs croient même qu’à cette époque, le delta se prononçait comme un tau.
Cette « anomalie », qui est, en définitive, un magnifique indice d’authenticité et de véracité, n’infirme donc en rien l’identification proposée.
• L’omission des mots « épi tèn gèn »
Le texte standard de Marc 6, 53 porte les mots épi tèn gèn après diaperasantes (« ayant fait la traversée jusqu’à la terre »). Or, d’après la reconstitution du père O’Callaghan, le manuscrit 7Q5 ne contient pas ces mots (sans cette omission, la ligne aurait 9 caractères de trop par rapport à la stichométrie du fragment).
Il est vrai que cette omission n’est attestée par aucun autre manuscrit de Mc 6, 53 ; mais :
– ce genre d’omission de mots qui ne changent pas le sens est fréquente dans les anciens manuscrits (voir P52, manuscrit de Jn 18, 37-38, qui omet les mots eis touto présents dans le texte reçu) ;
– Le verbe diaperaô (traverser) peut s’employer absolument, sans référence à une direction. On en a un exemple dans le texte standard de Mt 9, 1 et 14, 34 ;
– Le papyrus P45 (= Mc 5, 21) omet, après diaperaô, les mots eis to péran (« vers l’autre rive »), pourtant présents dans le texte reçu [6].
• Un « nu » ou un « iota » ?
En outre, l’identification proposée par le père O’Callaghan implique qu’à la ligne 2, la lettre mutilée qui suit immédiatement le tw soit un n (= autwn, pronom personnel au génitif pluriel, « leurs cœurs »). Ce nu, accepté par le papyrologue H. Hunger, a été refusé par presque tous les exégètes (Puech, Boismard, Grelot, etc.) qui ont proposé de lire un iota suivi d’un alpha (twia). Qu’en est-il ?
Trois éléments de réponse montrent l’inanité de l’objection :
1) Le nu proposé (légèrement distendu, il est vrai) fait 3, 5 mm d’une extrémité à l’autre, soit 0,5 mm de plus que le nu (accepté par tous) de la ligne 4 qui fait 3 mm [7]. Or nous avons exactement le même écart de 0, 5 mm entre le èta de la ligne 4 et celui, très différent, de la ligne 5 (ce qui n’a pourtant créé aucune contestation).
2) Vu le contexte (identification certaine du fragment, corroborée par un nombre élevé de caractéristiques textuelles particulières toutes vérifiées : 20 lettres sur 5 lignes ; indice de changement de paragraphe, etc.), la lecture d’un nu – qui est paléographiquement probable – doit être considérée comme certaine.
3) Enfin et surtout, le 12 avril 1992, le laboratoire d’investigation criminelle de la police nationale d’Israël a procédé à une analyse de cette lettre contestée à l’aide d’un microscope stér éo-électronique : la présence de traces d’encre et de plume en diagonale, de gauche à droite, entre le iota et l’alpha supposés des sceptiques, attestent qu’il s’agit bien d’un nu. La preuve est donc faite.
L’enjeu véritable : la date de rédaction des Évangiles
En réalité, la vraie raison pour laquelle l’identification du 7Q5 avec Mc 6, 52-53 est violemment rejetée par l’immense majorité des exégètes, c’est qu’elle apporte la preuve que les Évangiles n’ont pas été rédigés tardivement. La théorie dominante veut en effet que les Évangiles soient des récits composites, plusieurs fois remaniés, qui ne rapportent pas des faits historiques, mais témoignent de la foi et des intentions théologiques de la communauté primitive, après qu’elle eut réinterprété la vie et les miracles du Christ à la lumière de « l’événement pascal ». C’est ainsi que l’exégèse moderne prétend que l’Évangile de saint Marc, qu’elle considère comme le premier à avoir vu le jour, n’a pas été écrit avant l’an 70, soit, au mieux, quarante ans après l’ascension.
Le 7Q5 prouve au contraire que les Évangiles ont été écrits très tôt, par des témoins oculaires dignes de foi, puisqu’une copie de saint Marc – disciple, et même probablement traducteur de saint Pierre – se trouvait déjà en Palestine dix à quinze ans après la mort du Christ. Car, à côté des manuscrits découverts dans la grotte 7, les archéologues ont trouvé la jarre de terre cuite qui, très vraisemblablement, les avait contenus. Sur le col de cette jarre brisée, peinte en lettres hébraïques, on lit l’inscription : amwr (RWM’), c’est-à-dire, d’après J.A. Fitzmyer, « rome », le lieu de provenance de la jarre et de son contenu. Or la tradition (notamment saint Irénée) rapporte précisément que saint Marc composa son Évangile à Rome.
Jusqu’à une date récente, on considérait que le manuscrit évangélique le plus ancien était le P52. Trouvé en Égypte, appartenant à la bibliothèque universitaire John Rylands de Manchester, ce fragment de codex (recto verso) reproduit le texte de Jn 18, 31-33 sur le recto et de Jn 18, 37-38 sur le verso. Il a été édité en 1935 par Colin H. Roberts qui le data de 125 après J.-C.
Mais la découverte du 7Q5 a bouleversé ces conclusions. Elle a même amené Karl Jaros à redater les cinquante plus anciens manuscrits connus du nouveau Testament. Les datations reçues jusqu’à présent reposent sur des bases dictées par les a priori de l’exégèse moderniste ; aussi les manuscrits qui servent de référence ont-ils été datés en fonction de critères qui se révèlent inexacts quand on les réexamine à la lumière des découvertes récentes : la référence de départ étant faussée, toutes les datations qui en dépendent doivent être révisées dans le sens d’une datation plus haute. C’est le travail auquel s’est attelé K. Jaros, disciple autrichien de C. P. Thiede : alors que, jusqu’à présent, trois ou quatre manuscrits du nouveau Testament seulement étaient datés de 150 (P52, P90, P104 et, sous réserves, P98), K. Jaros en compte désormais vingt-huit qu’il place entre 50 et 150 [8].
L’étude de probabilités du professeur Fayat
La revue scientifique Les Études de l’Association Jean Carmignac, fondée en complément du bulletin périodique de cette association et consacrée comme lui à la défense de la vérité et de l’historicité des Évangiles, a consacré son deuxième numéro au 7Q5. Ce numéro, daté de décembre 2014, est intitulé : « Le 7Q5, plus ancien fragment du nouveau Testament. Probabilités [9] ». Il a été rédigé par le professeur Christian Fayat [10] et montre, en s’appuyant sur des calculs de probabilité et la théorie quantitative de l’information, que ce minuscule fragment de papyrus est effectivement attribuable, avec un très haut degré de probabilité, à l’Évangile de saint Marc.
La question exacte qu’a résolue l’auteur est celle-ci : quelle probabilité existe-t-il que d’autres textes composés des mêmes lettres que le petit fragment de papyrus appelé 7Q5, placées dans le même ordre et sur cinq lignes, puissent se trouver dans le corpus littéraire grec antique ? La réponse, scientifiquement établie au moyen de savants calculs, équivaut à une impossibilité pure et simple. Comme l’écrit C. Fayat en conclusion : « Ce que montre le calcul des probabilités, c’est qu’il est très improbable, illusoire même, et au vrai injustifié, d’alléguer que la distribution des lettres du 7Q5 puisse appartenir à quelque texte alternatif de la littérature grecque (y compris l’ancien Testament) à celui de Marc 6, 52-53 du nouveau Testament. » Ainsi la solution Mc 6, 52-53 est-elle non seulement certaine, mais c’est la seule possible.
Un troisième numéro de cette revue est annoncé, qui portera sur les problèmes de datation et le 7Q4.
Quand la science met ses méthodes et sa rigueur au service de la foi, les résultats sont passionnants.
[1] — Quelques autres fragments grecs ont été trouvés dans la grotte 4 (qui contenait au total plus de 15 000 fragments provenant de 500 à 600 rouleaux hébreux ou araméens).
[2] — La datation des manuscrits anciens (papyri ou parchemins) se fait essentiellement par confrontation avec d’autres manuscrits déjà datés, soit qu’il s’agisse de manuscrits portant une date explicite comme des lettres personnelles ou des documents officiels (le plus vieux manuscrit daté est un contrat de mariage trouvé sur l’île Éléphantine, daté de 311 avant J.-C.), soit qu’il s’agisse de manuscrits eux-mêmes datés par comparaison avec d’autres (en comparant les styles d’écriture, les papyrologues ont constitué une banque de données et fixé des étalons pour chaque période). Les produits chimiques ou le Carbone 14, outre leur caractère aléatoire, ne permettent de dater que le support et, dans le cas de minuscules fragments, ils ne peuvent être utilisés parce qu’ils exigent un minimum de matière et détruisent la partie analysée.
[3] — Voir son ouvrage bien documenté (mais maladroitement traduit en français) : C. P. Thiede, Qumrân et les Évangiles, Paris, F.-X. de Guibert, 1994, 135 p.
[4] — Le 7Q1 (Ex 28, 4-7) a une moyenne de 20 caractères par ligne et le 7Q2 (Ba 6, 43-44 – lettre de Jérémie) de 21 caractères. Le 7Q5, quant à lui, en a entre 21 et 23.
[5] — Voir Flavius Josèphe, Guerre des Juifs 5, 5, 2 et 6, 2, 4 et Antiquités Judaïques 15, 11, 5.
[6] — On ajoutera, au sujet de cet épi tèn gèn : « Cette expression est dans une phrase tourmentée qui se présente dans les manuscrits sous au moins quatre formes différentes ; et le texte préféré par les critiques est un peu chargé, on ne sait pas s’il faut rattacher l’expression épi tèn gèn à ce qui précède ou à ce qui suit, de telle sorte qu’une omission secondaire et même l’hypothèse d’un textus brevior primitif n’apparaissent pas comme impossibles. » (Martini, de l’institut biblique pontifical.)
[7] — Cette légère variation de la même lettre d’une ligne à l’autre paraît non seulement admissible mais normale si on la confronte aux variations existantes dans les manuscrits contemporains. K. Jaros a relevé de nombreux exemples parfaitement convaincants dont il présente les photographies dans le CD Rom qu’il a réalisé (référence ci-après).
[8] — Le professeur Karl Jaros a publié les résultats de ses recherches dans un CD Rom très intéressant intitulé Das Neue Testament nach den Ältesten Griechischen Handschriften, 2006 (Verlag Franz Philipp Rutzen, Ruhpolding-Mainz, ISBN 3-938646-09-8).
[9] — Les Études de l’Association Jean Carmignac, nº 2, environ 40 p., 15 € (étranger 18 €), à commander à Association Jean Carmignac, chez les éditions François-Xavier de Guibert, 10 rue Mercœur, 75011 Paris.
[10] — C. Fayat est diplômé d’Études supérieures de sciences physiques, Docteur en chimie organique, Docteur d’État ès sciences physiques et ès sciences économiques, Docteur en planification, décision publique, développement.

