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Notre attitude catholique face à l’esprit protestant

 

 

 

par le frère Marie-Dominique O.P.

 

 

 

La publicité faite par l’Église conciliaire au cinquième centenaire de la naissance du protestantisme, nous incite à chercher la vérité sur cette question pour savoir comment nous préserver et préserver nos familles de cette hérésie dont l’influence se fait sentir non seulement dans la vie politique de nos pays, mais aussi hélas dans l’Église depuis le funeste concile Vatican II. En un mot : quelle doit être notre attitude catholique face à l’esprit protestant ?

Nous y répondrons à partir des quatre piliers de l’hérésie protestante :

Sola Scriptura, Sola fides, Sola gratia et Solus Deus : l’Ecriture seule, la foi seule, la grâce seule et Dieu seul ; ce qu’on a appelé « les quatre soli », qui caractérisent l’individualisme protestant.

1. Sola Scriptura ou le libre examen protestant

La doctrine de Luther

L’un des fondements de la révolte protestante, fille de la Renaissance, est le Sola Scriptura, qui signifie : l’Écriture seule, c’est-à-dire sans son interprétation par la Tradition, sans son interprétation par l’Église. C’est ce qu’on appelle le libre examen : pour Luther, le fidèle n’a pas besoin d’une Église pour interpréter l’Écriture, il peut le faire seul, illuminé qu’il est directement par le Saint-Esprit.

Il est intéressant de se reporter ici à l’encyclique Inter Præcipuas, du 8 mai 1844, du pape Grégoire XVI, sur les Sociétés Bibliques. Les Sociétés Bibliques protestantes ont en effet pour but de distribuer des Bibles aux traductions bien sûr non révisées par l’Église et sans les commentaires approuvés par l’autorité ecclésiastique. Les conséquences en sont très graves :

Les lecteurs, écrit le pape, prennent l’habitude de juger par eux-mêmes la signification des Livres de la sainte Écriture, à mépriser la divine Tradition contenue dans l’enseignement des Pères et gardée par l’Église catholique, et à rejeter l’autorité même de l’Église.

Et Mgr Lefebvre de commenter :

Il y a là une attitude fondamentale de libéralisme : on veut se libérer de la Tradition, de l’autorité de l’Église. […] Jamais l’Église n’a encouragé une telle pratique de diffusion de la Bible. […] Elle a pris des décrets pour ne pas mettre la Bible dans les mains des fidèles. […] Mais en même temps, elle demandait aux prêtres, non de distribuer, mais d’expliquer l’Écriture. […] L’Église est très susceptible sur cette manière de faire, car elle est une Tradition. […] Notre-Seigneur n’a pas dit : ²Écrivez ce que je vous ai dit, et distribuez : l’Esprit-Saint éclairera les lecteurs, ne commentez pas². Notre-Seigneur a confié sa Parole [non à tout homme, mais] à son Église.

Le libre examen protestant, continue Mgr Lefebvre, fait perdre la notion du magistère, et entraîne une désaffection pour l’Église. On se croit inspiré par le Saint-Esprit en dehors de l’Église ; il n’y a plus besoin de magistère [1].

La pénétration du Sola Scriptura de Luther dans l’Église

Malheureusement, sous prétexte d’œcuménisme, cet esprit protestant a envahi l’Église à l’occasion du concile Vatican II. C’est en particulier la Constitution Dei Verbum [2], qui a altéré la doctrine catholique des deux sources de la Révélation, en minimisant considérablement le rôle du magistère, de l’enseignement des papes et des conciles du passé.

On peut dire que l’Église conciliaire est un monument d’impiété. De la même manière que dans la société civile, aujourd’hui, la civilisation est censée avoir commencé en 1789 – et ce qui s’est passé avant étant présenté comme des siècles d’obscurantisme – dans l’Église conciliaire, tout commence à Vatican II (« 1789 dans l’Église », disait le cardinal Suenens), et l’enseignement des papes et des conciles du passé est, soit totalement ignoré, soit considéré comme inadapté aux temps actuels. Regardez les documents des papes de Vatican II : ils citent le Concile et se citent les uns les autres, il n’y a quasiment plus de référence aux documents du passé. La suppression de l’enseignement du latin pour les clercs a d’ailleurs grandement contribué à les couper de la Tradition de manière révolutionnaire, car les textes du passé leur sont maintenant inaccessibles. Écoutons le témoignage d’un prêtre – pourtant professeur de séminaire – dans le courrier des lecteurs de la Lettre à nos frères prêtres [3] de juin 2000 (p. 6) :

Je vous écris au sujet de la lettre n° 5, reçue ces jours derniers. Non pas sur le fond qui est excellent, argumenté, nuancé ; mais sur la forme. J’ai peur que cela ne vole un peu haut. Comprenez ce que je veux dire. Nous avons fait peu d’études (la plupart ignorent le latin, par exemple). Même si elles sont interminables, on ne nous a pas appris grand chose, et beaucoup de confrères auront du mal à comprendre ce que vous pointez dans l’accord sur la justification [4]. On ne nous a jamais cité de textes pontificaux antérieurs à Vatican II. Léon XIII et Pie XI nous sont inconnus. Plus grave, certains ont été dans des séminaires universitaires (Rome, Lyon…) et croient savoir. Je ne le dis pas méchamment (ce serait plutôt avec tristesse) mais mes confrères seront en grande majorité dépassés par cette Lettre n° 5. Je crois que vous avez des difficultés à apprécier (et comment le pourriez-vous ?) notre misère intellectuelle : on a programmé notre appauvrissement intellectuel.

Il faut avoir à l’esprit que les évêques, les cardinaux… et même les papes, sont maintenant choisis parmi ces prêtres.

Pour revenir à la lecture de la sainte Écriture, l’esprit protestant du libre examen est désormais celui des paroisses, des aumôneries, etc. : on connaît, par exemple, le succès des « partages d’Évangile ». Chacun est invité à dire ce qu’il « ressent » à la lecture de tel chapitre de la sainte Écriture, et l’interprétation traditionnelle de l’Église n’est jamais enseignée.

Conséquences politiques du libre examen protestant

Elles sont relevées par Grégoire XVI dans la même encyclique Inter Præcipuas. Il faut lire cela très attentivement :

Nous avons appris de divers rapports et documents, qu’un certain nombre d’hommes de sectes variées s’est réuni à New York l’année dernière, le 12 juin [5], et qu’ils ont fondé une nouvelle société appelée La Ligue chrétienne (Christian League). Leur but commun est de répandre parmi les Romains et les Italiens la liberté religieuse, ou plutôt un esprit insensé d’indifférence religieuse. Ils font valoir que les institutions des peuples romain et italien ont eu tant d’influence [jusqu’ici], que tout ce qui s’est passé dans le monde a eu son origine à Rome. Ils arrivent à cette conclusion, non parce que le Siège suprême de Pierre se trouve ici selon le plan de Notre-Seigneur, mais parce qu’ici se trouve un certain reste de l’ancienne domination romaine – usurpée par nos prédécesseurs comme ils répètent souvent – mais encore actif. C’est pourquoi ils sont déterminés à donner à chacun le don de la liberté de conscience, ou mieux de l’erreur ; ils la comparent à une fontaine d’où peut jaillir la liberté politique et une augmentation de la prospérité publique. Mais ils se rendent compte qu’ils ne peuvent rien accomplir sans agir sur les citoyens romains et italiens, usant ensuite de leur autorité et de leurs efforts pour influencer les autres nations. Et ils sont confiants qu’ils vont réaliser cela facilement, du fait qu’il y a tant d’Italiens partout sur terre.

Un peu plus loin, le pape continue :

L’expérience montre qu’il n’y pas de voie plus directe pour séparer le peuple de la fidélité et de l’obéissance à ses chefs, que cette indifférence religieuse propagée par les membres des sectes sous le nom de liberté religieuse. Et les membres de la Ligue chrétienne ne le cachent même pas : bien qu’ils s’affirment étrangers eux-mêmes à toute incitation à la sédition, ils permettent à tout homme d’interpréter la Bible comme il le veut. La complète liberté de conscience – comme ils l’appellent – répandue dans le peuple italien, conduira à la liberté politique [6].

Il est important de comprendre que la revendication de lire la Bible sans l’Église conduit à la liberté religieuse, à la liberté de conscience, et à la liberté politique. Comme le dit Mgr Lefebvre commentant cette encyclique :

Les trois libertés sont liées. Tout cela vient du protestantisme. La Révolution, les révolutions, viennent bien de là. Il y a un enchaînement logique dès lors qu’on déchaîne la liberté humaine. On secoue toutes les autorités [7].

C’est le libéralisme absolu, condamné par Léon XIII dans l’encyclique Libertas :

Il en est un grand nombre qui, à l’exemple de Lucifer, de qui est ce mot criminel Non serviam – Je ne servirai pas – entendent par le nom de liberté ce qui n’est qu’une pure et absurde licence [8].

Pénétration des trois libertés dans l’Église

Malheureusement, ces idées ont pénétré dans l’Église.

Bien avant le concile Vatican II, il faut citer l’influence du catholicisme libéral au 19e siècle, qui voulut composer avec les erreurs modernes issues du protestantisme. Et le catholicisme libéral se concrétisa dans le Sillon [9]. C’est ce que dit saint Pie X, condamnant le mouvement de Marc Sangnier :

Les fondateurs du Sillon […] n’étaient pas suffisamment armés de science historique, de saine philosophie et de forte théologie pour affronter sans péril les difficiles problèmes sociaux vers lesquels ils étaient entraînés par leur activité et leur cœur, et pour se prémunir, sur le terrain de la doctrine et de l’obéissance, contre les infiltrations libérales et protestantes [10].

L’esprit du Sillon, à son tour, pervertit complètement le concile Vatican II :

Les idées des sillonistes sont celles qui règnent maintenant plus que jamais à l’intérieur de l’Église, disait Mgr Lefebvre. Ce sont elles qui ont influencé énormément le concile Vatican II. Ce ne sont pas des idées particulières au Sillon, d’ailleurs : le Sillon a été influencé par les erreurs modernes, et ils ont voulu les catholiciser [11].

En lisant l’encyclique de saint Pie X, « à la place du Sillon, on pourrait mettre à chaque fois Vatican II », commente Mgr Lefebvre [12] :

Bien de ces évêques qui étaient au concile Vatican II, et même des cardinaux, étaient d’anciens sillonistes ; et pas seulement en France, parce que le Sillon a répandu ses erreurs un peu partout dans le monde, car la France avait une influence extraordinaire dans les milieux intellectuels, dans les milieux cultivés. […] Ils se sont alors retrouvés ensemble. Il y a eu un phénomène d’amitié, de fraternité, qui s’est immédiatement fait entre des évêques venant du monde entier et ayant ces idées fausses.

Reprenons saint Pie X :

L’erreur et le mal sont présentés [par le Sillon] dans un langage entraînant qui, voilant le vague des idées et l’équivoque des expressions sous l’ardeur du sentiment et la sonorité des mots, peut enflammer les cœurs pour des causes séduisantes mais funestes. […] Nous ne connaissons que trop les sombres officines où l’on élabore ces doctrines délétères.

Et Mgr Lefebvre de commenter :

C’est caractéristique du concile Vatican II : quantité d’expressions, d’équivoques, de verbiage, de phrases dont on ne sait ce qu’elles veulent dire exactement, un verbiage sentimental comme la déclaration qui a été faite au début du Concile : le « Message au monde [13] ». Ce n’était pas clair, on ne savait pas ce qu’ils voulaient dire exactement : toujours les grands mots de progrès, de justice, de développement, de responsabilité, de conscience. Cela cache une spiritualité qui n’est pas catholique du tout. C’est du protestantisme [14].

Et sont entrées ainsi dans l’Église les trois libertés : liberté religieuse, liberté de conscience, liberté politique, conséquences du libre examen protestant.

Notre attitude de catholiques en face du libre examen protestant

Voyons maintenant quelle doit être notre attitude de catholiques en face de ce libre examen protestant : par rapport à notre lecture de la sainte Écriture, par rapport au magistère traditionnel de l’Église, et par rapport à la politique.

1) Notre attitude de catholiques en face du « libre » examen de la sainte Écriture

Quant à notre lecture de la sainte Écriture, tout ce que nous venons de dire doit avoir pour conséquence la recherche de bonnes Bibles et de bons commentaires, et leur lecture régulière, individuelle ou familiale ; en particulier pour la préparation de l’épître et de l’Évangile de la messe du dimanche.

Parmi les ouvrages faciles à trouver, citons par exemple :

• pour les Bibles : la Bible de Crampon ou la Bible de Glaire éditées par DFT ; le nouveau Testament édité par DMM [15].

• pour les commentaires : les ouvrages de dom de Monléon sur l’ancien Testament (Éditions Scivias) ; la Chaîne d’or de saint Thomas d’Aquin (meilleurs textes des Pères commentant les saints Évangiles), aux éditions Saint-Rémi ; les Quatre Évangiles en un seul, du chanoine Weber ; les commentaires des Évangiles, des épîtres de saint Paul et des Actes des Apôtres, par dom Delatte (éditions de Solesmes), etc.

2) Notre attitude de catholiques en face du rejet protestant du magistère de l’Église, consécutif au libre examen

En face du rejet protestant du magistère, nourrissons-nous au contraire des encycliques des papes jusqu’à Pie XII inclus, étudions les individuellement ou dans le cadre d’une cellule doctrinale :

La voix des papes est très opportune, disait Mgr Lefebvre, pour nous rappeler les principes qui doivent diriger notre vie et notre activité en vue d’acquérir la vie éternelle. Et cette même voix dénonce avec une grande perspicacité les obstacles dressés sur notre chemin par l’ennemi et les ennemis de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de son règne [16].

Pour cette étude, nous avons la série des encycliques éditées par les Éditions Sainte-Jeanne d’Arc et l’ouvrage fondamental de Mgr Lefebvre, C’est moi l’accusé qui devrais vous juger (aux éditions Clovis). Ce livre est à étudier personnellement ou en cercle. Nous y trouvons les principales encycliques des papes contre les erreurs modernes, et leur commentaire par Mgr Lefebvre. C’est cet enseignement qu’il nous faut connaître et transmettre, pour être de vrais fils de notre Mère l’Église. C’est le roc indestructible sur lequel nous nous appuyons aujourd’hui dans notre combat.

3) Notre attitude de catholiques devant les conséquences politiques du libre examen

Que devons-nous faire, enfin, devant les conséquences politiques du libre examen ?

— Préparé par la Renaissance, le libre examen de Luther fut le premier cri d’indépendance poussé à l’aube du monde moderne : on commença par rejeter l’Église. Dans un second temps, on rejeta Notre-Seigneur : ce fut la Révolution, œuvre de la franc-maçonnerie, dont le but était de renverser le règne du Christ-Roi sur les sociétés. La troisième étape, ce fut le communisme dont la tâche était « de répandre, à travers la planète, les institutions et les mœurs de l’athéisme [17] » pour préparer l’avènement de l’Antéchrist.

— Notre réponse, c’est le combat pour le Christ-Roi. Nous vous renvoyons à la conférence de clôture des Journées Jean Vaquié 2015, Oportet illum regnare, publiée dans Le Sel de la terre 96, printemps 2016 et que nous avons éditée en tiré-à-part.

 

Pour résumer cette réponse :

a. Faisons régner Notre-Seigneur dans notre âme, par le travail de notre sanctification personnelle

A ce propos, rappelons l’importance des retraites spirituelles, si nécessaires pour nous fortifier dans le combat actuel.

Signalons également un point particulier de notre sanctification : la sanctification de notre intelligence par l’étude. Le père Théotime de Saint-Just O.M.C., dans son ouvrage capital intitulé La Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ d’après le cardinal Pie et les documents pontificaux [18], dit que :

Le premier devoir des fidèles pour aider à la restauration sociale chrétienne, c’est avant tout de faire régner Jésus-Christ dans leur intelligence par l’instruction religieuse. [p. 178.]

Cette œuvre est d’autant plus nécessaire aujourd’hui en notre époque de déliquescence des intelligences, préparée depuis longtemps par l’anti-intellectualisme protestant, source du subjectivisme moderne – nous en parlerons plus loin à propos du Sola fides.

Parmi les ouvrages conseillés pour ce combat du Christ-Roi :

La Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ d’après le cardinal Pie et les documents pontificaux, du père Théotime de Saint-Just, déjà cité (éditions Saint-Rémi) ; et Le Sel de la terre 95 (hiver 2015-2016) consacré au cardinal Pie ;

La Mission Posthume de la bienheureuse Jeanne d’Arc et le règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de Mgr Delassus (éditions Saint-Rémi) ;

• Le Catéchisme des Droits Divins dans l’Ordre Social, par le père Philippe C.SS.R. (éditions Trifolium, 5 rue Sainte-Odile, 67000 Strasbourg).

Ils l’ont découronné, de Mgr Lefebvre (éditions Clovis. Épuisé) ;

La Conjuration antichrétienne, de Mgr Delassus [19] (éditions Saint-Rémi ; éditions Kontre Kulture en un volume) ;

• Et bien sûr : Pour qu’il règne, de Jean Ousset (éditions DMM).

Que chacun soit zélé aussi pour faire connaître Le Sel de la terre et lui recruter de nouveaux abonnés. Ce n’est pas la revue d’un couvent, c’est une revue ouverte à toutes les plumes catholiques, ecclésiastiques ou laïques. Si chacun d’entre vous trouvait un nouvel abonné chaque année, l’œuvre de reconquête des intelligences progresserait.

b. Mais il faut aussi faire régner Notre-Seigneur dans nos familles,

En faisant de nos familles un « bastion de sainteté », selon l’expression du père Calmel [20]. Elles le seront par les bonnes mœurs, la modestie vestimentaire, la séparation de l’esprit du monde, la vie de prière et la vie sacramentelle. Signalons en particulier la consécration des familles au Sacré-Cœur de Jésus et l’Heure Sainte au foyer, dans l’esprit du père Mateo, première étape pour rendre notre pays au Christ-Roi.

c. Faisons régner enfin Notre-Seigneur dans nos métiers

Le métier est notre premier champ d’action après la famille [21] : il n’est pas possible qu’un chrétien en état de grâce n’ait quelque influence auprès des âmes qu’il côtoie du matin au soir dans son travail toute la semaine. Pensons aussi au métier de nos enfants, les orientant selon les dons reçus de Dieu, et – dans la mesure du possible – dans des métiers ne favorisant pas le mondialisme protestant. Et encourageons toutes les initiatives privées, comme, par exemple, les écoles entièrement libres, les petites entreprises familiales, etc.

Tout ce que nous venons de voir, Jean Vaquié l’appelle la bataille inférieure, ou bataille des hommes, qui est une bataille de maintenance, de consolidation de nos bastions [22].

d. Préparons aussi, à notre niveau, la « bataille de Dieu »

Cette bataille est la bataille supérieure, selon l’expression de Jean Vaquié, par laquelle Dieu vaincra les forces du  mal qui dominent le monde aujourd’hui. Nous préparerons cette bataille par la pratique de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus et au Cœur Immaculé de Marie, en quoi peut se condenser ce que Jean Vaquié appelle la bataille préliminaire, préliminaire à la bataille supérieure de Dieu :

• pour le Sacré-Cœur, outre la consécration personnelle et familiale au Cœur de Jésus, signalons bien sûr la pratique de la communion réparatrice des premiers vendredis du mois ;

• pour le Cœur Immaculé de Marie : « l’accomplissement du devoir quotidien selon notre condition de vie, et l’offrande de cet effort en réparation de nos péchés et pour la conversion des pécheurs, ceci étant la condition fondamentale qui nous permettra de repousser le flot des forces du mal qui menace de submerger le monde d’aujourd’hui [23] ». On y ajoutera la méditation quotidienne du chapelet (ou du rosaire entier pour ceux qui en ont la grâce), et la pratique de la dévotion réparatrice des premiers samedis de chaque mois.

2. Sola fides et Sola gratia

La destruction luthérienne de la foi et de la grâce, ou le naturalisme protestant

Nous nous sommes attardés quelque peu sur le libre examen protestant, ses conséquences et notre attitude catholique en face de cette hérésie, car il est le pilier fondamental du protestantisme. Nous irons un peu plus vite pour les suivants, surtout parce qu’ils sont plus faciles à expliquer et à traiter, mais leurs conséquences ne sont pas moins dramatiques.

Un autre fondement du protestantisme, c’est la foi seule et la grâce seule. Nous groupons les deux, car les deux se tiennent pour ce qui est de notre salut.

Pour être sauvé, en effet, il faut avoir la foi – adhésion de notre intelligence, obéissance surnaturelle de notre intelligence à la Révélation faite par Notre-Seigneur et transmise en dépôt à son Église ; et il faut la grâce : être en état de grâce et correspondre par nos œuvres aux grâces actuelles qui nous indiquent et nous permettent d’accomplir la volonté de Dieu.

Eh bien ! Luther va détruire la foi et la grâce :

Tout le mouvement imprimé à la chrétienté par la Renaissance, la Réforme et la Révolution, écrit Mgr Delassus, est un effort satanique pour arracher l’homme à l’ordre surnaturel établi par Dieu à l’origine et restauré par Notre-Seigneur Jésus-Christ au milieu des temps, et le confiner dans le naturalisme [24].

— Destruction de la foi

Pour Luther, la foi n’est pas adhésion surnaturelle de l’intelligence à un enseignement divin transmis par l’Église catholique, elle est un sentiment, une simple confiance naturelle au fait que nous serons sauvés quels que soient nos péchés.

Mais notre intelligence nous a été donnée par Dieu pour que nous la soumettions à celui qui est la Vérité (Jn 14, 6) : c’est cette soumission de la faculté la plus élevée de l’homme, qui est le premier pas du salut et qui, en même temps, ennoblit cette faculté. En refusant cette soumission, le protestantisme apparaît bien pour ce qu’il est : une révolte orgueilleuse de l’homme, dont le salaire sera la destruction de l’intelligence par le subjectivisme philosophique. Nous arrivons aujourd’hui aux conséquences ultimes : sous l’action conjuguée de l’école athée et des medias, les intelligences de la plupart de nos contemporains, que Marcel de Corte diagnostiquait comme étant en danger de mort, sont maintenant mortes, et c’est un phénomène mondial.

— Destruction de la grâce et des sacrements, spécialement de la messe

Quant à la grâce elle n’est pas, pour Luther, cette participation à la nature divine qui guérit et élève nos âmes au-dessus de la nature humaine pour les faire entrer dans une vie d’intimité avec la Trinité ; elle n’est qu’une sorte de voile que Dieu met sur nos fautes pour les couvrir et non les détruire ; et elle n’élève absolument pas nos âmes. Le protestantisme, nous coupant de la participation à la nature et à la vie de Dieu, n’est qu’un naturalisme laissant l’homme dans son péché, dans sa misère. C’est la destruction du plan d’amour de Dieu sur les hommes, et de toute vie intérieure. La religion se réduit à quelques pratiques purement extérieures.

Détruisant la grâce, Luther détruira les sacrements, et le principal d’entre eux : le sacrement de l’eucharistie. Pour Luther, la messe n’est que la commémoration de la dernière Cène, cette dernière n’étant pas un sacrifice mais un simple repas. Notre-Seigneur n’est pas présent substantiellement dans l’hostie, mais le pain reste du pain, où Notre-Seigneur se trouve par une sorte de présence spirituelle.

— Destruction de la morale

Bien sûr, cette destruction de la foi et de la grâce ne peut aboutir qu’à une destruction de la morale :

Dans l’état de nature corrompue, l’homme ne peut observer tous les préceptes divins sans une grâce qui le rétablisse, dit saint Thomas d’Aquin [25] (I-II, q. 109, a. 4).

Détruisez la grâce et les sacrements, et la morale s’effondre.

Les protestants divorcent, prennent la pilule et avortent. Dans leurs sectes, la virginité consacrée n’existe pas, et Luther a donné au monde le spectacle lamentable d’un moine débauché.

— Conséquences économiques et sociales

Le rejet du surnaturel a aussi des conséquences dans la vie des sociétés. Produisant le mépris pour la vie contemplative [26] – jugée inutile – il conduit au primat de l’action, au culte désordonné du travail, au capitalisme libéral, à la conquête économique de cette terre. Les colonies n’ont plus pour but l’évangélisation des peuples et l’apport de la civilisation chrétienne, mais le commerce. Il n’y a qu’à voir, par exemple, la différence entre l’œuvre civilisatrice de l’Espagne et du Portugal catholiques en Amérique latine, et la misère matérielle et morale dans laquelle l’Angleterre protestante a laissé l’Inde.

Pour les protestants, le succès dans les œuvres temporelles est d’ailleurs considéré comme un signe d’élection, comme dans l’ancien Testament ; et sans scrupule, ils rétabliront l’usure [27].

Une autre conséquence de cette frénésie matérialiste, c’est le désintérêt des protestants pour les œuvres caritatives qui sont quasi inexistantes chez eux, quand on les compare à celles de l’Église catholique. Qu’on ne nous cite pas l’Armée du Salut ! Le protestantisme a d’ailleurs fait disparaître les œuvres de charité individuelles au bénéfice de l’État-Providence.

La pénétration du naturalisme protestant dans l’Église

Ce naturalisme, qui – avec le refus du péché originel – est la grande caractéristique du monde issu de 1789 [28], est l’une des conséquences les plus dramatiques du protestantisme.

Le concile Vatican II s’étant ouvert au monde, fut l’occasion pour ce naturalisme de pénétrer dans l’Église. Il avait déjà atteint un certain nombre de théologiens bien avant l’ouverture du Concile. Ainsi, dans la suite de Teilhard de Chardin, le père de Lubac S.J. écrivait en 1946 dans son ouvrage Surnaturel : « La nature, par le fait même qu’elle existe, s’identifie au surnaturel ». Il expliquait son propos par le fait que l’acte intellectuel comporte la possibilité d’adhérer à des vérités qui le dépassent. Le bon Dieu, ayant voulu nous élever à l’ordre surnaturel, en a bien sûr mis la possibilité dans notre nature, mais possibilité ne signifie pas exigence, et encore moins continuité entre les deux ordres [29]. Pie XII réagira le 12 août 1950 dans son encyclique Humani Generis :

D’autres déforment la vraie notion de la gratuité de l’ordre surnaturel quand ils prétendent que Dieu ne peut créer des êtres doués d’intelligence sans les appeler et les ordonner à la vision béatifique.

Malheureusement, n’ayant pas été suivie de dispositions pratiques, l’encyclique n’aura été qu’un coup d’épée dans l’eau.

Au concile Vatican II, on retrouvera de Lubac parmi les experts, avec son collègue jésuite Karl Rahner, pour qui le surnaturel est pour nous une « fin intrinsèque nécessaire [30] ». La confusion des deux ordres naturel et surnaturel est totale.

Aussi incroyable que cela paraisse, si l’on examine les seize documents promulgués par le Concile, « jamais la vocation de l’homme n’est explicitement qualifiée de surnaturelle [31] ».

Les conséquences en sont dramatiques et multiples :

— destruction de la messe (Novus Ordo Missae d’Annibal Bunigni, fabriqué avec six pasteurs protestants, et inspiré de la Cène protestante), avec communion donnée à tous les participants, sans jamais de rappels sur la nécessité de l’état de grâce, en sachant que cette destruction de la messe conduira à la destruction du sacerdoce ;

— œcuménisme et liberté religieuse, où la vraie religion surnaturelle se trouve sur le même pied que les fausses religions ;

— destruction de la morale : le Concile en a ruiné les fondements [32], et nous en voyons les ultimes conséquences aujourd’hui avec le pape François ; ainsi son instruction post-synodale Amoris Lætitia sur la communion aux divorcés remariés ;

— mépris pour la vie contemplative : on rabaisse les vertus dites faussement « passives » – vertus de sanctification personnelle – au profit des vertus dites « actives », les seules vraiment estimées. Ce courant, né aux Etats-Unis, avait été condamné par le pape Léon XIII sous le nom d’américanisme [33], mais il avait continué son chemin aux USA pour triompher au concile Vatican II.

— enfin, exaltation du progrès matériel avec la Constitution Gaudium et spes (7 décembre 1965) : l’Église de Vatican II ne travaille plus qu’à faire un monde meilleur ici-bas, en collaboration avec les fausses religions, devenant la courroie de transmission du mondialisme maçonnique.

Notre attitude catholique face au naturalisme protestant

Luther a détruit la foi et la grâce ; et le concile Vatican II a eu le même résultat. Quelle doit être alors notre attitude catholique ? Cultiver la foi de notre baptême, et nous abreuver aux sources de la grâce.

— Cultiver la foi de notre baptême

• C’est d’abord par la lecture religieuse que s’entretient la foi de notre baptême, trésor incomparable. Dans l’étude citée du père Emmanuel sur le naturalisme, on lit les réflexions suivantes :

C’est dans les saintes et divines lumières [données par la foi], que se reposent nos âmes. […] C’est là que l’homme trouve le repos de son esprit, la paix de son cœur, le remède à ses maux, le frein à ses passions, le champ ouvert à toutes ses facultés, la condition, la règle, la loi de tout progrès, de toute perfection, tout le bonheur possible en cette vie et en l’autre [34].

Là encore, imposons nous un temps de lecture religieuse ; si ce n’est chaque jour, au moins chaque semaine, par exemple le dimanche, pour mieux le sanctifier. Il faut nous convaincre que c’est une nécessité pour notre âme, surtout dans le monde athée et païen où nous vivons et qui use notre esprit de foi.

• Mais, pour garder et cultiver notre foi, il faut en vivre, ne pas en rester au niveau intellectuel, spéculatif. Dans la même étude, le père Emmanuel remarque :

Un chrétien tombe dans le naturalisme […] en naturalisant, pour ainsi dire, les actes surnaturels. Ainsi un chrétien qui fait ses prières avec le même sérieux qu’il met à dire bonjour à son voisin, qui récite alors simplement les formules [de prière] qu’il trouve dans sa mémoire et dans son habitude ; qui va à l’église comme partout ailleurs ; qui entend la Parole de Dieu avec le même goût que toute autre parole ; qui assiste à la messe en attendant qu’on sorte, […] qui ne fait de tort à personne parce que c’est honnête, etc., etc. ; un tel chrétien est loin de mener une vie surnaturelle [35].

C’est la description du chrétien mondain, superficiel, qui ne vit pas de la foi de son baptême. On pourrait donner d’autres exemples aujourd’hui. Ainsi l’immodestie vestimentaire qui a envahi les chapelles de la Tradition : la pureté appartient pourtant à la note de sainteté de l’Église catholique, c’est à cela qu’on reconnaissait les chrétiens dans l’Église primitive des martyrs. Comme nous nous en éloignons ! Alors, messieurs, qui êtes mariés, couvrez vos épouses et vos filles ! En tant que chefs de famille, c’est vous qui êtes les premiers responsables. Autre exemple de capitulation devant le monde : l’usage désordonné du portable et d’Internet. Les enfants ne devraient pas avoir habituellement de portable et, à la maison, l’ordinateur devrait être enfermé à clef dans la chambre des parents ou le bureau du père de famille.

A l’encontre, le père Emmanuel, qui appelle le chrétien mondain un « chrétien du jour »,  nous exhorte à être ce qu’il appelle des « chrétiens de l’Évangile », dont il nous donne les caractéristiques [36] :

Le chrétien de l’Évangile a la foi et l’esprit de la foi ; il a la foi et la vie de la foi, la foi et la motion de la foi. […] Il apprend à connaître Dieu dans l’Écriture, et le goûte dans l’Eucharistie. […] Il ne cesse de demander à Dieu la lumière d’en haut pour diriger ses pas. […] Le chrétien de l’Évangile, qui aime Dieu par dessus tout, aime ses commandements en tout et partout : il trouve la loi [divine] juste, et sainte et bonne, et désirable plus que l’or et le miel. […] Il aime son Dieu, et dès lors, la volonté de son Dieu lui est douce, et préférable à toutes choses. […] Il évite le mal, mais parce qu’il est tout occupé à vouloir et à faire le bien qui plaît à Dieu. [p. 11 ; 23 ; 26 ; 30-31.]

— Nous abreuver aux sources de la grâce

Bien sûr, cet esprit surnaturel qui doit imprégner toute notre vie, a sa source dans la vie d’oraison et dans la vie sacramentelle : confession fréquente, assistance à la messe non seulement le dimanche, mais en semaine si nous en avons la possibilité ; communions ferventes avec jeûne eucharistique d’au moins trois heures (ou même depuis minuit si l’on peut), et temps sérieux d’action de grâces.

3. Solus Deus

Pour Luther : aucun médiateur entre Dieu et les hommes

Sola Scriptura, Sola fides et Sola gratia, le quatrième pilier du protestantisme est son : Solus Deus. Ce n’est pas le « Dieu seul », par lequel saint Louis-Marie Grignion de Montfort concluait ses écrits et qui signifiait son amour de Dieu et de sa volonté par dessus toutes choses.

En disant « Dieu seul », Luther signifiait son refus de tout médiateur entre l’homme et Dieu. Dans son ouvrage Le Protestantisme, un certain Ronchi écrit :

Le salut n’est lié à aucune instance intermédiaire, mais seulement à l’Évangile et aux sacrements voulus par le Christ, le baptême et la sainte Cène. […] Le salut réside complètement et exclusivement dans la foi seule, la foi qui est confiance. […] [Le Christ] justifie directement chaque croyant en le reliant à Dieu sans degrés intermédiaires [37].

De là découle le rejet de la hiérarchie ecclésiastique, de la médiation de Notre-Dame, du culte des saints ; toutes choses bien mises à mal au Concile, ce qui montre l’influence des idées protestantes sur l’assemblée conciliaire.

Ce refus des médiations se retrouve aussi dans le renouveau charismatique, issu directement du protestantisme, dont les adeptes se prétendent illuminés directement par le Saint-Esprit.

Notre attitude catholique face au Solus Deus

— Respect des hiérarchies

A l’encontre de la mentalité protestante, le catholique doit avoir un grand respect pour ceux que Dieu a placés comme ses intermédiaires, en premier lieu la hiérarchie ecclésiastique. C’est ce respect – nous l’avons dit – qui doit nous porter à étudier les enseignements du magistère traditionnel de l’Église, à nous y référer sans cesse.

Mais ce respect doit s’étendre à toute hiérarchie : le père de famille, le professeur de vos enfants – ne pas le critiquer devant vos enfants –, le chef d’entreprise, etc. ; nous rappelant toujours avec saint Paul que « tout pouvoir [c’est-à-dire toute autorité] vient de Dieu » (Rm 13, 1)… et saint Paul parlait des autorités païennes de l’époque ! Il y a quelque chose de sacré dans toute autorité légitime. Et si elle vient à prévariquer, si elle ne se fait plus l’intermédiaire de Dieu et ne peut donc plus être obéie, cela ne nous dispense pas de la respecter en tant qu’autorité. Mgr Lefebvre n’a jamais insulté ni le pape ni les évêques qui, pourtant, détruisaient l’Église.

— Dévotion envers les saints

Mais nous avons d’autres intermédiaires entre Dieu et nous : ce sont les saints. Ayons donc le culte des saints, individuellement et en famille, en lisant leur vie, en visitant leurs sanctuaires – grands saints de l’Église universelle, et aussi saints locaux, souvent ignorés et que nous devrions avoir à cœur de connaître, de faire connaître et vénérer : ce sont eux qui ont fait nos pays catholiques.

Pour vous aider à vivre avec les saints, qui sont nos héros et seront nos compagnons d’éternité, nous avons réédité, aux éditions du Sel, l’ouvrage du père Cormier O.P., Une année avec les saints, qui donne pour chaque jour une courte biographie du saint du jour, une oraison jaculatoire et un conseil pratique.

— Dévotion envers Notre-Dame

Et puis, par dessus tout, ayons une grande dévotion envers la très sainte Vierge Marie, la médiatrice par excellence, la médiatrice universelle. La piété mariale comporte deux points forts aujourd’hui :

• d’abord la vraie dévotion à Marie telle qu’elle est expliquée par saint Louis-Marie Grignion de Montfort. On peut dire que saint Louis-Marie est le saint anti-protestant et contre-révolutionnaire par excellence. Sur le plan spirituel, sa consécration à la Sagesse incarnée par les mains de Marie, ou consécration du saint esclavage, est certainement la réponse la plus radicale au cri d’indépendance du protestantisme et de la Révolution [38].

• et puis, cette année 2017 est celle du centenaire des apparitions de Fatima. A Fatima, la Reine du ciel est venue nous donner les deux derniers remèdes qui nous permettront de persévérer et vaincre, nous et nos familles, dans la bataille finale décisive, que le démon a entamée en nos temps modernes contre la Vierge Marie et contre l’Église ; ces deux remèdes étant le saint Rosaire et la dévotion au Cœur Immaculé de Marie [39].

Il est révélateur de l’esprit protestant qui a envahi l’Église, qu’en 2017, la hiérarchie officielle de l’Église ait choisi de commémorer le cinquième centenaire de la fausse réforme de Luther, de préférence au centenaire des apparitions de Fatima – dont elle ne tient d’ailleurs aucun compte.

Eh bien ! que 2017 soit pour nous une année mariale, où nous nous ferons un honneur de répondre, à notre place, aux demandes de Notre-Dame.

 


[1]  — Mgr Lefebvre, Cours des Actes du Magistère, Écône, 15 décembre 1977.

[2]  — Constitution dogmatique Dei Verbum, du 18 novembre 1965.

[3]  — Lettre mensuelle envoyée par le District de France de la FSSPX aux prêtres diocésains.

[4]  — Le thème de la lettre était en effet une critique de l’accord luthéro-catholique sur la justification.

[5]  — Il s’agit donc du 12 juin 1843.

[6]  — On pourra étudier aussi l’encyclique de Léon XIII, Quod Apostolici, du 28 décembre 1878, où le pape voit le socialisme, le communisme, le nihilisme, comme l’aboutissement de la révolte protestante.

[7]  — Mgr Lefebvre, Cours des Actes du Magistère, Écône, 15 décembre 1977.

[8]  — Léon XIII, Lettre encyclique Libertas Praestantissimum, du 20 juin 1888.

[9]  — Fondé par Marc Sangnier en 1894, le Sillon prônait l’avènement d’une nouvelle société où les classes seraient nivelées et où l’autorité serait dans le peuple. On peut se référer au chapitre XIII de l’ouvrage de Jacques Ploncard d’Assac, L’Église occupée, La Garde, Éditions de la Société de Philosophie Politique, 2014.

[10] — Saint Pie X, Lettre Notre Charge apostolique à l’épiscopat français, sur le Sillon, 25 août 1910.

[11] — Mgr Lefebvre, Cours des Actes du Magistère, Écône, 22 juin 1978.

[12] — Mgr Lefebvre, ibid.

[13] — « Message du Concile à tous les hommes », 20 octobre 1962.

[14] — On peut se référer à l’étude : « La religion silloniste au concile Vatican II », Premier Symposium de Paris (4-5-6 octobre 2002), Supplément au Sel de la terre 43, p. 106-116.

[15] — La Sainte Bible d’après les textes originaux, du chanoine Crampon, DFT, 2014, 49,50 € ; La Sainte Bible selon la Vulgate, traduite par l’abbé Glaire, DFT, réimpression 2017, 68 € ; Le Nouveau Testament, par le chanoine Crampon, DMM ou Kontre-Kulture, 25 €.

[16] — Mgr Lefebvre, Introduction manuscrite à son cours des Actes du Magistère, Écône, année scolaire 1979-1980.

[17] — Père Calmel O.P., « Le Cœur Immaculé de Marie et la paix du monde », Itinéraires 38, décembre 1959, p. 24.

[18] — Paris, Vitte, 1931.

[19] — Mgr de Castro-Mayer reconnaissait parmi ses prêtres, ceux qui avaient lu La Conjuration antichrétienne, de ceux qui ne l’avaient pas lue, et qui étaient plus libéraux.

[20] — P. Calmel O.P., « Autorité et sainteté dans l’Église », texte publié dans Le Sel de la terre 12 bis, p. 125.

[21] — Dans son encyclique Humanum Genus sur la secte des Francs-Maçons (20 avril 1884), Léon XIII indique l’action au niveau des métiers comme un moyen important de lutter contre la Franc-Maçonnerie.

[22] — Jean Vaquié, La Bataille préliminaire, Paris, Action Familiale et Scolaire (31 rue Rennequin, 75017 Paris), p. 1-2. Toute la brochure est à lire. Elle est complétée par Réflexions sur les ennemis et la manœuvre, du même auteur, disponible chez DPF.

[23] — Propos de sœur Lucie de Fatima rapportant ses entretiens avec Notre-Dame, cités par M. John Haffert, l’un des principaux responsables de l’Armée Bleue, recueillis en 1946 et publiés dans son ouvrage Fatima, apostolat mondial édité chez Téqui en 1984, p. 17.

[24] — Mgr Henri Delassus, La Conjuration antichrétienne, ou : Le Temple maçonnique voulant s’élever sur les ruines de l’Église catholique, Québec, Éditions Scivias, 1999, p. 30.

[25] — Il s’agit en particulier de la loi naturelle.

[26] — On pourra se reporter à l’article de Carol Robinson, « Pourquoi les américains ne sont-ils pas contemplatifs ? », paru dans Le Sel de la terre 13, p. 160 sq.

[27] — Pour plus de détails, on peut se reporter à la brochure d’Arnaud de Lassus, Connaissance élémentaire du protestantisme, Paris, Action Familiale et Scolaire, 2013, ch. 10.

[28] — On peut se reporter à l’étude du père Emmanuel (1826-1903), du Mesnil-Saint-Loup, Le Naturalisme, rééditée par DMM en 1973 ; ainsi qu’aux premières pages de l’ouvrage de Mgr Delassus : Vérités sociales et erreurs démocratiques.

[29] — Voir cardinal Siri, Gethsémani, Réflexions sur le mouvement théologique contemporain, Paris, Téqui, 1981.

[30] — Raporto tra Natura e Grazia, dans Saggi di antropologia soprannaturale, Roma, Édition Paoline, 1969, p. 53-54.

[31] — Étienne Michelin, Vatican II et le surnaturel, Enquête préliminaire 1959-1962, Vénasque, Éditions du Carmel, 1993, p. 311. Voir aussi le paragraphe sur le Concile et le surnaturel, dans l’étude « La destruction de la morale par le concile Vatican II », Premier Symposium de Paris, ibid., p. 101-104.

[32] — On pourra se reporter aux études suivantes : « La destruction de la morale par le concile Vatican II », Premier Symposium de Paris (ibid.) — « Gaudium et spes a-t-il changé la doctrine du mariage ? » (Le Sel de la terre 55) — « Paul VI et la contraception : une condamnation hésitante et trop tardive » (Le Sel de la terre 75).

[33] — Lettre encyclique Testem Benevolentiæ du 22 janvier 1899.

[34] — Père Emmanuel, Le Naturalisme, ibid., p. 48.

[35] — Père Emmanuel, Le Naturalisme, ibid., p. 51-52.

[36] — C’est son étude : Le Chrétien du jour et le chrétien de l’Évangile (DMM, 1973).

[37] — S. Ronchi, Le Protestantisme, Paris, Mame, 1983, p. 14.

[38] — Rappelons-nous ici que le cardinal Ratzinger avait empêché que saint Louis-Marie soit déclaré docteur marial, pour la raison que cela freinerait l’œcuménisme avec les protestants !

[39] — On peut se référer aux paroles de sœur Lucie de Fatima au père Fuentès en 1957.

Informations

L'auteur

Religieux dominicain du couvent de la Haye-aux-Bonshommes (Avrillé).

Le numéro

Le Sel de la terre n° 99

p. 182-198

Les thèmes
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