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La religion des Droits de l’homme !

 

 


DE PLUS EN PLUS de Français se déclarent athées ou sans religion. En réalité, ces bons élèves de l’école républicaine ne sont pas athées, mais idolâtres. Loin d’être sans religion, ils ont adopté sans même s’en douter la religion par défaut, celle du système : la religion des Droits de l’homme. Idolâtrie idéologique – adorant des idées abstraites plutôt que des statuettes – mais pas plus raisonnée pour autant. Le païen antique était au moins conscient de son culte. Tandis que le bobo moderne se laisse imposer une religion totalitaire sans même s’en apercevoir ! Mieux encore : plus il adhère à la religion officielle et plus il se déclarera sans religion, persuadé de ne penser que par lui-même. Il n’y a pas plus crédule que celui qui se proclame incrédule. Ni plus irrationnel que celui qui adore la Raison.

Prison mentale

Mais allez donc dire tout ça au Français de la rue ! Essayez de convaincre un professeur de l’Éducation totalitaire (dite « natio­nale »), que, contrairement à ce que racontent les manuels d’instruction civique, la « laïcité » n’est pas la neutralité religieuse, mais une religion à part entière, d’essence maçonnique, qu’on pourrait brièvement définir comme un panthéisme humanitaire. Les preuves ne manquent pas (y compris les citations du dernier ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon), mais vous aurez beaucoup de mal à vous faire entendre. Vous constaterez vite qu’au lieu de développer la capacité de percevoir et analyser le réel, l’Éducation totalitaire a formidablement accru l’ingéniosité pour le nier. Englués dans leur bonne conscience laïque, les mêmes qui reprochent férocement à l’Église catholique d’oser imposer sa morale trouveront tout naturel d’imposer à leurs élèves l’idéologie et la morale des Droits de l’homme. Ce n’est pas une religion, non, non, c’est…

— Quoi donc ?

— Eh bien, c’est une libération. ça libère des croyances, des rites et des interdits moraux traditionnels !

— Mais en les remplaçant par d’autres croyances, d’autres rites, et d’autres interdits moraux. C’est-à-dire par une autre religion…

— Non, non, pas du tout ! La laïcité est une pure libération qui n’impose rien à personne, et permet seulement à chacun de se construire librement soi-même…

Vous n’en sortirez pas ! On vous affirmera, sans rire, que les manuels, les programmes, les professeurs, les examinateurs, les inspecteurs, les fonctionnaires du Ministère de l’Éducation totalitaire et même les francs-maçons de la Ligue de l’Enseignement et des syndicats enseignants n’imposent rien à personne. Non, non ! Ils se contentent de libérer !

Lueurs de bon sens

Rien de plus déprimant que ce genre de discussion. Votre interlocuteur tourne en rond, enfermé dans le discours officiel, mais incapable de reconnaître seulement l’existence du système idéologique dont il est le propagandiste.

– Un système idéologique ? Une religion ? Une morale ? Où ça ?

C’est dire le soulagement qu’on éprouve lorsque quelques auteurs ayant pignon sur rue osent énoncer l’évidence : il y a aujourd’hui, en France, une religion d’État. Cette religion officielle n’a pas de nom officiel – car elle a beaucoup de mal à s’assumer – mais on peut la désigner, en gros, comme la religion des Droits de l’homme. Plus brièvement : la religion laïque. Pour ne pas dire (c’est plus précis, mais plus difficile à énoncer publiquement) la religion maçonnique [1].

Premier degré de la prise de conscience : admettre que la « Laï­cité » n’est pas une pure neutralité, et qu’elle ne va pas de soi. C’est évident pour tous les étrangers (qui découvrent avec étonnement notre idole nationale), mais iconoclaste pour beaucoup de Français.

Le bon sens ne perd pourtant jamais ses droits. Témoin récent : Laurent Fidès, qui consacre quelques pages à la laïcité dans un ouvrage qui ne manifeste, par ailleurs, aucune sympathie pour le catholicisme (Face au discours intimidant – sous-titré : Essai sur le formatage des esprits à l’ère du mondialisme). Il note judicieusement :

La suspension de l’ensemble du spectre des croyances donne une apparence de neutralité au concept de laïcité mais une apparence seulement. En effet, bien que cela ne soit pas dit, la laïcité suppose une conception du religieux qui accepte comme un principe incontestable la relégation des croyances au rang des simples convictions. Or cette conception du religieux ne va pas de soi [2].

Il cite et critique alors une théoricienne de la laïcité, Catherine Kintzler. Elle veut imposer son système comme un point de vue « transcen­dant », en expliquant :

La laïcité n’est pas un courant de pensée parmi d’autres. Elle professe que la puissance publique n’a rien à professer qui soit de l’ordre d’une option religieuse ou philosophique déterminée pour penser et pour construire la cité libre [3].

Gros sophisme, que l’auteur démonte prestement :

Mais la laïcité, que l’on présente ainsi comme un concept non dogmatique vis-à-vis des possibilités de croyances, présuppose une conception du religieux dans laquelle celui-ci aurait assimilé, au minimum, la distinction de la sphère privée et de la sphère publique. Elle est donc, quoi qu’on en dise, normative par rapport à la manière dont la religion doit se penser elle-même dans ses principales fonctions, et elle ne peut convenir qu’à des formes religieuses déjà « intégrées », celles, de préférence, qui se fondent sur des interprétations symboliques et qui considèrent la vie religieuse authentique comme une expérience individuelle et intérieure [4].

Laurent Fidès ne désigne pas explicitement la laïcité  comme une religion, mais il n’en est pas très loin, puisqu’il constate qu’elle impose des postulats religieux.

D’autres auteurs font le pas et dénoncent clairement l’idéologie dominante comme une religion à part entière. On peut citer, tout récemment, deux ouvrages qui ne vont pas jusqu’à réhabiliter le Syllabus de Pie IX, mais qui critiquent suffisamment la religion droitdelhommiste pour être jugés politiquement incorrects :

• Le Multiculturalisme comme religion politique, du canadien Mathieu Bock-Côté, aux éditions du Cerf,

• Les Droits de l’homme contre le peuple, de Jean-Louis Harouel, chez Desclée de Brouwer.

Du côté « politiquement correct »

Mais il n’est pas besoin de franchir le Rubicon du politiquement incorrect pour admettre que l’idéologie officielle est de nature religieuse.

Depuis plusieurs décennies, des sociologues américains (John A. Coleman, Robert N. Bellah, Philipp E. Hammond) et français (Jules Monnerot et Raymond Aron) ont étudié les idéologies du 20e siècle comme des religions séculières [5]. Des historiens de la Révolution de 1789 (Albert Mathiez, à la suite de Michelet, aussi bien que François Furet) y ont retrouvé cette dimension religieuse. Des analystes de tous bords et de toutes générations (du monarchiste agnostique Charles Maurras au militant gauchiste Régis Debray en passant par le républicain anticlérical Léon Gambetta, l’historien protestant de gauche Jean Carbonnier, la philosophe catholique libérale Chantal Delsol ou le juriste Jean Carbonnier – pour ne pas nommer l’ancien ministre Vincent Peillon) s’accordent à reconnaître l’existence d’une religion séculière des Droits de l’homme. Seuls les Français de base (si bien formés par l’Édu­cation totalitaire) semblent ne s’en être pas encore aperçus.

Le livre de Valentine Zuber

Pourtant, même dans l’Éduca­tion totalitaire, les choses évoluent. Les manuels d’instruction civique continuent de raconter aux petits enfants que la laïcité est une pure neutralité, et les professeurs restent tenus d’enseigner ce mensonge officiel, mais ils semblent avoir le droit de s’en affranchir en dehors des heures de cours. Certains documents du Ministère leur recommandent l’ouvrage de Valentine Zuber, Le Culte des Droits de l’homme, qui reconnaît clairement l’existence de la religion séculière.

Bien sûr, l’auteur appartient au sérail républicain (elle enseigne à l’École pratique des hautes études). Elle sait les limites à ne pas franchir (sur la franc-maçonnerie, par exemple) et les respecte scrupuleusement. Mais elle fournit tout de même des documents intéressants. Elle cite par exemple l’historien Albert Mathiez :

Il existe une religion révolutionnaire dont l’objet est l’institution sociale elle-même. Cette religion a ses dogmes obligatoires (la Déclaration des droits, la Constitution), ses symboles, entourés d’une vénération mystique (les trois couleurs, les arbres de la liberté, l’autel de la Patrie, etc.), ses cérémonies (les fêtes civiques), ses prières et ses chants. Il ne lui manque plus, à la fin de 1792, pour être une religion véritable que de prendre conscience d’elle-même, en rompant avec le catholicisme dont elle n’est pas encore complètement dégagée. [Cité p. 137.]

Appuyée sur Albert Mathiez, elle affirme :

Les cultes révolutionnaires ne sont pas des constructions factices, mais l’expression d’une véritable religion issue de la philosophie du 18e siècle et éclose spontanément dans les premières années de la Révolution. [p. 138.]

Elle y revient dans la conclusion de l’ouvrage :

L’adhésion aux principes généraux (et généreux), philosophiques (et abstraits) de la première Révolution reste toujours d’actualité. Ces principes sont donc bien, à notre avis, constitutifs d’une religion civile républicaine telle qu’elle a été définie par les sociologues américains : un ensemble de croyances, de symboles et de rites relatifs aux choses sacrées portées par une société et échappant au débat. En France, elle a pris une forme particulière spécifique qui a été remarquée par de nombreux auteurs déjà. […] Elle comporte ainsi des dogmes (non assumés comme tels évidemment) qui se résument aux valeurs énoncées dans la devise républicaine : « Liberté, Égalité, Fraternité », auxquelles s’est récemment ajoutée la Laïcité. [p. 362-363.]

Elle ajoute, dans la même conclusion :

Nous ne pouvons qu’insister sur la remarquable continuité d’inspiration qui a animé les républicains, de la Révolution à nos jours, en dépit de toutes les convulsions politiques qui ont marqué l’histoire de notre pays.

Cette si remarquable continuité pourrait amener à s’interroger sur l’identité de l’inspirateur, mais l’auteur ne commet pas ce manque de tact. Il y a, dans le monde officiel, des choses que personne n’a le droit d’énoncer crûment, et la franc-maçonnerie, toujours si pudique, est ici l’arbitre du bon goût. Valentine Zuber ne l’offense en aucune manière.

Les incrédules ont la parole ?

Elle donne pourtant la parole aux incrédules – doutant de la religion officielle. Mais pas à tous.

Du côté réactionnaire et conservateur, elle cite largement (et très honnêtement) Edmund Burke, Joseph de Maistre, Charles de Lacretelle, Thomas Carlyle et Hippolyte Taine. Du côté révolutionnaire, elle présente « la critique des droits de l’homme égoïste par Karl Marx » et la pensée d’autres socialistes (Louis Blanc, Pierre Kropotkine, Jean Jaurès, etc.). Elle s’intéresse aussi à la façon dont Alain de Benoist conteste les Droits de l’homme. L’ensemble peut paraître assez équilibré, donnant la parole à tout le monde.

Sauf…

Sauf à la théologie catholique.

Sur un sujet dont elle montre elle-même qu’il est religieux, Valentine Zurber semble n’avoir même pas l’idée d’interroger l’Église. Elle signale, sans trop s’y attarder, le père de Clorivière. Elle mentionne en note, de façon inexacte et caricaturale, l’œuvre d’Augustin Barruel [6]. Mais elle ne présente pas la longue série de documents pontificaux qui, de Pie VI à Pie XII (en passant par la fameuse Lettre sur le Sillon de saint Pie X), ont contesté sur son vrai terrain – religieux – la religion des Droits de l’homme. — Elle ne prête aucune attention aux théologiens qui, à la lumière de ces enseignements, ont ferraillé contre cette idolâtrie moderne (pas un mot, par exemple, sur La Conjuration antichrétienne de Mgr Delassus). — Elle ne mentionne pas davantage les penseurs laïcs qui ont prolongé cette lutte durant tout le 20e siècle. Jean Madiran, qui a fustigé pendant des années ce qu’il appelait les DHSD (Droits de l’homme sans Dieu) et qui a écrit tout un livre sous ce titre, n’est pas nommé. — La revue Itinéraires qui a consacré un numéro spécial à la réédition de l’ouvrage de Maurras La Démocratie religieuse, et qui en profitait pour comparer entre elles la critique maurrassienne et la critique pontificale de la religion moderne, n’a pas droit à une seule mention (le livre de Maurras non plus, d’ailleurs). — Les catholiques sociaux (Émile Keller, Albert de Mun, La Tour du Pin, etc.) qui ont fondé leur action sur une critique radicale des faux dogmes des Droits de l’homme – et qui ont tout de même nettement contribué à améliorer le sort des ouvriers en France – semblent n’avoir jamais existé. — Le philosophe Marcel De Corte, qui a si finement analysé la transformation révolutionnaire du christianisme en « religion de l’homme » et, en retour, la destruction de la société par cette fausse religion, est également inexistant. — Ne parlons pas, bien sûr, de l’abbé Rioult dont le livre est postérieur [7] !

Terrorisme intellectuel

Finalement, c’est l’Église catholique elle-même qui semble absente du paysage intellectuel de l’auteur, sur un sujet qui la concerne pourtant au premier rang ! Tout se passe comme si son enseignement n’exis­tait même pas.

Depuis plus de deux siècles, c’est d’ailleurs l’attitude constante de la religion des Droits de l’homme face à l’Église catholique. Toujours la religion nouvelle a fui le débat honnête et la discussion. Jamais elle n’a accepté de prendre en compte les arguments catholiques et d’y répondre sérieusement.

Au cours du temps, trois méthodes d’évitement ont été mises au point  :

• dérision systématique et déformation volontaire de la doctrine catholique, dès le 18e siècle (les philosophes des Lumières estimant avoir le droit de mentir pour la bonne cause : c’est la takyia républicaine [8]) ;

• terreur physique et massacres de masse à partir de la Révolution (c’est le djihad républicain) ;

• enfin, à partir de la 3e République, réduction des catholiques à l’état de citoyens de seconde zone (dhimmis de la République), bons à payer l’impôt et à servir de chair à canon, mais interdits de discours public (à moins, bien sûr, qu’ils renoncent à parler en catholiques, ce qui est le but recherché, aujourd’hui largement atteint). La doctrine catholique est tout simplement exclue du débat public ; si elle parvient à s’y faire entendre, il ne faut surtout pas lui répondre (ce serait lui reconnaître le droit d’exister), mais rappeler le fautif au sens des convenances laïques.

Le livre de Valentine Zuber confirme à sa façon ce terrorisme intellectuel (dont l’auteur n’a, sans doute, même pas conscience).

Notons au passage que l’Église catholique (si souvent accusée d’intolérance !) n’a jamais traité ainsi ses opposants. Soucieuse de réfuter les hérétiques qu’elle combattait, elle a mobilisé ses meilleurs théologiens pour examiner leurs raisons, les évaluer avec soin et les démonter de façon précise, refusant de laisser des objections sans réponse. Bossuet a étudié les argumentaires protestants avec une honnêteté qui force l’admiration. L’Inquisition (si décriée) a toujours exclu les procédés mensongers, donné aux accusés les moyens de se défendre et utilisé au maximum la lumière de la raison.

L’usage systématique du mensonge et de la caricature, l’appel aux passions violentes pour court-circuiter le raisonnement, l’orga­nisation d’une éducation totalitaire arrachant les enfants à l’influence de leurs parents sont des moyens que l’Église a toujours refusé d’employer. Mais c’est ainsi que la religion des Droits de l’homme s’est imposée. Sans les mensonges ricanants de Voltaire, les massacres de la Terreur et l’école totalitaire de Jules l’imposteur, cette religion laïque n’existerait même pas. Aujourd’hui encore, elle ne tient qu’en dissimulant aux trois quarts de la population sa vraie nature (religieuse), sa hiérarchie secrète (maçonnique) et les arguments de ses adversaires (catholiques).

Comment réagir ?

Voilà qui trace notre programme.

D’abord, répétons à tous, sans nous lasser, qu’il y a en France une religion d’État. Religion très spéciale, qui refuse de s’assumer comme telle, mais très nettement discernable : la religion des Droits de l’homme (brièvement : religion laïque ; précisément : panthéisme humanitaire).

Affirmation déconcertante pour les trois quarts des Français, mais qui peut être prouvée, et qui fait tout changer d’aspect.

D’abord, elle montre que ni l’homme ni la société ne peuvent vivre sans religion. Même ceux qui prétendent s’en passer !

Elle pose, par le fait même, le problème de la vérité. Comment accepter une religion fondée sur le mensonge ? Or la religion laïque (ou maçonnique : c’est le moment d’en parler) n’est qu’un gigantesque mensonge ! Il suffit d’ouvrir les yeux pour le constater.

Enfin, du même coup, elle indique le chemin de la vraie religion, qui est – logiquement – celle que la fausse veut à tout prix empêcher de parler !

La religion laïque n’est d’ailleurs qu’une corruption du christianisme. Corruptio optimi pessima, disait déjà l’adage latin (rien de pire que la corruption du meilleur). Ce que Marcel De Corte commentait :

Un ferment divin corrompu ne peut être qu’un agent de subversion d’une puissance incalculable [9].

On pourrait, là encore, multiplier les citations. Michelet notait que la religion révolutionnaire est « à la fois l’héritière et l’adver­saire » de l’Église. Et Victor Hugo versifiait :

Nous portons dans nos cœurs le cadavre pourri

De la religion qui vivait chez nos pères

Le cardinal Pie expliquait dans sa troisième instruction synodale :

[Les vérités chrétiennes] sont tellement entrées dans l’humanité que toutes les impiétés de l’heure présente n’en sont guère que les travestissements. Regardez-y de près : les systèmes de ces fiers écrivains se réduisent à une parodie du catéchisme : théologiens défroqués qui ont quelques réminiscences des leçons de leurs maîtres, et qui les appliquent à contre-sens. […] Organes de celui que Tertullien a nommé « le singe de la vérité », ces contrefacteurs sacrilèges ont donc mis tout simplement un exécrable blasphème à la place d’une vérité adorable, substitué l’absurde et l’impossible [l’homme qui se fait lui-même Dieu] au chef-d’œuvre de la sagesse comme de la puissance et de l’amour du Père céleste qui nous a appelés en Jésus-Christ à son éternelle gloire, et qui, en trouvant le moyen de rendre les hommes participants de sa nature divine […] [10].

Tout en exaltant l’homme en théorie, la religion des Droits de l’homme le ravale, en pratique, en dessous même de la bête. Rien de plus inhumain que cet humanisme, dont les grandes conquêtes sont le droit de tuer : divorce, contraception avortement, suicide assisté, euthanasie, eugénisme, etc. Pour toute âme de bonne volonté, il est évident qu’il faut remonter la pente. Remonter au delà de la religion laïque (inversion de la religion chrétienne), au-delà du protestantisme (première étape de la décomposition du christianisme), et revenir à la vraie religion que toutes les autres caricaturent : la sainte Église catholique fondée par Jésus-Christ.

 

Fr. L. M.

 

 

Valentine Zuber, Le Culte des droits de l’homme, Paris, Gallimard (nrf), 2014, 406 p., 26 €.

 


[1]  — La France n’est pas seule en cause. Mais elle l’est tout particulièrement, puisqu’elle se veut la patrie des Droits de l’homme. Toujours missionnaire, du pire comme du meilleur, elle n’échappe à sa vocation de fille aînée de l’Église qu’en la caricaturant. 

[2]  — Laurent Fidès, Face au discours intimidant, éditions du Toucan, 2016, p. 165.

[3]  — Catherine Kintzler, Qu’est-ce que la laïcité, Paris, Vrin, 2007, p. 33 – cité par Laurent Fidès, p. 165-166.

[4]  — Laurent Fidès, p. 166.

[5]  — On peut rappeler que le pape Pie XI définissait le communisme comme « une contrefaçon de la rédemption des humbles » (Divini Redemptoris, 1937).

[6]  — Barruel aurait, dit-elle, développé « la théorie d’un complot philosophico-protestanto-judéo-maçonnique ». — Visiblement, elle ne l’a pas lu, car Barruel ne parle guère des juifs et ne se focalise pas sur le protestantisme. Confond-elle avec les « quatre États confédérés » de Maurras ? Voilà, en tout cas, un exemple supplémentaire de la désinformation hélas habituelle contre Barruel (voir Le Sel de la terre, p. 96, p. 59-86).

[7]  — Voir dans Le Sel de la terre 97 (p. 193) la recension de son ouvrage : abbé Olivier Rioult, L’Apothéose humaine, une idole au cœur du mythe de la modernité (éditions des Cimes, 2015).

[8]  — « Le mensonge n’est un vice que quand il fait du mal ; c’est une très grande vertu quand il fait du bien. Soyez donc plus vertueux que jamais. Il faut mentir comme un diable, non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment et toujours. Mentez, mes amis, mentez, je vous le rendrai dans l’occasion. » (Voltaire, lettre à Thiériot, 21 octobre 1736.) — Voir également René Viviani, expliquant cyniquement que la « neutralité » laïque était un « mensonge nécessaire » (dans L’Humanité du 4 octobre 1904).

[9]  — Marcel de Corte, L’Intelligence en péril de mort, Paris, 1969, p. 91. — Joseph de Maistre écrivait déjà : « L’Évangile hors de l’Église est un poison », et l’on connaît la célèbre sentence sur le monde moderne « plein d’idées chrétiennes devenues folles » (« World full of Christian ideas gone mad » G.K. Chesterton, Orthodoxy, 1908).

[10]   —             Mgr Louis-Édouard Pie, Troisième instruction synodale, 1863 (voir Le Sel de la terre 95, p. 106).

Informations

L'auteur

Religieux dominicain du couvent de la Haye-aux-Bonshommes (Avrillé).

Le numéro

Le Sel de la terre n° 98

p. 186-193

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