La Résurrection
par le frère Marie-Dominique O.P.
Nous continuons la publication des méditations sur les mystères du rosaire. Les mystères joyeux ont paru dans Le Sel de la terre 64 (printemps 2008 : l’annonciation), 65 (été 2008 : la visitation), 67 (hiver 2008-2009 : la nativité), 71 (hiver 2009-2010 : la présentation au Temple) et 73 (été 2010 : la perte et le recouvrement de Jésus au Temple). Puis, nous avons publié les mystères douloureux : l’agonie au Jardin des oliviers dans Le Sel de la terre 74, la flagellation dans le nº 75, le couronnement d’épines dans le nº 76, le portement de croix dans le nº 77, et la mort de Jésus en croix dans le n° 82 [1]. Aujourd’hui, nous méditons le premier mystère glorieux : la résurrection de Notre-Seigneur.
Le Sel de la terre.
Introduction : La religion de la victoire
Les mystères glorieux, commençant par la résurrection de Notre-Seigneur au matin de Pâques, sont les mystères de la victoire.
Il ne faut pas cependant oublier que la victoire de Notre-Seigneur sur Satan, sur la mort et sur le péché, a été remportée le Vendredi saint sur le Calvaire. Cette victoire est donc le couronnement des mystères douloureux.
Mais, bien peu en ont eu connaissance à ce moment. Le Calvaire, extérieurement, c’est la mort, c’est l’échec, c’est la fin.
— Bien sûr, Notre-Dame, qui avait gardé sa foi éclairée, croyait fermement, avec une certitude inébranlable, que son Fils n’avait pas été vaincu par la croix mais qu’il était au contraire le grand victorieux.
— La victoire de Notre-Seigneur avait été aussi annoncée dans les enfers. L’Église nous enseigne que, les portes du ciel ayant été fermées par le péché d’Adam, les justes qui étaient morts dans l’ancien Testament et qui n’avaient plus de purgatoire à faire, attendaient – dans un lieu appelé les limbes – que Notre-Seigneur rouvre l’accès du ciel par sa passion. Eh bien ! aussitôt après sa mort, son corps étant encore sur la croix, l’âme de Notre-Seigneur descendit dans les limbes pour annoncer aux justes sa victoire et leur donner aussitôt la vision béatifique. Il les emmènera au ciel avec lui au jour de son ascension. Saint Thomas d’Aquin ajoute que, lors de sa descente dans les limbes, Notre-Seigneur donna connaissance de la victoire de la croix aux damnés de l’enfer « pour les confondre de leur incrédulité et de leur malice » (III, q. 52, a. 2).
Mais cela ne suffisait pas. Pour nous qui sommes sur cette terre, il aurait été bien difficile de croire et d’espérer si, extérieurement, la mission de Notre-Seigneur s’était terminée le Vendredi saint.
Il nous fallait un signe indubitable : ce sera la résurrection de Jésus au matin de Pâques.
Les mystères glorieux du rosaire, non seulement nous font contempler Notre-Seigneur Jésus-Christ sortant du tombeau, montant au ciel, envoyant le Saint-Esprit sur terre, prenant la Vierge Marie avec lui pour la couronner de gloire. Mais cette troisième série de mystères nous montre aussi comment nous pouvons participer à cette victoire du Christ :
— le premier mystère glorieux, c’est la victoire de notre foi ;
— le second mystère, c’est la victoire de notre espérance ;
